Suggestion de lecture du samedi: Jeffrey Simpson à la défense du Québec

 

Depuis le début de la campagne au Québec, on en lit de toutes les sortes dans la presse anglophone. Parfaitement bilingue, Jeffrey Simpson, du Globe and Mail, semble lui-même en avoir eu assez et vouloir modérer les transports de ses collègues et de ses lecteurs. Je vous traduis les premiers paragraphes de sa chronique de ce matin, mais vous invite à lire la suite.

Simpson démarre en notant que

«les commentaires faits à l’extérieur du Québec au sujet du Québec, qui viennent souvent de gens qui ne peuvent ni lire, écrire ou comprendre le français, affichent trop souvent l’enthousiasme des personnes non informées et évoquent trop cette idée creuse voulant qu’ ‘eux’ ne sont pas comme ‘nous’.

Vous pouvez lire ce genre de commentaire exaspéré dans la couverture de l’actuelle campagne québécoise. Les sécessionnistes sont de retour! Le nouveau parti, la Coalition avenir Québec est une bande de cinglés! Les étudiants avec leur carré rouge manifestent encore! C’est trop.»

Simpson ne cherche pas tant à défendre les Québécois qu’à expliquer la situation au Québec en ce moment.

«Qu’y a-t-il de si étrange à vouloir déloger un gouvernement mené par un premier ministre sollicitant un quatrième mandat? Les Albertains ne se sont-ils pas lassés de Ralph Klein qui a fini par être écarté par son propre parti? Les Canadiens n’ont-ils pas défait Pierre Trudeau après ses trois premiers mandats? Les Québécois veulent du changement. Qu’est-ce que cela a d’étrange en démocratie?»

Vous trouverez la suite ici.

Intéressante aussi l’analyse de la situation du Parti libéral du Québec qu’a faite cette semaine le politologue Alain-G. Gagnon. Vous la trouverez ici.

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Merci pour vos suggestions de lectures, elles sont bien appréciées. Le point de vu prononcé par Jeffrey Simpson est mesuré, on voit en effet qu’il comprend avec esprit la réalité canadienne. De la même manière, il sait très bien estimer que l’arrivée de madame Marois à la tête du gouvernement ne va pas changer les orientations initiales de la province qui font consensus, en particulier pour parvenir à des budgets équilibrés, que c’est le pragmatisme et la réalité qui vont rattraper le prochain gouvernement, que les promesses électoralistes (peu importe le parti) seront conditionnelles évidemment aux bonnes et si possibles meilleures performances de l’économie. D’ailleurs madame Marois, n’a-t-elle pas dit qu’elle serait conservatrice en matières de finances publiques ? N’est-ce pas une articulation qui devrait plaire à monsieur Harper ?

Ce qui m’interdit le plus, c’est que toutes les formes d’exagérations dans cette campagne se trouvent aussi dans la presse et les médias francophones, qu’elles ne sont pas l’apanage du seul « rocanada », loin de là !

L’analyse de Alain-G. Gagnon est pertinente, j’ignore si le risque d’éclatement est réel. Quoiqu’il faudrait prendre au sérieux le redéploiement des fédéralistes et des progressistes avec une aile québécoise du NPD. Il fait bien de mettre en référence Claude Ryan qui quoique abhorrés apparemment par quelques uns, n’en restât pas moins un homme avant tout humaniste, progressiste, intelligent et lettré. Je comprends que l’exercice du pouvoir a mis de côté toutes ces bonnes valeurs qui usuellement plaisent aux libéraux ; de par le fait même à toute la population.

J’entendais aujourd’hui encore Jean Charest dire que ceux qui ont travaillé avec lui et son gouvernement soutiennent toujours le programme du Parti Libéral. C’est sans doute vrai. Mais qu’en est-il de ceux qui pour un ensemble de raisons n’ont pas travaillé avec lui ? – Eh bien la réponse est claire : la plupart sont plus pauvres aujourd’hui. Cette réalité touche autant les allophones, les francophones que les anglophones sans oublier les peuples natifs. La crise étudiantes n’a fait que placer la lumière sur la tête des libéraux du Québec qui ont démontré qu’ils ne sont pas ce qu’ils disent pour vrai.

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