Stephen Harper, deuxième mouvement

Toujours dans cette entrevue accordée à Macleans, le premier ministre Stephen Harper aborde sa vision de la politique étrangère et du monde. Un complément, en quelque sorte, aux réflexions contenues dans le discours qu’il a fait lors du congrès de son parti en juin et qui confirme qu’à ses yeux, le monde est dangereux.

Voici un bref aperçu. Pour mémoire, encore une fois.

M. Harper note d’abord que tout maintenant comporte une dimension internationale. De l’économie, surtout, à la lutte aux pandémies en passant par la sécurité. Dans ce contexte, la clarté est de mise.

«De nos jours, il ne suffit pas cependant de dire que nous nous entendons bien avec  les uns et les autres. Nous devons avoir une idée claire d’où nous voulons être et de la direction que nous aimerions voir nos partenaires prendre face aux différents enjeux.[…] Nous sommes mieux de savoir ce que nous voulons en tirer et comment nous allons nous aligner.»

Selon lui, son gouvernement se distingue en ayant une politique étrangère sans faux-fuyant:

«Nous prenons des positions très claires qui reflètent, selon nous, nos propres intérêts, mais des intérêts qui reflètent ceux de la communauté plus large des nations ou, plus particulièrement, ceux des nations dont nous partageons les valeurs et intérêts.»

Par conséquent, pas question pour lui, lors d’une rencontre internationale, d’adhérer aveuglément à un consensus. Si ce n’est pas dans l’intérêt du Canada tel qu’il le conçoit, il s’y opposera. À son avis, les intérêts à long terme du Canada sont liés à son commerce, mais aussi à dees valeurs plus large comme la liberté, la démocratie, les droits de la personne et la règle de droit.

«Ce n’est pas une règle à toute épreuve, mais nous voyons que les sociétés qui font la promotion de ces valeurs tendent à partager nos intérêts et celles qui, à l’occasion ou fréquemment, ne le font pas deviennent des menaces pour nous. Nous nous assurons par ailleurs, et cela est important, d’avoir les moyens d’agir.. Je sais que nous sommes critiquer pour nos investissements militaires, mais quand vous vivez dans un monde dangereux et que des pays sont appelés à l’occasion d’agir pour faire face à ces dangers, vous n’êtes pas pris au sérieux si vous n’avez pas les moyens d’agir.»

Interrogé au sujet de sa politique à l’égard d’Israël, il reconnaît que sa position n’est pas toujours facile, mais il ne doute pas de sa justesse:

«Les enjeux sont très importants et très clairs. Nous reconnaissons tous que la solution passe par la création de deux États, mais nous avons, avec Israël, un pays qui est avant tout une démocratie occidentale, un de nos alliés et le seul État membre des Nations Unies dont l’existence  est remise en question internationalement et opposée par plusieurs, y compris, dans une large mesure, par l’autre partie au conflit. Quand je regarde ceux, autour du globe, qui s’opposent à l’existence d’Israël et cherchent sa destruction, je vois les mêmes personnes qui, en terme de sécurité, sont une menace immédiate et à long terme pour notre propre pays. Alors, pour moi, le choix est clair.»

Après les grandes menaces du fascisme et du communisme que le Canada a contribué à vaincre, le pays, croit Stephen Harper, fait maintenant face à celle plus diffuse du «terrorisme des extrémistes islamiques» et il doit faire sa part pour le contrer.

 

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1) Israël: D’abord il y a très peu d’État qui cherchent la destruction d’Israël, il est vrai que ce pays a le droit de vivre en paix, mais Israël est en train de se transformer de tel sorte qu’il est devenu un envahisseur intransigeant et le Canada ne fait rien pour contrebalancer la politique Américaine; Obama devant la forte communauté Juive aux USA à démissionné depuis le début;
2) Les Islamistes s’attaquent d’abord aux Musulmans peu à l’Occident, c’est mineur à côté du Communisme;
3) Le Communisme est loin d’être vaincu, vous oubliez que 1,3 milliards de Chinois vivent dans ce régime corrompu à l’os. Que la Chine est en train de devenir la plus grande puissance militaire. Que plus de 24 millions de Coréen du Nord survivent en tutelle de même que près de 100 millions de Vietnamiens sont en résidence surveillée.

La position de M. Harper tranche avec celle des Libéraux de Chrétien/Martin mais le monde à bien changé depuis et je pense que les Libéraux auraient fait de même avec une armée Canadienne plus pro-active en matìère de conflit.

Vanitas vanitatum, et omnia vanitas. En fait, une autre façon de dire, en bilingue, ce que dit Benton…

Hé bien, qui aurait crû que ça aurait été dit avec autant de clarté. Il jette les bases de conflits futurs basés sur la religion…

Preuve que l’humain n’évolue plus vraiment…

Il a une pensée assez cohérente pour quelqu’un qui n’a jamais lu un livre de sa vie, dixit Marie-Laberge, Jean-René Dufort (!), Yann Martel, etc.

Ça me donne froid dans le dos.

Et dire qu’il est là au moins jusqu’au 19 octobre 2015 avec tous les leviers de l’État canadien entre ses mains.

Et bien oui M. Paillard, la nature humaine demeure la nature humaine. Pas besoin d’avoir lu tout Sophocle et Shakespeare pour s’en rendre compte…

Ce commentaire vaut aussi pour votre billet: «Stephen Harper, premier mouvement».

Je ne suis pas d’accord avez vous, Charles Quinte, quant à la position qu’aurait un gouvernement libéral.

Ce qui est clair c’est qu’une position exprimée publiquement par un membre du cabinet est la position du gouvernement. Dans notre système démocratique, le cabinet ne parle que d’une voix. Or, selon Peter Kent, une attaque envers Israel sera considérée comme une attaque envers le Canada. Je doute qu’un gouvernement libéral aurait une telle position.

http://www.theglobeandmail.com/news/politics/ottawa-notebook/an-attack-on-israel-would-be-considered-an-attack-on-canada/article1470211/

Le manichéisme primaire de Stephen Harper donne froid dans le dos.

Cette façon de diviser le monde entre les bons (nous et ceux qui partagent nos intérêts) et les méchants (les autres qui ne partagent pas nos intérêts) est la source des biens des maux.

Cette attitude morale qui caractérise la droite me semble tellement infantile et nuisible.

Certainement contraire aux enseignements du christianisme dont pourtant les gens de droite se réclament volontiers.

Comment résoudre les conflits et apprendre à vivre ensembles avec une telle prémisse ?

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