Sondages trompeurs?

Que seraient nos campagnes électorales sans sondages? Il y en a toujours plus. Le nombre de firmes qui en font se multiplient. Le problème est qu’elles n’utilisent pas toutes la même méthodologie, rendant les comparaisons impossibles (ce qui n’empêche pas les médias de le faire quand même). On se retrouve même parfois avec des résultats opposés et carrément douteux. Durant la dernière campagne électorale fédérale, ce fut la source d’un débat au sein de la confrérie des sondeurs. Il vient d’être relancé. En Ontario, cette fois, où la campagne provinciale bat son plein.

Au cours de la dernière semaine, au moins deux sondages publiés à quelques jours d’intervalle  se sont carrément contredits. Celui d’Abacus Data, pour SunMedia, donnait les conservateurs de Tim Hudak en avance par neuf points. Harris-Decima, de son côté, attribuait une avance de 11 points aux libéraux de Dalton McGuinty.

Les vétérans de l’industrie s’inquiètent, non seulement de la façon dont ces sondages sont menés, mais aussi de la manière dont les journalistes en font état. C’est leur crédibilité qui est en jeu, d’une part, et l’utilité même des sondages pour les électeurs, d’autre part. L’affaire est prise très au sérieux, au point d’avoir poussé deux d’entre eux – Darrell Brricker et John Wright, grands patrons d’Ipsos Reid –  à exprimer leur colère dans le Globe and Mail et à publier sur le site de leur entreprise une lettre ouverte aux journalistes. Ils leur offrent des conseils pour juger de la fiabilité des sondages, dont certains se comparent, disent-ils, à une «médecine de charlatan».

On peut déplorer que certains journalistes déduisent des enquêtes d’opinion (et tentent d’en convaincre leurs lecteurs ou auditeurs) que les jeux sont faits avant même qu’une campagne commence. Les sondages ont leur utilité en période électorale. Ils permettent aux électeurs de soupeser les forces en présence et de faire un choix en conséquence. Mais tout cela n’est vrai que si les sondages sont de qualité. Sinon, ils induisent tout le monde en erreur. Le seul moyen d’éviter de tomber dans ce panneau est, pour la presse, de faire ses devoirs au moment de la préparation du sondage, de l’évaluation de sa méthodologie et de la publication des résultats. Les écarts observés durant les campagnes fédérale et ontarienne sont à cet égard une sorte de rappel à l’ordre.

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À lire aussi >> Peut-on encore se fier aux sondages ? – On ne sonde plus l’opinion publique comme avant. Les volontaires sont recrutés sur le Web et payés pour répondre aux questions. La marge d’erreur ? Disparue !

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Tant qu’à moi, la publication de sondages devraient être interdite. Cela est utile, à l’interne, aux partis politiques. Mais, amener les électeurs à se faire une opinion en les référant à des sondages frise la fraude intellectuelle.

Si on est rendu à utiliser des sondages frauduleux comme arme politique, raison de plus de les interdire.

Les électeurs en seront réduits à se forger une opinion en considérant les programmes électoraux qu’on lui présentera. Peut-être, n’est-ce pas une si mauvaise idée.

En regardant qui finance ces sondages, il est évident qu’il ne s’agit que d’un outil de marketing que les média utilisent pour vendre leurs produits. Cela n’a aucune autre utilité que de mousser la vente de leurs journaux, ou leur cote d’écoute.

Malheureusement, si on menace d’interdire les sondages, les média feraient une lutte féroce pour protéger leur liberté d’expression (et leur marché).

Vous avez pleinement raison. Je suis étonné que dans votre profession, il n’y ait pas plus de monde pour remarquer ce jeu pratiquement « éhonté » de manipulation de l’opinion publique.

Voici quelques années, je répondais – gracieusement – à toutes sortes de sondages, allants du produit de consommation courante en passant par les sondages de nature politique. Jusqu’au jour où je me suis rendu compte que l’essence même des questions posées étaient en toute fin destinées à orienter ma vision, ma manière de penser, mes opinions. Que dans certains cas on essayait de m’influencer politiquement ou de m’orienter sur n’importe quel produit de consommation. Pour brouiller ma vision sur mes marques préférées. Depuis, je refuse de participer à quelque sondage que ce soit.

J’ai contribué toutefois à cette merveilleuse étude « politicio-scientifico-médiatico-universitaire orientée » que fût la « boussole électronique », une autre belle manière de faire perdre à tous le monde ses sens politiques.

Aussi faut-il considérer non seulement la méthode, les échantillonnages, le nombre de personnes interrogées, la répartition géographique, l’âge, les origines ethniques, le sexe, l’appartenance socioculturelle et éducative, les revenus, le caractère précis des questions posées et plus encore le type de réponse que vous pouvez formuler. Il y a une différence entre : oui -non – ne sait pas et : être plutôt d’accord avec cette proposition ou plutôt pas d’accord ou pas d’accord du tout ou tout à fait d’accord. Même la nuance entre : je suis ne suis pas en accord ou je suis en total désaccord compte. Sans oublier les évaluations par des notes ou des lettres qui ne servent qu’à produire un panel de réponses recherchées. Sans omettre que les questions peuvent aussi bien êtres orales (téléphone, interrelations de deux personnes), qu’écrites (en lignes). Et puis, il y a cette variable insidieuse de la date et de l’heure où prend place le sondage.

Maintenant, la question méchante à six sous, pourrait-on néanmoins se la poser : –
– les journalistes sont-ils tous qualifiés pour produire une analyse objective et fine de tous les sondages ? Ou bien est-ce un peu comme au buffet chinois, ils n’y exposent jamais que les vertus de leur propre diète ?

Les sondages devraient être interdits en campagne électorale pour la simple et bonne raison que les citoyens devraient voter selon leurs convictions.

Non seulement les sondages devraient être interdits à publier, mais aussi à faire. Comme ça les partis ne pourraient pas faire de sondages internes et seraient obligés de centrer sur leur programme. Programme qui est généralement l’agenda des prochaines années d’un gouvernement nonobstant les promesses en périodes électorales.

Bref, ce serait plus intéressant de voir les partis essayer de vendre qui ils sont plutôt que de jouer au caméléon au gré de l’opinion publique!

Je me rappelle du dernier sondage publié à Québec, quelques jours avant l’élection, qui annonçait un balayage du NPD à Québec. IMPOSSIBLE disaient les experts, impossible dans le château fort des Bleus.

Je ne sais pas si les sondages sont trompeurs, mais je pense que les analyzes qu’on en fait sont trompeuses.

McGuinty fait une excellente campagne. Il y a une avalanche de publicité télévisées ces jours-ci et je trouve que celle-ci fonctionne très bien:

http://www.ontarioliberal.ca/NewsBlog/OntarioLiberalTV.aspx

Et il y a Rob Ford et Harper et ses consultants à 90,000 $ par jour qui viennent prêter un coup de pouce, non-intentionnel, à McGuinty. Tout cela nous rappelle l’époque Harris et ses consultants… On verra le 6 octobre…

en france on interdit tous sondages. dans la dernière semaine de campagne électoral. On devrait faire la même chose ici.il y en encore des gens qui aime a dire .J’ai gagné mes élections.J’aime a dire a ces gens là .Moi je vote selon ma conscience.

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