Stephen Harper et les Nations Unies : que des détours intéressés

Le premier ministre Stephen Harper sera à New York demain, mais ne fera aucun détour pour assister à l’assemblée générale des Nations Unies, encore moins pour y prendre la parole. Les organisateurs lui avaient pourtant offert une plage horaire en ce même jeudi où il sera dans la métropole américaine pour y recevoir un prix d’une fondation privée.

M. Harper se justifie en disant que ses prédécesseurs ne s’adressaient pas chaque année à l’assemblée générale et qu’il est fréquent que le ministre des Affaires étrangères prenne le relais, ce que fera d’ailleurs John Baird la semaine prochaine. C’est vrai, mais le premier ministre omet de mentionner que ses prédécesseurs ne refusaient pas l’invitation s’ils se trouvaient à New York durant la semaine réservée aux chefs d’État et de gouvernement.

Stephen Harper, lui, n’en est pas au premier impair du genre, lui qui ne s’est adressé à l’assemblée générale qu’à deux reprises : quelques mois après sa première élection en 2006 et en 2010 pour tenter de convaincre l’organisation d’élire le Canada au Conseil de sécurité. Une tentative qui a échoué en partie à cause de l’indifférence manifeste affichée par le gouvernement Harper à l’endroit de l’ONU.

En 2009, une année seulement avant cette campagne pour l’élection au cénacle onusien, M. Harper n’avait pas assisté à l’assemblée générale, à laquelle le nouveau président américain Barack Obama participait pour la première fois. Il avait préféré visiter le Centre d’innovation Tim Hortons, à Oakville, posant devant des beignes, un café à la main. Il était pourtant à New York la veille, mais pas pour participer, comme ses homologues, à l’assemblée extraordinaire de l’ONU sur les changements climatiques, mais pour parler d’économie avec le maire de la ville. L’année précédente, il avait mandaté un fonctionnaire pour parler au nom du Canada.

Cette année, pendant que les autres chefs d’État et de gouvernement exposent leurs vues sur les grandes crises du monde devant la communauté internationale, M. Harper privilégie un cercle qui pense comme lui.

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On parle bien ici des Nations Unies qui sont incapables de plus d’un an d’accoucher d’une position claire, concrète et crédible pour arrêter les massacres en Syrie? Les mêmes Nations Unies qui avait en 2010 sur leur Conseil des droits de l’homme de l’ONU la Libye? Oui… OK! Avant de critiquer le manque de crédibilité du gouvernement, il faudrait faire un véritable examen de conscience de l’ONU.

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