Tueurs en série

La croisade djihadiste exerce une attraction irrésistible sur certains jeunes prêts à mourir pour combler leur vide par un absolu existentiel. 

Photo présumée de Michael Zehaf-Bibeau ayant circulée sur Twitter.
Photo présumée de Michael Zehaf-Bibeau (Twitter)

Politique

Le 8 décembre 1980, Mark David Chapman, 25 ans, tire cinq coups de feu sur John Lennon devant son appartement de New York. Il plaide coupable, affirmant qu’il accomplissait la volonté de Dieu. Après l’assassinat, Chapman est demeuré sur les lieux du crime, attendant la police en lisant The Catcher in the Rye, le roman de J.D. Salinger.

Le 30 mars 1981, John Hinckley Jr., 26 ans, tente d’assassiner Ronald Reagan de six coups de feu. Hinckley souffre de troubles psychiatriques et est obsédé par l’actrice Jodie Foster. Après l’attentat, la police fouille sa chambre d’hôtel et trouve une copie de The Catcher in the Rye.

Le 8 mai 1984, Denis Lortie, 25 ans, fait irruption à l’Assemblée nationale, où il assassine trois personnes et en blesse 13 autres. Lortie se perçoit comme un justicier. Il cherche à libérer le peuple québécois du joug du gouvernement de René Lévesque. Il croit suivre la volonté de Dieu. Le Dr Pierre Mailloux, à l’époque, déclare que Lortie souffre de schizophrénie paranoïde.

Le 6 décembre 1989, Marc Lépine, 25 ans, assassine 14 femmes à l’école polytechnique. Son meurtre est motivé par une misogynie délirante, devenue meurtrière. Dans une lettre, Lépine fait référence à Lortie et affirme que son geste est d’origine politique. Sans doute croyait-il libérer les hommes de l’oppression des féministes.

Le 13 septembre 2006, Kimveer Gill, 25 ans, tue un étudiant et en blesse 19 autres au collège Dawson, à Montréal. Gill était fasciné par diverses théories du complot et par la tuerie de Columbine. Dans un profil Internet, il expliquait qu’il avait rencontré une poignée de personnes décentes dans sa vie, mais que la vaste majorité étaient des êtres «mesquins, traîtres, menteurs, fraudeurs». Les gens qui le connaissaient le décrivaient comme un type exceptionnellement gentil et doux, avec «un cœur en or». Dans son journal virtuel, une entrée recensait les viols, les meurtres et les mensonges qui sont le lot de l’humanité, et demandait dans «quelle espèce de monde» nous vivons.

Le 8 janvier 2011, à Tucson, en Arizona, Jared Lee Loughner, 26 ans, tue six personnes et en blesse 13 autres, dont la représentante Gabrielle Giffords, qu’il visait en particulier. Loughner est obsédé par les théories conspirationnistes concernant, entre autres, les attentats du 11 septembre, la monnaie et le contrôle de la grammaire par le gouvernement. Il détestait Giffords, qu’il accusait d’être hypocrite.

Le 22 juillet 2011, Anders Breivik, 32 ans, tue 77 personnes et en blesse 151 autres dans un attentat visant le parti travailliste de Norvège. Breivik est un ultranationaliste qui dénonce le multiculturalisme et l’immigration musulmane en Europe. Il est d’abord déclaré schizophrène, puis jugé sain d’esprit. Son geste était apparemment une tentative d’attirer l’attention sur son manifeste identitaire de 1 518 pages.

Le 22 mai 2013, à Londres, Michael Adebowale, 22 ans, et Michael Adebolajo, 28 ans, assassinent le soldat Lee Rigby en pleine rue. Après le meurtre, ils attendent sur place et se ruent vers les policiers armés quand ces derniers arrivent sur les lieux. Les deux jeunes hommes sont Britanniques, d’origine nigériane, élevés comme chrétiens, puis convertis à l’islam. Ils justifient leur geste comme une vengeance pour les musulmans innocents tués par l’armée britannique.

Le 4 juin 2014, à Moncton, Justin Bourque, 24 ans, tue trois policiers de la GRC et en blesse deux autres. Il est obsédé par les théories conspirationnistes, en rébellion contre l’autorité, et est apparemment partisan des thèses délirantes des Free Men, qui se perçoivent comme prisonniers d’une tyrannie et qui refusent le pouvoir des États.

Le 20 octobre 2014, Martin Couture-Rouleau, 25 ans, tue un militaire et en blesse un autre avant d’être abattu par la police. Ses amis le décrivent comme «sociable, généreux et ouvert aux autres», un type «cultivé» et «toujours prêt à aider un de ses proches». Il y a deux ans, il est tombé dans les théories conspirationnistes. «Il s’est mis à haïr le capitalisme, le “crédit” et toutes ces choses que remettent en question les théories du complot», écrit La Presse. Le même article note que Rouleau «s’est vraiment souvent fait décevoir par l’humain. À un moment donné, il a voulu comprendre pourquoi il y avait tant de merde dans le monde». Il s’est converti à l’islam radical et a commencé à promettre l’enfer aux «hypocrites» et aux «mécréants».

Deux jours plus tard, le 22 octobre 2014, Michael Zehaf-Bibeau, 32 ans, tue un militaire à Ottawa avant de faire irruption au Parlement, où il est abattu par le sergent d’armes. On sait encore peu de choses sur lui. Il avait eu des démêlés avec la justice, pour des affaires de drogue, de bris de conditions et de menaces. Il se serait lui aussi récemment converti à l’islam.

*           *           *

Le héros de The Catcher in the Rye, Holden Caulfield, est un adolescent marginal, en rébellion contre un monde faux, insensible et superficiel. Il n’aime réellement que sa petite sœur de 10 ans. Son rêve — qui donne son titre au roman — est de protéger des jeunes enfants qui jouent au baseball dans un champ de seigle, au bord d’un précipice, et de les attraper avant qu’ils ne tombent. Caulfield est un jeune homme meurtri, dégoûté par l’artificialité médiocre des adultes, qui rêve de préserver l’innocence du monde.

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Tous des hommes. La plupart dans la vingtaine. À des points divers sur le spectre qui mène de la santé à la maladie mentale. Certains plus délirants, d’autres plus lucides.

Plusieurs avalés par des théories conspirationnistes qui décrivent un système corrompu, contrôlé par un réseau d’intérêts financiers, militaires ou politiques, ou les trois à la fois. Des jeunes hommes convaincus que leur société vit sous le joug d’une puissance occulte, qui gâche leur vie et exploite les faibles. Les ennemis varient : des féministes aux capitalistes, en passant par les musulmans, le multiculturalisme, le gouvernement, l’Occident et la CIA.

Dans plusieurs cas, des types sensibles, blessés par un monde moins idéal, pur et propre qu’ils l’auraient souhaité. Radicalisés par leur déception et leurs échecs au point de sombrer dans une pensée sans nuance, érigée en certitude absolue. Des fantasmes de pureté, de nettoyage et de rédemption, doublés d’une incapacité à endurer le vide, la faiblesse ou l’ambiguïté morale. L’humanité divisée entre les innocents à sauver et les exploiteurs à décimer. Des anges déchus devenus justiciers solitaires.

Couture-Rouleau et Zehaf-Bibeau se sont apparemment tournés vers l’islamisme. Ils ne sont pas les seuls, et ils ne seront pas les derniers. Comme tous les fanatismes, l’extrémisme musulman propose le fantasme d’une justice divine, la défense des innocents contre les forces du mal, et l’accession à un monde meilleur.

La croisade djihadiste exerce une attraction irrésistible sur certains jeunes prêts à mourir pour combler leur vide par un absolu existentiel. Dans son recrutement, al-Qaida propose d’ailleurs de cibler, entre autres, les idéalistes déçus et les personnes en détresse.

Aux prises avec la même infection existentielle, d’autres jeunes hommes ont trouvé un refuge idéologique dans les délires des Free Men, les chimères ultranationalistes et autres rêves de rédemption politique ou personnelle. N’importe où hors de ce monde, écrivait Baudelaire.

Tous sont libres de tirer leurs propres conclusions et enseignements de ces tragédies. Cela dit, expliquer les attentats en se limitant à évoquer les croyances de leur auteur, c’est peut-être confondre la fin et le commencement de l’histoire.

* * *

À propos de Jérôme Lussier

Jérôme Lussier est juriste et journaliste. Au cours des dernières années, il a notamment travaillé à Radio-Canada et tenu un blogue au journal Voir, en plus d’avoir été conseiller politique à la Coalition Avenir Québec. Il blogue sur les enjeux sociaux et politiques contemporains à L’actualité depuis 2013. On peut le suivre sur Twitter : @jeromelussier.

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16 commentaires
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Vous voudrez bien me pardonner, d’injecter ici une petite correction à votre texte, relativement à ce que vous rapportez d’un article du journal « La Presse ». Quoiqu’il en soit, je suis d’accord avec vos conclusions.

À hauteur de mes connaissances, je note que Martin Couture-Rouleau ne s’est pas converti à « l’islam radical » comme vous le mentionnez ; il aurait plutôt choisi les enseignements de l’islam comme religion, ce qui signifie dans un bon français : qu’il aurait initialement choisi les préceptes de la paix tels qu’ils sont instruits par les musulmans.

Moi-aussi j’ai choisi autant que faire se peut de vivre dans la paix, comme cela doit-être le cas de l’immense majorité des lecteurs de ce blogue. Le choix de vivre en paix est un choix philosophique et un choix de vie, cela ne relève pas spécifiquement de la religion. La plupart des cultes commandent à leurs adeptes de vivre en paix avec eux-mêmes et bien sûr avec leur prochain. Quand même vous êtes incroyant, vous avez toujours la possibilité de faire ces choix. Cela relève en quelques sortes du civisme.

Par la suite, Martin Couture-Rouleau a choisi d’écouter ou de lire la ou les voix de ceux qui professent des formes plus radicales conduites (en théorie bien sûr) par la main invisible. Ce n’est pas l’islam qui l’aura radicalisé. Il faudrait trouver ailleurs les véritables raisons.

Suivant les informations que j’ai entendu, c’est à ce moment-là qu’il aurait cessé de fréquenter le Centre culturel islamique auquel il allait, en l’occurrence dans le secteur d’Iberville à Saint-Jean-sur-Richelieu. Sa transformation ne découle pas de cette religion, c’est la conséquence plutôt d’une suite de ruptures dont la dernière en date était celle de son décrochage d’avec les musulmans de Saint-Jean. Il était le seul à vouloir trouver une quelconque justification aux misérables décapitations criminelles perpétrées pas l’EI.

En ce sens, Couture-Rouleau s’est enfermé dans une sorte d’islam chimérique, quand la bousculade des évènements récents de toutes sortes, sont venus alimenter son esprit en perdition, produisant alors le basculement. L’expression dernière de son mal de vivre. Que d’ailleurs avait remarqué ses parents.

Dans ce cas particulier, nous sommes confrontés à une problématique bien plus complexe — à tout le moins sur le plan psychologique –, que ne le serait le fruit d’une conversion hâtive à une sorte d’islamisme radical. Lequel s’inscrit dans une forme de lutte informelle armée, d’origine arabo-persique dont la fin est de s’en prendre à toutes autorités constituées et de les détruire. La religion, sur le plan idéologique devient l’accessoire utile pour hypnotiser puis soumettre autrui à ses propres délires.

Ce sont donc aux racines du mal qu’il faut remonter et non aux effets causés — à proprement parler — par la perpétuation du mal par un homme ; ultime rempart pour se protéger (un gémissement ou un cri) en rappel de torts bien réels que des êtres humains peuvent causer, le plus souvent en toute inconscience, dans l’indifférence générale, en toute impunité.

Ces assassinats commis d’abord, puis ce sacrifice de leur propre vie offert par quelques-uns, sont à la fois l’application bien réelle de jusqu’où mène la détresse humaine ; lorsque simultanément cette offrande devient « ce châtiment » en suspens qui s’adresse désormais à nous tous qui sommes demeurés parmi les vivants.

Mrs drouginsky j’ai compris et j’ai adoré votre commentaire sur l’ensemble mais excuse moi pour les gens saint d’esprit il ne comprendront rien svp essaye de l’expliciter de la plus facile de manniere pourqu’il sera a la porté de tous merci

@ moez

Merci pour vos commentaires. Sachez que je les prends en compte. Comprendre cependant nécessite quelquefois un « petit effort », c’est tout en votre honneur que vous ayez fait cet effort. Continuez !

Monsieur Drouginsky ne peut être plus clair. Il sait penser, il sait écrire. Monsieur Moez n’est pas bien méchant, mais il aurait intérêt à retourner sur les bancs de l’école. Monsieur Drouginsky est un véritable gentilhomme. Et il a raison de demander à monsieur Moez de faire un petit effort pour élever son propre discours et sa compréhension du monde dans lequel il vit.

Leur soit-disante cause n’a rien à voir avec ladite cause.

C’est ben la première fois que je suis d’accord avec vous!

je trouve que vous brouillé les cartes sur plusieurs niveau de plus votre facon de faire du sensasionalisme en evoquant des cas similaire au travers des ans pour finir avec les deux cas rescent est vraiment stupide chaque cas est different aucun des lone wolf gunner on la meme histoire cest du cas par cas . pour finir je vous cite :*** Plusieurs avalés par des théories conspirationnistes qui décrivent un système corrompu, contrôlé par un réseau d’intérêts financiers, militaires ou politiques, ou les trois à la fois. Des jeunes hommes convaincus que leur société vit sous le joug d’une puissance occulte, qui gâche leur vie et exploite les faibles. *** ci ce nest pas le cas monsieur je me demande bien dans quelle direction vous regardé et je me pose aussi la question : Vis tu dans le meme monde que le notre ? Pas besoin detre un conspirationiste comme vous dite pour se rendre compte que la société est malade et que cest les bandits de se monde qui tirent les ficelles . Vraiment …. Cest un article pluto mediocre .

Oui, le monde est fou ! Il court après une TV 60po et une retraite 50 ans sans rien faire. On peut comprendre ces jeunes. Imaginez ce que voit un jeune qui ne veut pas encore ces objets: un monde qui n’a aucun sens ! En réalité, devant ce tas de religions imaginaires, que faisons-nous ? Et elles le sont toutes ! En fait, nous sommes devant une légèreté de l’être insoutenable pour celui qui veut une réponse. Car il n’y a pas de réponse et il risque de ne jamais en avoir. Il faut enseigner dans les écoles ce que les parents ne peuvent pas faire. Enseigner la légèreté de notre vie et le pouvoir que nous avons d’en faire un instant constructif, chaleureux, solidaire, avec la vie autour de nous, la vie pas seulement des humains fous, mais de tout le reste aussi qui n’est pas fou du tout. Prendre exemple sur tout le reste et contribuer à son embellissement.

Il faut écrire un livre sur ce sujet, le passer aux professeurs du primaire et en faire un fondement de l’école.
Dans 100 ans, on aura peut-être une terre plus vivable.

Je ne comprends pas votre lien avec ‘Catcher in the rye’. C’est absolument inapproprié à mon avis.

J’aime votre article surtout » Comme tous les fanatiques, l’extrémisme musulman propose le fantasme d’une justice divine, la défense des innocents contre les forces du mal et l’accession à un monde meilleur ». MAIS, l’extrémisme est loin d’être juste musulman: la justice divine, la défense des innocents contre les forces du mal et l’accession à un monde meilleur…….franchement, c’est aussi la DÉMOCRATIE à la Bush et son héritage!!!!! entre autres!!!!!
Je ne crois plus qu’on puisse nous prendre pour des caves, quelque soit le pays d’où nous venons. Les jeunes loups solitaires et malheureux et peut-être mentalement perturbés, il y en aura encore. On se targue que le Canada est une démocratie, c’est encore vrai: on peut vivre sans avoir peur de l’autre, des groupes armés et dangereux qui tuent et terrorisent les populations, n’importe où, n’importe quand, seul ou en groupe.
Je suis persuadée que tous les dirigeants de ces groupes de terroristes, quelque soit le pays, sont très bien financés et au nom de leur religion « libératrice » ou de leur « démocratie », c’est selon, vont produire DES ÉVÈNEMENTS. Je souhaite que les citoyens du Canada se posent des questions sur comment on va aider l’Irak, la Syrie, la Palestine. On veut que cesse la barbarie que subisse les femmes, les enfants et les hommes des pays arabes concernés; nous sommes nombreux et nombreuses à comprendre, que la base pour la haine et la violence, c’est le pouvoir de l’argent et du contrôle politique.

Quant à moi, je doute que la majorité de ceux qui sont à la tête de l’État Islamique, se soucient en masse d’Allah et de ses valeurs, tout comme je doute que ceux qui sont à la tête des mouvements chrétiens ou évangélistes, qui pullulent aux États-Unis comme au Canada, se soucient en masse de
Dieu et de ses valeurs.
Tout ça pour dire que j’aime ton article.

Francine Ménard

On a un point commun cité dans votre article et maintes fois rapporté dans des recherches: ce sont des hommes dans la vingtaine qui commettent ces horreurs innomables et gratuites. La gestion de la colère est un problème majeur qui se reflète souvent dans cette strate. On en fait quoi? Je ne suis pas contre les hommes, je me demande seulement pourquoi on écarte cet indice fort, pourquoi chercher ailleurs?

Je connais des jeunes hommes qui ont de quoi craquer dans leurvie,pourtant ils tiennent le cap. La barrière de l’insanité est parfois visible, ils savent comment faire pour ne pas exploser.

Comment éduque-t-on nos hommes? Comme des demi-dieux, plénipotentiaires et infaillibles? Ou bien est-ce génétique, ce besoin de saccager lorsque la vie ne leur donne pas tous les succès et la visibilité, lorsqu’elle ne se plie pas à leurs désirs? La résilience est-elle hormonale? Ce retour à l’âge du « terrible two », ça me semble pourtant très visible? L’EI l’a compris et l’exploite très bien.

Vide existentiel……………..pas mal d’accord avec cela………………faut reconnaitre que notre monde occidental et plus particulièrement en Amérique , est axé sur la consommation……..les biens matériels , le matérialiste ; et l’ÊTRE humain a besoin d’absolude s’élever et la consommation ne répond pas à cela. A mon avis s’élever est inscrit dans l’âme humaine. Pourquoi cherche t-on à conquérir de grands espaces , Lune , Mars , parce que s’est inscrit dans l’Âme humaine , toujours plus haut.

En 1900, ces têtes fêlées, fragiles, influençables, se déclaraient anarchistes et fabriquaient des bombes. On oublie vite, les médias les premiers.

Jérôme Lussier recense 11 cas de tueries dont les victimes sont inconnues du tueur. Dans 5 cas, les criminels sont des Québécois francophones ou des Canadiens français. Voilà donc des crimes qui devraient nous troubler de façon particulière.

L’islam ne joue pas nécessairement un rôle dans ce type de crime. On peut se demander aussi si la surveillance et la répression dirigée spécifiquement contre des musulmans ou des islamistes réduiraient de façon importante le nombre de ces crimes.

Ces crimes peuvent être vu aussi comme des suicides. Et comme Durkheim l’a démontré à la fin du 19e siècle, le suicide a des causes sociales et non pas seulement psychologiques. L’idéologie conservatrice du gouvernement Harper risque de mener à des réactions uniquement répressives et essentiellement ciblées sur l’influence islamiste. Alors que le problème est beaucoup plus large. Des réponses plus globales et générales feraient appel à la sociologie et à la psychologie. Qui sont des sciences que les conservateurs méprisent.

Ce que je trouve extrêmement peu professionnel ici, c’est que le journaliste met « tueur en série » comme titre, quand il ne parle d’AUCUN tueur en série! Il mentionne des tueurs qui ont tué une fois, ainsi que des tueurs de masse. La psychologie derrière le tueur en série est très différente; elle n’a rien à voir avec le tueur de masse ou le tueur qui vise une personne particulière. Donc, cet article porte à confusion et est très trompeur.