Ukraine: le minimum attendu d’Ottawa

Face à la Russie, le Canada ne pèse pas très lourd. Un effort minimal, mais essentiel, du gouvernement Trudeau est néanmoins attendu de la part des alliés. Le spécialiste en politique étrangère Stéphane Roussel en donne les détails.

Photo : Ludovic Marin / AP / La Presse Canadienne

Des mots très durs à l’égard de Vladimir Poutine et un lot de sanctions économiques et financières pour punir la Russie, ses entreprises, ses banques et ses oligarques : voilà essentiellement la réponse offerte jusqu’ici par le Canada à l’invasion de l’Ukraine.

Ces mesures seront probablement renforcées dans les prochains jours, a laissé entendre jeudi la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly. Elles traduisent le rôle somme toute limité que le Canada peut jouer dans cette crise, mais elles ont leur valeur de symbole, estime Stéphane Roussel, professeur à l’École nationale d’administration publique (ENAP) et spécialiste en politiques étrangère et de défense canadiennes.

Quelle est la portée de la voix diplomatique du Canada dans ce genre de crise ?

Elle est à la fois limitée et nichée — dans le sens où, sur certains aspects plus particuliers, notre voix peut porter.

Limitée parce que les décisions se prennent à Londres, à Paris, à Washington… Ensuite, le Canada s’aligne sur ça. Quand les grandes puissances sont déjà engagées, ce sont elles qui déterminent le cours des choses.

Mais je dis aussi « nichée » parce qu’on a une influence quand vient le temps de tenter d’influencer les autres membres de l’OTAN [Organisation du traité de l’Atlantique Nord]. Historiquement, notre rôle a toujours consisté à maintenir la cohésion de l’alliance. Le Canada parle aux autres États de moyenne puissance pour s’assurer qu’il n’y a pas de brèche ou de dissensions entre les pays membres. C’est particulièrement important ces jours-ci.

Quelle incidence la réplique du Canada, qui consiste en des mesures financières et économiques, peut-elle avoir dans le conflit ?

Ça a surtout une valeur d’exemple pour les autres. Si on souhaite que des sanctions aient le moindre impact, il faut que le plus grand nombre possible d’acteurs embarquent. Plus il y a d’États qui adoptent des mesures, plus l’effet dissuasif sera important — et dans le cas présent, si on sait que la Russie a des options pour contourner les sanctions, notamment en se tournant vers la Chine. Le Canada n’a pas le choix : il faut appuyer les mesures multilatérales, ne serait-ce que pour montrer l’exemple. Mais encore ici, on ne mène pas le jeu.

La réponse du Canada est-elle à la hauteur de l’importance de l’événement ? C’est quand même la première invasion d’un pays d’Europe contre un autre pays européen depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale…

Je dirais que oui, parce qu’on ne peut pas s’attendre à ce que le Canada soit un leader au-delà de ça. Il joue son rôle d’allié loyal. Les efforts du Canada les plus porteurs seront au sein de l’OTAN, en jouant ce rôle pour favoriser l’unité de l’alliance. C’est vraiment la clé de la réponse occidentale.

Qu’est-ce qui pourrait être fait en dehors de ce qui a déjà été annoncé par Ottawa ? La question de l’intervention militaire est-elle écartée ?

Il n’est absolument pas question d’intervention militaire par le Canada — ou par l’OTAN. On peut travailler à faciliter l’accueil des réfugiés, on peut renforcer les sanctions économiques, on peut envoyer une aide humanitaire ou matérielle (comme des munitions) à l’Ukraine, mais il n’y aura pas d’intervention militaire au sol. Le président Biden a été clair à cet égard, et personne n’est prêt à ça. Par contre, tout le monde sera là pour protéger les États membres, que ce soit la Pologne [qui partage une frontière avec l’Ukraine] ou les pays baltes [Estonie, Lettonie, Lituanie, limitrophes à la Russie].

Il faut comprendre qu’une intervention de l’OTAN en Ukraine signifierait une guerre à grande échelle : on ne sait pas où ça s’arrêterait. Les Européens, les Américains et les Canadiens comprennent tous que les risques sont beaucoup trop grands. Par contre, quand Joe Biden parle de ne pas céder un pouce de terrain sur le territoire de l’OTAN, c’est sérieux. Et c’est possible que plus de militaires canadiens soient déployés chez les membres de l’OTAN en Europe de l’Est.

Et sur le plan économique, pourrait-on aller plus loin ?

Oui, mais en même temps, nos relations commerciales avec la Russie sont très faibles… On peut bien adopter d’autres sanctions et toucher les réseaux financiers, mais c’est l’effort multilatéral qui aura un effet, pas les seules décisions d’Ottawa.

Les commentaires sont fermés.

Votre article est triste et dérangeant mais malheureusement criant de vérité. Vous avez cependant oublié la situation précaire des hôpitaux et l’avenir des personnes vieillissantes…. où va-t-on les stationner? Qui va s’occuper d’eux? Mais je crois que c’était suffisant pour aujourd’hui si l’on veut continuer presque sereinement

On est loin du temps des casques bleus du maintien de la paix! Les dictateurs sont maintenant libres d’agir à leur guise sans que les pays démocratiques puissent intervenir auprès des victimes d’agressions armées.

J’adresse ce message à l‘OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique Nord)

Je suis qu’un simple citoyen canadien qui se contente de regarder et écouter les informations qui me parviennent via les différents médias. Je constate avec stupeur que le président de la Russie Vladimir Poutine est un très dangereux personnage. Il est une personne qui souffre de paranoïa et de complexe de supériorité. C’est aussi un illustre menteur, un manipulateur et un psychopathe.

Menteur parce qu’au début il disait qu’il n’attaquerait pas l’Ukraine si ce pays acceptait de dire qu’il n’adhérerais jamais à l’OTAN sûrement parce qu’il craint fortement la puissance de cet organisation. Par la suite Poutine a sorti plusieurs autres raisons pour finalement ne sachant plus quoi invoquer pour attaquer. Il veut le pouvoir et veut tout dominer comme son homologue Hitler. Finira-t-il comme lui?

Manipulateur pour avoir censurer toute l’information étrangère ne laissant la voie qu’aux média locaux qui ne rapportent que ce qui est dicté par Poutine lui-même. Il véhicule des faussetés telles que l’Ukraine cache des terroristes et que cette guerre a pour but d’éliminer ces indésirables et ainsi protéger la Russie. Ce sont toutes des idées de ce genre qui sont communiquées en Russie. C’est cette publicité qui est diffusée à travers toute la Russie.

Psychopathe parce qu’il souffre de comportement antisociaux. Il en souffre depuis avant même qu’il soit membre du K.G.B. Il est très conscient que son armée tue des civiles de sang froid à bout portant. Peu importe que ce soient des femmes ou de petits enfants. C’est de l’assassinat pur et simple. Il est imbu de pouvoir. Il est persuadé de sa supériorité.

Il n’a jamais accepté la séparation des pays satellites qui constituaient autrefois l’ex-URSS. Sans aucune raison valable il a commencé par attaquer le plus important de ces pays en commençant par l’Ukraine pour donner une leçon aux autres pays limitrophes et ainsi reconstituer l’ex-URSS. Poutine se disait qu’après l’envahissement de l’Ukraine, il sera plus facile de reprendre tous les autres plus petits. Attendez, ce n’est pas fini.

Avec ses menaces d’utilisation d’arme nucléaire Poutine veut semer la panique dans toute l’Europe, aussi envers l’OTAN et l’UE. Ce climat de peur semble avoir un certain effet puisque l’OTAN refuse de protéger un espace aérien au dessus de l’Ukraine.

La très grande majorité des pays sur la planète sympathisent avec l’Ukraine, on leur envoi de beaux messages d’encouragements, certains leur fournissent des outils et leur disent défendez-vous mais aucun apportent d’aides physiques ou militaires. Serait-ce trop dangereux ou serait-ce la peur de Poutine.

Je vous donne un exemple de bravoure ou de lâcheté
En passant sur la rue vous voyez tout près de vous un adulte qui bat un jeune enfant, vous savez bien que de la façon dont il le frappe, cet enfant finira par en mourir. Vous demanderez d’abord si c’est un membre de votre famille.Allez-vous montrer un peu de courage et de bravoure en allant le défendre pour le sauver ou bien si vous le regardez souffrir et faiblir jusqu’à ce qu’il meurt??? Ce n’est qu’une question d’humanité. Je crois que toute personne qui a un peu d’humanité va se porter à son secours pour le sauver avant qu’il meurt.

Combien attendez-vous qu’il y ait de morts avant d’intervenir 5,000, 10,000, 100,000 ou plus encore? ? Il sera sûrement trop tard. Après l’Ukraine qui sera le prochain l’Estonie, la Lituanie, la Géorgie ou même peut-être les pays les plus vulnérables tels que la Finlande ou la Norvège???

La meilleure façon d’arrêter cette guerre inutile serait de faire disparaître ce fou furieux. Ce n’est pas acceptable me direz-vous. Je vous répondrez que tuer Saddam Hussein, ce dictateur , était très acceptable pour les Américains. Tuer Osama Bin Laden, un autre terroriste était aussi acceptable pour les américain. Pourquoi en serait-il autrement pour ce fou en Russie qui tue plus de citoyens que tous les autres en ont tués?

Connaissez-vous un milliardaire russe ou autre qui serait prêt à récompenser un membre de la garde très rapprochée de Poutine pour quelques millions de dollars Américain pour faire disparaître ce despote, Ce ne serait que rendre service à un peuple ukrainiens et même à toute l’Europe.

Merci de prendre quelques instants pour me lire mais il serait important que vous preniez plusieurs minutes pour agir plutôt que réagir.

Un grand sympathisant de la paix