Suggestions de lectures : la justice sous un autre angle

Un des arguments les plus souvent invoqués pour justifier l’approche musclée du gouvernement est la nécessité de protéger les victimes et d’assurer la sécurité des citoyens. Voici deux textes qui donnent une autre perspective…

Durant la campagne qui a précédé les élections partielles d’aujourd’hui, en particulier durant le dernier droit dans Brandon-Souris, les conservateurs ont joué la carte de la loi et de l’ordre.

Même chose quand ils ont voulu détourner l’attention du scandale au Sénat. Encore aujourd’hui, le ministre de la Justice, Peter MacKay, a prévu faire une annonce à sujet.

Un des arguments les plus souvent invoqués pour justifier l’approche musclée du gouvernement est la nécessité de protéger les victimes et d’assurer la sécurité des citoyens.

Voici deux textes qui donnent une autre perspective. D’abord celui paru sur le site d’iPolitics et signé Steve Sullivan, le premier à avoir occupé le poste d’ombudsman fédéral des victimes de crimes.

M. Sullivan conteste la logique conservatrice qui veut que la répression, en particulier par le biais de peines minimales, suffit à contrer la victimisation sexuelle des enfants. La prévention a la portion congrue et il s’en désole, car la plupart des victimes d’abus sexuels ne portent pas plainte. Miser uniquement sur le système judiciaire pour attaquer ce problème ne fait rien pour elles. Mais, dit-il, brandir le bâton est politiquement plus rentable et permet de diaboliser ceux qui suggèrent une autre approche.

Le second texte, de Sean Fine, du Globe and Mail, fait état d’un discours vigoureux donné tout récemment par l’ombudsman des détenus fédéraux, Howard Sapers. Les prisons fédérales sont surpeuplées, ce qui favorise la violence qui va croissante et nuit comme jamais à la réhabilitation, malgré une augmentation de 40 % des budgets depuis cinq ans.

L’enquêteur correctionnel s’est montré très critique envers les conservateurs et a déploré l’«incarcération massive» («arbitraire et abusive», a-t-il ajouté), ainsi que cette manie de croire que le respect des droits des victimes exige d’ignorer ceux des détenus. Le concept de «punition sans limites apparentes va à l’encontre de plusieurs principes à la base de notre démocratie et de notre système de justice», a-t-il dit.

Bonne lecture !

 

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Quoi qu`il en soit, il y a trop de crimes impunis et les victimes sont moins bien traitées que les agresseurs! Ça c`est évident! Si nos prisonniers seraient moins bien traités ou si vous voulez moins chouchoutés ils y penseraient à deux fois avant de faire leurs crimes. S`il y a une hausse de la population carcérale posons -nous la question! Est-ce la réhabilitation qui n`est pas efficace? Pour moi les les criminels d`habitudes sont des indésirables dans notre société et cessons de nous mettre la tête dans le sable et blâmer les conservateurs! La réhabilitation ça commence au coeur de la cellule familiale et notre société a les criminels qu`elle mérite!!

L’approche conservatrice vise principalement à gagner plus d’électeurs et n’a pas grand chose à voir avec une réduction de la criminalité ou le bien-être des victimes de crimes. Les gens croient sincèrement qu’une augmentation des peines va nécessairement réduire les taux de criminalité ce qui est bien loin de la réalité. Mais c’est contre-intuitif de dire qu’une approche plus « soft », comme la justice réparatrice par exemple, est plus efficace en matière de réduction de la criminalité. C’est effectivement très bien documenté dans plusieurs pays, y compris aux ÉU, et les preuves ne sont plus à faire. Le gouvernement Harper a ces études dont certaines ont été faites ici, au Canada (une dans le cadre de la Stratégie de la justice applicable aux autochtones qui était sur le web du ministère mais qui a par la suite été retirée) mais il les ignore car ce n’est pas populaire et ça ne fait pas gagner des votes. Aussi, plus les conditions d’incarcération sont difficiles, plus endurcis et plus violents ces criminels vont devenir lors de leur libération, ce qui est inévitable dans la grande majorité des cas. Il est donc évident que la criminalité devrait augmenter dans les prochaines années grâce entre autres à l’approche plus «Law and Order» des conservateurs, avec les conséquences prévisibles de coûts beaucoup plus élevés pour les victimes et, en fin de compte, pour tous les contribuables.

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