Le «deal» entre la FTQ et le PQ (et ses mystères)

Le témoignage évasif de Jean Lavallée procure aux partis d’opposition toute une marge de manœuvre pour faire un procès d’intention au Parti québécois, dit le blogueur Brian Myles.

Photo: Presse canadienne
Photo: Presse canadienne

Les libéraux ont résisté avec obstination à la tenue d’une enquête publique sur l’industrie de la construction pendant deux ans et demi. Et voilà maintenant qu’ils font un procès d’intention au Parti québécois (PQ) pour avoir hésité pendant six mois.

Les dernières révélations de la commission Charbonneau ont suscité l’émoi à l’Assemblée nationale, et un renversement des rôles. C’est le PLQ qui se permet de faire des leçons d’éthique au PQ, et non l’inverse.

Les partis d’opposition réclament des explications de la première ministre, Pauline Marois, sur une conversation d’écoute électronique impliquant les deux leaders de la FTQ, Michel Arsenault et Jean Lavallée.

Au printemps 2009, ils ont voulu convaincre leurs amis du PQ de ne pas adhérer au mouvement populaire réclamant la tenue d’une enquête. Michel Arsenault avait l’intention de «parler à Pauline». Il semblait rassuré par le fait qu’il avait conclu «un deal» avec Claude Blanchet, le mari de Mme Marois.

Jean Lavallée, un témoin de mauvaise foi, n’a pas voulu éclairer les lanternes de la commission Charbonneau à ce sujet. Il ne désignait personne en particulier lorsqu’il parlait de ses amis au PQ. Et il n’est pas au courant d’une quelconque entente entre Michel Arsenault et Jean Lavallée.

Son témoignage évasif procure aux partis d’opposition toute une marge de manœuvre pour faire un procès d’intention au PQ. La critique libérale en matière d’éthique, Lise Thériault, a accusé le PQ de protéger les intérêts de la FTQ, encore aujourd’hui. Du même souffle, elle a avoué que ses accusations gratuites n’étaient basées sur aucune preuve.

D’autres conversations mettant en cause l’actuelle ministre au développement économique, Elaine Zakaïb, ne sont pas de nature à rassurer le PLQ et la CAQ sur l’indépendance du PQ face à la FTQ.

À l’époque où elle était p.-d.g. des fonds régionaux au Fonds de solidarité, Mme Zakaïb savait que des concurrents de Tony Accurso à Montréal, Laval et en Montérégie étaient «bloqués» dans leurs demandes de financement. Michel Arsenault ne voulait surtout pas l’entendre, et encore moins recevoir la liste des entrepreneurs lésés.

En riposte aux appels à la démission de Mme Zakaïb, la première ministre a déclaré jeudi qu’elle avait toute sa confiance.

Le PQ n’est pas tiré d’affaire pour autant avec la bombe larguée à la toute fin du témoignage de Jean Lavallée. Des écoutes électroniques prouvent qu’Yvon Bolduc, l’actuel p.-d.g. du Fonds de solidarité, savait dès le mois de mars 2009 que Jean Lavallée touchait des ristournes auprès des promoteurs financés par la SOLIM.

«Johnny ne s’est jamais trop trop caché qu’il prenait des pots-de-vin», dit M. Bolduc à Michel Arsenault. «Johnny, il n’est pas blanc comme neige», ajoute-t-il.

Sous l’impulsion de MM. Bolduc et Arsenault, le Fonds et la FTQ ont nié pendant toutes ces années l’existence d’un système de ristournes. Ils ont banalisé l’importance des dossiers toxiques impliquant des relations des Hells Angels ou de la mafia. Il y en avait très peu dans tous les investissements du Fonds, et il s’agissait de quelques malheureuses erreurs de parcours, nous disait-on.

M. Bolduc en savait trop sur les «dossiers toxiques» et le système de ristournes. Il en a fait trop peu pour corriger la situation.

Sa position devient inconfortable, et il pourra difficilement échapper à un passage obligé à la commission Charbonneau. Après tout ce qui s’est dit à son sujet depuis deux semaines, ce serait un petit scandale de ne pas l’assigner à comparaître.

Le PQ ne pourra pas défendre cette indéfendable gestion d’un actif de dix milliards. Hier comme aujourd’hui, les dirigeants du Fonds et de la FTQ ont démontré qu’ils ne voulaient pas faire plus qu’un ménage en surface.

Pour casser l’impression de proximité avec la FTQ, le PQ ne peut pas se contenter de rappeler qu’il a exigé la tenue d’une commission avec des pouvoirs élargis. Cette distance doit se manifester par une condamnation claire des errements de ce dirigeant qui est toujours en poste au Fonds.

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Il est capital, pour la bonne marche de la démocratie au Québec, de TOUT savoir sur les relations incestueuses entre Pauline Marois, son mari et les grosses centrales syndicales.

Qui dirige le Québec? Pauline Marois? Claude Blanchet? La mafia syndicale?

Pas beaucoup de péquistes ici pour nous informer sur le « deal » en question…

Où sont vos foulards blancs???

Transparence et tolérance zéro qu’ils disaient…

Interrogations.

-Pourquoi la Commission Charbonneau évite l’enquête publique sur la gestion du ministère des transports sous les libéraux jusqu’en ce mois de février 2014 après 1 an et demi de travaux?

-Pourquoi il y a absence d’une commission sur le désastre de la CDDQ qui a perdu 40 milliards en 2008? Désastre concernant la gouvernance gestionnaire affairiste, spéculative de J.Charest

-Considérant les liens enracinés entre les bureaux d’avocats et le PLQ depuis plus longtemps que le règne de Duplessis! Comment s’assurer que le milieu du droit est capable d’indépendance envers le PLQ dans l’opposition comme au gouvernement. Le juge Bastarache nommé par les libéraux pour une commission d’enquête sur la nomination des juges a été associé aux libéraux fédéraux. Son travail s’est avéré relativement partisan en ayant nommé beaucoup d’avocats en faveur du PLQ contre le témoignage dominant de Marc Bellemare. Le rejet de la charte par les organismes officiels du droit contribue aussi a associer libéraux et milieu juridique. Donc, hypothèse de familiarité abusive entre libéraux et précisément les grands bureaux en sachant d’ailleurs comment d’anciens politiciens libéraux dont J.Charest lui même s’y retrouve après démissions ou échecs électoraux.

-La dérive de la FTQ et de ses institutions est telle à ce point complète qu’elle monopolise l’essentiel actuellement de la lutte contre la corruption et la collusion? Les liens entre le PQ et la FTQ se sont relâchés par rapport aux années Lévesque et Bouchard, ce que la proximité de M.Arsenault avec J.Charest semble confirmer entre 2004 et 2009 jusque la pression montre suffisamment sur l’intégrité du gouvernement libéral pour que les liens étroits par prête noms se défassent entre libéraux et gens d’affaires dont les milieux de la FTQ.

-Le PQ devrait couper ses derniers liens avec la FTQ considérant qu’avec le Fond, la FTQ n’est plus ce simple syndicat à l’abri du lobbysme affairiste du temps de R.Lévesque premier ministre.

Sachant que toutes rumeurs appuyées sur l’actuel gouvernement Marois pourrait favoriser un essor surprise de la CAQ et de QS en se rappelant ce vote antipartis de 2011 au Québec qui a favorisé le NPD. Car si l’adversaire est libéral, un ressac en partie justifié et non justifié contre PLQ et PQ pourrait créer des retournements inattendus.

Le gouvernement actuel devrait se remettre à agir pour l’intégrité contre la corruption parce que malgré les effets des carrés rouges étudiants, le sentiment populaire anti politiciens est capable toujours de reprendre. Le PQ ne gagnera pas qu’avec la charte l’élection prochaine.