Suggestions de lecture: notre démocratie parlementaire sous la loupe

Il s’écoule rarement une semaine sans qu’un ou plusieurs textes paraissent dans la presse anglophone sur l’état de santé de la démocratie parlementaire canadienne. Cette semaine, ce fut un florilège. La publication d’un rapport du groupe Samara, un «organisme caritatif qui oeuvre à la revitalisation de la participation politique et citoyenne au Canada», a inspiré plusieurs de ces articles.

Samara a cherché à savoir s’il est juste de croire que le Parlement ignore les préoccupations des Canadiens. Après avoir passé en revue des milliers d’interventions aux Communes, les auteurs constatent, entre autres choses, qu’il y a plutôt un fossé entre la perception qu’ont les Canadiens de ce qui se déroule au Parlement et ce qui s’y passe vraiment. Vous trouverez ici l’introduction du rapport «Lost in translation or just lost?» ( disponible qu’en anglais pour l’instant) et un lien pour le télécharger.

Le Globe and Mail a pris prétexte de ce rapport pour publier une série très intéressante intitulée «Réinventer le Parlement». Vous trouverez ici les liens avec la plupart des articles. Comme le Globe limite le nombre de textes accessibles aux non abonnés, je vous en suggère deux sur la discipline de parti, celui de Gloria Galloway et celui de Kim Mackrael.

Toujours sur la démocratie, Bob Hepburn, du Toronto Star, conclut qu’elle est actuellement la grande perdante de notre système. Dans l’Ottawa Citizen, le doctorant David Moscrop fait réfléchir avec son texte sur l’engagement citoyen des Canadiens. Il craint qu’ils ne soient sur le pilote automatique.

Bonne lecture!

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Le gouvernement Harper est avant tout un gouvernement idéologique. Son principal objectif n’est pas d’écouter les citoyens, c’est de faire du Canada une société qui réponde à l’image que les conservateurs se font d’une société.

«L’idéologie, c’est ce qui pense à votre place.»
[Jean-François Revel]

J’aime beaucoup vos récents billets et surtout les commentaires de certains de vos lecteurs. Si je comprends bien lorsqu’un gouvernement prend des mesures, dites de droite, il est idéologique, mais lorsqu’un gouvernement prends des mesures de gauche (par ex. la nationalisation du service de garderie) alors on dit qu’il agit pour le bien des citoyens.

Avouons que cette dichotomie est franchement ridicule. Oui avec les conservateurs, nous sommes en présence de véritables choix de société. On peut adhérer à ces choix ou être contre. Si on est contre, il faut alors trouver une façon de proposer une offre politique qui ralliera une masse suffisante pour renverser ce gouvernement au prochaine élection. Une telle offre se construit avec des arguments.

Mais, il faudrait être un peu adulte dans nos commentaires. Les conservateurs ne sont pas le mal incarné. Ils croient sincèrement mettre en oeuvre des politiques pour le bien du pays, comme Pauline Marois ou Pierre Duchesne essaient de le faire à l’échelle du Québec. Et dans tous les cas, cela crée des mécontents. Il faut juste être capable d’argumenter en quoi ces politiques sont bonnes ou néfastes pour la société.

@Martin Beaulieu:

Ce n’est pas parce que le gouvernement conservateur est de droite qu’on dit qu’il gouverne de façon idéologique. C’est parce que le PCC promeut des projets de loi en dépit du bon sens, sans consulter des experts (spécialement pas ceux qui risqueraient de le contrarier), même lorsque des conseillers conservateurs leur déconseillent certaines choses. C’est parce que le PCC coupe les vivres à énormément d’organismes indépendants qui auparavant fournissaient au gouvernement les données indispensables pour avoir un portrait réaliste du pays, élément crucial sur lesquel les décisions et les lois devraient être basées!
Le PCC légifère comme si la criminalité était en hausse vertigineuse partout au pays (c’est plutôt le contraire), comme si TOUS les usagers de l’assistance-emploi étaient des abuseurs, ainsi que TOUS les réfugiés (ce qui est absolument faux).
Le PCC coupe beaucoup dans des domaines bien précis (défense des droits, science, arts, statistiques) et subventionne généreusement dans d’autres (groupes humanitaires à objectif religieux, par exemple). Tout en clamant l’importance de mesures d’austérité, il dépense énormément dans la promotion du jubilé de la reine et le 200e anniversaire de la guerre de 1812 (dont la majorité des gens se fout éperdument).
Pour moi, c’est décidément un gouvernement idéologique.

M. Drouin, n’est-ce pas ce qu’ont fait les libéraux depuis un siècle? Alors pourquoi le reprocher aux Conservateurs? C’est leur tour. Et faut-il supposer que l’idéologie libérale n’est pas une idéologie?

Tant qu’à la démocratie, je pense qu’elle est en phase terminale depuis le gouvernement des juges, la judiciarisation des rapports sociaux et le surendettement des citoyens et de l’État. Il lui reste peut-être un siècle.

@ Martin Beaulieu

Je ne peux être d’accord avec vous quand vous écrivez : «Ils croient sincèrement mettre en oeuvre des politiques pour le bien du pays,[…]»

Si c’était pour le bien du pays ils consulteraient et écouteraient les citoyens et les provinces. Comment peuvent-ils penser qu’ils sont les seuls en possession de la vérité sinon qu’ à partir d’une affirmation idéologique. Ils ne sont nullement à la recherche de consensus. Prenons par exemple sa législation sur la criminalité. Alors que le Québec, unanimement ou presque, décriait les nouvelles mesures sur la criminalité, notamment chez les jeunes, Harper n’a pas bougé d’un iota. Si ce n’est pas idéologique, c’est que je ne sais pas ce que ce mot veut dire.

«Les idéologies sont aussi massacreuses que les religions.»
[Claude Imbert]

@ Gilles Guibord

Votre pensée manichéiste vous amène à penser que si les Conservateurs sont les mauvais, le Libéraux doivent nécessairement être les bons.

Mais moi je vous dis : les Libéraux ne sont pas mieux que les Conservateurs.

Mais dites-moi Gilles Guibord, quand, selon vos prédictions, la démocratie n’existera plus, par quoi aura-t-elle été remplacée ? Par l’armée ? Par la mafia ? Par une quelconque religion ?

«La religion est la maladie honteuse de l’humanité. La politique en est le cancer.» [Henry de Montherlant]

Le gouvernement Harper élimine systématiquement tout ce qui le contrarie, l’embête, l’irrite.

Comment appelle-t-on ce comportement?

Ce n’est pas ma conception de l’exercice de la démocratie.

En démocratie on rend des comptes sur demande, quotidiennement si réclamé. On ne gouverne pas derrière des portes closes.

Le gouvernement Harper préfère le catimini. Pas nous. On veut savoir, on veut voir, on veut comprendre. C’est ça la démocratie.

En démocratie le gouvernement rend des comptes. Point final.