Un jugement dans les dents

La FTQ-Construction «n’a jamais encouragé l’intimidation et ne le fera jamais», a dit son directeur général, Yves Ouellet, au lendemain d’un jugement décapant de la Commission des relations du travail (CRT) qui condamne les pratiques pour le moins musclée de Bernard «Rambo» Gauthier sur les chantiers de la Côte-Nord.

Sérieux? Il y a des jours où les penseurs syndicaux nous prennent vraiment pour une bande de demeurés avec leurs sophismes et demi vérités. Quand il est temps de rassembler les troupes autour d’une cause commune, comme la négociation des conventions collectives et des décrets dans l’industrie de la construction, la FTQ est capable d’impressionnantes démonstrations d’unité.

Quand elle doit réprimer les dérives de ses membres et mettre les fiers à bras sur une voie de garage, la centrale a toujours une bonne excuse. Elle ne contrôle pas les syndicats affiliés, tels que la FTQ-Construction. C’est une entité autonome sur laquelle elle n’a aucune emprise morale ou légale, nous dit-on.

La FTQ-Construction ne semble pas contrôler… ses propres agents d’affaires. Devant la CRT, le syndicat a tenté de faire valoir — heureusement sans succès — qu’il ne pouvait pas être poursuivi pour les actes de ses locaux affiliés ou de leurs agents d’affaires. C’est comme si la Commission scolaire de Montréal déclinait toute responsabilité face à un professeur qui frapperait les élèves à coups de bâton.

Bernard Gauthier et Michel Bézeau, respectivement représentants de l’Union des opérateurs de machinerie lourde (local 791) et de l’Association des manœuvres internationaux (local AMI), ont manœuvré, c’est le cas de le dire, pour barrer la route à Harold Richard, un travailleur affilié à la CSN-Construction, ô sacrilège!

Par deux fois, M. Richard a été mis à la porte après une intervention de Bernard Gauthier, l’homme qui pouvait «en crisser une dans les dents» à ceux qui ne comprenaient pas ses savantes explications. Avec «Rambo», tout clair comme un mauvais film d’action. D’un côté, il y a les «bons» travailleurs, affiliés à la FTQ-Construction. De l’autre, il y a les «méchants» rattachés à la CSN-Construction. Ceux-là, on l’aura compris, doivent être chassés des chantiers par tous les moyens qui vaillent.

Maintenant, la FTQ-Construction et «Rambo» Gauthier se renvoient la balle sur l’ultime responsabilité des actes d’intimidation et de discrimination commis sur les chantiers de la Côte-Nord.

L’intimidation et la menace sont bien ancrées dans la culture de la centrale, mais elle ne se sent pas visée. C’est n’est pas de sa faute si Rambo joue les gros bras. Bernard Gauthier ne se sent pas plus concerné: c’est la FTQ-Construction qui a été reconnue coupable pour les gestes qu’il a posés comme agent d’affaires, a-t-il expliqué.

Loin de tirer les leçons qui s’imposent de ce cuisant revers, la FTQ-Construction va porter la cause en appel. Sans l’intervention de la commission Charbonneau, voire de l’Unité permanente anticorruption (UPAC), la FTQ-Construction ne changera jamais. À quand le coup de balai?

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La FTQ-Construction «n’a jamais encouragé l’intimidation et ne le fera jamais», a dit son directeur général, Yves Ouellet. C’est n’est pas de sa faute si Rambo joue les gros bras. Bernard Gauthier ne se sent pas plus concerné. LE DG PREND LES QUÉBÉCOIS POUR DES IMÉCILES

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