Signes religieux : la clause des droits acquis n’est pas un compromis suffisant, selon Vincent Marissal

En entrevue à Esprit politique, le député de Québec solidaire aborde le débat sur la laïcité, ses erreurs de parcours, sa vision des relations entre les politiciens et les journalistes, et explique pourquoi QS n’appuiera pas le Bloc québécois aux prochaines élections.

Photo : La Presse canadienne

S’il veut obtenir l’appui de Québec solidaire pour son projet de loi à venir sur la laïcité et l’interdiction des signes religieux, le gouvernement Legault devra non seulement ajouter une clause de droits acquis à sa législation (souvent appelée « clause grand-père »), mais il devra également renoncer à étendre l’interdiction aux enseignants, affirme Vincent Marissal, député de Rosemont pour QS.

« Il est clair que la CAQ veut aller là où l’on ne souhaite pas aller, notamment avec les enseignantes. Personne au caucus ne va appuyer ça, c’est certain. Et on ne sent pas qu’il y a une marge de manœuvre pour négocier avec le gouvernement là-dessus », soutient l’ancien journaliste élu en octobre dernier, en entrevue avec L’actualité.

Vincent Marissal était l’invité d’Esprit politique, le balado de L’actualité animé par Marie-France Bazzo, qui analyse et commente les événements politiques à Québec et à Ottawa — avec la collaboration d’Alec Castonguay, Philippe J. Fournier et Mathieu Charlebois. L’équipe du balado, suivi par plus de 5 000 fidèles à chacun des épisodes, reçoit régulièrement des invités pour ajouter du relief à la discussion (Brigitte Legault, Dominique Anglade, Catherine Fournier, Yves-François Blanchet et Éric Montigny se sont succédé jusqu’à présent). Cette semaine, Vincent Marissal était l’invité.

Selon le député de QS, la CAQ semble inflexible sur ce qu’il qualifie de « pièce maîtresse idéologique sociale du gouvernement ». Et si les enseignants sont assujettis à l’interdiction de porter des signes religieux, mais que le gouvernement ajoute une clause de droits acquis pour protéger ceux qui en portent déjà ?

« Pour moi, ce n’est pas acceptable. On se retrouverait avec une cohorte d’étudiantes — parce qu’on va se dire les vraies affaires, ça concerne essentiellement les enseignantes musulmanes, parce que ce ne seront pas les barbus ou les religieuses catholiques qu’on va empêcher d’enseigner — qui sont actuellement à l’école, qui vont arriver bientôt au bout du baccalauréat, et là, on va leur dire que le gouvernement ne veut pas leur donner un stage parce qu’elles ont un voile sur la tête ? Ça cause un sacré problème. En plus, on est en pénurie d’enseignants au Québec. Est-ce qu’on ferait le choix [comme parti politique] de dire : “On sauve les meubles et on sauve celles qui enseignent déjà” ? Je trouve que c’est une position de repli qui n’est pas acceptable. »

Les membres de Québec solidaire sont présentement en train de débattre, dans les instances du parti, de la position à adopter en ce qui a trait à l’interdiction des signes religieux pour les personnes en position coercitive de l’État (juges, policiers, gardiens de prison et procureurs). Le gouvernement caquiste a ajouté les enseignants à cette liste. Le caucus des 10 députés de QS n’a d’ailleurs pas officiellement pris position pour éviter d’envoyer un signal aux membres pendant leurs délibérations.

N’empêche, Vincent Marissal n’a pas esquivé les questions pendant l’entrevue, y allant de son appréciation personnelle du dossier.

Est-ce que sa position est partagée par le reste du caucus ? « C’est ce que je sens, dit-il. Mais très franchement, on n’a pas encore eu ces discussions. »

Et que décideront les membres à l’issue de la réflexion qui se terminera en mars ? « Il y a beaucoup d’émotions lorsqu’on parle de ça, avoue-t-il. C’est un sujet qui divise, on le sait. Mais ça peut aussi rassembler une fois les émotions passées. On sait tous qu’on est condamné à s’entendre. On doit trouver un compromis. Et j’ai trouvé la discussion sereine, ce qui me laisse penser qu’on sera capable de trouver un point de passage. »

Est-ce qu’il pourrait s’agir d’un vote libre pour les députés sur cette question délicate ? « On n’a pas abordé la question du vote libre encore », soutient Vincent Marissal, qui se dit prêt à vivre avec une ligne de parti si celle-ci est imposée par les co-porte-paroles, Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois.

« Je ne suis plus chroniqueur. Je fais partie d’un caucus, et sans tomber dans la ligne de parti cucul ou doctrinaire, c’est important qu’il y ait une ligne de parti. Ça ne peut pas tirer dans toutes les directions. Je ne suis pas la seule tête forte au sein du caucus. Et les débats se font sereinement. Manon Massé mène les débats à l’interne de main de maître. C’est elle la vraie chef parlementaire. C’est elle qui fait les arbitrages. »

Ses erreurs depuis qu’il fait de la politique

Pendant la discussion, Vincent Marissal est revenu sur son entrée abrupte en politique, l’an dernier, affirmant que l’accueil avait été glacial pour plusieurs raisons — notamment son flirt avec le PLC de Trudeau —, mais aussi parce que son choix de porter la bannière orange a surpris.

« Le fait que j’aie choisi QS, bien des gens ne l’ont pas compris. Plusieurs de mes ex-collègues étaient visiblement heurtés, fâchés, même. » Il ajoute : « Un Alexandre Taillefer qui va chez les libéraux, ça ne surprend pas. Un millionnaire qui va avec Couillard et qui le dit progressiste, ça passe encore. Mais un chroniqueur de La Presse qui va avec Québec solidaire, ça fait sourciller beaucoup de monde. Ça va finir par passer. J’amène autre chose au parti. Une Manon Massé ou une Catherine Dorion à QS, ça va de soi. Que moi j’y sois, ça peut amener les gens à regarder le parti différemment. C’est un parti avec plusieurs teintes. »

L’élu est revenu sur son accrochage très public avec Air Canada durant le temps des Fêtes, lorsqu’il s’est plaint du traitement que lui a réservé le transporteur aérien et qu’il a été mis à la porte de l’avion.

Était-ce une erreur d’avoir effectué cette sortie publiquement sur Facebook et Twitter ?

« Oui, assurément. Il y a eu deux erreurs, en fait. J’aurais dû vérifier la veille où je serais assis, mais la rangée 36, ça ne me disait pas grand-chose ! L’autre, c’est de rendre ça public. Je me suis retrouvé le 1er janvier dans un aéroport de San Francisco, avec ma blonde et deux agents au sol pas particulièrement sympathiques. Et là, je me suis dit : wô ! Qu’est-ce qui vient de se passer et qu’est-ce qui s’en vient ? C’était un appel à l’aide au siège social d’Air Canada à Toronto. Mais j’aurais dû le faire en privé, car il y a eu une mauvaise interprétation de ce qui s’est passé. »

Il ajoute : « Tout ce que je voulais, c’était un siège dans l’avion, dans lequel je puisse m’asseoir [étant donné ma grandeur]. Il me semble que ce n’est pas trop demander à une compagnie aérienne de pouvoir voyager dans des conditions décentes. »

Un autre épisode qui a rappelé à Vincent Marissal que la politique « est une leçon de modestie permanente ». « J’ai appris ça, moi qui ne suis pas le plus modeste, même si je ne suis pas snob pour autant ! » lance-t-il en riant.

De journaliste politique à politicien : la transition demande du temps

La transition entre le journalisme et la politique n’est pas toujours facile, confie Vincent Marissal.

« Les premières fois que tu joues la plante verte derrière la chef dans une conférence de presse, alors que tu as bien ri de ça quand tu étais journaliste, ben, c’est ça… On le fait pour l’équipe. On sourit et on hoche la tête. Il y a un apprentissage là-dedans quand tu es habitué à avoir un peu de spotlight comme chroniqueur. Tu apprends à prendre ta place et à attendre ton tour. »

Que pense-t-il des médias, maintenant qu’il subit leurs foudres ? Comment se passe l’adaptation ?

« J’ai trouvé ça difficile par moments, et j’en conviens, je ne me suis pas toujours aidé, notamment avec mon entrée en politique, dit-il. Sinon, je m’y fais tranquillement. Je ne veux pas devenir le mononcle qui critique les médias, même si parfois, il y a des trucs que je n’aime pas. Mais je sais que je suis maintenant dans une position partisane. Et c’est correct. »

L’équipe d’Esprit politique pousse un peu. Allez, quelques mots sur les journalistes ! Gentils ou pas gentils ? Pertinents ou pas ?

« Il faudrait faire la différence entre les journalistes qui couvrent l’Assemblée nationale et les chroniqueurs qui font de l’opinion, du commentariat ou même les polémistes, estime Vincent Marissal. Je trouve que parfois, c’est trop. On en met beaucoup sur un sujet anodin : combien d’articles ont été écrits sur le t-shirt de Catherine Dorion ? Il me semble qu’il y a des choses plus importantes dans la vie, même si je comprends la valeur commerciale de la controverse, parce que ça fait vendre de la copie. »

Est-ce que le chroniqueur Vincent Marissal aurait écrit sur le t-shirt de Catherine Dorion ?

« J’aurais probablement fait une chronique là-dessus, mais une seulement », dit-il, lui qui déteste porter une cravate à l’Assemblée nationale. « Je trouve ça ridicule. »

Est-ce que son regard sur les politiciens a changé dans les derniers mois, lui qui les a couverts pendant près de 20 ans ? La question l’amuse. Après une courte réflexion, il se lance. « Mon regard n’a pas changé tant que ça. Ce qui me tapait sur les nerfs avant me tape encore sur les nerfs maintenant, comme l’hyperpartisanerie ou les effets de toge inutiles. À Infoman, à la fin de l’année, François Legault était fier de dire que son ministre Simon Jolin-Barrette est fantastique parce qu’il peut parler pendant 10 minutes sans rien dire. Je ne trouve pas que ce soit fantastique de ne rien dire ! »

« Je sais ce que les politiciens vivent maintenant, alors j’ai un peu plus de respect pour eux ! »

Pas d’appui au Bloc québécois

Vers la fin du balado, Philippe J. Fournier demande au député si Québec solidaire va appuyer le seul parti souverainiste sur la scène fédérale, le Bloc québécois, alors que la campagne électorale approche.

La réponse a été claire, nette et rapide.

« Non, on ne soutiendra personne, dit-il. Aucun mot d’ordre. C’est notre tradition à Québec solidaire. En plus, on a eu quelques problèmes idéologiques avec le Bloc à sa dernière campagne, en 2015, notamment avec cette publicité de mauvais goût où l’on voyait une goutte de pétrole se transformer en niqab. C’est mal passé à QS. »

Pour écouter l’intégralité de l’entrevue de Vincent Marissal et l’ensemble du balado, cliquez sur le lien ci-dessous ou téléchargez Esprit politique dans itunes ou Google Play. Bonne écoute !

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30 commentaires
Les commentaires sont fermés.

J’ai écouté l’entrevue au complet hier. C’en valait la peine.

Moi aussi, j’estime que l’interdiction du port de signes religieux ne devrait pas s’appliquer aux enseignant.e.s. Mieux, ou ‘pire’, il ne devrait pas y en avoir du tout d’interdit à cet égard. Pour deux raisons principalement: 1) On n’en porte pas, ‘anyway’, de signes religieux, à la police, à la cour, ni en prison – (coup d’épée dans l’vide ou dans l’eau alors?); 2) le cas échéant, si nécessaire, ces gens (e.g. police et magistrature) s’avéreraient parfaitement capables de régir/réglementer eux-mêmes ce genre d’«affaire» – (ils n’ont pas besoin qu’un gouvernem’man vienne leur dire, encore moins leur dicter, leur ordonner quoi faire ou ne pas faire en ce genre d’«affaire» (bis).

Cela dit, escompter que ce gouvernement pourrait renoncer « aux enseignant.e.s » serait rêver en couleurs. C’est là la seule «poignée» leur restant; il n’y a qu’eux, que dis-je, il n’y a qu’ELLES, des enseignantEs, viséEs par l’objectif dudit projet de loi. Alors, il s’agit de trouver moyen de limiter les dégâts, car dégâts il va y avoir avec ‘eux’, nul doute possible là-dessus.

LE Moyen semble être une clause grand-mère+
C’est-à-dire? C’est-à-dire au moyen de laquelle on ne laisserait pas libre cours à une possible continuation de port de signes que pour celles en arborant déjà, mais également pour toutes celles ayant entrepris des études ou une formation en vue de devenir enseignantes et qui «s’attendaient» à ce qu’en s’orientant vers l’enseignement, il leur serait loisible de laisser voir un signe à connotation ou évocation religieuse, considérant qu’à leur entrée aux études ou en formation il y en avait. Si bien que la «coupure» ne s’appliquerait qu’à compter de dans X années. Pas «terrib’» comme loi, on en convient. Mais que voulez-vous?, comme disait l’autre, on fait avec ce qu’on a. Et ce qu’on a, c’est ce gouvernement. C’est aussi autre «chose», d’autres gens, beaucoup beaucoup de gens… Mais, ça, on n’en parlera pas.

Enfin, si quelqu’un.e doute qu’il y eût eu suréminemment/incommensurablement mieux à faire à propos de l’aire enseignante et des enseignantes mêmes que de les contraindre à ne pas afficher de fichu, qu’il/elle aille jeter un p’tit coup d’oeil à la lettre de Chantale Potvin dans Le Quotidien, intitulée: « Enseigner? Non, merci! »…

« Pas «terrib’» comme loi, on en convient. » (Denis Beaulé)

En effet, votre solution décrite de manière assez alambiquée contient un grave défaut. Elle permettrait aux enseignants déjà embauchés de conserver leur droit de porter un signe religieux ainsi qu’aux futurs enseignants qui se conforment à une période donnée, mais elle interdirait le port de signes religieux à ceux et celles qui viennent d’être fraîchement embauché.

On cherche à comprendre le raisonnement derrière tout ça et, ma foi, vous êtes tout aussi mêlé que Marissal qui veut conserver une clause orphelin pour des agents de l’État en position d’autorité dont on sait qu’aucun de ceux-ci porte un signe religieux.

À M. Sauvageau
Vous avez bien saisi. C’est pour ça que je dis que ce ne serait « pas terrib’ ».
Comme vous voyez, le plus simple serait donc de les laisser «tranquilles».
Toutes. ‘Trouvez pas?
Ce n’est pas des fichus qu’il y a en trop; c’est d’enseignantes qu’il manque.

Je pense que, quand ton voile est plus important que la « job », il y a un problème. Quand un bout de tissus qui n’est pas « obligatoire à porter » passe avant, tu es mieux de changer de profession.

@Denis Beaulé
Si de votre propre aveu, votre solution n’était « pas terrib’ », alors pourquoi nous l’avoir proposé ? Votre démonstration revient, de façon plus simple, à adopter la loi et la mettre en vigueur à une date ultérieure. Quels dégâts auriez-vous pu éviter ainsi ?

En en quoi le laisser faire serait une solution, quand les accommodements raisonnables créés par les tribunaux nous le rappellent à chaque fois ? Mieux encore, quand ce sont les tribunaux qui demande une loi sur la laïcité pour les éclairer.

@ M. Sauvageau,

À nouveau, vous avez très bien compris.
L’application d’une telle loi adoptée se verrait prorogée.

Quant aux dégâts évités ou non, eh bien, c’est en s’abstenant de légiférer là-dessus, comme on s’apprête à le faire, qu’on en éviterait. Puisque…

Le fichu ne constitue pas un danger. Il n’est pas une menace à la sécurité.

Ouais… Bien sûr, rétorquera-t-on d’emblée que ç’a pas rap’, (dangerosité ou sécurité). Mais ça pourrait. Comment?

Advenant, par exemple, que c’en vienne à tellement «déranger», importuner ou choquer, irriter, incommoder la population d’accueil, le hijab; au point que se multiplieraient des gestes tel celui ayant été agi à une mosquée de Québec il y a deux ans; eh bien, alors, là, oui, on ferait vraiment face à quelque chose ‘trouble’, susceptible d’induire un désordre; si l’on devait en conclure que ce serait parce que c’est par trop mal vu, mal ‘reçu’, considéré pas… «endurable» pour une majorité ou une masse critique de la société, le port de voile en situations, positions ou contextes X, Y, Z. Cela constituerait alors véritablement une menace — (sans doute pas à la fameuse ‘sécurité nationale’ mais quand même) — à la paix sociale.

Par ailleurs, même si on peut vouloir légiférer pour d’autres raisons, légitimes, que la paix sociale, lorsqu’on regarde de près qu’est-ce qui, à l’oeil, comme ça, semble le plus sujet à causer ou (laisser/faire) accroître du trouble, entre éliminer complètement de la vue toute enseignante voilée (à l’école) vs la réduction de ressources humaines, déjà insuffisantes, et pas faciles à recruter ni à garder; il appert que là où ça va faire mal, si on «procède», c’est ici, i.e. en ceci plutôt que là, en cela. Faut-il le reformuler encore autrement? OK. La présence de quelques fichus en écoles ne saurait guère faire aussi mal — (en tous sens) — aux enfants ou ados face auxquels ils sont arborés, qu’un manque aussi criant que toujours croissant de ressources humaines suffisantes, communément appelées «enseignantes»; ou/et qu’un manque d’autres ressources ou conditions – (de travail/d’enseignement), d’environnements et infrastructures, plus propices aux apprentissages de qualité ou seulement convenables.

Voilà ce qui est nommément décrit en détail dans la lettre dont j’ai donné la référence à la toute fin de mon texte principal ci-dessus. Si bien que, bref, on aura beau, encore et encore, se lamenter à propos de voiles par-ci, voiles par là; parler d’«oppression» ou de «camions» qui écrasent sur notre «Terre ‘plate’», indépendamment de ce qui est allégué par la NASA…, n’est-ce pas?…; objectivement parlant, le mal ou tort fait ou susceptible de l’être par quelques personnes voilées en milieux scolaires, ne faisant aucun prosélytisme — (il n’y a jamais [eu] de plainte[s] nulle part) —, sera[it] sans commune mesure avec celui qui ne pourra[it] faire autrement que l’être, lui, non pas seulement, voire non pas surtout à l’égard de celles mêmes perdant leur emploi ou se voyant «empêchées»* d’exercer la profession qu’elles espéraient; mais plus encore à l’égard d’enfants et adolescent.e.s ainsi privé.e.s d’enseignantes en nombre suffisant; alors que… Avez-vous déjà songé à le leur demander, aux jeunes, si ça les ‘dérange’, eux/elles, des enseignantes voilées?

* De fait, elles n’ont qu’à l’enlever, cette chose, de sur leur tête, le temps de leurs prestations de services. On sait. Mais elles ne veulent pas. C’est comme le crucifix à l’Assemblée nationale. On ne veut pas.

Suite
Crucifix?
Que du bon.

Les valeurs? D’égalité*? Des femmes? Yes, Sir!
Les femmes ont (eu) avec/pour Jésus un statut* dont elles ne bénéficient même pas encore aujourd’hui chez nous. Les prostituées même «devancent/précèdent» maints et maintes des ‘hautes gommes’, de ‘bons et justes’ ou autres bien-pensants dans le Royaume.

Laïcité? Séparation d’Église et d’État? C’est lui qui a instauré cela, en disant «Rendez à César [État] ce qui est à César et à Dieu [religion] ce qui est à Dieu».

Psycho? « Ce n’est pas ce qui entre en l’Homme qui le souille mais ce qui en sort ». Ç’a pris deux mille ans, ce n’est qu’il y a quelques décennies qu’a été ‘découvert’ en psy que ce sont les comportements – (paroles, propos, actions, gestes) – qui déterminent les pensées, sentiments, attitudes, plus qu’inversement.

C’gars-là, donc, en tant qu’humain, aurait été précurseur/demandeur d’égalité, fondateur/précurseur de laïcité et prof de psycho avant même l’avènement de celle-ci.

Que veut-on de plus? Ne serait-il pas un modèle, humain, en quelque sorte, plutôt ou plus qu’un dieu; et ne serait-ce pas à ce titre qu’il s’avérerait sinon souhaitable du moins envisageable de le [re] garder comme tel, comme source d’inspiration, quoi, y compris à l’Assemblée?

Ah, question divinité et filiation, c’est là que ça se corse.
Pour l’islam il ne saurait être fils de Dieu, celui-ci n’ayant
pas de blonde, pas de compagne ou d’épouse, pas de fils…
Par contre, pour les chrétiens il serait bel et bien le Fils du
Père…

Bon. On ne va pas farfiner ou ostiner là-dessus. À savoir s’il y a plus ou moins de divinité en l’homme Jésus venu sur Terre. Qu’importe!

Par contre, importe, oui, de répondre correctement à la Question de savoir si le crucifix le [re]présentant constitue un signe ou symbole religieux.
Ben oui, tiens donc, c’en est un. Pis après?

S’il n’était que cela…

Mais il n’est pas que cela. Il transcende cela. Par sa paternité à l’égard de la laïcité et de l’égalité sexuelle* recherchées, il constitue surtout ou davantage un garant!

Et si on le «gardait», là, ce devrait être pour cela, plutôt ou plus que pour que ce soit d’autre.

* Ce n’est pas une «joke» ou une affirmation gratuite, cela. Vous retrouverez le même constat entre autres notamment chez la philosophe féministe Badinter (in «L’amour en plus» publié il y a quarante ans déjà).

Vous êtes aussi crédible qu’un arracheur de dents. Quel aurait été votre position si les libéraux vous avaient accepté dans leurs rangs?

Hi! Hi! vous avez raison , Vincent Marissal doit se reprogrammer pour être en mesure de décrire sa pensée sans trop déplaire à sa nouvelle famille politique !

En 2001, les Français ont réglé la question: pas de signes religieux à l’école.
Ici, Landry a niaisé, disant « oh elles viennent juste d’arriver, soyons patients, donnons-leur le temps de s’intégrer ». La naiveté péquiste dans toute sa grandeur.
En 2019, Montréal est devenu la ville la plus voilée d’Amérique. Devant la visite, c’est gênant. On se croirait à Alger dans certains quartiers.
Faut donner un coup de barre. Faut arrêter le montée de l’intégrisme au Québec et la CAQ va élever la première barrière. Mais évidemment ce n’est pas assez. Faudrait inclure les éducatrices en CPE et tous les enfants en classe jusqu’à 18 ans.

Vous êtes culotté de mettre ça sur le dos de Bernard Landry alors que les Libéraux ont eu 15 années pour régler le problème. Toujours la faute des péquistes!!!

Le problème vient de la tergiversation de nos politiciens, qui reflète celle du peuple face aux signes religieux. Certains soulignent, à juste titre, que ce problème n’en est pas un. En effet, il n’y a probablement très peu de personnes en position d’autorité qui portent des signes religieux. C’est donc le bon moment de légiférer afin de minimiser l’impacte sur ces gens. Si , par exemple, on attend que 10% des enseignantes portent le voile avant d’agir, il sera trop tard!

Ce qui me fascine le plus dans ce dossier est le temps et l’argent que nous perdons tous collectivement à vouloir régler un problème qui n’existe pas. Pelletage de nuages vous dites?

Au Québec, combien de juges, de policiers, de gardiens de prison et autres personnes en état d’autorité avez-vous vu arborant un signe ostentatoire religieux? Probablement aucun.

Comme j’ai déjà écrit ici, nos policiers (personnages clairement en état d’autorité et de coercition) ont porté des pantalons de clown pendant plus d’un an et j’aimerais savoir combien de Québécois se sont sentis suffisamment influencés par ce genre de chose pour décider de les imiter…?

Ça en dit long sur « l’influence » qu’ont les signes ostentatoires sur les gens.

Il me semble qu’il existe d’autres dossiers autrement plus importants dont nous devrions nous occuper non?

D’après-vous, le Père Noël tout de rouge vêtu n’aurait aucune influence sur les enfants ? Quelle serait la réaction des enfants si celui-ci était habillé avec une chemise à carreau et un jean comme leur père ?

Pourquoi lorsqu’on interroge des jeunes enfants sur ce qu’ils voudraient être dans le futur, ceux-ci répondent la plupart du temps qu’ils veulent être policier, pompier, joueur de hockey ou de soccer, mais jamais comptable ou fonctionnaire ?

C’est justement parce qu’il n’y a pas personne en position d’autorité qui portent des signes religieux ostentatoires qu’il faille légiférer maintenant. À moins de vouloir redevenir une société religieuse obscurantiste…

Enseignement: Bien que je ne renie pas les bienfaits apportés à la société québécoise par les communautés religieuses au niveau de l’éducation, les clercs catholiques s’en sont bien servi pour évangéliser le peuple (je ne peux m’empêcher de penser endoctrinement ). Un jour, pour réduire la main mise des primats catholiques sur la politique, on a fait disparaître soutanes et voiles des écoles publiques, peut-être a-t-on convenu implicitement que la foi était une affaire personnelle, qu’il était possible d’en parler et d’en débattre sans l’imposer aux autres. Par l’acceptabilité de personnes n’ayant d’autres buts que de vivre leur vie et d’être utiles à la société, le port de symboles religieux ostentatoire dans les écoles (peut-être même les CPE) pourrait n’être que le premier pas vers un endoctrinement social politique religieux de la jeunesse. D’ailleurs n’est-ce pas déjà commencé?
M.Marissal déjà 2 épisodes… coudon est-ce un organe de propagande QS? LOL

« les clercs catholiques s’en sont bien servi pour évangéliser le peuple (je ne peux m’empêcher de penser endoctrinement ) »

…et juste comme ça, combien nous reste-t-il de religieux au Québec déjà?

Leur « endoctrinement » a été tellement « présent » qu’ils ont presque totalement disparu… Comme quoi l’influence des signes religieux ont une portée très…très limités, voire inexistante.

Quel est le problème avec le voile? C’est un signe religieux et pourquoi pas l’ enlever pendant quelques heures par semaine face aux étudiants ? Toutes les autres religions ont compris cela ! Les enseignants sont en position d’ autorité à ce que je sache! Pourquoi s’ obstiner absolument à le porter et partir en croisade contre la laicité ? Les Quistes et les libéraux sont contre la logique parce ils ont beaucoup de partisans dans leur rang qui pratiquent la religion musulmane et qui ne veulent pas accepter de compromis ! La religion c’ est intime et c’ est chacun pour soi!

Pas de crucifix à l’Assemblée nationale, pas de symboles religieux chez les employés de l’Etat et pas de financement des établissements d’enseignement religieux. La laïcité ça se défend.

@ Carole Cyr:

Pas de croix sur le Mont-Royal, pas de croix de chemins, pas de noms de rues, de villages ou de noms de famille contenant de mot « Saint », etc…

La laïcité, ça se défend pardieu !

Que de temps perdu il y a tant de problèmes à régler avant celui-là. Les policiers et agents, sont soumis à l’uniforme(sauf en revendication, ce qui est déjà um manque de professionnalisme) pour les enseignantes, il est primordiale d’avoir une bonne formation au lieu d’un costume légal. La compétence peut aussi se retrouver sous un foulard.

« La compétence peut aussi se retrouver sous un foulard. » (Geo-André)

Permettez-moi d’en douter. La compétence ne devrait pas se limiter à la connaissance et à la maîtrise de la matière. Un professeur compétent est aussi celui qui est capable de transmettre le message de tolérance, de respect d’autrui, d’égalité et de non-discrimination que dans une démocratie tout enseignant doit transmettre à ses élèves, ce qui est difficilement conciliable avec le port du voile islamique.

Le problème avec le voile, à supposer que les enseignantes musulmanes acceptent de l’enlever seulement en classe, elles continueront de se couvrir les bras et les jambes, même par temps chaud et humide, parce que la peau d’une femme ne saurait être objet de désir ou je ne sais trop quoi. Alors, il faudrait aussi légiférer sur d’autres bouts de tissu? Misère! On n’en finira jamais.

Perso, je ne vois nullement l’obligation de légiférer, une pure perte de temps. Vivre et laisser vivre disait mes parents, même dans un contexte ultra catholique où l’arrivée des premières générations d’immigrants commençaient à s’implanter chez-nous. Quelques générations plus tard nos moeurs ont pris le dessus, il arrivera la même chose à la communauté musulmane, les règles chez les jeunes générations s’assoupliront. Tout comme certains ici, je ne vois pas l’urgence surtout que des enseignantes voilées s’occupent de jeunes élèves depuis plus de 10 ans, y – a-t-il eu des plaintes de parents? Non, sinon les médias en auraient fait état. Le maintien du crucifix à l’assemblée nationale est en contradiction avec la laïcité.

Puisqu’aucun parti politique n’est en mesure de régler certains sujets aussi délicats que celui-là alors pourquoi ne pas en faire un vote populaire?? Pour une fois c’est la population qui prendrait une décision et non un parti politique.

« QS n’appuiera pas le Bloc québécois aux prochaines élections. »
Pourquoi ?
QS est un traître à sa patrie. Je me demande bien pour qui il va voter. Les autres partis sont toussssssss anti-québécois. Il serait préférable qu’ils s’abstiennent alors.
Ils sont complètement sautés! Une gang de guignoles.