TransCanada : quand les nonos sont la vraie «ressource naturelle»

Personne ne paraît bien quand on dévoile un plan de relations publiques, parce que la base même de ce genre de document est de tenir pour acquis que les gens sont des nonos facilement manipulables, dit Mathieu Charlebois.

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Photo : Mario Beauregard/La Presse Canadienne

Avant d’amorcer ce billet, j’aimerais vous dire à quel point je trouve que le pipeline Énergie Est est une idée formidable, qui pourrait permettre au Québec de devenir un leader des ressources naturelles.
Politique

(Si TransCanada veut me contacter par courriel, je leur donnerai avec plaisir les coordonnées pour mon chèque. Qu’ils sachent également que je suis libre tous les jeudis, pour le souper au Toqué.)

Donc.

Le plan de communication de TransCanada (l’entreprise derrière des projets controversés comme le pipeline Énergie Est, le port pétrolier de Cacouna et, je crois, la douzième saison de L’Auberge du chien noir) a coulé dans les médias, mardi matin.

Alors qu’une compagnie pétrolière devrait être habituée aux fuites, celle-ci l’a plutôt prise de court.

Le plan de TransCanada propose notamment de «mener des recherches fouillées en colligeant toutes les informations financières ou judiciaires susceptibles de nuire aux groupes d’opposants». Et, tiens tiens, c’est justement ce que fait Greenpeace en transmettant le «plan de comm» de TransCanada aux médias.

Greenpeace aurait appris que le pipeline allait être baptisé pipeline Maurice-Richard, elle se serait assurée de nous le faire savoir aussi.

Parce que des plans de communication, il y en a partout, et pour tout. Tous ne ressemblent pas autant à un plan de supervilain dans un film, cependant. On lit le document et on s’imagine le président de TransCanada sur un trône, flattant un chat.

«Nous leur ferons croire que c’est du chocolat noir plutôt que du pétrole. Mouhahahaha !»

Quand les faits ne penchent pas de ton bord, tu n’as pas le choix de les aider un peu. Ainsi, le document recommande de «mettre l’accent sur le terme “ressources naturelles” plutôt que “sables bitumineux”, qui est perçu plus négativement».

Reste à voir : un déversement de «ressources naturelles», est-ce que ça pollue moins qu’un déversement de pétrole ? Probablement pas. Devant cette grossière manipulation du langage, on a bien envie de leur dire de manger «de l’engrais».

Et pour faire la promotion de son pipeline, TransCanada compte se monter une petite armée de partisans «de la plus haute qualité, au coût le plus bas possible». Le plan parle de tarifs allant de 4,50 $ à 7,75 $, sans préciser s’il s’agit d’un tarif horaire ou d’une rémunération par message écrit.

4,50 $ ? Décidément, ce n’est pas très payant, les ressources naturelles.

Aux partisans payés pour pousser des demi-vérités, on ajoute «une campagne de financement majeure» d’une université québécoise contribuant à la recherche environnementale, pour «aider à montrer le sérieux de TransCanada sur ces sujets et donner une meilleure image».

C’est pourquoi TransCanada veut financer, sans blague, une chaire de recherche sur les bélugas. C’est une excellente idée, puisque grâce à leur port pétrolier, on risque d’avoir à les chercher, les bélugas.

Eh oui, on croit que vous êtes si facile que ça à berner. Un don des Producteurs de marteaux à l’Association des pouces meurtris du Québec, et tout est oublié.

Et c’est ce qui est vraiment le plus fâchant de toute cette histoire : se faire rappeler qu’on nous prend pour des épais.

Personne ne paraît bien quand on dévoile un plan de relations publiques, parce que la base même de ce genre de document est de tenir pour acquis que les gens sont des nonos facilement manipulables. «Payez-leur un souper au resto, financez un aréna dans leur coin, dites que vos opposants écoutent du Nickelback et ils finiront par appuyer votre projet».

Et pourquoi ne nous prendrait-on pas pour des épais ? Le plan de communication de TransCanada est des plus standards. On en conçoit des comme ça depuis une éternité, et le monde de la publicité et des relations publiques se porte extraordinairement bien, contrairement à celui des journaux, des magazines et des autres médias.

En 2013, le Québec comptait 13 700 relationnistes, pour 3 000 journalistes. Dans un communiqué, ceux-ci nous expliqueront sans doute que c’est là un signe de la belle vitalité de notre démocratie.

* * *

À propos de Mathieu Charlebois

Ex-journaliste Web et ex-chroniqueur musique à L’actualité, Mathieu Charlebois blogue sur la politique avec un regard humoristique depuis 2014. Il a aussi participé à de nombreux projets radio, dont Bande à part (à Radio-Canada) et Dans le champ lexical (à CIBL). On peut l’entendre régulièrement à La soirée est encore jeune, et le suivre sur Twitter : @OursMathieu

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Non aux oléoducs. Non aux trains transportant des hydrocarbures, Non aux pipelines. Non aux gros pétroliers sur le fleuve…

Mais comment diable allons-nous recevoir le pétrole que nous utilisons TOUS chaque jour de note vie et dont les livraisons AUGMENTENT à chaque année?

En bicyclette?

Les Verts deviennent de plus en plus stupides. D’ailleurs, comment se fait-il qu’on les laisse stopper plein de projets prometteurs et exaltants pour le Québec et qu’en même temps, ils ne récoltent que moins de 1% des votes à chacune des élections provinciales? Hein?

Peut-être serait-il temps que quelqu’un les remettent à leur place non?

Le projet energie-est ne rapporterait aucune redevance au Québec et ne diminuerait pas le prix de l’essence. Le but de ce projet n’est pas d’apporter le pétrole chez nous mais de permettre à l’Alberta de rejoindre l’océan pour exporter son pétrole à des pays qui le paient plus cher du baril. Nous sommes le 3e choix de l’Alberta pour rejoindre l’océan après que la Colombie Britanique et les États-Unis aient refusé de faire passer leur pipeline chez eux car trop dangereux et sans bénéfice mis à part quelques emplois. Bref, dans ce projet, le Québec prend tout les risques (qui sont énormes) et il n’y a que l’Alberta qui en profite. Je ne vois même pas pourquoi notre gouvernement provincial en discute.

Et moi je ne comprends comment ça se fait que Pauline Marois a dit oui quand elle était au pouvoir!

La société Trans-Canada paie des taxes et des impôts au Canada et notre pays s’en sert pour permettre au Québec de continuer à vivre au-dessus de ses moyens et d’être le BS canadien via la généreuse péréquation. Voilà pour les « redevances ». D’ailleurs, lorsque vous empruntez les routes canadiennes à l’extérieur du Québec, vous en payez vous des « redevances »?

Le projet créera des milliers d’emplois (très…très lucratifs – on ne parle pas ici de jobines!) lors de sa construction et quelques d’autres une fois achevé. Vous voulez cracher sur des jobs à $75,000.00 par année? Pas moi.

Les risques sont très calculés et moindres que ceux reliés aux moyens de transport actuels (le train ou les pétroliers sur le fleuve…).

Les risques sont calculés dis-tu? En fait, des tuyaux mal construits, des gens avec peu d’expérience, du travail bâclé et une compagnie qui ne pense qu’aux profits. Quand à l’Argument «massue» de la péréquation, ça ne tient pas la route car parmi les six, oui six, provinces qui en recoivent, le Québec n’arrive qu’au deuxième rang devant toutes les autres.

À consulter:
Sur la péréquation:
http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/402446/Etudedeliris-le-quebec-ne-serait-pas-accro-a-la-perequation

et sur la qualité et la sécurité du pipeline:
http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/11/18/un-ex-ingenieur-de-transcanada-se-dit-inquiet-du-projet-energie-est_n_6180104.html?ir=Canada%20Quebec&utm_campaign=111914&utm_medium=email&utm_source=Alert-canada-quebec&utm_content=Title

François 1, pourrais-tu nous donner l’adresse de facturation? J’aurais besoin d’un petit supplément pour la période des Fêtes qui s’en vient. Merci de ton encouragement.

Ce que vous omettes de dire, François 1, c’est que nous avons déjà du pétrole et des moyens de l’acheminer partout. Et que l’opposition aux projets de TransCanada en est une comme l’augmentation de la production et de l’utilisation du pétrole et, surtout, contre l’augmentation de la production du pétrole le plus sale du monde, soit celui issu des sables bitumineux.

Alors on nous sortira une infinité de mythes en les présentant comme des arguments, voici ce qui en est :

1 – TransCanada offre un projet qui servira à notre indépendance énergétique face aux exportateurs comme l’Arabie Saoudite. FAUX. Les radfinneries québécoises traitent déjà entre 80% et 100% de pétrole d’origine Nord Américaine. Ce ratio sera bientôt porté à 100% même sans nouveau pipeline.

2 – Les opposants au projet s’opposent à toute utilisation du pétrole, ce qui est impossible. FAUX. D’abord 90% de tout le pétrole produit sert au domaine de l’énergie. Si nous ne l’utilisions que pour la pétrochimie et le plastique, nous réduirions déjà grandement notre utilisation de pétrole. SI vous vous intéressez un peu à l’histoire, vous verrez que l’idée de la voiture électrique date de plus d’un siècle et que le développement de cette technologie est très grandement ralenti par le lobbying pétrolier au fil des décennies. Si les transports électriques efficaces sont encore si peu développés, c’est en grande parti en raison des pétrolières elles même. Aussi, des alternatives au pétrole existent même pour le plastique. Le plastique de chanvre en est un bel exemple.

Les opposants au projet, oui, ont besoin de voitures pour se déplacer et de plastique pour leurs objets du quotidien. Mais ils reconnaissent que la technologie doit évoluer pour réduire la dépendance humaine envers une ressource épuisable dont l’extraction et l’utilisation menace le climat, et donc notre écosystème, et donc la chaîne alimentaire, et donc la vie humaine. C’est une dépendance pathologique, tout comme la cigarette ou l’alcool, et il est légitime de songer à arrêter de fumer même si on fume encore au moment où on le pense.

3 – Ce projet est bon pour l’économie et va créer beaucoup d’emplois! FAUX. Depuis des décennies qu’on se fait vendre de la prospérité, est-ce déjà arrivé? Il faut arrêter de croire aux belles promesses un jour dans sa vie! Ce genre de projets ne génère toujours qu’une fraction des emplois annoncés, et le ration d’emploi par $ investi est beaucoup plus faible que dans beaucoup d’autres domaines dont les transports électriques et les énergies alternatives. En bref, on pourrait investir notre argent de manière à créer plus d’emplois par dollars, et de plus ce serait des emplois tournés vers l’avenir et non pas vers des énergies du passé.

4 – Les 12G$ investis par TransCanada sont un investissement 100% privé. FAUX. À elle seule, la Caise de Dépôts et de Placements du Québec est actionnaire dans le secteur pétrolier à auteur de 3,5G$. Ça c’est notre argent. Le gouvernement fédéral subventionne aussi cette industrie presque à la hauteur de 1G$/an! Combien d’impôts payera TransCanada et combien de retombées économique cela générera-t-il à moyen terme? Encore une fois, comme c’est le cas pour bien d’autres industries, TransCanada risque surtout de transformer l’argent de nos impôts en profits privés. Ce que plusieurs appellent le BS Corpo. Ces gens là vident les coffres de l’état à coup de centaines de millions! Ce sont eux, les parasites! La richesse collective du Québec provient pas mal plus de 99,8% d’entreprises québécoises qui sont des PME.

5 – Le transport par oléoduc va réduire le transport pétrolier par train. FAUX. Informez-vous…

De plus, beaucoup d’efforts et d’investissements ont été consentis afin de sortir l’huile de nos résidences et industries et le remplacer par l’électricité ou le gaz naturel, beaucoup moins polluants et nuisibles coté émission de gaz à effet de serre. Ce projet se réaliserait donc grâce à une réduction de 20% du potentiel de livraison de gaz naturel selon Mme Sophie Brochu. Qu’on le veuille ou pas, l’industrie du gaz naturel (celui provenant de puits) est florissante et peut encore générer beaucoup d’emplois permanents coté installation, entretien et gestion de l’énergie et de l’environnement. Mieux que quelques emplois temporaires pendant un court laps de temps.

On veut passer un oléoduc, bon… il y a une manne… ah… alors cela doit inclure une sécurité maximale coté environnementale (de nombreux robinets fonctionnels de sectionnement, automatiques en cas de fuite importante par exemple), une assurance accident avec quelques milliards en fiducie pour le nettoyage complet et dédommagement en cas de dégâts (il y en a toujours, rien n’est parfait), le remplacement du gazoduc par un autre au frais des »pétroliers » (on est pressé ou on ne l’est pas…) avec une garantie de livraison du gaz naturel au prix actuel et selon la demande (pas de compromis), le tracé de l’oléoduc ne doit pas mettre à risque l’environnement ni passer près des zones urbaines sauf pour un point de livraison et finalement inclure des redevances liées au passage sur le territoire québécois…

Rarement lu un tel ramassis de faussetés et de démagogie. Vous êtes d’Équiterre, vous savez, l’organisme ultra subventionné avec NOTRE ARGENT?

1- La simple logique (Trans-Canada est installé eh oui, au…Canada) détruit complètement cet argument. Pas d’autres commentaires.
2- Ah…le complot des pétrolières contre la pauvre petite voiture électrique. J’imagine que vous croyez également que ce sont les Américains qui ont détruit les tours jumelles? Si la voiture électrique n’a pas encore levé, c’est tout simplement parce qu’elle n’est pas adaptée aux besoins des gens et qu’elle n’est pas rentable. OK pour une ronde de golf mais toujours et partout? Que nenni. Les gens qui en possèdent une doivent en avoir une autre à l’essence également au cas où ils veuillent aller plus loin qu’au coin de la rue… D’ailleurs, les voitures à essence (beaucoup MOINS dispendieuses que les électriques) deviennent de plus en plus efficaces au niveau énergétique et ça ne vaudra bientôt plus la peine de continuer à développer le rêve électrique. Peut-être l’hydrogène?
3- Inutile d’aller plus loin car tous savent que les emplois dans les hydrocarbures sont très…très payants et solides. Je vous laisse suger par vous-mêmes de la solidité des jobines alternatives qui ne survivent que parce que nos gouvernements acceptent d’y engloutir des centaines de millions par année:

http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/national/archives/2014/08/20140828-183934.html

http://argent.canoe.ca/nouvelles/energie-eolienne-70-plus-cher-au-quebec-3062013

4- Trans-Canada est une société privée et ouverte. Elle paie des impôts, des taxes, crée des emplois (de VRAIS emplois, pas des jobines!!!) et paie des dividendes à tous ceux qui acceptent d’y participer dont notre Caisse qui s’en sert ensuite pour payer NOS pensions. Pourquoi notre Caisse a-t-elle accepté d’y participer? Hein? Parce qu’elle n’a pas d’avenir et qu’elle est déficitaire? N’importe quoi…
5- Encore une fois, la logique détruit totalement votre argument.

Merci d’en parler. Lorsque je vois ces pubs, je me dis « Bon sang, est-ce qu’on nous prend pour des valises? » J’ai la même réaction lorsque je vois Stephen Harper et sa bande répondre aux questions des journalistes. Est-ce qu’on ne pourrait pas les mettre tous sur un aéronef et les envoyer exploiter les ressources naturelles d’une autre planète pour qu’ils fichent la paix à la nôtre?

On nous prend pour des nonos parce que l’on observe de part et d’autre, avec raison, que nous n’empruntons pas, collectivement, une démarche scientifique. Tous nos débats s’en ressentent, alors que les parties prenantes, soi-disant bien informées, choisissent d’ignorer ou d’occulter les faits qui ne confortent pas leur idéologie.
Les entreprises qui veulent au plus vite voir leur « cash flow » générer des profits, minimisent les risques.
Les écolos qui veulent empêcher ces projets amplifient les risques et, faute de réussir, évoquent selon un « principe de précaution » de leur cru le risque zéro, qui n’existe pas.
Les entrepreneurs, autant que les écolos, par souci de « convaincre », pigent allègrement dans la littérature scientifique pour en extraire ce qu’ils considèrent comme la « substantifique moelle », les études qui leur donnent raison.
Trans-Canada peut bien produire des études à tour de bras, les écolos de leur côté ignorent ou cachent celles qui désapprouvent leur combat.
Ainsi, sur les OGM, le fait que toutes les autorités scientifiques mondiales reconnaissent que ceux-ci ne présentent pas de dangers ou d’impacts dangereux, n’empêche pas le écolos et Saint-Bové de piller les champs de maïs et de continuer de dénoncer une toxicité absente. Ces écolos convaincus préfèrent s’en remettre à la désastreuse étude du prof. Seralini et s’entêtent à la citer, alors que celle-ci a été mise au ban par la communauté scientifique depuis des lunes.
On nous prend pour des nonos, soit, mais il faudrait peut-être que les médias, la population, plutôt que de s’indigner de ce fait, commencent par scruter les études scientifiques, et à s’interrogent sur les sources d’information dont ils sont gavés.

Malheureusement, un regard jeté sur le passé prouve bien qu’il est en effet très facile d’orienter le courant de pensée de nos nonos. Combien de personnes sont descendues dans la rue pour manifester en appui à la radio-poubelle sous prétexte du « droit à la libre-expression »? Combien de gouvernements ont été élus à partir de rien de plus que l’image superficielle qu’ils ont réussi à projeter? Combien de personnes ont cru que, pour le « droit à l’éducation » il fallait enlever aux niveaux primaire, secondaire et préscolaire pour donner au niveau universitaire? La liste des exemples du genre est pathétiquement longue. Dans notre système actuel, les riches et les faiseurs d’image ont le haut du pavé face aux réalistes et les forces en présence sont bien inégales entre les menteurs et les citoyens honnêtes.

On a qu’à regarder pour qui les gens ont voté à la dernière élection provinciale pour réaliser à quel point une bonne campagne de désinformation … oups je veux dire un plan de communication peut faire une énorme différence. Les gens sont épais et facile à « bourrer ». Rien de nouveau là-dedans.

Très intéressant à lire…. Les Marchands de doute, par Naomi Oreskes et Erik Conway,

trad. de l’américain par Jacques Treiner, Paris, Éd. Le Pommier, 2012,.