Commission Charbonneau : un design intelligent à l’oeuvre au MTQ

Les employés et l’entourage immédiat de 12 firmes de génie-conseil ont versé près de 15 millions $ aux principales formations: le PLQ (8,3 millions $), le PQ (5,3 millions $) et l’ADQ (1,2 million $).

PolitiqueLa semaine commence avec des chiffres qui donnent le tournis à la commission Charbonneau et elle s’achèvera sur des révélations qui provoqueront la nausée lorsque l’ordonnance de non-publication qui pèse sur les perquisitions menées chez Roche et l’organisateur libéral Marc-Yvan Côté sera partiellement levée, vendredi à 17h.

La trêve électorale étant enfin terminée, la commission explore maintenant l’octroi des contrats au ministère des Transports (MTQ) et les liens possibles avec le financement des partis provinciaux.

Normand Bédard, un ex-président de Sintra, aura certainement des choses intéressantes à raconter mercredi.

Sintra était l’entreprise la plus choyée au MTQ, avec des contrats de 1,6 milliard en 15 ans.

Le directeur adjoint de la recherche à la commission Charbonneau, Martin Comeau, a fait un travail de moine pour faire des recoupements entre l’octroi des contrats et les contributions politiques. On ne parle plus de hasard, mais d’un design intelligent dans la création des merveilles du génie-conseil.

De 1997 à 2012, 12 firmes de génie-conseil ont raflé 87 % des contrats, une cagnotte de 2,5 milliards. Pour la même période, les 15 plus gros entrepreneurs, Sintra en tête, ont récolté trois quarts des contrats de construction, pour 7,9 milliards.

La donnée la plus importante, pour tous les citoyens qui se demandent s’ils ont voté en toute connaissance de cause lundi, est la suivante.

Les employés et l’entourage immédiat des 12 chouchous du génie-conseil ont versé près de 15 millions $ aux trois principales formations: le PLQ (8,3 millions $), le PQ (5,3 millions $) et l’ADQ (1,2 million $).

Les 15 entrepreneurs sont beaucoup moins généreux. Leurs contributions s’élèvent à 2,3 millions $: PLQ (1,5 million $), PQ (639 944 $ ) et ADQ (147 137 $).

Et alors? Rien de plus pour l’instant. La plupart des grosses firmes qui ont transformé l’octroi des contrats en buffet ouvert dans les municipalités, avec des élections clefs en main et du cash pour les roitelets locaux, étaient à l’œuvre au MTQ.

L’économiste Comeau n’a cependant pas établi de liens directs entre l’octroi des contrats et le financement des partis provinciaux. Ça viendra. Il le faut. La crédibilité de la commission Charbonneau dépend de sa volonté d’aller au fond du baril de la collusion.

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À propos de Brian Myles

Brian Myles est journaliste au quotidien Le Devoir, où il traite des affaires policières, municipales et judiciaires. Il est présentement affecté à la couverture de la commission Charbonneau. Blogueur à L’actualité depuis 2012, il est également chargé de cours à l’École des médias de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). On peut le suivre sur Twitter : @brianmyles.

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Juste une toute petite question.
OÙ oui où les Joueurs des Canadiens trouvent leurs millions ?
Les Politiciens faut qu’ils les trouvent quelques parts aussi .

Ahhhhh…tiens… les immaculés péquistes étaient corrompus itou???

Eh ben…après leurs foulards blancs et leurs carrés rouges…

J’en suis flabergasté!!!

Je ne l’ai pas vu venir celle-là!