Un déclin en cinq dates

Le gouvernement Harper vient de serrer la vis aux chômeurs avec sa réforme de l’assurance-emploi, entrée en vigueur en janvier. Les prestataires pourront désormais se voir contraints d’accepter un boulot se trouvant à une heure de route de leur domicile et une baisse de salaire de 30 % par rapport à leur emploi précédent.

Photo : D. Savoie/SCFP

Depuis 1990, Ottawa resserre progressivement les critères d’admissibilité au régime, et ce, même s’il n’y investit plus un sou, la caisse d’assurance-emploi étant entièrement financée par les travailleurs et les employeurs. Coup d’œil.

1990

Ottawa se retire du financement de la caisse d’assurance-chômage.

1993

Les travailleurs qui quittent leur emploi volontairement sans motif valable ou qui sont renvoyés pour inconduite n’ont plus droit aux prestations.

1994

La caisse de l’assurance-chômage dégage des milliards de dollars en surplus pour le gouvernement, conséquence de la diminution des prestations versées.

1996

La nouvelle « règle d’intensité » pénalise les chômeurs récurrents (les travailleurs saisonniers, par exemple) : pour chaque année consécutive de recours au régime, ils voient leurs prestations diminuer de 1 %, jusqu’à un maximum de 5 %. Cette mesure est abolie en 2001. En revanche, le taux des prestations augmente pour les familles à faible revenu.

2012

À partir de la septième semaine de chômage, les prestataires fréquents pourront être forcés d’accepter tout type d’emploi pour lequel ils sont qualifiés et une baisse de salaire pouvant atteindre 30 %.

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Taux des prestations,  en % du salaire

1990-1993 …………. 60 %

1993-1994 …………. 57 %

Depuis 1994………. 55 %

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« C’est une manière de déporter les Acadiens de nouveau, de les envoyer ailleurs plutôt que de faire du développement économique dans nos régions. »

Yvon Godin, député d’Acadie-Bathurst