Twit, twit, twit…

Il n’y a pas que les oiseaux qui gazouillent cet été. Bien des politiciens s’y sont mis, mais sur un perchoir virtuel bien connu des internautes, Twitter. Ce service, dont on peut devenir membre gratuitement, permet de transmettre aux autres membres désireux de vous « suivre » des messages de 140 caractères au maximum.

Il y a de tout sur ce réseau, de la recette de cuisine à l’étalement sans pudeur de faits et gestes d’adolescents, en passant par la convocation à des rassemblements politiques. C’est d’ailleurs par ce réseau que plusieurs manifestations dénonçant les résultats douteux des élections en Iran ont été organisées en juin.

Les messages des politiciens fédéraux sont plus légers. Certains affichent l’invitation à leur BBQ ou parlent simplement de leurs faits et gestes les plus anodins. Comme Ujjal Dosanjh, qui nous informait, mardi, qu’il buvait un garam chai [un thé indien] pour se rafraîchir en cette période de canicule à Vancouver. (Oui, oui, vous avez bien lu. Ils ont un été, eux !) D’autres se servent de Twitter pour attirer l’attention sur un article intéressant, une politique de leur parti ou pour se livrer à une charge contre leurs adversaires.

Le plus assidu , le ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration, Jason Kenney, s’est manifesté à quatre reprises mardi, dont trois fois entre 7 h 23 et 7 h 29 ! La première, pour nous dire combien il avait passé une belle soirée la veille. La deuxième, pour mentionner son petit-déjeuner avec le nouveau chef du Parti progressiste-conservateur de l’Ontario, Tim Hudak. Et la troisième, pour souligner que le Telegraph Journal, du Nouveau-Brunswick, s’excusait d’avoir écrit que le premier ministre Harper avait mis dans sa poche l’hostie reçue aux funérailles de Roméo Leblanc.

Il y a dans cet engouement un désir d’imiter le président américain Barack Obama, dont le succès est en partie attribué à l’efficacité de sa campagne virtuelle dans Facebook et dans Twitter. On a aussi beaucoup dit que la Toile avait la vertu d’humaniser les politiciens et de les rapprocher des gens. Il semble cependant que les élus canadiens n’ont pas encore trouvé la façon de s’en servir. Pour l’instant, ils font surtout dans la superficialité.

Quelle pertinence y a-t-il à savoir que le chef libéral Michael Ignatieff est « sorti des nuages d’Ottawa pour être sous le soleil d’Etobicoke-Lakeshore » et qu’il est agréable d’être dans sa circonscription ? Le jeu en vaut-il la chandelle ? Ce n’est toujours qu’un peu plus de 10 000 Canadiens qui sont ainsi rejoints et on peut supposer que beaucoup sont déjà des partisans.

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Pleinement d’accord avec vous. Pas de twitter – et pas de facebook – pour moi. Je n’ai pas besoin de la recette de poulet frit de Madame Ignatieff ou de savoir comment Jason Kenney passe ses soirées. J’aimerais mieux savoir pourquoi le gouvernement dépense tant d’argent pour la publicité de son (soit-disant) programme de crédit d’impôt sur la rénovation domiciliaire alors que ça n’a pas encore passé par la Chambre des communes et que le gouvernement ne prévoit pas déposer le projet au parlement avant l’automne.

http://www.cbc.ca/canada/story/2009/07/29/harper-home-reno-tax-credit072909.html

On n’ôsera pas blâmer le Sénat, j’espère !

Ce que je sais, quoique que nos politiciens disent ou fassent il y aura toujours des mécontents qui vont les comparer avec Barak Obama. Si on valorisait nos politiciens et qu’on les aidait à être meilleurs au lieu de regarder chez nos voisins ça irait beaucoup mieux. C’est vrai que c’est plus facile d’appliquer le «Nul n’est prophète en son pays».

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