Un maire sans histoire pour Montréal

Montreal Mayor 20130625
Photo © Ryan Remiorz / La Presse Canadienne

L’élection de Laurent Blanchard à la mairie de Montréal est la meilleure nouvelle depuis un bon moment à l’hôtel de ville. Cet homme sans grand charisme, dépourvu de toute ambition politique, est le mieux placé pour compléter l’intérim de quatre mois avant les élections de novembre prochain.

M. Blanchard n’est pas en position de réinventer Montréal, une ville qui va de crises en démissions depuis le début des travaux de la commission Charbonneau. On n’attend pas de lui qu’il sorte la Ville de son marasme, ni même qu’il poursuive le travail de nettoyage amorcé par les enquêteurs de la commission et de l’Unité permanente anticorruption (UPAC).

On lui demande plutôt de tenir le phare jusqu’au 3 novembre. L’ex conseiller de Vision Montréal, qui a quitté le caucus du parti pour assumer la présidence du comité exécutif, après la démission de Gérald Tremblay, a très bien compris son rôle. Il a promis la stabilité et la continuité pour les quatre prochains mois.

«Notre priorité absolue sera l’intérêt supérieur des Montréalais et nous exercerons nos pouvoirs dans un esprit de consensus et de collaboration. Pour les prochains mois, notre mot d’ordre sera la stabilité», a-t-il expliqué.

Dit autrement, son principal objectif est de tenir l’hôtel de ville en dehors des manchettes et des discussions de salon pour la durée de la campagne. Pas plus, pas moins.

M. Blanchard a remporté l’élection à 30 voix contre 28 contre son plus proche rival, Harout Chitilian, et trois pour Jane Cowell-Poitras. Les maires de Rosemont — Petite-Patrie, François Croteau, et de Saint-Laurent, Alan DeSousa, ont retiré leur candidature à la dernière heure. M. Croteau s’est rangé derrière le candidat Blanchard, tandis que M. DeSousa s’est rallié à M. Chitilian, son ex collègue d’Union Montréal.

Conseiller indépendant depuis le départ de Gérald Tremblay, Laurent Blanchard est le seul des trois candidats en lice qui incarnait vraiment l’esprit de neutralité recherché pour le poste de maire. Harout Chitilian a de très belles qualités, mais sa décision de se rallier à l’équipe de Denis Coderre annonçait une politisation des débats, avec la conquête de la mairie à la clef pour son nouveau chef. Dans la défaite, il eu la grandeur d’âme de souligner les compétences du nouveau maire, qui va accomplir «un travail remarquable» selon lui.

M. Blanchard a cédé son poste de président du comité exécutif à Josée Duplessis, conseillère de Projet Montréal. Il a promis «une transition tranquille» et de «l’harmonie» pour les quatre prochains mois. Le ministre des Affaires municipales, Régions et Occupation du territoire (MAMROT), Sylvain Gaudreault, s’est dit satisfait dans les circonstances.

Mine de rien, le conseil municipal a accompli un bel exploit. À la suite de la démission de Michael Applebaum, accusé notamment de fraude, abus de confiance et de corruption, les élus se devaient d’afficher un minium de cohésion pour éviter une intrusion accrue de Québec dans sa gestion courante. Au moins, les institutions démocratiques montréalaises sont toujours fonctionnelles.

 

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