Si j’étais conseiller d’Éric Duhaime…

Cet ancien proche de nombreux politiciens entreprend une série de cinq textes autour du thème : « Si j’étais conseiller de chacun des chefs des partis représentés à l’Assemblée nationale, que leur dirais-je, à un an des élections ? » Pour commencer, Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec. 

Eric Duhaime / Facebook / Montage L'actualité

Dominic Vallières a, pendant plus de 10 ans, occupé les postes d’attaché de presse, de porte-parole, de rédacteur de discours et de directeur des communications auprès d’élus de l’Assemblée nationale et des Communes (Parti québécois, Bloc québécois, Coalition Avenir Québec). Il est directeur chez TACT et s’exprime quotidiennement comme analyste politique à QUB radio.

Le parti d’Éric Duhaime est aujourd’hui aussi populaire que le parti de René Lévesque. Voilà une phrase que je ne m’attendais pas à écrire il y a quelques mois. C’est pourtant vrai, si l’on en croit le dernier coup de sonde de Léger. D’accord, le PQ n’est plus où il était en 1998, 2003 ou 2012, mais il est étonnant de voir l’écart de l’appui entre ces deux formations politiques tenir dans un mouchoir de poche. 

Duhaime a donc réussi sa rentrée. Il surfe cependant sur une vague qui ne garantit aucunement des percées électorales. Là réside, selon moi, la clé pour lui : transformer son appui en ligne en la seule monnaie qui compte, soit d’avoir au moins un député à l’Assemblée nationale. Élu, Duhaime pourrait participer à des commissions parlementaires. Élu, Duhaime pourrait questionner le premier ministre. Élu, il pourrait profiter pleinement des tribunes qu’offre l’Assemblée — pas seulement comme invité de Claire Samson…

Pour gagner son pari et mériter son siège au Salon bleu, il doit annoncer rapidement la circonscription qu’il souhaite représenter. À partir de là, tout ce que dira ou fera le député actuel de cette circonscription (et les candidats des autres partis) sera immanquablement analysé à travers la loupe de la présence de Duhaime sur ce territoire. Il pourra mobiliser ses bénévoles et commencer à structurer son approche. Autrement dit : il aura choisi le terrain pour se battre.

Il doit aussi mieux connaître les procédures de l’Assemblée nationale et son calendrier. Je l’entendais ces derniers jours dire que les élus ne siégeaient pas actuellement à cause de la prorogation. C’était faux à ce moment-là : la relâche parlementaire était prévue au calendrier et la prorogation décidée mercredi n’y changeait rien. Ça peut sembler anodin, mais de telles réponses ne passeront pas inaperçues une fois la précampagne et la campagne lancées.

Il doit finalement tirer le maximum de ceux qui l’entourent. On sait notamment que Josée Verner (ancienne députée conservatrice fédérale et maintenant sénatrice à Ottawa) et Marc Bellemare (l’éphémère ministre de la Justice de Jean Charest en 2003-2004) sont près de lui. Habituée de chuchoter à l’oreille des princes, Évelyne Abitbol (candidate péquiste et proche conseillère de Jean-François Lisée quand il dirigeait le Parti québécois), lui a quant à elle publiquement apporté son soutien.

Duhaime aura un avantage que d’autres partis n’ont pas : il n’aspire pas sérieusement à gouverner. Il pourra donc cliver dans ses propositions électorales davantage que le Parti québécois ou le Parti libéral du Québec. Ce sera vrai en santé, en éducation, comme partout où il voudra faire naître des débats. Ce créneau est occupé, à gauche, par Québec solidaire depuis maintenant 10 ans. Pour perdurer, Duhaime doit en quelque sorte devenir l’Amir Khadir de la droite, comme à l’époque où l’ancienne vedette solidaire lançait des chaussures sur la voie publique. 

Son entrée au parlement peut-elle se faire autrement que par la porte des visiteurs ? Oui. Mais pour cela, il faut construire. Et ça part d’une terre électorale. Qu’il se décide vite, qu’il écoute.

Note: nous avons apporté une modification à ce texte le 22 octobre pour préciser que si Evelyne Abitbol a apporté son soutien à Éric Duhaime, elle n’est pas près de lui. 

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Eric Duhaime ne sera que de passage. Il surf sur la vague de la pandémie. Il fait le plein d’appuis chez les coucous de la rive sud de Québec. Il a travaillé chez tout les partis présent sauf QS je crois. Après cette pandémie son « fan base » va fondre comme neige au soleil. Si il n’y avait pas eu cette crise sanitaire, il n’aurait même pas osé se présenté.

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Ceux qui appuient Duhaime sont les mêmes qui ont porté la CAQ au pouvoir pendant que des gens comme vous avez voté PLQ ou PQ.

J’espère sincèrement que Yves Duhaime ne sera jamais député et encore mille fois moins premier ministre. Yves Duhaime est un agitateur professionnel qui ne s’embarrasse d’aucune morale pour lancer des propos insensés à répétition dans le seul but de se rallier des partisans mal informés ou fortement influencés par les fausses informations circulant sur le web et dans plusieurs groupes de toutes sortes y sévissant, qu’ils soient conspirationistes ou pas.

Cette citation de Yves Duhaime dit tout là dessus: « Vaut mieux avoir de la mauvais information que pas d’information pantoute! »

Cette phrase complètement déjantée a même été reprise à Infoman pour illustrer l’absence de respect que Yves Duhaime porte envers la vérité.

N’importe qui peut comprendre qu’avec de tels propos, Yves Duhaime ne mérite aucune fonction élective où que ce soit car, s’il y arrive, il ne fera rien de bon et il empirera la situation à tous les niveaux.

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Éric et non pas Yves Duhaime. Ce dernier a été député et ministre dans le gouvernement du PM René Lévesque. Merci.

Je suis sincèrement désolé pour ma méprise. C’est « Éric Duhaime » que j’aurais du écrire et non pas « Yves Duhaime ».

J’apprends aujourd’hui que je fais partie des personnes qui entourent Éric Duhaime
Lorsque Martine Biron m’avait appelée en Espagne pour savoir si j’appuyais Éric, je lui avais répondu que je connaissais Éric depuis 30 ans. Que j’ai toujours appuyé certaines de ses positions depuis de nombreuses années et particulièrement pendant la crise sanitaire alors que les gouvernements prenaient des décisions unilatérales, sans consulter les oppositions:
– Envoyaient les voyageurs dans des hôtels prisons sans sécurité, sans vergogne alors que le comité scientifique qui avait été mis en place par le gouvernement canadien prouvait noir sur blanc que cette mesure était absurde d’un point de vue sanitaire, du fardeau pour les voyageurs (la majorité pour ceux qui ont une double nationalité et dont les familles vivent ailleurs) et une dépense inutile pour les contribuables canadiens (37 millions).
– Imposaient la vaccination tout en disant qu’elle n’était pas obligatoire.
– Se maintenaient et encore en état d’urgence sanitaire alors que la situation s’était améliorée de manière significative.
Le parti conservateur a été le seul à défendre la sécurité des femmes et à trouver que plusieurs mesures sous prétexte sanitaires ont été prises.
J’ai aussi mentionné à Martine Biron que la venue d’Éric était une bénédiction pour la démocratie qui était assez bafouée depuis des mois. Qu’à lui seul il suscitait le débat.
Ce que j’observais alors était le manque de débat au Québec pendant que j’écoutais ceux qui se déroulaient en Espagne, en France et en Allemagne.
Martine Biron a bien nuancé ma position. D’ailleurs, elle m’avait posé la question à savoir si j’étais la conseillère d’Éric Duhaime?
Je lui avais répondu : non.
Ce que je constatais aussi, et je lui en ai glissé mot, est le dénigrement systématique des personnes qui n’adoptaient pas la position gouvernementale officielle.
Moquées, affublées de noms… alors qu’en France, ces personnes défendent leurs positions dissidentes. Mieux, on leur offre de s’exprimer en ouvrant un créneau d’émission hebdomadaire.
Je pense à CNEWS et #YvanRioufol et #VéroniqueJacquet.
Quant à mon carnet d’adresse « extravagant », il n’a absolument pas servi. Éric Duhaime en a un bien fourni.
M. #DominicVallières.
J’aurais apprécié M. Vallières que vous fassiez comme Martine Biron et que vous m’appeliez pour vérifier vos dires.
Soit dit en passant et sans rancune aucune, si j’étais votre conseillère, je vous conseillerais d’interroger les personnes avant de leur prêter des paroles ou des intentions.
Quelle bonne idée que cette série sur « si j’étais conseiller de… », j’aurais bien aimé en avoir eu l’idée. Bravo!

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Ce que j’aime de Duhaime c’est qu’il a le courage de dire tout haut ce que pense plusieurs tout bas. Il ne vit pas sur la fausse peur que les medias ont créé en publiant uniquement ce que Legault veut. Il est PRO-choix… Il veut que les gens soient librent. L’objectif vaccination est atteinte, la pandémie est terminée. Parce qu’une pandémie se mesure en nombre de morts et non en nombre de cas et en ce moment tout ça est bien loin derrière nous. Le virus est la pour rester et ça il le sait. A quoi bon instaurer un pass si ce n’est que pour privatiser une légère partie de la population qui ont leur raison de ne pas être vaccinée. Ça cause du domage collatéral très important qui ne devrait pas avoir lieu d’être. Merci M. Duhaime de nous démontrer que cette crise est terminée… Tout ça est maintenant qu’un débat politique renouvelé par décret et il faut que ça cesse. Recommençons a vivre et respirer librement… Faisons le pour nos enfants. Ne lâchez pas M. Duhaime… On vous appuie.

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Toujours étonnant cette vision en Polaroïd de l’épidémie alors que c’est un film. La situation actuelle n’est pas spontanée. Elle est le résultat de mesures draconiennes qui ont été prises et dont certaines doivent continuer pour éviter la flambée des non vaccinés par le Delta. Il faut voir ailleurs dans le monde des 4e vagues incontrôlables à cause de relâchements prématurés et des taux de vaccinations insuffisants.

Eric Duhaime aurait dû faire comme Legault, Macron et Philippe, lancer un nouveau parti. Mais hélas! Non, il doit garder sous silence sa circonscription cible car on ne sait jamais, avec les sondages, quelqu’un peut quitter la CAQ pour le rejoindre. Et, il y a une bûche de bois bourrée d’essence qui n’attend qu’une allumette ou un éclair. Il fait conséquemment bien de taire sa circonscription cible. Pour cogner sur le PLQ et QS, la CAQ a traîné sur le débat au sujet du racisme systématique, ensuite il a dénigré les Woke dans le même ordre d’´idées. Éric Duhaime et Saint-Pierre Plamondon ont adhéré à la thèse. Grosse erreur. Grâce à ce débat, QS a gagné des votes dans ces communautés. Éric Duhaime devrait prendre des nouvelles de LePen que Éric Zemmour qui lui ressemble ( journaliste) fait dégringoler. Il carbure sur ses connaissances . Éric Duhaime a les connaissances sur le Québec pour lancer des débats qui lui font honneur. Une autre solution demeure de jouer droite gauche et être silencieux sur le wokisme comme le fait Macron. Mais pour Duhaime on connaît sa couleur. Il faut à cet effet se rappeler qu’une femme de race noire a été élue chez les Conservateurs au Fédéral et avait failli gagner la dernière course contre O’Toole. Marine LePen a compris cet enjeu. Les communautés du dit Wokisme votent désormais car leur feu électoral est allumé. Parizeau, l’a compris, Englade le sait, Nadeau Dubois l’a integré, j´espère que Duhaime et Plamondon le comprennent eux aussi. J’aime vos articles: clairs et concis. J’ai hâte de lire pour Englade et Legault.

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