Sondage : l’idée de moduler les tarifs de garderie est bien reçue

Un nouveau sondage CROP-L’actualité, effectué entre le 13 et le 17 novembre dernier, montre que 65 % des Québécois sont d’accord, alors que 28 % s’y opposent et 7 % ne savent pas quoi penser.

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Photo : Getty Images

PolitiquePRÉCISION: le sondage CROP-L’actualité qui suit a été commandé et publié avant l’annonce du gouvernement sur les tarifs de garderie, le 20 novembre. Il visait à sonder les Québécois sur le principe de la modulation des frais, ce qui permet de connaître l’état d’esprit de la population autour de cette idée avancée par le premier ministre Philippe Couillard, au printemps dernier. L’opinion publique pourrait évoluer différemment maintenant que les détails sont connus.

Le débat fait rage depuis le printemps. Et il provoque des tensions, autant dans le caucus du Parti libéral du Québec que dans la rue, où des manifestations se sont déroulées. Mais dans la population, l’idée de moduler les tarifs des garderies subventionnées en fonction du revenu des parents passe la rampe.

Un nouveau sondage CROP-L’actualité, effectué entre le 13 et le 17 novembre dernier, montre que 65 % des Québécois sont d’accord avec la modulation, alors que 28 % s’y opposent et que 7 % ne savent pas quoi penser.

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L’appui semble assez solide lorsqu’on décortique les détails du sondage. On constate que les personnes «tout à fait d’accord» sont 2,5 fois plus nombreuses que les citoyens «tout à fait en désaccord». Et toutes les tranches de la population s’expriment dans le même sens. Ainsi, les hommes (68 %) et les femmes (62 %) affichent un appui semblable. Voici les informations pour les tranches d’âge :

Total d’accord Total en désaccord
18-34 ans 58 % 35 %
35-54 ans 67 % 26 %
55 ans et plus 68 % 26 %

L’appui est un peu plus faible chez les personnes qui détiennent un diplôme universitaire (58 % en faveur et 38 % en désaccord), et chez ceux qui ont des revenus de plus de 100 000 dollars (62 % pour et 36 % contre), soit ceux qui risquent d’être les plus affectés. Mais dans les deux cas, l’appui reste largement en territoire majoritaire.

Les plus favorables sont les personnes qui ont un salaire de moins de 40 000 dollars (71 %) et celles qui gagnent entre 80 000 et 100 000 dollars (69 %).

Sur le plan géographique, l’appui à la modulation atteint 79 % dans la région de Québec, alors qu’il est à 64 % à Montréal et à 63 % dans le reste du Québec.

Les francophones sont d’accord à 65 %, contre 63 % chez les non-francophones (ces derniers sont toutefois plus indécis, à 14 %, contre 5 % chez les francophones).

Un sondage Léger effectué du 10 au 13 novembre et publié dans Le Devoir le 15 novembre dernier allait dans le même sens, avec un appui total à 60 %.

La ministre de la Famille, Francine Charbonneau, a déjà confirmé la fin du tarif unique pour les garderies subventionnées. Ce qui n’empêche pas les débats au sein du caucus libéral sur les modalités : à quoi va ressembler la nouvelle grille tarifaire, à partir d’avril prochain ?

La réponse à cette question aura également des répercussions sur l’appui à la modulation des frais dans l’opinion publique.

(Sondage CROP effectué pour L’actualité entre le 13 et le 17 novembre 2014, auprès de 1000 répondants, grâce à un panel web représentatif de la population. La marge d’erreur ne s’applique pas.)

* * *

À propos d’Alec Castonguay

Alec Castonguay est chef du bureau politique au magazine L’actualité, en plus de suivre le secteur de la défense. Il est chroniqueur politique tous les midis à l’émission Dutrizac l’après-midi (sur les ondes du 98,5 FM) et analyste politique à l’émission Les coulisses du pouvoir (à ICI Radio-Canada Télé). On peut le suivre sur Twitter : @Alec_Castonguay.

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Nous sommes déjà les plus taxés et les plus imposés en Amérique. Le gouvernement n’a pas un problème de revenus. Il en a un de DÉPENSES!!!

Pourquoi ne pas plutôt scruter les DÉPENSES des CPE AVANT d’augmenter les tarifs?

http://www.antagoniste.net/2014/11/17/les-garderies-en-folie/

Extrait:

« Lors de la création du programme, il en coûtait 5 685$ au gouvernement par place dans les garderies subventionnées; 15 ans plus tard, la même place coûte désormais 10 510$, presque le double ! Depuis la fin des années quatre-vingt-dix, le nombre de places dans les CPE a augmenté de 130%, mais les coûts du système ont augmenté de 326% ! Je le répète, les CPE n’ont pas un problème de revenus, ils ont un problème de dépenses.

Comment peut-on expliquer une pareille perte de contrôle ? C’est simple, le gouvernement a vendu ce nouveau programme à la population en disant que le budget serait raisonnable. Une fois les contribuable entrés dans la cage à homard, on a laissé les coûts explosés en se disant que de toute manière, le contribuable ne pourrait pas sortir de ladite cage… »

Il faut faire attention avec ce genre de sondage, car il ne tient pas compte de l’importance qu’accordent les répondants à ce sujet. Ainsi, il est tout à fait probable que les répondants favorables ne feront pas de ce dossier une priorité au moment de voter lors de la prochaine élection. En revanche, ceux qui sont contre (probablement ceux qui devront payer plus et qui vont voir une différence dans leur budget), pourraient être beaucoup plus enclins à faire de cette décision une raison pour voter contre les libéraux.

C’est d’ailleurs en fonction de cette logique que les politiciens américains hésitent encore à voter des lois en faveur du contrôle des armes à feu même si la majorité de la population y est désormais favorable. Ces derniers estiment que ceux qui sont pour un contrôle accru des armes n’en feront pas un enjeu électoral, alors que ceux qui sont contre vont voter en fonction de ce sujet.

Selon La Presse http://www.lapresse.ca/actualites/education/201411/20/01-4820706-nouvelle-tarification-dans-les-garderies-de-730-a-20.php , les tarifs passent de 7,30$ à 12$ quand le revenu des parents augmente de 74 999$ à 100 000$. Donc une augmentation de 64% de la part des parents qui gagnent 100 000$, donc la classe moyenne.

Pourquoi ne pas avoir plutôt fixé une augmentation directement proportionnelle au revenu des parents ? Parce que le but est d’aller chercher plus d’argent chez les parents de la classe moyenne plutôt que de respecter la progressivité de l’impôt qui s’applique à tous.

Si on avait ajouté à la question que l’argent recueilli irait au fonds consolidé de la province (voir le blogue d’Alexis Gagné), en donnant l’exemple que cela pourrait servir à payer les augmentations de revenus promis aux médecins spécialistes, il y a gros à parier que ce sondage aurait obtenu des réponses différentes. C’est pourquoi, je me méfie de ce genre de sondage.

Fin années 70 et début 80 on payait déjà 35$ par semaine et on gagnait environ 300$ semaine. En plus, j’étais monoparentale, j’ai quand même élevé mon fils, il a été aux études et aujourd’hui il gagne très bien sa vie. Un petit effort svp on veut des enfants il faut payer pour eux et la population n’est pas obligée de payer parce que vous voulez des enfants mais payer le moins possible.

Un sondage AVANT que la mesure soit annoncée… Comment s’assurer que les gens n’aient pas été informés et répondent dans le vide, sans avoir d’informations précises sur l’enjeu! Wow! C’est commandé par l’Actualité ou par le bureau du Premier ministre tout ça! Quelle masquarade!

25 novembre 2014

Contrat social brisé

Le gouvernement libéral de Philippe Couillard vient de briser le contrat social bien établi en brisant le principe d’équité en garderie pour tous les enfants du Québec. Lancé par le parti Québéquois il y a 17 ans le fabuleux programme des garderies à 5 $ aurait incité plus de 60 000 mères de famille à gagner le marché du travail.

La population doit comprendre qu’en élisant un gouvernement libéral majoritaire et en ayant comme ministre responsable de l’Administration gouvernementale et président du Conseil du trésor Martin Coiteux il fallait s’attendre à ce carnage.

Lorsque Martin Coiteux était professeur aux HEC il était contre les garderies subventionnées. Il rétorquait que si ce programme des garderies n’avait pas existé cet argent aurait été mis ailleurs et l’économie québécoise aurait quand même créé des emplois.

Il oubliait de dire que le programme de garderies subventionnées a permis de réduire le taux de pauvreté de plusieurs familles, souvent monoparentales. Ce sont donc aussi nos enfants vulnérables qui en bénéficient.

Monsieur Couillard les services de garde éducatifs voient au bien-être de tous les enfants qui leur sont confiés et leur offre un milieu de vie propre à stimuler leur développement de leur naissance à leur entrée à l’école.