Stephen Harper et le joug de la pensée unique

On a souvent l’impression que la campagne de Stephen Harper a été conçue exclusivement pour un public de fidèles abonnés.

Photo : Ryan Remiorz/La Presse Canadienne
Photo : Ryan Remiorz/La Presse Canadienne

L’équipe de Stephen Harper avait habitué les Canadiens à des plans de campagne réglés au quart de tour. C’est loin d’être le cas cette fois-ci.

Et pas seulement parce que les événements s’acharnent sur le premier ministre sortant ou parce que le virus du changement fait des ravages prévisibles dans l’électorat.

Le chef conservateur peine à trouver le ton juste et les mots pour convaincre suffisamment d’électeurs de lui donner un autre mandat majoritaire. On a souvent l’impression que sa campagne a été conçue exclusivement pour un public de fidèles abonnés.

Pour démonter l’engrenage qui a mené Stephen Harper à sa campagne la moins rassembleuse en quatre élections, il faut revenir à la crise parlementaire de 2008.

Au moment où les partis d’opposition s’étaient entendus pour former un gouvernement de coalition, les conservateurs avaient eu très peur que les libéraux, une fois au pouvoir, ne consolident leurs rangs au Sénat en y comblant les nombreux sièges laissés vacants par Stephen Harper.

Sitôt son gouvernement temporairement à l’abri d’un vote de censure aux Communes, le premier ministre dépêchait un contingent de nouveaux sénateurs à la Chambre haute, dont le journaliste Mike Duffy, un communicateur susceptible de propager la bonne parole conservatrice.

On connaît la suite : nommé à un siège de l’Île-du-Prince-Édouard, ce vétéran de la presse parlementaire a entrepris de faire comme s’il vivait vraiment dans sa province d’origine en réclamant une indemnité de logement pour continuer d’habiter à Ottawa.

Si la garde rapprochée de Stephen Harper n’avait pas voulu à tout prix étouffer le scandale qui a fini par rattraper son sénateur-vedette, le chef de cabinet du premier ministre, Nigel Wright, n’aurait pas remboursé, en cachette, les dépenses abusives de Mike Duffy. Et il n’aurait pas été forcé, une fois l’affaire ébruitée, de quitter en catastrophe le poste politique le plus névralgique à Ottawa. À l’interne, son départ allait avoir un effet bien plus corrosif sur le gouvernement que le scandale lui-même.

Si Stephen Harper, déstabilisé par la crise, n’avait pas été forcé de remplacer au pied levé son chef de cabinet, il ne se serait pas résolu à s’entourer de collaborateurs dont la loyauté à son égard frisait le culte de la personnalité. Bon nombre d’entre eux avaient passé leur vie adulte à ses côtés.

Si ces disciples avaient fait leurs classes ailleurs qu’en politique, les vedettes du dernier mandat conservateur n’auraient pas été des députés comme Paul Calandra et des ministres comme Pierre Poilievre, des exécutants disposés à obtempérer sans broncher aux commandes — aussi démagogiques soient-elles — du bureau du premier ministre. Et des ministres de talent ne seraient pas allés, en si grand nombre, se faire voir ailleurs plutôt que de subir le joug de la pensée unique pendant un autre mandat.

Si la qualité du Conseil des ministres n’avait pas décliné de façon vertigineuse au cours de la moitié de mandat qui a suivi le départ de Nigel Wright, le parti conservateur aurait pu, durant sa campagne, envoyer un ministre des Finances en première ligne de la guerre des mots sur l’état de l’économie canadienne, plutôt que de devoir dépêcher le ministre… de la Défense nationale.

En plein débat sur le rôle du Canada dans la crise des réfugiés syriens, les responsables de la tournée de Stephen Harper n’auraient pas eu à tenir les journalistes à distance du ministre des Affaires étrangères, Rob Nicholson, pendant sa visite dans sa circonscription.

S’il s’était moins coupé de gens susceptibles de lui tenir tête, le chef conservateur n’aurait pas attendu que le train du débat sur la contribution du Canada au règlement de la crise humanitaire entourant les réfugiés syriens soit en voie de lui passer sur le corps pour tenter de remonter à bord de la locomotive.

Enfin, et surtout, si ses plus proches collaborateurs n’avaient pas tant vénéré Stephen Harper, ils auraient eu le courage de lui demander ce qu’il entendait faire d’un quatrième mandat, sinon empêcher Justin Trudeau ou Thomas Mulcair de s’installer à sa place.

Dans la même catégorie
Boutique Voir & L'actualité

Obtenez jusqu’à 40% de plus pour votre prochaine sortie

28 commentaires
Les commentaires sont fermés.

Voici quelques temps, dans une interview qu’accordait l’économiste Nouriel Roubini au journal Le Monde, il déclarait à peu près en ces mots (je cite de mémoire) : « Qu’il n’y avait rien de plus préjudiciable en économie que les habitudes ».

Hier dans un autre débat, celui de l’investiture Républicaine pour les élections de 2016. La candidate Carly Fiorina — ancienne PDG de HP -, déclarait : « I was a terrific CEO, the board was dysfunctional » ; faisant référence au caractère dysfonctionnel du Conseil d’Administration de la multinationale.

Ce genre de dysfonctions au sommet sont clairement identifiées et se produisent dans toutes sortes de compagnies. Ce qui entraîne toutes sortes de confusions. Et malheureusement des pertes financières parfois considérables pour les actionnaires et autant de pertes d’emplois. Autant de drames qui finalement nuisent au bienêtre et la qualité de vie.

Alors que nous sommes, comme canadiens à quelques heures d’un débat des chefs à saveur économique qui devrait être important. Je ne permets de noter ces points. Car les choix politiques des gouvernements sont plus souvent qu’autrement à saveur et au goût de l’économie.

Lorsque nous n’ignorons pas qu’un des moteurs du Canada a été au cours de cette décennie porté par l’énergie et les matières premières. Quand nous savons que les activités humaines sont cycliques. Quand nous ne pouvons garantir que le prix de l’énergie va caracoler de sitôt au sommet, quand la spéculation immobilière s’essouffle.

Quand nous voyons que par la force de ses habitudes et aussi par le caractère dysfonctionnel du bureau du PM, comme cette chronique l’illustre parfaitement, que ce gouvernement ne peut plus continuer indéfiniment comme avant.

Il devient possible de se demander si ce qui a fait le succès relatif de cette gouvernance conservatrice, n’est pas en grande partie dû à une conjoncture économique qui était plutôt favorable pour le Canada ; cela bien plus que les habiletés à exercer la conduite de l’État de l’entourage du Premier ministre.

Ainsi deux questions à mon avis se posent :
1— Est-ce que ce gouvernement à la capacité de rebondir en économie ?
2— Est-ce que les impétrants au poste de Premier ministre ont des programmes actuellement si performants que cela… pour relancer l’économie du pays en toute efficience ?

— Pour l’une et l’autre de ces questions. J’éprouve un indicible sentiment de doute. Mes avis que le bon choix jusqu’au dernier instant, risque d’être bin bin bin difficile en c’moment….

Je suis d’accord avec vous car selon moi ses deux adversaires n’ont rien à offrir d’intéressant. De plus M. Harper gagne des points dans la « crise » du niqab » et avec sa prudence quant à l’entrée des migrants en sol canadien. Moi qui n’ai jamais apprécié M. Harper je crois bien que je voterai pour lui… en me pinçant le nez.

Votre commentaire est typique de la cohorte des fidèles conservateurs qui se pincent le nez à chaque fois qu’on parle d’immigration, de niqab et de musulmans. C’est de la pure paranoïa alimentée par un parti de droite qui se pince le nez à chaque fois que ses représentants se retrouvent avec des minorités culturelles, à quelques exceptions près, car ils puisent aussi à l’extrémisme religieux pour récolter leurs votes. Vous oubliez qu’on est un pays composé d’une grande majorité d’immigrants à partir de nos ancêtres jusqu’aux immigrants d’aujourd’hui. Quand on est ouvert d’esprit et accueillant avec nos compatriotes immigrants, on n’a pas besoin de se pincer le nez et on vote pour un parti ouvert et progressiste.

Encore un article contre Harper, ça vous donne quoi, Mulcair et Trudeau sont des menteurs et des opportunistes, c’est tout !

Encore un commentaire à saveur de pensé unique pour défendre Harper… Le titre de l’article est d’autant plus judicieux quant je lis ce genre de commentaires.

Trudeau et Mulcair menteurs et opportunistes? Peut-être mais ils sont des enfants d’école en comparaison avec le PM Harper! Menteurs les conservateurs avec leur propagande fausse et trompeuse payée à même les fonds publics comme par exemple prétendre qu’ils sont les grands protecteurs de l’environnement alors qu’ils ont tout fait pour renier l’accord de Kyoto et de détruire les lois de protection de l’environnement, des lacs et des rivières et des saumons du Pacifique… Hypocrites aussi avec leur appui aux minières canadiennes qui abusent des droits humains à l’étranger. Harper est un maître en matière de mensonge et d’opportunisme!

Un point ou je suis d’ accord avec Mme Hébert; c’ est qu’ il devra ( M.Harper) sans doute regarder vers l’ avenir et cesser de regarder en arrière pour voir qui lui coure après!! À mesure que la campagne avance , on s’ apperçoit que le lustre temporaire de ses adversaires commence à se brouiller sérieusement!!

En effet les libéraux se sentent obligés de sortir des boules à mites le cinglant ancien premier ministre Chrétien pour venir faire la morale au premier ministre actuel au sujet du PLUSSE beau pays au monde!! Le père du scandale des commandites devrait se garder une petite gêne n’ est-ce pas? Justin Trudeau affirme sans rire qu’ il veut dépenser 60 milliard ( en déficit) durant son prochain mandat et qu’ il a la fâcheuse habitude de centraliser comme son père la gouvernance fédérale mais sans avoir de l’ expérience!

Et puis , on a Tom ou Thomas Mulcair selon la province! Ancien ministre libéral provincial qui je pense qu’ il ne sait pas encore que son parti est fédéral et qu’ il se présente comme premier ministre du Canada! En effet son programme électoral est encore plus centralisateur que les libéraux( garderie @ 5$, subventions au municipal, services aux personnes âgées, service à la santé, hausse du salaire minimum @ 15$ etc…) Tous des compétences provinciales!!! Sans compter qu’ il veut probablement abolir le projet de loi sur la clarté syndicale pour récompenser ses petits amis de l’ Alliance de la fonction publique canadienne et surtout de la F.T.Q au Québec qui eux investissent du temps heure homme dans des comtés ciblés pour battre Harper sans faute! C’ est illégal et ils le savent très bien!

Donc en résumé , si je regarde de façon cartésienne la situation économique , entre les grosses vagues et et le petit clapotis je préfère le petit clapotis!!

Comment pouvez-vous dire que Justin Trudeau a la fâcheuse habitude de centraliser la gouvernance fédérale comme son père? Sur quels faits vous basez-vous? Avez-vous lu les engagements qu’il a pris pour avoir un gouvernment plus ouvert et un Parlement qui fonctionne mieux? Je vous invite à lire tout cela et on en reparlera.

Le multi cuturalisme de son père est imprégné dans son être et sa position sur le niqab ne rejoint pas mais pas du tout la volonté très claire de ses contribuables!! Les 60 milliards de dollars en déficit promis! Pensez-vous qu’ il va demander l’ avis des provinces? La culture libérale est de nature centralisatrice et les précédents premiers ministre libéraux ont déjà prouvés leur arrogance face aux provinces fédérées!!! Pensez-vous sincèrement que le fils de P.ET. va devenir après son élection un partisan des gouvernements provinciaux? La naivité vs la réalité!

Sans parler de Mulcair qui est contre la loi C-51…. ses 46,000 migrants, il ne faut pas les contrôler, ni avant, ni après!

Mais bon, je sens une vague de flip-flop à venir si jamais le NPD est élu.

L’héritage économique du gouvernement Harper est un désastre et on se retrouve avec la piasse à Harper à 75 cennes… Le gouvernement précédant avait lassé un surplus budgétaire et le gouvernement Harper nous a plongé dans des déficits presque sans précédents et surtout après avoir détruit des décennies de services fournis par le fédéral comme par exemple l’inspection des aliments où on a coupé sans vergogne au risque de la santé publique, sans parler de la fermeture des postes des gardes-côtes sur la côte ouest au risque de la vie des gens de mer et de la capacité de répondre aux désastre environnementaux. Bref le petit clapotis est un tsunami qui a détruit le Canada prospère et pacifique qu’on connaissait avant l’avènement du petit dictateur Harper qui a fait fi du Parlement et de la démocratie.

Allez Pierre va prendre ton bovril! Comme ça Harper a détruit le Canada et il mène dans les sondages!!! Check bien au fil d’ arrivée le 19 oct. prochain!

Justement, le vrai sondage est celui du 19 octobre… Vos troupes ont la trouille et je les comprend car ce n’est pas facile de vendre votre salade (sans Bovril) de droite!

Vous détestez vraiment M.Harper.Je crois que vous n’êtes plus capable en tant que journaliste d’avoir l’intégrité.Essayez d’être plus neutre…

Le pays est en période de décisions majeures face à la crise mondiale.Je crois que ce n’est pas le temps d’essayer autre chose!

Les tirs regroupés sans nuance aucune pour démoniser Harper disqualifient la classe journalistique québécoise..

Avec comme résultat que les citoyens se détournent de l’information biaisée.

Ainsi, Internet est devenu l’outil incontournable pour justement échapper à la pensée unique qui rallie la classe artistico-journaliste gauchiste québécoise..

Les résultats des dernières élections ont pourtant démontré l’inefficacité de cette stratégie. Les Québécois savent lire entre les lignes…

A quand un retour à plus de rigueur et à moins de partisannerie chez nos analystes..

Encore une belle preuve de la pensée unique harperrienne! Ben oui, quand ça ne marche pas c’est de la faute aux journalistes! L’objectivité est étrangère aux conservateurs et vous en êtes une autre preuve par l’absurde!

@ Pierre , vous n’ avez qu’ a écouter Radio Canada depuis 3 ans et vous allez vous rendre contre de la grande objectivité de cette institution fédérale payée par nes impots!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Au lieu d’avoir une politique avec laquelle le parti décide de tout et ajuste son discours afin de bien paraître et d’avoir toujours raison! !!

Ne pourrait-on pas demander à la population moyenne normale ses « »demandes » » et bâtir un programme normal en 10 points!!

La différence avec cette élection c’est qu’on vient de traverser 4 ans de pouvoir unique conservateur et qu’ils ne peuvent plus cacher leurs véritables intentions. En 4 ans ils ont détruit les lois environnementales, la protection des aliments, la garde-côtière sans parler de la réputation internationale du Canada qui est à son plus bas et j’en passe (ça serait trop long). Sans parler de leur dilapidation des fonds publics dont entre autres l’achat d’avions de chasse F-35 qui sont inutiles pour un pays comme le Canada avec notre topographie et les défis qui nous attendent et les dépenses dévergondées en propagande partisane à même les fonds publics. Donc, c’est beaucoup plus difficile maintenant de berner les électeurs et on connaît leur vrai visage qui n’a rien à voir avec les Progressistes-conservateurs du passé – nous faisons face à un véritable parti républicain de droite qui n’a de cesse de graisser ses amis et de saccager l’héritage de nos ancêtres.

Que va t’il faire le NPD s’ il est élu? Il va défaire la loi c-51 parce qu’ au dire de Tom il n’ y a absolument rien de bon la dedans! Il va s’ ingérer à tour de bras dans les compétences provinciales et devenir le champion centralisateur du Canada et finalement il va devoir bien sûr un jour récompenser ses petits amis syndicaleux membres de grosses corporations syndicales qui sont très dictateurs envers leurs membres et va bien sûr mettre aux calandres grecques le projet de loi 399 sur la clarté syndicale!!

La loi C-51 ne survivra pas le test de la Cour suprême du Canada de toutes façons, comme un tas d’autres lois de votre parti de droite qui défie la constitution et la Charte des droits.

Ah! bon ! Je ne savais pas ça que la cour suprême va rendre la loi fédérale c-51 caduque!!!
Aie! le bérêt tu rêves ou quoi! La cour suprême du Canada rendrait caduque une loi votée par son propre gouvernement! Ou tu t’ en va avec tes skis mon bonhomme?

…Je viens de lire tout ces commentaires..en bref Mucair et Trudeau sont hors circuits du fait de leur positions électoralistes racoleuses honteuse dans le port du voile et des accommodements déraisonnables qu ils cautionnent..le seul qui a du talent du charisme, de la classe et internationnale, c est Monsieur Harper en plus il a un physique a l avantage de l image que l on se fait d un vrai Canadien …le meilleur et il va gagner les elections ne vous en deplaise c est HARPER et c est le meilleur et je le repete, le plus fiert, le plus digne de respect et admiration..enn plus tres honorable..Votez intelligent VOTEZ HARPER…JFGarrouste…

Très drôle! Du charisme Steven Harper!!! À peu près autant qu’un autobus de la STM! J’espère aussi que vous allez en revenir du voile ou du niqab que peut-être quelques centaines de personnes portent dans un pays de 33 millions d’habitants… Franchement, pourrait-on avoir une discussion politique sérieuse?

C’ est quoi une discussion sérieuse pour toi? Est-ce d’ éliminer la grande majorité des Canadiens qui sont CONTRE le niqab et d’ éliminer les plus de 32% des contribuables qui vont voter pour les conservateurs le 19 oct prochain?

Un texte datée du 15 septembre 2015 qui vieilli très très bien
Bravo Mme Hébert
Jacques Tremblay 22 octobre 2015