Trump sera bientôt président des États-Unis…

C’est du moins ce que vous pourriez croire si vous écoutiez ses vidéos en direct Facebook Live…

Donald Trump lors d'un rassemblement de campagne à Delaware, en Ohio, le 20 octobre 2016. (Photo: Evan Vucci/AP Photo)
Donald Trump lors d’un rassemblement de campagne à Delaware, en Ohio, le 20 octobre 2016. (Photo: Evan Vucci/AP Photo)

Oubliez tout ce que vous avez lu ou vu à ce sujet: Donald Trump a remporté haut la main le dernier débat présidentiel, mercredi, à Las Vegas. «Il a frappé des coups de circuit, c’était la performance que tout le monde attendait», a lancé l’animateur Cliff Sims, depuis un plateau de tournage surplombant le «spin room», la salle de presse du débat tenu à l’Université du Nevada.Trump a joué à merveille le rôle de «procureur contre Hillary Clinton», a renchéri son coanimateur, Boris Epshteyn.  «Il a démasqué l’entreprise criminelle qu’ont montée les Clinton», a-t-il dit d’un ton vindicatif.

Pendant près de deux heures, les deux coanimateurs ont reçu sur leur plateau une multitude d’invités, qui partageaient tous le même point de vue: Donald Trump avait dominé, voire oblitéré, sa rivale, lors du débat.

Qu’importe si les sondages scientifiques menés auprès des téléspectateurs montrent le contraire. Qu’importe, aussi, si la majorité des analystes donnent la victoire à Hillary Clinton.

Lui et son coanimateur n’ont pas à être objectifs: ils sont littéralement sur la liste de paie de Trump, à titre de conseillers.


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Leur prestation, en vidéo en direct Facebook Live, visait à contourner les «médias corrompus» pour livrer un message directement au peuple américain. «Je suis content d’être ici et non sur les plateaux des médias de masse, qui vont tenter d’imprimer leur spin sur le débat», a lancé Boris Epshteyn.

Quelques centaines de milliers de personnes ont simultanément visionné la vidéo en direct. Mais une fois archivée, celle-ci a été visionnée par plus de neuf millions d’utilisateurs de Facebook.

Certains médias ont vu dans cette expérience un «test» pour le lancement d’une éventuelle «Trump TV», une chaîne dédiée au magnat de l’immobilier. Des porte-paroles du candidat républicain ont nié ces informations.

Le spectacle offert par les conseillers de Trump sur la vidéo Facebook Live n’est sans doute qu’une autre preuve du sentiment d’aliénation du candidat républicain, qui se pose en victime des médias. C’est plutôt ironique, sachant que les médias ont souvent été accusés d’avoir «créé» de toutes pièces le phénomène Trump, en accordant gratuitement du précieux temps d’antenne au milliardaire et à ses innombrables frasques…

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1 commentaire
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Monsieur Trump ne peut techniquement pas concéder la défaite avant la tenue même de l’élection et…. Même après il faudra soigneusement scruter les résultats États par États. Lorsque rien n’indique (pour le moment) que Trump ne fera pas quelques obstructions.

On se souvient encore de l’élection serrée de George W Bush en 2000, face à Al Gore avec des résultats floridiens contestables qui auront finalement arbitré le vote.

Je ne pense pas qu’un tel scénario se reproduise en 2016. Il est clair cependant que les « spin doctors » et autres conseillers du clan Trump travaillent sur de telles occurrences à fin de parer à toutes éventualités.

À force de lancer des peaux de bananes sur le chemin d’Hillary Clinton vers la Maison Blanche, on peut toujours espérer que la candidate démocrate trébuchera alors, pour laisser finalement la voie libre au prochain « vrai » président des États-Unis.

Mais si Donald Trump (pour aussi improbable que ce soit…) devait échouer cette année… Il pourra toujours se reprendre en 2020…. Pour la grande joie et le plus grand plaisir des humoristes aux quatre coins de la planète.

Au-delà de l’élection présidentielle, ce qui reste entre autre à surveiller, c’est la composition de la Chambre des Représentants et du Sénat issue du prochain scrutin. Sans une majorité claire des deux chambres, madame Clinton aura comme son prédécesseur quelques difficultés pour gouverner et mener à bien une politique garantissant d’une meilleure répartition du bien commun pour tous les américains.