Sortir du pétrole… plus tard

Au cœur du débat autour de l’oléoduc Énergie Est, le même constat qui revient toujours: on n’a pas le choix, on a encore besoin du pétrole.

Photo: Getty Images
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PolitiqueAvez-vous déjà vu les Rocheuses? Non? DÉPÊCHEZ-VOUS! Au rythme où vont les choses, il ne serait pas étonnant que le Canada soit bientôt séparé par un mur barbelé interdisant aux gueux de l’Est de passer à l’Ouest des riches.

Il aura suffi que Denis Coderre et les maires de 82 villes s’opposent au passage d’un oléoduc(*) sur leurs terres pour que le Canada se transforme en une réplique format géant de la section commentaires sous un article de The Gazette.

(*) Oui : oléoduc. Je ne sais pas pourquoi tout le monde insiste pour dire «Païplaïgne» en se décrochant la mâchoire comme un anglophone qui essaie de dire «Jean-Coutu».

Québec-bashing et péréquation-shaming sont au menu depuis, alors que l’Alberta nous lance un peu du surplus de bouette engendré par les sables bitumineux. La cheffe conservatrice Rona Ambrose a même déclaré que Denis Coderre lui-même menaçait l’unité canadienne, ce qui est ridicule. L’unité canadienne est tellement l’amie de Denis Coderre qu’elle devrait recevoir un contrat sans appel d’offres de la ville de Montréal bientôt.

Il n’y a pas que des Albertains dans le camp pro-Énergie Est. On y trouve également un Québécois si enthousiaste envers le projet qu’il compense pour tous les autres: Gérard Deltell. L’oléoduc l’emballe tellement qu’on a envie d’en faire redessiner le trajet pour que le tuyau passe dans sa cour arrière, entre sa piscine et son BBQ. Deltell le regarderait avec la larme à l’œil de l’homme qui a sauvé son pays de l’implosion. Ce serait touchant.

Parmi les arguments évoqués pour convaincre le Québec de rentrer dans les rangs, il y a l’inévitable péréquation, cette aumône que l’Alberta dépose en toute magnanimité aux pieds meurtris du pauvre Québec. Par grandeur d’âme, par pitié et, semblerait, pour gagner le droit de faire passer les tuyaux qu’elle veut sur notre territoire sans qu’on ait le droit de chialer.

Vous savez, le même principe qui donne légalement le droit à tous les big shots de Westmount de rentrer sans cogner dans les appartements crasseux de Saint-Henri sous prétexte que ce sont eux qui payent l’aide sociale? C’est ça.

Et au cœur de ce débat, le même constat qui revient toujours: on n’a pas le choix, on a encore besoin du pétrole.

Pourtant, la fin de l’ère du pétrole, on m’en parle depuis que j’ai 12 ans. Il y a, à l’intérieur de moi, un Mathieu enfant vraiment déçu que ce qu’il lisait dans Les Débrouillards en 1993 ne soit toujours pas là. La société fait pleurer un enfant. C’est là qu’on est rendu.

Pourquoi?

Peut-être un peu parce qu’à chaque fois qu’on a l’occasion de faire un choix audacieux, il y a quelqu’un pour répondre qu’«on n’a pas le choix», que «nos autos fonctionnent encore au pétrole à ce que je sache», et que «plus tard, on pourra envisager de changer, mais pas maintenant».

J’écoute ce quelqu’un et il me rappelle étrangement moi, quand j’essaie de justifier que je ne ferai pas la vaisselle tout de suite. Je la ferai demain. Ou un autre jour, dans un éventuel «plus tard» qui survient généralement quand il n’y a plus de bols. Parce que des céréales dans une assiette, c’est pas fameux.

Peu importe ce que veut le Québec, il y a fort à parier qu’on ne sortira pas du pétrole cette fois-ci non plus et qu’on va trouver un moyen de faire voyager l’indispensable jus de dinosaures de l’Alberta.

Si tout va selon le plan, on va le faire dans un tuyau qui devrait entrer en service en 2020, et que Trans Canada a bien l’intention d’exploiter pour «plusieurs décennies», parce qu’ils savent bien que face au pétrole, on va toujours aller de plus tard en plus tard, jusqu’à ce qu’il soit trop tard. On va même essayer de manger nos céréales dans une assiette pendant un bout. Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour sauver le Canada?

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13 commentaires
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Pour ce qui est des céréales. — Si ! Nous avons le choix. On peut très bien remplacer le bol traditionnel par une assiette creuse. Pour ce qui est du transport du pétrole et nous libérer des énergies fossiles. C’est un petit peu plus compliqué et cela risque de prendre encore quelques temps.

L’Europe est parcourue par toutes sortes d’oléoducs et de gazoducs et certains pays comme la Grèce en demandent. Devinez pourquoi ? — Pourtant peu de personnes se plaignent que cela détruit le paysage ou risque de détruire l’environnement.

Cela fait plus de cinquante ans qu’on parle de faire rouler les autos, les bateaux et même les avions avec des énergies alternatives, notamment de l’hydrogène. Cela fait plus de temps encore dont on parle d’utiliser des capteurs solaires pour le chauffage et des matériaux adaptés pour toutes sortes de constructions, incluant le secteur résidentiel. — Ça c’est juste bon pour les beatniks !

Combien de maisons éco-énergétiques sont construites chaque année par chez nous ?

Produire de l’électricité avec le soleil n’est pas un leurre. On pourrait en produire en grande quantité partout dans le monde. Et pourtant dans tous ces domaines on avance à pas de lilliputiens. — Peut-être que grâce à la Chine communiste, on va y arriver !

Si on veut transporter du pétrole par train. Il faudrait avoir une infrastructure dédiée à ce type de transport. Édifier en d’autres termes de nouvelles lignes de chemin de fer pour ces transports lourds et ces matériaux inflammables. Quelle compagnie ferroviaire est-elle prête à réaliser ces investissements ? — Et si cela se faisait, cela se ferait-il sans grincements de dents et sans grognements ?

Alors disons que la chose nous plaise ou pas. Un oléoduc bien construit, cela reste encore le moyen de transport le plus sécuritaire pour amener du point A au point B des hydrocarbures et ce pour aussi longtemps que le pétrole se trouvera dans nos assiettes….

On devrait avoir au Canada une politique énergétique pancanadienne et mettre les bénéfices des sables bitumineux et de toutes formes d’énergies en commun, au service du développement des énergies renouvelables, tout comme la création d’objets de toutes sortes qui épargnent durablement de toute forme de consommation énergétique inutile.

C’est le chemin que nous devrions prendre et non celui démagogique de quelques élus de Montréal et de sa banlieue qui ne nous offrent en contrepartie aucune vraie solution de remplacement.

— Et puis, en conclusion : Si tout le monde avait une vache à la maison, ce serait autrement plus facile pour ajouter du lait dans le bol de céréales. Non ?

À M. Drouginsky : Les élus de Montréal et de sa banlieue n’ont que peu pas de pouvoir sur le passage ou non de l’oléoduc. Ils peuvent exprimer leur opinions et espérer ardemment que celui-ci prévale mais c’est à peu près tout car l’Office national de l’Énergie est celui qui peut faire des recommandations au gouvernement. Les annonces de cette semaine en ce qui concerne l’évaluation de tels projets dans le futur ne concernent pas ce projet-ci.

À M Charlebois : les allusions à la péréquation (dont le fonctionnement ne dépend absolument pas de si oui ou non il y a un tronçon d’oléoduc au Québec) proviennent plus de la Saskatchewan, plus précisément de Monsieur Walls qui s’en va en élection ben vite que du gouvernement de l’Alberta qui emploie une méthode assez éloignée de la vocifération publique. À moins bien sur que le terme Alberta désigne l’ancien gouvernement conservateur, il est important de se souvenir que le (presque nouveau) gouvernement de cette province n’a pas défendu fort, fort Keystone XL.

Aux deux : très bon écrits sur un événement plus médiatique que significatif. On peut peut-être invoquer le « Quebec bashing » si l’on veut mais on peut aussi se permettre de l’ignorer. Vraiment, la seule chose qui soit importante est que l’attente de la fameuse transition énergétique a suffisamment durée. Mais cela n’est pour ainsi dire utiliser dans toute cette histoire que comme anecdote commode.

Bonne journée.

@ Thierry Martin,

Merci pour vos commentaires.

Les élus de la CMM ont bien sûr le droit d’exprimer leur opinion sur toutes les questions qu’ils veulent. Et disons-le TransCanada n’est probablement pas le meilleur communicateur au monde pour vendre le bienfondé de ses services à la population. Peut-être aussi le Premier ministre du Canada devrait préciser les positions de son gouvernement sur ce genre de questions.

Pour ce qui relève de la péréquation et bien que ces commentaires ne m’étaient pas adressés. Il est évident qu’on ne peut imposer un projet qui n’est pas accepté socialement sous prétexte que nous recevons de la péréquation. Sans entrer dans le détail du calcul de la péréquation. Il convient néanmoins de préciser que si les provinces riches qui produisent de l’énergie reversent une partie de leurs revenus aux autres provinces sous la forme de la péréquation. Qu’une baisse de revenus des provinces les plus riches entrainera à moyen terme une baisse de ces transferts vers les provinces moins fortunées.

Le fait pour l’Alberta d’avoir accès au marché de l’Est canadien, incluant le Québec et de pouvoir exporter ses produits pétroliers ailleurs, permettrait à l’Alberta de maintenir un niveau de production élevé. Même si le prix du pétrole reste bas. La province peut se rattraper financièrement en maintenant ses quotas de production et peut vendre un peu plus cher son pétrole en exportant vers d’autres marchés.

La plupart des analystes s’entendent sur le fait que la demande en pétrole risque d’être encore élevée pour les 30 prochaines années. Simplement parce qu’on ne peut pas faire table rase de tout ce qui dépend des énergies fossiles en un rien de temps. D’autre part, de manière directe ce sont plus de 700 000 emplois qui dépendent de cette industrie au Canada. Sans doute plus avec les emplois indirects.

Hors un des éléments qui puisse permettre de réduire cette emprise de l’industrie énergétique, c’est une création de bons emplois diversifiés soutenue dans le temps. Ce qui signifie que d’autres industries peu, moins ou pas polluantes devraient prendre le pas tout en générant simultanément plus d’emplois. Lorsque ce genre d’industries -là, ne sont pour le moment pas légions.

— Cela, les élus de la CMM ne devraient pas l’ignorer, s’ils ont vraiment à cœur — comme ils disent — le bienêtre de leurs gens. Cela passe par un effort concret de création d’emplois rentables tout en étant plus respectueux de l’environnement.

Re-bonjour

L’élément « péréquation » dans toute cette histoire n’a pas sa place. Que le pétrole coule à flot à travers le territoire du Québec, jusqu’au Nouveau-Brunswick ou pas n’aura pas d’effet sur le cadre de celle-ci, sauf bien sur qu’il y en aurait moins. Mais les contributeurs majeurs à cette « caisse » sont les provinces de l’est parce que le gros de la population y réside. L’Alberta, via ses résidents, en mettra moins (et pourrait même bien être à nouveau bénéficiaire) mais la taille de la cagnotte ne changera pas tant que ça. Si vous avez des scrupules à ce sujet, bien à vous. Mais gardez en tête qu’un jour, le Québec ne sera plus prestataire de ce type de transfert mais contributeur net. Et c’est très correct : c’est à ça que ça sert.

S’il n’y a pas assez de ce genre d’industrie (-là), c’est parce qu’il n’y a pas de politique comme telle au fédéral et les efforts provinciaux, d’un océan à l’autre, restent timides pour diverses raisons. N’oublions pas qu’une industrie ne nait pas à partir de rien. Ce sera ainsi tant et aussi longtemps que le fameux virage vert restera au niveau d’arguments électoraux. D’ailleurs, c’est le message que Monsieur Charlebois tente de faire passer avec cet article.

Bonne fin de semaine.

@ Thierry Martin,

La question de la péréquation, ne figurait pas dans mes propos initiaux. J’ai simplement pour faire suite à vos commentaires, évoqué le fait qu’on ne peut pas imposer un projet qui n’est pas accepté socialement sous prétexte que la dite province reçoit de la péréquation.

Je sais que ce sont tous les canadiennes et les canadiens qui contribuent par leurs impôts et leurs taxes à ce type de transferts fédéraux. Toutefois, la contribution de chacun est proportionnelle à sa capacité de payer des impôts.

De la même façon, même les provinces qui ne reçoivent pas de péréquation reçoivent des transferts fédéraux. Pareillement, l’État fédéral intervient dans toutes sortes d’investissements, ce qui peut être un avantage pour plusieurs provinces.

L’argument de la péréquation avait cependant sa place dans le texte satirique de Mathieu Charlebois puisque c’est un classique souvent employé par les provinces de l’Ouest pour s’adonner au « Québec bashing », ce qui après tout est assez drôle. — Vous en conviendrez avec moi !

En ces termes, je n’ai pas spécifiquement de « scrupules » ou de non scrupules sur cette question. D’autant moins qu’elle est partie intégrante de notre Constitution.

Enfin pour que le Québec ne reçoive plus de péréquation, il faudrait que la capacité fiscale des québécois dépasse de manière récurrente la moyenne canadienne. Hors pour se faire, il faudrait que les québécois payent collectivement beaucoup plus d’impôts qu’ils n’en payent actuellement ou bien que les provinces les plus riches payent de moins en moins d’impôts et qu’en même temps les paiements québécois restent stables.

Pour conclure, je veux bien, je vous cite : « garder en tête qu’un jour, le Québec ne sera plus prestataire de ce type de transfert mais contributeur net. » — Voilà qui est fort bien ! Et vous voyez cela pour dans combien de temps ?

Je comprends l’utilisation d’hyperboles, mais la teneur de certaines informations que vous apportez est incorrecte. Ce paragraphe en particulier m’a semblé faire fausse route :

« Produire de l’électricité avec le soleil n’est pas un leurre. On pourrait en produire en grande quantité partout dans le monde. Et pourtant dans tous ces domaines on avance à pas de lilliputiens. — Peut-être que grâce à la Chine communiste, on va y arriver ! »

Voici quelques données tirées d’un rapport de l’Agence international de l’énergie (IEA) publié en 2014 :

1. La croissance de capacité de panneaux solaires (qui alimentent les réseaux électriques, donc ceci exclus l’utilisation privée) a augmenté de 35 à 80% par année de 2003 à 2013. On parle ici d’une croissance exponentielle. (p.9)

Bien sûr cette capacité était marginale en 2003, mais en 2013 on parle de 37GW d’ajouté à travers le monde. C’était l’équivalent de la production totale d’Hydro-Québec. Et ça représentait des investissements de 96G$ (américains bien sûr).

2. La Chine et le Japon représentent moins de 20% de la production annuelle en énergie solaire. C’est vrai que la Chine produit une quantité énorme de panneaux solaires (p.10) et qu’elle est plutôt bien positionnée pour devenir une puissance en la matière, mais jusqu’à présent c’est l’Europe et les États-Unis qui installent le plus de parc de production photovoltaïque (PV). (p.9)

3. L’installation de parcs PV va continuer sa croissance rapide puisque les coûts ont atteint la parité avec le prix de l’électricité sur le marché dans plusieurs pays seulement qu’en 2013. D’autres grands consommateurs d’électricité (comme la Californie) ont atteint cette parité depuis ou sont sur le point de le faire. (p.15)

4. Le prix des modules PV a diminué à une vitesse exponentielle, en moyenne, au cours des dernières décennies. (p.23)

5. Toujours selon l’IEA, le coût total d’installation d’un système PV devrait pratiquement réduire de moitié au cours des 15 prochaines années. (idem)

Alors, en tout respect M. Drouginsky, vous pouvez difficilement être davantage dans le champ quand vous dites qu’on avance à pas de liliputiens.

Source : http://www.iea.org/publications/freepublications/publication/TechnologyRoadmapSolarPhotovoltaicEnergy_2014edition.pdf

@ Cher monsieur Lussier,

Je ne sais si vous lirez mes propos car vous publiez les vôtres un peu tardivement. Ce que vous dites est en apparence fort intéressant… cependant :

Vous fondez toute votre argumentation sur une seule référence qui englobe une période courte de dix ans (2003 à 2013). Ce qui est plutôt court pour établir un bilan.

Je n’ai jamais contesté qu’il y ait eu des progrès en termes de volume de fabrication de panneaux photovoltaïques. Grâce à la production de la Chine précisément. Au contraire, c’est exactement ça que je disais de manière humoristique sur mon texte initial.

Un petit pays comme le Costa-Rica est un modèle d’ailleurs en termes de production d’énergies dites vertes. Dont l’énergie solaire notamment.

Vous constatez que :

— Avant 2003, cette production d’énergie était minuscule (donc lilliputienne) à l’échelle mondiale et que malgré les progrès réalisés depuis, cette production reste toujours somme toute infinitésimale (donc encore lilliputienne).

J’aimerais attirer votre attention sur le fait que des projets de centrales électriques solaires existaient déjà dans le cours des années 50. Que les premières recherches en la matière remontent à 1837, que la première cellule photovoltaïque a été produite en 1883, lorsque les premiers usages industriels remontent à 1914.

Ainsi sur une longue période on a préféré privilégier d’autres formes de productions électriques : centrales au gaz, au fuel, au charbon et encore l’énergie atomique. Une tendance qui toujours se maintient malgré cette accroissement encore marginal du solaire que vous soulignez.

Comme vous aimez les chiffres voici quelques statistiques du monde sur la confection d’électricité :
— 67,9% énergie thermique
— 16,3% hydraulique
— 11,7% nucléaire
— 4,1% énergie renouvelable (dont pour le solaire : 0,8%)

La capacité de production électrique mondiale étant de l’ordre 4300 GW, vous conviendrez sans doute avec nous qu’une puissance électrique ajoutée de 37 GW n’est certes par négligeable bien qu’elle reste encore insuffisante lorsque comparée à la capacité de production planétaire annuelle.

C’est donc toujours plus de 99% de la production électrique mondiale qui exploite d’autres sources que l’énergie solaire alors que nous savons produire ce type d’électricité avec succès depuis plus de 70 ans.

Si cela vous apporte une très grande jouissance que de dire, je vous cite : « M. Drouginsky, vous pouvez difficilement être davantage dans le champ quand vous dites qu’on avance à pas de liliputiens », tant mieux pour vous, il n’en demeure pas moins que votre « coup sûr » reste comme à votre habitude encore un peu maladroit 🙂

Au cas où vous ne l’auriez toujours pas remarqué, le blogue de Mathieu Charlebois aborde usuellement des sujets sérieux avec une certaine légèreté.

— Note technique ajoutée :

Afin de bien comprendre l’argumentation développée, il convient de préciser qu’on parle ici de puissance installée. Soit de la capacité de production d’électricité en une heure. Ainsi l’acronyme GW devrait plutôt se lire GWh (Gigawatts/heure). Un ajout de 37 GWh représente bien une production potentielle ajoutée de l’ordre de 0,8% de la capacité mondiale de production (4300 GWh).

Cette capacité de production ajoutée, ne retranche pas d’autres formes de production d’électricité simultanément ajoutée. De telle sorte que le ratio d’électricité produite avec le soleil reste pratiquement stable proportionnellement à la croissance la capacité de production de toutes formes d’électricité dans le temps. Il n’y a pas de croissance exponentielle de la production versus l’accroissement de la consommation. Seulement un croissance qui permet pour le moment de suivre et de diversifier l’augmentation de la demande.

Il n’y a pas que les transports à essence et/ou autres carburants qui utilisent le pétrole. D’ailleurs, il est très efficient comme carburant.

Pensez aux pièces mêmes des automobiles dites électriques et prétendument vertes, aux ordis, pads, téléphones intelligents, nourriture congelée, produits pharmaceutiques, polymères, etc… Bref, notre dépendance au pétrole n’est pas près de se résorber.

Le pétrole est efficient uniquement si on exclus les externalités négatives liées aux émissions de CO2. Une étude du FMI estime à 1 600 milliards de $US le coût des subventions et autres externalités liées au pétrole.

Source: http://www.imf.org/external/pubs/ft/wp/2015/wp15105.pdf (p.21)

La raison pour laquelle nous utilisons autant le pétrole comme source d’énergie n’a rien à voir avec son efficience, même le gaz naturel est plus efficient, mais plutôt avec les montants astronomiques en subventions qui lui est accordé.

Parce que oui, il s’agit de subvention. Si la pollution a un coût et que rien n’a besoin d’être déboursé par le pollueur, alors celui-ci reçoit une subvention.

C’est comme un peu la discussion de qui vient en premier, la poule ou l’oeuf. Avec la baisse des prix du pétrole, surtout à la pompe, les raisons qui pourraient encourager la création de moyens d’utiliser l’automobile sans pétrole, recule à chaque baisse.

Pourquoi ils ne le raffinent pas eux même. L’Alberta n’à pas de secteur manufacturier fort. Ça leur donnerait plus de stabilité économique.

Le problème avec le pétrole, c,est qu’il sera transporté quand même vers l’est. Si ce n,est pas par oléoduc, ce sera par train. Quel est le meilleur transport?
Argumenter qu’on doit réduire notre consommation n’y changera pas grand chose, à part forcer le transport par train, dans des wagons encore désuets.