Souverainistes cherchent famille d’accueil

Les indépendantistes doivent former une nouvelle force politique, estime Denis Monière, professeur de science politique à l’Université de Montréal. Mais pas nécessairement un parti.

Souverainistes cherchent famille d'accueil
D. Monière (photo : D.R.)

Les indépendantistes doivent former une nouvelle force poli­tique, estime Denis Monière, professeur de science politique à l’Université de Montréal. Mais pas nécessairement un parti.

 

 

À quoi attribuez-vous le malaise au Parti québécois ?

Le PQ est devenu un parti d’élections : il ne milite pas entre les campagnes électorales pour faire avancer ses idées. Comment convaincre les Québécois de changer de système politique si on ne parle pas de souveraineté ? Les indépendantistes ont toujours été mal à l’aise au PQ, parce qu’ils sont obligés de se mettre en marge.

En 1985, vous avez fondé le Parti indépendantiste avec des souverainistes déçus du PQ, qui avait mis l’indépendance en veil­leuse. Quel souvenir en gardez-vous ?

Une dizaine de députés et de ministres avaient quitté le PQ. L’un d’eux, Pierre de Bellefeuille, s’est joint à des militants pour former ce parti, dont j’ai été le président. C’était une entreprise improvisée trois mois avant les élections, sans ressources, qui a eu des résultats marginaux : quelques centaines de votes dans 35 circonscriptions. Mais nos attentes n’étaient pas énormes. L’objectif était d’abord de permettre aux indépendantistes de voter selon leurs convictions. Nous avons réintégré le PQ quand Jacques Parizeau en a pris la direction, en 1988, et a remis la souveraineté au programme.

Une nouvelle formation souverainiste doit-elle voir le jour ?

 Il n’y a pas de vide en politique : si un parti n’assume pas son rôle, les gens vont se donner un instrument pour exprimer leur vision. Les indépendantistes sont orphelins actuellement. Fonder un parti est une possibilité, mais on peut aussi songer à une coalition interne qui aurait une existence propre au sein du PQ. Ou à un regroupement de candidats indépendants qui se présenteraient dans des circonscriptions où le PQ se retirerait. Mais le PQ devra faire preuve de bonne volonté. Si les choses doivent évoluer, ça devra se faire d’ici l’automne, soit au moins un an avant une éventuelle élection.