Sur un air connu

Le maire de Montréal, Michael Applebaum, a entonné un air connu vendredi pour défendre à nouveau son intégrité.

«Je n’ai rien fait de mal. J’en ai certainement marre. Assez, c’est assez», a-t-il dit d’un ton ferme, soulignant qu’il aimerait mieux s’occuper des dossiers prioritaires pour Montréal que de repousser les attaques de ses «opposants».

L’ex maire Gérald Tremblay n’aurait pas dit mieux. À chaque fois qu’un nouveau scandale de financement illicite ou d’espionnage embrasait cette poudrière qu’est l’hôtel de ville, il prenait son air le plus courroucé pour dénoncer les attaques contre sa personne.

Le maire Applebaum marche dans les pas de son prédécesseur par la force des choses. Il s’est habilement réinventé comme candidat indépendant, sans attaches politiques, en l’espace de quelques jours en novembre dernier pour ravir la mairie à ses opposants désarçonnés, après la démission de M. Tremblay. Il ne peut cependant pas gommer le passif de ses 11 années d’association avec Union Montréal, le parti de la honte.

M. Applebaum est visé, directement ou indirectement, par trois enquêtes de l’Unité permanente anticorruption (UPAC).

Les policiers ont mené des perquisitions à la mairie d’arrondissement de Côte-des-Neiges — Notre-Dame-de-Grâce, pour une affaire de fraude et d’abus de confiance. En 2004, l’arrondissement aurait puisé dans ses coffres pour payer une facture de la firme de communication Octane, pour du travail électoral non comptabilisé lors de la campagne de 2001. M. Applebaum était maire de l’arrondissement au moment des faits.

En 2003, M. Applebaum aurait transmis des informations privilégiées à un promoteur proche de la mafia, Lee Lalli, qui a acheté pour 1,85 million et revendu pour 3,5 millions un terrain à l’angle de Côte-Saint-Luc et Décarie. M. Lalli a aussi organisé deux activités de financement pour Union Montréal auxquelles prenait part Michael Applebaum. La première, tenue en 2003 à La Cantina (le restaurant de la mafia), a rapporté 12 500 $ à Union Montréal. La deuxième, tenue en 2009, fait l’objet de versions contradictoires. Après l’assassinat du propriétaire de la Cantina, Lee Lalli a déplacé le cocktail à ses bureaux. Il assure à Enquête qu’il a vendu une vingtaine de billets à 1000 $. Michael Applebaum a reconnu qu’il avait pris la parole lors de l’activité, tout en niant qu’il s’agissait d’un cocktail de financement. Il n’y a aucune trace de ce cocktail à 20 000 $ dans les états financiers d’Union Montréal…

Enfin en 2009, M. Applebaum a autorisé le paiement d’une facture de 100 000 $ à la firme de déneigement CMS, malgré des soupçons d’employés municipaux. Il manquait des pièces justificatives réglementaires (des billets d’outillage) pour acquitter la facture. M. Applebaum affirme qu’un employé impliqué dans un sérieux conflit de personnalité avec ses patrons n’avait pas rempli les bons de commandes.

En conférence de presse, le maire a cité le nom d’un superviseur de l’UPAC qui lui aurait dit «clairement» qu’il n’était pas dans la mire des policiers. Officiellement, l’UPAC ne confirme, ni n’infirme que M. Applebaum fait l’objet d’une enquête.

M. Applebaum sera de la prochaine campagne électorale. Il laissera les électeurs de CDN-NDG décider de son sort, et il envisage déjà de faire campagne autrement, en utilisant le plein potentiel des médias sociaux. À moins que l’UPAC ne lui barre «clairement» la route d’ici novembre.

 

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Les médias insistent beaucoup pour insinuer que M. Applebaum fait l’objet d’une enquête. Celui-ci nie l’être. Qui a raison? On peut faire l’objet d’une enquête et ne pas le savoir. Mais les médias semblent savoir. La police parle-t-elle aux médias? Il semble que oui. Ou alors, les médias procèdent-ils par déduction?

Mais j’avoue que, d’après les faits énumérés, il est presqu’impossible que M. Applebaum n’ait pas été au courant de ce qui se passait. Il existait une culture mafieuse, à Union Montréal. Ça fait peur.

Espérons que les montréalais et montréalaises vont enfin se réveiller et voter massivement pour des représentants compétents et honnêtes en novembre prochain.

Deux hypothèses : ou Monsieur Applebaum n’était pas au courant et c’était un niaiseux, ou il était au courant et nous prend pour des niaiseux. Chacun choisira.

Si vous chercher dans les journaux du quartier de l epoque que le terrain au coin de Cote St et Decarie etait libre, vous allez constater que monsieur le maire Applebaum etait au courant de la vente de ce terrain, nous avons organiser une petition pour empecher la vente de ce terrain ,nous avons meme renni au coin de Decarie en quantite pour potester. Malgre nos potestations
Qui a approuver cette vente ,il est bien au courant Tremblay aussi.

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