Suggestion de lecture : Michael Ignatieff sur l’état de la démocratie en Amérique du Nord

Au début d’octobre, l’ancien chef libéral Michael Ignatieff était l’orateur invité de la Stanford Humanities Center Presidential Lecture. Il y parlait de la crise de la représentation qui sévit actuellement au Canada et aux Etats-Unis, de l’effet repoussoir de la politique acrimonieuse qu’on y pratique, des dangers que cette dernière pose pour la démocratie.

John Ibbitson, du Globe and Mail, en a parlé mardi. Son texte, fort intéressant, a attiré l’attention avec ce titre percutant: «Michael Ignatieff’s timely warning on the politics of fascism» (L’avertissement opportun de Michael Ignatieff au sujet de la politique du fascisme).

Ibbitson écrit : «Quand vous percevez votre opposant comme un adversaire, ‘vous rejetez ses arguments, pas sa personne; vous mettez en doute ses prémisses, pas son identité : vous vous interrogez sur ses intérêts, pas sa loyauté’, a dit M. Ignatieff».

Le journaliste cite encore  l’orateur : «Le fascisme a franchi le pas fatal qui sépare la politique entre adversaires de la politique des ennemis. Nous ne sommes pas là encore, mais il vaut le coup de se rappeler que le déclin fatal est survenu dans une démocratie pas trop différente de la nôtre, dans une société au prise avec une crise économique et où la population meurtrie cherchait quelqu’un à blâmer.»

Traiter ses adversaires en ennemis fait courir un risque mortel à la démocratie, rapporte Ibbitson, car il mine les possibilités de compromis qui sont la raison d’être de la politique. «Quand le compromis n’est plus une option, poursuit-il, la victoire ou la défaite demeure les seules issues possibles.»

Vous trouverez ici la vidéo de l’exposé de M. Ignatieff. Il commence à la 14e minute.

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J,ai toujours dit que Michael Ignatieff avait le charisme d’une boîte de conserve et qu’à ce titre, il n’avait aucun avenir en politique.

Mais comme théoricien politique et intellectuel, il est beaucoup plus crédible. Je dois dire que sa lecture de la démocratie est assez percutante.

Ainsi, « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple », serait malade du fait que les adversaires politiques soient devenus au fil du temps, des ennemis! N’est-ce pas ce que nous observons actuellement entre Conservateurs-vs-Autres, Droite-Gauche et que dire de la politique provinciale actuelle où mépris et manque de respect sont devenus des valeurs « normales » en politique.

Misère!!! Moi qui associait Démocratie et Diplomatie…

Etes-vous tannés de voir l’opposition toujours s’opposer?

Les Libéraux étaient pour la Baie James. Le PQ était pour le nucléaire. Le PQ vient de fermer Gentilly

Le PQ était pour la Loi 101. Les Libéraux étaient contre. Le PLQ a défendu la loi 101 au point de soutenir maintenant qu’il ne faut pas y toucher!

Les Conservateurs étaient pour la TPS et le Libre-échange. Les Libéraux étaient contre. Les Libéraux ont gardé et la TPS et le libre-échange.

On pourrait multiplier les exemples à l’infini.
Chaque fois que le gouvernement arrive avec une grosse réforme, l’opposition, pour se distinguer, pour montrer qu’elle est plus brillante que le gouvernement, se campe contre. L’histoire nous montre qu’elle se plante toujours