Theodore Roosevelt: Découvrir un géant

Plus grand que nature

Il y a des livres divertissants. D’autres, instructifs. Puis il y a ceux que je préfère. Ceux qui me font dire, lorsque je tourne la dernière page: « ça manquait à ma culture ».

Ma grande lecture de l’été fut l’imposante trilogie sur Theodore Roosevelt écrite par Edmund Morris. (Disponible en anglais seulement.) L’homme est plus grand que nature. Il est le volontarisme incarné, répondant au médecin qui lui demandait de se ménager qu’il allait faire exactement le contraire, puis quittant pour l’ouest américain encore sauvage chasser le bison et survivre aux pires intempéries.

Roosevelt est l’homme qui, ayant reçu en pleine poitrine la balle d’un assassin, insista pour aller donner le discours qu’il avait préparé et dont la copie, pliée dans sa poche intérieure, avait amorti le choc. Il parla pendant près d’une heure, jetant par terre comme c’était son habitude les feuilles lues du discours, que les auditeurs s’arrachaient car on y voyait le trou de la balle et les gouttes de sang.

Oncle de Franklyn qui deviendrait président en 1930, Theodore est le président de l’irruption de la modernité, à la toute fin du XIXe siècle. D’abord champion de la lutte contre la corruption, cet homme d’une probité exemplaire était issu de la haute société, puis glissa progressivement à gauche à mesure que sa carrière se déroulait.

Il était aussi un as de l’art du possible, naviguant à travers les corrompus pour faire progresser l’éthique et composant avec les racistes pour aider la minorité noire.

Sur près de 2 500 pages fort bien écrites, on ne s’ennuie pas une minute avec cette force de la nature à la fois chasseur, écologiste avant l’heure, explorateur, biographe et bête de politique.

Je lui donne, et c’est très rare, cinq étoiles (sur cinq). *****

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On connait si peu les grands personnages de l’histoire. J’ai envie de lire ce livre!Merci pour ce témoignage!

Ce qui montre que le charisme est une donnée importante de la vie politique. Mais les chefs actuels de nos partis sont tellement ternes.

C’est peut-être une clé pour comprendre comment, le pire de tous qui a tous les défauts du monde mais pas celui-là, est encore au pouvoir, même si l’on a de bonnes raisons de penser à son a sujet un tas de choses qui ne sont pas jolies…

C’est le genre de chef que l’on aurait besoin au Québec. Mais est-ce encore possible?Peut-être on verra…

Un porte-avions le U.S.S. Teddy Roosevelt sillonne les mers….

En 1908 membre honoraire du Triton. Le plus prestigieux club de chasse et pêche au Québec.

Ce club était situé au nord de St Raymond,cté de Portneuf.

Il ne faut toutefois pas oublier qu’il est un des pères de l’impérialisme américain, et qu’il entretenait une image très dépréciative des peuples non-blancs. Pour nuancer le portrait que vous esquissez rapidement, et qui me rappelle un peu la manière de Plutarque, j’invite à lire le chapitre XII, intitulé « L’empire et le peuple », de l’ouvrage « Une histoire populaire des États-Unis. De 1492 à nos jours » de l’historien américain Howard Zinn. Évidemment, ce dernier historien est aussi motivé par une idéologie : pacifiste et alter-mondialiste. Il en résulte un évitement complet de questions épineuses (que cet impérialisme eut du bien pour les Américains, quoique surtout pour les élites).

Merci pour le signalement.

Le charisme, ici, vient par la grande culture et l’intelligence du politicien, Roosevelt. Le charisme n’est pas une fin en soi, ni un élément de basse du succès. Il est le résultat d’une somme. Mais ici, je pense à mon maire, monsieur Labeaume, qui de fait semble avoir un certain charisme en vue de ses résultats électoraux, et ça me donne mal à la tête…

Teddy, qui était un fervent chrétien, disait du « In God we trust », qui apparaissaient à l’époque que sur quelques pièces et billets, que s’était un blasphème d’associer Dieu à l’argent….

C’est drôle de voir la gauche louanger Theodore Roosevelt, le seul président américaine véritablement impérialiste (colonisation des Philippines).

@David

Sans doute parce ce que vous appelez la « gauche » sont des personnes mettant les choses en perspective et faisant preuve de nuance et de pondération!

@ Benton

Je suis sur que la gauche fait preuve d’autant de modération et de nuance quand vient le temps d’analyser la présidence de Bush.

Parce que si la colonisation des Philippines par Theodore Roosevelt pour y apporter le christianisme est une bonne chose, alors la guerre en Irak ne doit pas être si mauvaise que ça.

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