FTQ : un fonds à protéger

«C’est drôle à dire, mais Québec doit protéger le Fonds de solidarité contre ceux qui le défendent avec le plus de vigueur. Il en va de sa réputation», dit le blogueur Brian Myles.

Quand ils ne sont pas occupés à se crucifier sur la question de la charte des valeurs, nos politiciens réfléchissent (un peu) sur la gouvernance du Fonds de solidarité de la FTQ.

Les témoignages de Jean Lavallée et de Michel Arsenault à la commission Charbonneau leur donnent amplement raison de s’interroger.

Jeudi, le ministre de la Métropole, Jean-François Lisée, a déclaré que la nécessité de réformer la gouvernance du Fonds est un fait acquis par tous. «Ce n’est pas une question de : “est-ce qu’il faut la réformer?” La question, c’est: “quand est-ce qu’on va la réformer et comment?”», a-t-il dit.

Selon le ministre Lisée, toute réforme devra accroître l’indépendance du Fonds face à la FTQ.

La Coalition avenir Québec (CAQ) a élaboré une proposition concrète pour faire en sorte que les membres du conseil d’administration du Fonds soient totalement indépendants des leaders syndicaux. La proposition de la CAQ est le scénario du pire pour la FTQ : la perte totale du contrôle sur le Fonds, son bébé, sa plus belle réussite.

Michel Arsenault l’a répété de toutes les façons à la commission Charbonneau. Il est prêt à une concession afin de scinder la présidence de la FTQ et celle du conseil d’administration du Fonds. Mais le Fonds doit rester sous le contrôle syndical, insiste-t-il.

M. Arsenault est ressorti moins amoché qu’on ne l’aurait cru de son passage à la commission Charbonneau. Si l’affrontement entre le fougueux syndicaliste et la tout aussi fougueuse Sonia LeBel était un match de boxe, ni l’un ni l’autre ne serait allé au tapis pour le compte.

Le vainqueur, par décision partagée à deux contre un, serait… Michel Arsenault pour ceux qui portent les lunettes roses du syndiqué de type «crois ou meurt», ou Sonia LeBel pour ceux qui ne sont pas impressionnés par la gestion des dossiers toxiques de M. Arsenault et son statut informel de lobbyiste de poche pour Tony Accurso.

J’appartiens à la seconde catégorie. Michel Arsenault s’est bien débrouillé, mais il est trahi par sa propre voix sur écoute électronique.

Le chef syndical a confondu allègrement les intérêts de ses membres, ceux de l’économie québécoise et ceux de Tony Accurso.

Je veux bien que le Fonds de solidarité investisse avec son cœur et ses valeurs. J’applaudis quand il refuse d’investir dans les entreprises délinquantes, irrespectueuses des droits des travailleurs. Je salue le travail des gestionnaires qui osent faire du capital de risque dans un bassin aussi petit que le Québec, en s’armant de patience pour faire des rendements positifs.

Mais quand les valeurs syndicales sont reléguées au second plan au profit du copinage syndical, quand le Fonds favorise un seul entrepreneur au point de nuire à la libre concurrence, alors là, je décroche. Et je décroche avant même d’arriver à l’épisode du Touch et des boucles d’oreilles à 12 500 $.

À la commission Charbonneau, nous avons appris que Michel Arsenault était en situation d’apparence de conflit d’intérêt quand il s’agissait de Tony Accurso. Nous avons appris que les leaders de la FTQ-Construction, Jean Lavallée et Jocelyn Dupuis, pouvaient faire passer les dossiers toxiques de leurs amis acoquinés avec les Hells Angels ou la mafia.

Il suffisait que ces leaders forcent un peu la note pour que les p.-d.g. indolents du Fonds, Yvon Bolduc, et de la SOLIM, Guy Gionet, autorisent les dossiers en douce.

Le Fonds a bel et bien été la cible d’une tentative d’infiltration du crime organisé. Elle a été bloquée, maladroitement et tardivement, en grande partie grâce à la pression des journalistes d’enquête, ces «crottés» que les chefs de la FTQ détestaient tant.

Ce fiasco a été rendu possible en raison de l’influence disproportionnée des syndicalistes dans les décisions d’affaires du Fonds, et de leurs amitiés toxiques avec des membres des associés des grandes familles criminelles.

Il y a moyen de réformer la gouvernance du Fonds sans le livrer sur un plateau d’argent aux «spéculateurs» que craint tant Michel Arsenault.

Ce «joyau» de 10 milliards est utile et pertinent. Malheureusement, les dirigeants du Fonds et ceux de la FTQ ont tendance à faire le ménage sous la pression seulement.

C’est la pression des journalistes d’enquête qui a mené à la liquidation des dossiers toxiques de Denis Vincent et Ron Beaulieu, deux relations des Hells Angels. C’est la pression de la commission Charbonneau qui a mené le Fonds à revoir encore ses règles de gouvernance.

Un peu de pression supplémentaire de Québec ne nuira pas à ces efforts.

La nouvelle direction de la FTQ n’est pas différente de la précédente quand elle nous dit que la commission Charbonneau passe un vieux film de 2009. D’ailleurs, le p.-d.g. qui s’accommodait des dossiers toxiques de Denis Vincent et Ron Beaulieu, Yvon Bolduc, est toujours aux commandes du Fonds.

C’est drôle à dire, mais Québec doit protéger le Fonds contre ceux qui le défendent avec le plus de vigueur. Il en va de sa réputation.

 

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Protéger le Fonds???

Pourquoi ne pas plutôt protéger les petits investisseurs qui ont, malgré eux, participé indirectement à cette fraude en leur permettant de retirer LEUR argent immédiatement de cette petite magouille ET pourquoi ne pas imiter le Fédéral et exiger de l’État québécois qu’il cesse d’accorder une remise d’impôts à ceux qui accepteront malgré tout de continuer de supporter cette mafia?

Le Fonds? D’accord mais selon les mêmes règles que les autres institutions. Pas de favoritisme à des crapules.

En réalité nous pouvons remarquer que le Fonds de la FTQ avec ses dirigeants ressemble énormément aux partis politique et leurs dirigeants, plus particulièrement le PLQ et Charest, en ceci que n’eut été le travail d’enquête des journalistes, rien n’aurait été fait et les citoyens dormiraient tranquillement bercé par la très fausse impression que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. Donc, il n’y a pas que la mafia qui aime bien l’ombre et le silence. Peut-être que tous ces univers sont-ils plus semblables qu’on le pense de prime abord.

«Il te montre la Lune et tu regardes son doigt.»
[Proverbe africain]

« …plus particulièrement le PLQ et Charest… » (sic)

Jusqu’à maintenant, ce sont plutôt les grosses centrales syndicales, « alliées naturelles » du Parti québécois ET Claude Blanchet, le mari de Pauline Marois, la chef du Parti québécois, et ex-président de la SGF dont il tire encore et toujours $100,000.00 PAR ANNÉE de pension pour un gros 4 ans de travail, et Pauline Marois, la mère des toilettes silencieuses et de la mise à la retraite de nos médecins et infirmières elle-même qui pataugent dans la gadoue non?

Quel était le « deal » entre la FTQ, Claude Blanchet?
Qu’est-ce que discutaient Pauline Marois et Arseneault lors de leurs nombreuses rencontres au 357C?
De quelle façon Arseneault a-t-il influencé Pauline Marois lors des 6 longs mois où le Parti québécois a hésité à suivre la CAQ dans sa requête sur la Commission Charbonneau? Que lui a promis Pauline Marois? Une usine à Port-Daniel?

Etc… Etc…

J’espère que notre FRANÇOIS premier national va recevoir son cachet de lobbyiste auprès des banques. Pour moi, toutes les exemptions d’impôts sur les REER, REA … devraient être retirées. Une seule exemption devrait être accordée à Placements Québec et ce fond devrait servir à financer les emprunts gouvernementaux. Peu importe le niveau d’endettement, si nous en sommes les seuls créanciers.

Si l’organisme que j’ai utilisé pour mes REER ou REA a trempé dans une fraude, je peux en tout temps retirer mes fonds et les transférer ailleurs.

Pas avec la Mafia de la FTQ, sauf en de très…très…très…rares exceptions strictement contrôlées par la même mafia.

Jamais l’État n’aurait dû donner à ces magouilleurs les privilèges dont ils ont hérité. JAMAIS!

Qui donc a gratifié ces grosses centrales syndicales de toutes ces faveurs depuis le 3 mars 1983???

Faites une petite recherche…

D`accord avec François 1er, j`ai investi dans le Fond de solidarité car excellent pour les crédit d`impôt payé par l`ensemble des Québécois en passant!!!! J`ai voulu retirer mes économies du Fond pour les investir ailleurs, NON! Qu`on m`a dit car ça ne t`appartiens pas car il y a de l`impôt à payer!!! Souvenez-vous 2,999,999.70 prêter par le Fond à qui? BLF ( comme Blanchet ) juste en bas du montant de 3K pour être transparent!!!

J`ai l`impression de m`être fait FOURRER carrément par ce Fond et quand j`entend le baveux à ARSENEAULT , je pense qu`il y a des coups de pieds dans le cul…. qwui se perdent!

On l’a échappé belle en ce qui concerne l’intrusion de dossiers dits toxiques dans le fonds. Un de ces dossiers aurait été financé par Investissement Québec, selon M. Arsenault, belle consolation! L’autre question qui m’est venu à l’esprit, lors des auditions: Que serait-il advenu si un client ou partenaire du fonds avait dû diminuer le salaire de ses employés syndiqués à la FTQ, à défaut de quoi il aurait fait faillite et conséquemment fait encourir des pertes
audit fonds. C’est ce genre de conflit d’intérêt qu’il faut éviter dans le futur. En dépit de ce qui précède, le fonds a occupé un créneau important dans le financement des entreprises du Québec et leur développement. C’est une initiative syndicale louable en réponse à la crise de 2008 qui doit retrouver don esprit du départ de lier le capital à la création d’emplois durables.

D`accord avec vous MICHOU, par contre quel que soit le fond qu`il soit d`origine syndicale ou non; le principe est le même il doit performer et donner du rendement aux investisseurs sinon il ferme et est racheté par des plus gros!!! Créer de l`emploi durable est très intéressant et payant mais prêter de l`argent à une société immobilière BLF qui n`est pas rentable!!! Favoriser les dossiers à ARCURZO avant tout !!! sans compter les autres magouilles syndicales qu`on ne connaîent pas je reste sur mon appétit et j`aimerais avoir le pouvoir de me retirer et/ ou à tout le moins être protéger par des lois !!