Suggestions politiques vidéo de vacances

S’il pleut beaucoup, pendant vos vacances, je ne puis vous conseiller avec plus d’enthousiasme la série Manipulations — Une histoire française, qui raconte en six épisodes documentaires non seulement l’affaire Clearstream qui a opposé Nicolas Sarkozy à Dominique de Villepin, mais à travers elle, plusieurs affaires françaises louches des 20 dernières années. C’est simplement remarquable. La série est disponible sur YouTube et je vous propose les liens plus bas. Mais voici la bande annonce de « l’expérience web » liée à la série, qui vous donne une bonne idée:

Par ailleurs j’ai terminé le visionnement de la série de fiction américaine Scandal, dont la première série vient de se terminer et est disponible en DVD. Ce n’est pas West Wing, mais c’est bien joué, bien ficelé, crédible.

https://www.youtube.com/watch?v=PMtTb3BqP7w

Si vous avez accès à HBO et voulez rire, plutôt que trembler, au sujet de la politique américaine, je recommande fortement VEEP (le DVD va bientôt sortir):

https://www.youtube.com/watch?v=ZUnAbwaDYr0

Et voici les épisodes de Manipulations: Une histoire française 1

https://www.youtube.com/watch?v=PWjO6K2SrnE

Les autres épisodes suivent, après le saut:

Manipulations: Une histoire française 2
https://www.youtube.com/watch?v=_O1mz0gGydo

Manipulations: Une histoire française 3
https://www.youtube.com/watch?v=a8cpNivobQ4

Manipulations: Une histoire française 4
https://www.youtube.com/watch?v=CgVHQeeMAto

Manipulations: Une histoire française 5
https://www.youtube.com/watch?v=OTMydWtEYBU

Manipulations: Une histoire française 6
https://www.youtube.com/watch?v=BtTCmhZmW9w

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J’ai regardé tous les épisodes de ce documentaire et j’avoue avoir des sentiments partagés.

Je suis notamment surpris par l’étonnante marge de manoeuvre – étalée sur plusieurs années – de personnages faibles ayant du pouvoir dans les hautes sphères de la politique. Je pense à MM. Gergorin, Laoud et Rondeau. Aucun d’eux n’a pensé à « cribler » sérieusement Laoud, lui-même une sorte de fou du roi. À moins que Laoud ne soit un élément toxique téléguidé pour salir de Villepin. Mais là, c’est de la haute spéculation…

Quoi qu’il en soit, le truc qui me turlupine dans ce documentaire, c’est qu’il soit totalement appuyé sur Laoud et que la conclusion finisse par un non-lieu sur l’affaire Clearstream et une condamnation des protagonistes de l’affaire.

Qu’en est-il de Clearstream lui-même et de ses comptes cachés? Aucune enquête concluante, si je me fis à ce documentaire. C’est comme si on était passé à côté d’un gros iceberg… Dommage.

Dans le même sens que le commentaire de inukshuk… on nous répète que « l’histoire commence avec un homme »… mais sur laquelle des sous-histoires braque-t-on le projecteur principal dans ce reportage? s’agit-il d’abord des transactions de dizaines de billions de dollars impunément destinées aux zones franches (hors taxes, hors impôts, hors lois)? ou considère-t-on plus importante la campagne fortuite, surréaliste et apparemment ratée de salissage de quelques politiciens francais (tout importants qu’ils fussent)? Dans le même ordre d’idée, je trouve problématique qu’on martelle les usages clairement illicites du blanchiment (drogue etc.) – comme si l’ignoble mécanisme ne mettait pas en lumière des agissements licites (ou en tout cas tacites) encore plus effrayants…

Il y a un détail qui m’a particulièrement étonné, c’est qu’on admette d’une part que Laoud ait obtenu sa première liste de Denis Robert (chose qui semblait facile puisque celui-ci dit qu’il la donnait à qui la demandait), et d’autre part que Laoud ait pu convaincre de hautes instances du renseignement qu’il pouvait également obtenir de nouvelles données en temps réel provenant directement de Clearstream… il me semble qu’il y avait là un non-sens (pourquoi passer d’abord par Robert?), un fossé franchement suspect, pour ne pas dire tout à fait improbable. N’écoutant que d’une oreille, je n’ai pas remarqué si même les reporters avaient souligné cette anomalie.

En tout cas ce compte-rendu rappelle le livre de Deneault (« Off Shore »), et semble confirmer l’horreur qui y est décrite. Dans un tel contexte de risée concertée du sens humain le plus élémentaire, on se demande vraiment à quoi riment et que défendent nos pays souverains… malheureusement.

Et si je disais que ce que je retiens parce que cela m’a charmé, c’est le violoncelle de Florence Hennequin…

Parce que finalement, à la fin on se rend compte que la pourriture finit toujours par rester cachée.

Les vrais secrets restent bien gardés.