Un débat des chefs sans impact majeur

Les électeurs de chaque camp seront rassurés par la performance de leur chef, qui n’ont pas fait d’erreur notable et ont réussi à décocher quelques bonnes flèches aux adversaires, analyse Alec Castonguay.

Les quatre chefs quelques minutes avant le débat des chefs. (crédit photo: Paul Chiasson/Presse canadienne)
Les quatre chefs quelques minutes avant le débat des chefs. (crédit photo: Paul Chiasson/La Presse canadienne)

Les «knock-out» sont rares dans les débats des chefs, encore davantage lorsqu’il y a quatre protagonistes. Le premier débat de cette campagne n’a pas fait exception.

Les électeurs de chaque camp seront rassurés par la performance de leur chef, qui n’ont pas fait d’erreur et ont réussi à décocher quelques bonnes flèches aux adversaires.

Il serait étonnant que l’exercice ait une grande influence sur l’allure de la campagne. Il peut parfois y avoir du mouvement quelques jours plus tard, lorsque les impressions du débat finissent de percoler chez les électeurs.

Politique

Mais si je devais parier un vieux deux dollars en papier (je sais, c’est de plus en plus rare), je miserais sur le fait que l’exercice sera davantage une étape dans la construction de la campagne, plutôt qu’un tournant.

Voici quelques réflexions à chaud sur ce débat.

– Un débat sans gagnant, c’est un avantage pour Philippe Couillard et Pauline Marois, qui sont au coude-à-coude dans les intentions de vote. Les deux peuvent espérer former le gouvernement. Étant donné l’élan dont profite le chef libéral depuis 10 jours, il doit être satisfait.

– François Legault a fait une excellente performance. À entendre Pauline Marois et Philippe Couillard se reprocher l’un et l’autre sans arrêt le bilan de leur parti au pouvoir au cours des dernières années, il ne fait aucun doute que le Québec a besoin d’un troisième parti politique en santé pour secouer le PQ et le PLQ. Mais est-ce que ce sera suffisant pour remonter la pente d’une campagne qui s’est polarisée autour de la question référendaire ? J’en doute. Mais François Legault a peut-être arrêté sa chute. À mi-campagne, c’est mieux que rien.

– Pauline Marois voulait rassurer les électeurs inquiets d’un référendum. Elle a de nouveau promis, et à plusieurs reprises, de ne pas en tenir un si les Québécois ne sont pas prêts. La chef du PQ a voulu recentrer la campagne autour du choix d’un prochain gouvernement. Est-ce que les Québécois vont la croire ? Dans le dernier sondage Crop-La Presse, on constatait que 64 % des citoyens ne veulent pas d’un nouveau référendum dans le prochain mandat, et que 67 % des Québécois pensent que Pauline Marois va en tenir un si elle obtient une majorité. Ces chiffres expliquent en grande partie le mouvement dans les intentions de vote. Le poing en l’air de PKP a porté. Est-il possible de renverser la tendance et de changer le thème référendaire de la campagne ?

– Philippe Couillard voulait démontrer un côté rassurant, calme, l’allure d’un chef d’État. Il a réussi. Il voulait parler d’emplois et d’économie aux fédéralistes indécis ou restants à la CAQ. Il a tapé sur ce clou sans relâche. Au point où il a abordé ce sujet dans des portions du débat réservées à d’autres sujets (ex : question nationale). Ça frôlait la volonté trop appuyée.

– Pauline Marois voulait maintenir son image de femme déterminée. Opération réussie également. Elle était très énergique, peut-être même trop par moments.

– François Legault a voulu s’assurer que tous les Québécois comprennent qu’il a du «courage» et que les autres partis n’en ont pas. Après la 652e fois dans le débat, j’imagine que le message a passé.

– Pauline Marois a voulu ramener à l’avant-plan «les années libérales» de Jean Charest, l’héritage en matière d’éthique. «La corruption recule, l’intégrité avance.» Succès. Mais elle n’a rien fait coller à la peau de Philippe Couillard, qui a quitté le gouvernement Charest en 2008.

– Philippe Couillard a utilisé l’argument du référendum avec parcimonie, utilisant le bon dosage. Il n’a pas eu besoin de porter une attaque frontale, c’est François Legault qui s’en est chargé.

– François Legault a besoin de ramener chez lui des fédéralistes qui ont quitté vers le PLQ, mais il a davantage attaqué Pauline Marois que Philippe Couillard. Avec un certain succès, notamment en matière d’emplois. Est-ce qu’il en profitera ou ce sera Couillard qui récoltera les fruits ?

– Françoise David est visiblement une naturelle en débat. Attaques fluides, explications claires, calme dans les échanges. Sa ligne contre le virage à droite de Pauline Marois — «les espoirs d’un autre Québec que vous avez déçu» — était très efficace. La co-porte-parole de QS n’avait cependant pas l’effet de surprise de 2012. Elle a réussi, comme François Legault, à démontrer la pertinence d’une autre voix politique, mais elle n’a pas volé la vedette. Et c’est toujours plus facile de bien paraître quand personne ne se donne la peine de t’attaquer.

– Pauline Marois a réussi à imposer le thème de la Charte de la laïcité dans la dernière portion du débat. Un sujet où elle a l’avantage. Sa ligne sur Fatima Houda-Pepin était savoureuse. Mais au final, sous le feu croisé des trois autres chefs qui ont rappelé qu’elle aurait pu faire adopter 90 % de sa charte avant les élections, et ainsi faire progresser le Québec, elle n’a pas marqué de point.

– François Legault a beaucoup insisté sur ses baisses de taxes. Si le message ne passe pas après ce soir, il ne passera jamais. Sa ligne «votez pour vous le 7 avril» est parfaite quand le thème de la campagne est la défense des contribuables.

– Les réponses de Pauline Marois sur les conflits d’intérêt réels et potentiels de Pierre Karl Péladeau n’ont certainement pas convaincu les 45 % de Québécois qui estiment que la fiducie sans droit de regard est nettement insuffisante dans ce cas.

Les chefs ont une semaine pour ajuster leurs messages avant le dernier débat des chefs de la campagne, le 27 mars.

* * *

À propos d’Alec Castonguay

Alec Castonguay est chef du bureau politique au magazine L’actualité, en plus de suivre le secteur de la défense. Il est chroniqueur politique tous les midis à l’émission Dutrizac l’après-midi (sur les ondes du 98,5 FM) et analyste politique à l’émission Les coulisses du pouvoir (à ICI Radio-Canada Télé). On peut le suivre sur Twitter : @Alec_Castonguay.

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À part Philippe Couillard dont la performance a été plus qu’honorable, je crois également que l’impact du débat d’hier sera minime et que le Parti québécois continuera progressivement sa descente et qu’il finira dans l’opposition, les Québécois ne voulant pas « perdre leur vote ».

Bien bon pour eux qui prenaient les Québécois pour acquis et qui croyaient marcher allègrement vers une majorité.

Pauline Marois.

Sa ligne sur Fatima Houda-Pepin était tactique et incomplète.

Elle a omis de nommer Maria Mourani, expulsée du Bloc à cause de la charte.
Elle a délibérément omis de répondre à une question simple de Couillard en surfant sur Houda-Pepin.

Pour ses demi-vérités, sa malhonnêteté intellectuelle, ses omissions et ses mensonges je voterai « tout sauf Pauline ».

Entièrement d`accord avec vous et j`ajouterais à cela sa déclaration à répétition qu`elle ne fera pas de référendum à moins que les Québecois le veulent allo! Votez Pauline ça veut dire les chicanes avec Ottawa et surtout quelques millions de dollars dépensé avec nos taxes pour nous convaincre d`un troisièmme référendum

Madame Marois a bien répliqué en affirmant que madame Houda-Pépin avait été expulsée du parti libéral par son chef allergique à la charte des valeurs québécoises. Elle n’a pas omis de nommer madame Mourani puisque celle-ci ne fait pas parti du PQ, mais … du BLOC, un parti qui siège au gouvernement canadien. C’est un autre niveau!
Alors, les demi-vérités, la malhonnêteté, les omissions et mensonges sont mal évaluées. Attention madame Marie de Montréal.

Marie.. Je vois que vous préférer la malhonnêteté » tout court » du PLQ pour éviter le spectre de la fin du monde! Houuu (sourire)
Ça coûtera plus cher, mais leur promesse sont rassurante…

Combien de femme(s) pouvant être congédié(es) pour le port du voile continueront de percevoir leur salaire de 88 000.00$ et une pension à vie? Messieurs et mesdames les journalistes quand même!

Je n’ai pas aimé ce débat des chefs.
J’aurais préféré une plus grande liberté d’actions.
Surtout que s’il n’y avait pas le temps pour que chacun s’adresse à chacun des trois autres en face-à-face, j’aurais mieux apprécié que le choix de s’adresser à qui ils le voulaient, lorsqu’ils le voulaient leur soit laissé, dans les balises du sujet imposé.

Françoise David, sachant que son parti n’avait rien à perdre pouvait avoir les coudés franches sans être stratégique à tout prix. Elle pouvait donc promettre que son parti une fois au pouvoir, parlerait allègrement de souveraineté.
J’aurais aimé qu’elle soit plus incisive sur la corruption.
Aussi sur le salaire des médecins accordé par l’équipe de médecins qui seront en place si les libéraux prennent le pouvoir.
Sur la privatisation que ces derniers prônent.
Et les paradis fiscaux qui nous priverons au total, avec la privatisation et les augmentation de revenus des médecins, d’au minimum 10 milliards de dollars seulement en 2014.
Aussi qu’elle questionne l’odieux de ses augmentations à outrance des mieux payés de notre société. Ne serait-ce que pour du rattrapage, pour une mise-à-niveau au diapason des autres provinces, voir pire pour des engagements de services que 40% d’entre eux n’ont pas encore respectés au moment ou ceux qui les ont accordés briguent des postes de pouvoir pour continuer dans le même sens, -c’est ce qu’ils promettent-, alors qu’ils nous disent à l’unisson que le Québec est la plus pauvre des provinces canadiennes, que le Québec n’a pas d’argent pour ceci et cela, qu’on doit couper, couper, couper, et encore couper…mais que l’on peut remettre encore plus d’argent au privé, aux médecins en leurs payant des supers cliniques.

Les mêmes questions auraient pu aussi être posées à François Legault, le roi de la coupure.
Alors qui contrairement à ce qu’il prétendait lors de la dernière campagne, c’est-à-dire, des augmentations aux professeurs pour qu’ils accomplissent plus d’heures, mais aussi des investissements pour plus de services dans le système d’éducation, en 2014, il promet les mêmes coupures, mais aucune augmentation parce que le Québec n’a pas les moyens…sans jamais questionner Philippe Couillard sur nos moyens à doubler les revenus en 10 ans à ceux qui déjà étaient parmi les mieux payés de notre société, soit les médecins.

Avons-nous ou non les moyens de payer ?
Si je comprend bien, on a les moyens de mieux payer ceux qui en ont déjà le plus en prenant l’argent de ceux qui en ont le moins et qui ne devraient pas en espérer plus parce que le Québec n’a pas les moyens ! ET voilà ! Et vlan ! Payez gagne de caves !

Madame Marois a été dans les circonstances correct, à la hauteur des attentes sans plus ni moins.

Philippe Couillard l’a été aussi, mais il a été épargné.
Son intimidation a-t-il fonctionné?
Le cadre du débat l’a-t-il favorisé?
Madame Dusseault a-t-elle été faible à la suite de ses remontrances ou était-elle dans le champ?
Je me demande comment il aurait paru sous le feu de questions comme j’ai mentionné ci-haut et auxquelles je m’attendais avec plus d’insistance ?
Aurait-il fait son pitbull et mordu trop fort?
C’est ce que je crois !

Et maintenant voyons au prochain à TVA !

Sir Decelles, je me demande comment elle aurait parue sous le feu de questions référendaires alors qu`elle n`a pas de réponses concrètes à donner aux Québecois sur un sujet vide ! Le deal avec la F.T.Q aurait été intéressant! Mais que voulez-vous, ils n`en ont pas parlé par souci de rester blanc devant la population. L e nouveau premier ministre Couillard a très bien mis en garde la baveuse avec l`histoire de Porter car elle savait très bien qu`elle se ferait plantée. Une chance qu`elle a été bien conseillée!!

Puisque vous savez que Couillard sera, non pas sera, est premier ministre alors que l’élection n’a pas encore eu lieu -quelle économie: pas besoin de la faire- vous devez bien savoir combien de fois Philippe Couillard est aller à la pêche avec son très grand ami Porter ? Quelles sortes de poissons ont-ils pêchés à part des Québécois ?
Combien Porter et lui transfert-ils chaque année dans les paradis fiscaux? Et vous beauly02 ?

Madame Marois ne fera pas de référendum, à moins que les conclusions du livre blanc qu’elle compte commander aussitôt de retour en poste, lui recommandent le contraire: Ce livre blanc sera rédigé par Jean-François Lisée, les enquêtes d’opinion seront dirigées par Bernard Drainville, qui exigera que les opinions reçues soient tenues pour confidentielles. À sa publication, il recevra l’appui enthousiaste de la ligue du vieux poêle: Bernard Landry, Jacques Parizeau, Gérald Larose… et de Pierre Karl Péladeau qui sera impressionné par la qualité de l’analyse économique. La première, première ministre se dira surprise par les tentants et les aboutissantes, et moralement tenue de déclencher un référendum devant de telles évidences. On se mettra aussitôt à la rédaction de la question, qui comptera beaucoup « d’attendus » et quelques « clarifications » d’usage.

En voilà au moins un de convaincu d’un gouvernement péquiste majoritaire.
Pour un adversaire aussi farouche, bravo pour votre franchise !

Merci pour votre analyse. Malheureusement, je constate que la pluspart du temps les analyses se limite au contenu. Pourtant en communication, il a ete prouve le langage corporel, ainsi que le ton laisse une plus grande impression que les mots eux-memes.
Je vais donc commente le debat d’hier sur cette base.

Mme Marois, a definitivement perdu. Son Langage corporel et son ton, refletaient tout saus quelqu’un de pause et a qui on peu faire confiance. Le seul moment ou elle a retrouver sa confiance est a la fin lorsqu’elle a aborde le sujet de la souverainete, ce qui en dit long sur ses intentions cachees. Ajoutons a cela la tendance qu’elle avait de se prendre le menton, geste pose par les gens qui ont qqc a cacher. La voir fouiller tout le temps dans ses papiers demontraient aussi qu’elle n’etait pas en controle. Et pour ceux qui ont manque la fin, c’etait encore plus cocasse lors qu’on la vu a quatres pattes, ramasser tous ses papiers (les cameras etaient encore allumees.).

Celui qui s’en est le mieux sorti, M Couillard. Air pose, sourire, poli, … Sauf dans el dernier quart ou il a pris un air plus serieux. Mme David elle, a maintenu le « pace ».

Les chefs de Quebec Solidaire et de la CAQ ont tant qu’a eux, mieux fait que Mme Marois. Dans l’ordre:

1. M Couillard
2. M Legault
3. Mme David (bonne, mais ne sera pas elue) Alors je lui impose une penalite.

et loin derriere……

4. Mme Marois

Conseil de la semaine: Mme Marois, vous avez un urgent besoin d’un coach si vous voulez performer la semaine prochaine. Votre langage corporel et votre ton ne vont pas avec les mots que vous prononcez. Mais c’est peut-etre bien ainsi.

Bonnes elections!

Est-ce votre spécialité dans la vie: le langage corporelle MichelD ?
Hors même pour des prétendus spécialistes, ce n’est pas exactes comme les mathématiques, ce n’es pas reconnu et c’est et restera sujet à interprétation. Il n’y a rien de pire que tout ce qui est sujet à interprétation. Mais même en médecine, reconnue, ce qui devrait être le moins sujet à une interprétation de la part d’un médecin comme une cassure, malgré cela est l’objet d’erreurs et des accidentés repartent chez eux comme si rien n’était et doivent revenir au bout de quelques heures ou quelques jours. Alors donc, quoi penser de l’interprétation du langage corporelle faites par n’importe quel quidam ?
En ce qui concerne votre analyse de façon globale, je la trouve bidon, superficielle et elle a le gros défaut de n’avoir aucune valeur parce qu’elle sent la partisanerie à 100 kilomètres à la ronde.
Hors une analyse d’un débat demande en premier lieu d’être capable d’avoir un minimum de neutralité.
La vôtre reflète que votre haine de Madame Marois, du PQ et de ses partisans.
À ne pas mélanger: désirs et souhaits, avec faits et réalité.
Votre meilleure:
« 3. Mme David (bonne, mais ne sera pas elue) Alors je lui impose une penalite. » ???????? À quoi ça rime, de lui donner une pénalité parce qu’elle ne sera pas élue ???

(Votre clavier n’a pas d’accents ?)

Plus rapide d’écrire je n’aime pas le PQ et je préfère la malhonnêteté de PLQ car elle me protège de la fin du monde….