Un manifeste pas si pluraliste qu’il le prétend

D’abord, un coup de chapeau aux universitaires (dont plusieurs collègues et amis) qui ont réussi à recueillir 820 signatures (au dernier compte) de professeurs et chercheurs  sur un texte commun. Ils souhaitent relancer ainsi leur vision de ce que devrait être Un Québec Pluraliste. Nous sommes une société de débat, et voici un thème essentiel, sur lequel le débat public est indispensable.

Les signataires souhaitent un débat serein, sans attaque personnelle. Encore bravo. Je vais m’y astreindre.  Aujourd’hui, je vais expliquer en quoi leur manifeste n’est pas aussi pluraliste qu’il le prétend. Demain Sous peu, j’indiquerai comment, à mon humble avis, on peut offrir un pluralisme plus conséquent.

1. Un constat d’échec

En mai 2008, un texte en plusieurs points semblable à ce manifeste fut publié: le rapport de la Commission Bouchard-Taylor. Issu d’un des exercices de consultation publique les plus larges et les plus ouverts en Occident sur cette question (dont la qualité vient d’être validée, a posteriori, par l’échec du débat français sur l’identité) le rapport débouchait sur les mêmes conclusions : l’approche appliquée jusqu’à maintenant sur les rapports avec les minorités religieuses est bonne, la pratique des accommodements est juste, les institutions fonctionnent, le public est simplement victime de « fausses perceptions ». (J’ai commenté le rapport ici.)

Pourquoi revenir, 20 mois plus tard, avec le même message ? Les auteurs ont une réponse, qui justifie selon eux l’existence de leur texte. Ils sont pris d’une « profonde inquiétude quant à la direction que prend le débat sur l’identité et le vivre-ensemble au Québec ».  Car leur vision d’une société ouverte est mise en péril par deux courants de pensée qu’ils identifient comme  le nationalisme conservateur québécois et la laïcité stricte. C’est grave car la convergence de ces courants « risque de priver le Québec du dynamisme qu’insuffle aux sociétés une posture d’accueil et de dialogue ».

Cela est d’autant plus troublant « qu’aucun des deux principaux partis politiques québécois ne [se] fait explicitement le porte-étendard » de  leur vision – qui a pourtant force de loi aujourd’hui. C’est donc le manifeste de ceux qui ont échoué à convaincre les partis politiques, non de changer, mais de s’engager à reconduire le statu quo ante.

2. Un étonnant angle mort

Humm. Avouez que c’est bizarre. Les nationalistes conservateurs et les laïcs stricts ne sont pas au pouvoir. Il ne sont  que des universitaires, comme les signataires du manifeste. Les chroniqueurs dans les médias écrits sont tout aussi divisés. Comment peut-on expliquer que la vision des pluralistes soit à ce point sur la défensive et que le gouvernement Charest, initiateur de la commission Bouchard-Taylor, la traite comme s’il s’agissait d’une cargaison de fibres d’amiante non-sécurisée ?

Il y a un absent dans l’analyse. On sent, entre les lignes, qu’une importante masse de matière noire exerce son pouvoir d’attraction, comme elle le fait dans l’univers. Cette masse est-elle invisible ? Pour les auteurs du manifeste, manifestement. Pour les autres, non. Il s’agit de l’opinion publique québécoise, massivement opposée à leur vision et au statu quo.

Les Québécois y étaient opposés avant Bouchard-Taylor, à hauteur de 70%. Ils sont venus dire aux commissaires, dans une proportion voisine, qu’ils souhaitaient un nouveau cadre, plus lisible, plus exigeant, notamment sur la primauté de l’égalité des rapports hommes-femmes.  Un an et demi plus tard, se sentant à bon droit trahis par les commissaires, les Québécois sont aussi nombreux à s’opposer à cette approche. Voilà ce à quoi s’ajuste le gouvernement Charest. Lui qui serait plutôt enclin à suivre Bouchard-Taylor, et qui a le don de mal gérer chaque accommodement, comme dans le cas des écoles juives (pour une seconde fois), se met au neutre et pratique la politique de l’autruche. Le PQ, lui, y répond en faisant des propositions.

Donc, les promoteurs du Québec pluraliste sont dans l’incapacité de convaincre la majorité québécoise de la valeur de leurs propositions. Ils tentent de séparer l’ivraie du bon grain en affirmant ceci :

« Les tenants [du ] discours [des valeurs communes] considèrent que la majorité aurait le droit d’exiger des immigrants (un terme qui, dans leurs arguments, désigne parfois des personnes et des communautés installées au Québec depuis des générations) qu’ils se conforment aux dites valeurs. »

Puisque je suis un des tenants du discours des valeurs, j’ai l’agréable tâche de répliquer que les Québécois issus de l’immigration sont en phase avec la majorité francophone. Dans tous les sondages où s’expriment un refus du cadre actuel des accommodements, les Québécois issus de l’immigration (allophones et anglophones) répondent avec un niveau de refus voisin de celui des francophones.

Mieux encore, lorsque sondés, comme je l’ai fait pour tester des hypothèses de mon livre Nous, sur l’opportunité de créer une Citoyenneté québécoise qui supposerait que les nouveaux arrivants connaissent le français pour avoir le droit de voter et de se présenter aux élections québécoises, 54% des non-francophones s’y disent favorables, comme 76% des francophones. C’est dire que la demande de changement est considérable.

3. Le pluralisme implique-t-il d’être à l’écoute (aussi) de la majorité ?

Le manifeste est signé par de nombreux politologues et sociologues, dont le métier est d’observer et d’analyser l’évolution du corps social. L’absence, dans leur texte, de toute référence au refus majoritaire est par conséquent simplement ahurissante.

Les majorités n’ont pas toujours raison, loin s’en faut. Et lors de discussions avec quelques signataires du manifeste, je me suis fait rapidement renvoyer au fait que la majorité est favorable à la peine de mort, a voté majoritairement pour Bush et (oui oui, cela nous est dit) pour Hitler (ce qui n’est pas exact, mais passons).

La volonté majoritaire ne doit pas être le seul guide, surtout lorsqu’on discute des droits des minorités — les francophones du Canada peuvent en attester. Mais cette façon de rejeter d’un revers de main le malaise majoritaire détonne, face à la volonté d’ouverture affichée à chaque paragraphe lorsqu’il s’agit de se mettre à l’écoute des minorités religieuses. Cette fermeture envers la majorité constitue un a priori qui augure mal lorsqu’on se réclame d’une « posture d’accueil et de dialogue, conditions essentielles à l’élaboration d’un authentique vivre-ensemble ».

Cette surdité assumée envers les signaux transmis par la majorité, (y compris, je tiens à me répéter, par les Québécois issus de l’immigration), ce refus de dialoguer avec elle, d’accommoder sa vision pour l’intégrer dans une acceptation commune du vivre ensemble,  est d’après moi  le talon d’Achille, pour ne pas dire le trou noir, du manifeste.

4. Le pluralisme implique-t-il (aussi) d’admettre que plusieurs voies sont possibles ?

Chacun a droit à son opinion, c’est sûr. Mais lorsqu’on se drape du manteau du pluralisme, il est généralement bien vu de reconnaître chez l’autre un ou deux éléments qui, finalement, après mûre réflexion, pourraient être intégrés à sa propre vision, sans en défaire l’économie générale, pour le bien d’une plus large adhésion. Ce qui s’appelle un accommodement.

Rien de tel chez les Pluralistes. Une charte sur la laïcité ? Ils ne l’ont pas encore lue – car aucune proposition formelle n’existe. Mais ils sont contre. Une tentative d’enchâsser quelque part une clause interprétative pour mieux dire aux juges de donner préséance à l’égalité des sexes sur les pratiques religieuses inégalitaires, du moins dans l’espace public ? Ils sont contre.

Ne cherchez pas, ils ne reprennent aucune des douzaines de propositions avancées depuis l’échec de Bouchard-Taylor. Aucune.

Les Québécois sont aujourd’hui beaucoup mieux informés qu’ils ne l’étaient auparavant sur l’existence, dans d’autres démocraties avancées, de façons très diverses et pourtant toutes aussi respectueuses des droits d’envisager les rapports avec les minorités religieuses. Les auteurs affirment-ils que leur vision leur semble la meilleure, mais que plusieurs propositions concurrentes sont aussi acceptables ? Pas du tout. Pour eux, hors de leur voie – donc du statu quo – vient le danger « de priver le Québec du dynamisme qu’insuffle aux sociétés une posture d’accueil et de dialogue ». Donc, ne pas suivre leur défense du statu quo, c’est tourner le dos à l’accueil et au dialogue. Un peu raide, tout de même.

5. Une défense des institutions qui ignore la réalité historique et politique

Les auteurs consacrent de longs paragraphes à défendre les chartes des droits et les décisions des juges. « Il nous paraît périlleux, écrivent-ils notamment, de banaliser les textes fondamentaux que sont les chartes des droits. »

Suis-je le seul à m’étonner que dans la somme de matière grise accumulée dans 820 des meilleurs cerveaux du Québec, il n’y ait pas eu une seule synapse capable d’identifier la faille dans ce raisonnement ?

Un des non-signataires nous rappelle ce fait essentiel :

« Le Canada est la seule démocratie avancée dans laquelle on a imposé un nouvel ordre constitutionnel à un peuple malgré le refus quasi unanime de son Assemblée nationale. »

À ce rappel du philosophe Michel Seymour, il faut ajouter que dans des pays normaux, l’ordre constitutionnel est le fondement du vivre-ensemble. Il incarne les règles communes auxquelles on adhère, pour mieux s’y soumettre en cas de conflit. Au Canada, l’ordre constitutionnel ne bénéficie d’aucune légitimité démocratique au Québec depuis maintenant 28 ans. Lorsqu’ils furent invités à entériner, par voie de référendum en 1992, une version qu’on leur disait améliorée de ce texte fondamental, 57% des Québécois ont dit Non.  C’est pourtant cette constitution illégitime qui inclut cette Charte des droits dont découlent les décisions en termes d’accommodements.

Bref, des juges nommés sans que les Québécois aient prise sur leur désignation (problème auquel l’entente ratée de Meech tentait de remédier) définissent en fonction d’une Charte des droits à laquelle nous n’avons pas adhéré, les conditions de notre vivre-ensemble.

En quoi est-ce pertinent, nous répond-on ? Il y a la Charte québécoise, légitime, interprétée de la même façon. Et qui dit que des juges québécois, dans un Québec souverain, n’interpréteraient pas de manière identique une constitution québécoise ?

Encore une fois, la surdité des politologues, philosophes et sociologues signataires du texte m’étonne (pour ne rien dire des nombreux souverainistes qui y ont apposé leur nom). Lorsqu’on cherche l’ouverture, le dialogue, le vivre-ensemble; lorsqu’on veut l’intégration et non l’exclusion, ne trouve-t-on pas indispensable de susciter l’adhésion du plus grand nombre aux règles communes qui encadrent notre société ?

L’absence d’adhésion – non, le refus clairement exprimé – des Québécois et de leurs élus envers cette constitution et ce tribunal vicie fondamentalement la légitimité des décisions qu’on nous impose.

On sait que, pour citer un cas célèbre, la Cour d’appel du Québec avait refusé de laisser un jeune Sikh entrer dans une école québécoise avec son kirpan. C’est la Cour suprême du Canada qui lui en a donné le droit.

Mais posons l’hypothèse qu’une Cour suprême québécoise soit venue à la même conclusion. Le public aurait été majoritairement contre, c’est entendu. Mais la légitimité de l’institution et de la charte appliquée n’aurait pas été mise en cause. L’acceptation sociale aurait été plus grande.

Puisqu’il n’y a aucune perspective d’adhésion politique du Québec à la constitution canadienne, donc de réparation de cette faille de légitimité; puisqu’il n’y a pas d’imminence d’accession à la souveraineté, qui en fournirait le meilleur remède ; comment les Pluralistes proposent-ils de compenser ce défaut structurel ? Que suggèrent-ils pour asseoir leur vision sur un socle plus stable, qui susciterait l’adhésion?

Rien. Ils n’en parlent pas. L’inexistence de l’adhésion québécoise aux règles communes dont ils vantent les vertus a, dans leur analyse, exactement le même poids que l’opinion de la majorité.  Zéro.

*           *          *

Lectures suggérées:

Le manifeste pour un Québec pluraliste

Le Pluralisme comme incantation, La critique du texte par Jacques Beauchemin et Louise Beaudoin

Nationalistes ou pluralistes ? Faut-il vraiment choisir ? La réplique de Michel Seymour

Sociologie du vêtement 101 Daniel Baril sur le refus du manifeste d’interdire le port de signes religieux dans la fonction publique

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33 commentaires
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Au moins cela remet sur le tapis tout le débat qui aurait se faire apres Bouchard-Taylor et que le gouvernement Charest a expédié sous le tapis depuis le premier jour ! Comme le démontre si bien Jean-Francois Lisée , tous ces intellectuels énoncent leurs théorie a partir de l’interculturalisme , le pluraliste et le multiculturaliste . Toutes ces valeurs originent du melting pot a la canadienne et passent a côté des valeurs Québécoises et de la réelle intégration des immigrants dans le respect de nos valeurs , de notre langue et de notre culture !
Il est clair que tous ces ont un agenda caché ou timoré et si grands amateurs de a gogo , ils ne vendront jamais leur salade au bon peuple…..

A partir de 1764….James Murray est gouverneur….Un petit groupe d Anglo Saxons protestants (Environ 500) désirent un Assemblée législative….Les Canadiens (+ 60,000)en seraient exclut a cause de leur religion Catholique les 500 dirigeraient donc les 60,000 Canadiens Francais!
16 oct 1764…C est le Grand Jury d Accusation….(Can-Que. Synt.Hist.P 214)Les 21 grands jurés en déposent un..Un MANIFESTE!. On y vois la liste de tous les postes d ou seraient exclus les Canadiens…Thomas Chapais est cité en conclusion: « Ce document mémorable méritait bien de passer a la postérité, comme un monument d intolérance!« La suite: Murray dénonce;« Ces fanatiques qui font le commerce« et qui « constituent la plus immorale collection d individus«
1791…La Premiere Constitution…L assemblée législative ELUE est chapeautée par le Gouverneur et ses conseils (Ex.Lég..) NOMMÉS!….Cette Constitution menera aux troubles de 1837-1838…
1840 Union des Deux Canadéa!…Pour noyer dans la masse les francophones Catholiques….
1867 L Acte de L amérique du Nord….Passé par le vote des proprios male Canadiens….Les Femmes, les Amérindiens, les locataires(!) n ont pas droit de vote! En plus! L Eglise s en mele jusqu a dans certains cas menacer d excommunion les réfractaires a l Union Voulue par Dieu(!!!)….
1982….La c est plus clair! On se fait carrément refuser nos demandes minimuns et PÉTER! hors de la Constitution!…..On se rebiffe!..ET de l extérieur on violent nos lois sur les Consultations populaire!….En plus, Voila le Carcan: La loi sur la Clarté référendaire!…Mes chers freres! et chers soeurs!…LOl!…a 51% le verre n est plus a moitié plein…Il est a moitié vide!…Ah!Ah!Ah!
Des débats? Oui pour ca! On connait ca! Des débats!…On passe notre temps a se débattre pour exister!…Le 10 février passé ca l a fait 247 ans que le Traité de Paris (1763) a été signé…..et on est encore a se débattre!….Y en a meme un des signataires de ce manifeste qui s est prononcé pour la Charia en Ontario!…Et nous! On a de la difficulté a se faire reconnaitre comme société distincte!!!….
On nous en demandes pas mal, je trouve!..Je crois que ceux qui sont le mieux placés pour s entendrent avec les immigrants sont leurs voisins!…Z ont moins de diplomes! Sont plus capable de sortir des sentiers battus des grands résonnements songés et de penser avec leur tete et leur coeur…..Pourquoi? Parce qu ils sont humains! lol!…..
Pour les grandes théories…On repassera!…lol! Quand le Québec aura son avenir assuré…..Ce qui n est pas encore le cas…La magouille nous menace toujours a chaque portage……

Je souscris entièrement à la réflexion que fait Jean-François ici.

Tout ce discours alambiqué sur le pluralisme que nous devrions chérir comme une vertu cardinale a curieusement l’effet contraire. Comme s’il y avait une sorte d’agenda caché derrière ces raisonnements qui ont l’air de tomber directement d’un cumulonimbus.

Est-ce qu’une cour suprême Québécoise aurait vu l’affaire du Kirpan comme les juges Canadian d’ottawa, probablement que non.

Du moins s’ils ne sont pas soumis comme les juges de la Supreme Court à une règle d’interprétation comme l’Article 27. qui dit clairement que «Toute interprétation de la présente charte doit concorder avec l’objectif de promouvoir le maintien et la valorisation du patrimoine multiculturel des Canadiens.»

@ M. Lisée, vous écrivez:

« Les majorités n’ont pas toujours raison, loin s’en faut. Et lors de discussions avec quelques signataires du manifeste, je me suis fait rapidement renvoyer au fait que la majorité est favorable à la peine de mort, a voté pour Bush et (oui oui, cela nous est dit) pour Hitler »

***

Euh… je crois bien que quelques précisions sont nécessaires ici:

1)
LA MAJORITÉ DES ALLEMANDS ONT VOTÉ POUR HITLER?

FAUX !

Peu de personnes savent vraiment comment Hitler a pris le pouvoir…

Plusieurs personnes utilisent Hilter pour démontrer que le peuple ‘est con’… ou que la démocratie directe –comme en Suisse (ou même la démocratie très partielle, comme la démocratie représentative que nous avons ici), sont néfastes…

Voyons voir (j’ai traduit rapidement des extraits d’un livre *):

Pendant l’élection présidentiel du 13 mars 1932, il y avait 4 candidats; Field Marshall Paul Von Hindenburg, Hitler, et 2 candidats moins connus, Ernst Thaelmann et Theodore Duesterberg;

Hindenburg 49.6 %
Hitler 30.1 %
Thaelmann 13.2 %
Duesterberg 6.8 %

Au risque de palabrer sur une évidence, presque 70% des électeurs ont voté CONTRE Hitler, poussant sont plus grand supporteur Joseph Goebbels à écrire dans son journal; « Nous sommes battus, l’avenir est très négatif. Les membres du partis sont terriblement déprimés… »

Étant donné qu’Hindenberg n’avait pas reçu la majorité des votes, une nouvelle élection est décrétée entre les 3 premiers candidats. Les résultats du 18 avril 1932:

Hindenburg 53.0 %
Hitler 36.8 %
Thaelmann 10.2 %

Même si le % de votes pour Hitler avait augmenté, il avait été quand même clairement rejeté par le peuple Allemand.

Le 1 juin 1932, Hindenberg a nommé Franz von Papen comme chancelier de l’Allemagne. Papen a immédiatement dissout le Reichstag (le congrès national), et a annoncé de nouvelles élections.

C’est à ce moment qu’Hitler et les membres de son parti (Nazi) ont tout mis en œuvre pour faire tomber la République, et ce, pour la remplacer par une dictature. Ils ont tout fait pour créer le chaos dans les rues, y compris de la violence politique et des meurtres. La situation est devenue si critique, que la loi martiale fut décrétée.

31 juillet 1932, de nouvelles élections: Hilter est encore minoritaire: 230 sièges sur 608.

L’instabilité politique augmente encore plus et le 6 Novembre 1932, encore de nouvelles élections:

Hitler perd 34 sièges et 2 millions de votes = 196 sur 608.

Pour tenter de calmer la situation, le 30 janvier, 1933, le Président Hindenburg nomme Adolf Hitler comme chancelier de l’Allemagne et ce, malgré le fait que son parti, le parti national-socialiste (nazi), n’avait jamais obtenu plus de 37 percent du vote national…

Le reste, c’est fait parti de la triste histoire.

*
« The Rise and Fall of the Third Reich », de William Shirer

2)
Concernant la PEINE DE MORT:

Faites-vous référence au dernier sondage -MONDIAL- sur la peine de mort, qui utilisait un très petit échantillonnage… ?

Si oui, cela n’équivaut pas un référendum sur la peine de mort.

Pire encore, si les quelques criminels récidivistes sur-médiatisés étaient vraiment empêchés de commettre de nouveaux crimes, vous savez comme moi que la plupart des Québécois seraient probablement majoritairement contre la peine de mort (à 70% et plus?)…

3)
Bush, MAJORITAIRE?

Toutes les histoires/causes juridiques autour des machines électroniques ‘défectueuses’, sont-elles que des conspirations, selon vous ? Et le jugement -pas très démocratique- qui donnait le pouvoir à Bush, qu’en faites-vous ?

***

Pour le reste de votre texte, j’aime plusieurs de vos idées. J’ai aussi hâte de lire les commentaires des gens…

Les religions ne sont citées, ne sont situées nulle part comme génératrices principales du rejet des accommodements déraisonnables par la majorité de la population québécoise (et aussi, notons le, par la majorité des néo-Québécois(e)s de toutes origines). Seules les religions établies reconnues peuvent imposer des valeurs en contradiction avec celles de la société laïque civile. S’il n’y avait pas le caractère sacré des directives de vie, il n’y aurait pas de problème. Nous nous sommes débarrassés de la dictature du clergé catholique ce n’est pas pour en mettre d’autres à la place. Tout le monde se fiche des directives de Raël ou des scientologues, elles font rire ou elles énervent, mais elles ne mettent pas en jeu la cohésion nationale. Pas fou, pas folle d’ailleurs, Raël ou la Scientologie ne réclament aucun privilèges contraires aux droits humains et aux lois et règlements de la société d’accueil. En cercle privé, il et elle abusent de la naïveté de personnes qu’il et elle endoctrinent et qu’elle et il plument. Mais là, ils ne sont pas les seuls. Les signataires du manifeste du Québec pluraliste peuvent bien préciser que le refus des accommodements raisonnables « risque de priver le Québec du dynamisme qu’insuffle aux sociétés une posture d’accueil et de dialogue », ils serait intéressant qu’ils tiennent compte que (entre autres) le sort promis aux femmes dans notre société par les textes sacrés de plusieurs religions ne sont pas en accord avec nos valeurs. Le niqab, la burqa et même dans une apparente moindre mesure le voile, ne sont pas que des signes de foi, ils sont aussi des signes ostentatoires et agressifs d’une affirmation de supériorité culturelle et politique par la religion. Que l’on fasse des accommodements raisonnables pour la première génération d’immigrants et surtout d’immigrantes pourquoi pas, il peut y avoir une brutale rupture culturelle traumatisante irréversible. Mais pour les autres le plus vite possible : à Rome fait comme les Romains. Il n’est pas question d’interdire de penser, de dire ou de croire, il est question ici, de protéger une culture pas si inhumaine que ça. Par contre, vive l’acculturation, le monde s’est enrichi, nous nous sommes enrichi de la culture des autres. Vive l’accueil et le dialogue… non à l’endoctrinement passif et à l’acceptation, pour nous, de l’inacceptable.

Merci d’avoir rajouter ce bout après le mot Hitler:

« a voté majoritairement pour Bush et (oui oui, cela nous est dit) pour Hitler (ce qui n’est pas factuellement exact, mais passons). »

😉

Comme dans un proces stalinien – nos commissars universitaires accuse le peuple du Québec d`etre contre leur doxa.

Ils ont de gros diplomes alors forcément ils ont raisons….

«Les chiens aboient, la caravane passe.» Bon peut-être aboient-ils un peu plus fort.

Ma mère qui n’avait même pas terminé sa quatrième année du primaire mais qui avait eu 9 enfants a déjà dit à propos d’un pédiatre de Ste-Justine qui venait de dire à la radio que la pousse des dents chez le nourrisson n’était pas plus douloureuse que la pousse des cheveux : «Une chance qu’il est instruit parce que maudit qu’il serait niaiseux !»

Laissons donc aboyer les chiens.

«Il y a loin de la vérité apprise à la vérité vécue.» [Yûssof Murâd]

Lorsque vous dites, au 2ième paragraphe de l’article 4 de votre réponse d’aujourd’hui au manifeste pour un Québec pluraliste :

»Une tentative d’enchâsser quelque part une clause interprétative pour mieux dire aux juges de donner préséance à l’égalité des sexes sur les pratiques religieuses inégalitaires, du moins dans l’espace public ? Ils sont contre. »

JE CROIS QU’IL EST TRÈS IMPORTANT ICI, pour garantir enfin, comme elle l’est, de fait, à tout homme, l’égalité réelle à toutes les femmes, DE PROPOSER CARRÉMENT D’INCLURE LA MESURE SUIVANTE DANS LES CHARTES QUÉBÉCOISE ET CANADIENNE DES DROITS ET LIBERTÉS :

ENCHÂSSER, BIEN EN ÉVIDENCE, dans chacune des 2 chartes, UNE CLAUSE INTERPRÉTATIVE POUR OBLIGER TOUT JUGE À TOUJOURS ACCORDER, en toutes circonstances et en tout lieu, LA PRIMAUTÉ ABSOLUE À L’ÉGALITÉ DES SEXES sur toutes les lois, règles, prescriptions et pratiques religieuses, quelles qu’elles soient, dans l’espace privé comme dans l’espace public.

Je crois qu’il est plus que temps qu’une telle mesure soit inscrite, SANS PLUS TERGIVERSER ET SANS PLUS TARDER, dans nos 2 chartes des droits et libertés qui visent à assurer et protéger l’égalité et la qualité de vie de tous les citoyens et de toutes les citoyennes vivant au Québec et partout ailleurs au Canada, et ce, indépendamment des particularités culturelles et religieuses de chaque citoyen et chaque citoyenne.

Claude Pelletier
Un quasi-septuagénaire de
Montréal-Rosemont

Excellente analyse! Il y a actuellement, dans la société québécoise, une espèce de cynisme. De un, Charest peut se permettre tout ce qu’il veut même si c’est très critiquable: refus de la Commission d’enquête sur la construction et la corruption; nomination du député D’Amour sur 3 Commissions parlementaires;les écoles juives,etc..

De deux, il ne faut plus parler du vide constitutionnel. »Le fruit n’est pas mur », dit-on.

Une espèce de lassitude inquiétante!

Vous faites bien de soulever la question de l’adhésion à la charte québécoise versus la non-adhésion canadienne. Comme vous l’écrivez, dans un Québec souverain des juges québécois pourraient parfaitement rendre des décisons semblable à celles de la Cour suprême, mais nous y aurions adhéré.

On pourrait ajouter que dans un Québec souverain, la charte québécoise, contrairement à la canadienne, pourra selon toute vraisemblance, être modifiée par une simple majorité de députés. C’est le cas dans dans d’autres pays du Commonwealth avec gouvernement unitaire qui ont adopté des chartes à statut quasi-constitutionnel, Grande-Bretagne et Nouvelle-Zélande. Notons que dans ce dernier cas, l’idée avait été lancée de permettre des modifications au bill of rights avec une majorité de 75% mais cette avenue a été rejetée en faveur d’une simple majorité. Dans une assemblée d’un État unitaire, la modification de la charte demeure relativement facile.

En ce qui a trait à l’Australie, les pauvres n’ont pas de charte des droits. La structure fédérale a rendu l’adoption à chaque fois difficile et cela a échoué jusqu’à présent. Comme chacun sait, les droits y sont terriblement bafoués car le parlementarisme britannique pur qui y persiste, avec sa souveraineté parlementaire, constitue un très mauvais sytème politique pour les droits de l’homme.

Une société de débats? Voilà…parle parle jase jase…..

Les majorités n’ont pas toujours raisons….les minorités non plus.

Puis les autres qui se croient investis de missions de toute sorte et d’en imposer leurs vues aux autres.

Un peu et surtout depuis la nuit des temps où l’on s’est autoproclamé d’être du droit divin de régner comme c’est encore le cas aujourd’hui.

Bientôt une option universitaire : un bac en débattage »…..bon ok les autres continueront à produire (faut manger) « pis y vont se faire dire quoi faire, quoi penser, comment se comporter et surtout faire en sorte de créer des situations afin que ceux qui se prenent pour une élite supérieure puissent débattre ».

Dans ce débat de société la nation Québecoise doit éviter de se faire avoir=
1) Par les fédéralistes nationalistes canadians pluralistes
2) Par les sectaires divisionnistes unitaristes orangistes toujours anti catholiques
3) Par le faux respect des minorités dans des ghettos suivant les races les langues les sectes, comme au Canada et aux USA
4) Par les capitalistes d’extrème droite militaristes et monopolitistes
5) Par les destructeurs de notre langue nationale le français et le bilinguisme en une seule autre langue qui nous ferme le monde qui est à 90% non anglophone
6) Par l’indifférentisme historique et les révisionnistes des plus violents
7) Par la charte des droits individualistes et le pouvoir absolu des juges, sans charte des devoirs et des responsabilités
8) Par la fermeture au monde que nous imposent ces pluralistes faux fédéralistes impérialistes ultra capitalistes
9) Par La fausse rentabilité à long terme qu’offrent un développement pluraliste polluant et destructeur de la paix sociale. Payant à court terme mais mortel à long terme
10) Par ce refus de proposer l’intégration enrichissante par la majorité historique donc par les Québecois des minorités linguistiques , spirituelles,culturelles , morales , ethniques et animistes
Donc la nation Québecoise doit repousser comme la peste l’individualisme pluralistes etle faux internationalisme pluralisme pour prévilégier un nationalisme normal bénifique non impérialiste et opter pourle développement et la paix envers l’humanité entière .
Refusons le pluralisme territorialiste individualiste moyennâgeux et l’universalisme unitarisme totalitariste collectiviste de ceux qui divisent( pluralistes) pour règner.

Je suis donc un citoyen du Québec mon seul pays un francophone Québecois de la francophonie internationale, de culture catholique prévilégiant le développement au centre de l’échiquier politique visant à procurer à tous tout . Et ceci dans le respect des individus des nations et de toute l’humanité et jamais un sans les deux autres

Pluraliste ? Non. Complaisant ? Oui.

Je partage votre avis Monsieur Jean-François Lisée.

Je souscris aussi à ce que Georges-Étienne Cartier a écrit dans Vigile : « Un » Manifeste » pire que futile : malsain ! ».
http://www.vigile.net/Un-Manifeste-pire-que-futile

Je me contenterai d’affirmer ce qui suit : comme le Rapport Bouchard-Taylor, ce manifeste essaie de nous faire croire que les vessies sont finalement devenues des lanternes. On espère nous faire avaler la couleuvre de la complaisance en nous parlant de pluralité.

Le Québec est une société laïque, francophone, qui reconnaît l’égalité entre les femmes et les hommes.

Quel(s) mot(s) ces gens-là ne comprennent-ils pas ?

Comme vous l’avez mentionné dans un de vos textes, le directeur du NouvelObs, Jean Daniel, a écrit : « La tolérance n’est pas la laïcité. La première est passive, la seconde active. La tolérance s’accommode de toutes les manifestations publiques des religions. La laïcité défend l’individu contre son groupe d’origine, la femme contre le père oppresseur et garantit que l’on peut changer de religion ou se déclarer athée. Avec la tolérance, on installe des communautés. Avec la laïcité, on construit une nation. »

J’ai alors ajouté le mot « complaisance », et la phrase : « Avec la complaisance, on se suicide nationalement » et on peut oublier le projet de pays.

Et c’est exactement ce à quoi nous convient les signataires de ce manifeste qu’ils auraient dû nommer : Manifeste pour un Québec complaisant !

Beaucoup de commentaires sur les accommodements raisonnables s’appuient sur la notion de différence. Peut-être devrions-nous l’examiner un peu.

La plupart des grandes religions, pour ne pas dire toutes, nous proposent de sauver notre âme en affirmant, en tant qu’axiome, que nous avons tous une âme. Comme personne n’a jamais vu une âme, nous sommes autorisés à penser que nous ne sommes pas en mesure de distinguer l’âme de l’un et l’âme de l’autre, celle d’un bouddhiste de celle d’un islamiste, d’un juif, d’un chrétien, etc. Ce n’est donc pas son âme qui pourrait différencier une personne d’une autre.

Alors qu’est-ce qui rend, dans la sphère religieuse, une personne différente d’une autre si, selon la plupart des grandes religions, l’âme est l’assise de la personne ? Ce pourrait-il que la réponse appartienne à chaque individu qui accepte, voire décide, de montrer, d’exhiber, d’arborer des signes qui selon lui le différencient de l’autre ou le rattache à un groupe et non à un autre. Exhiber sa différence religieuse devient donc un choix de la personne ou du groupe auquel il accepte d’appartenir.

Mais pourquoi sentir l’obligation d’exhiber sa différence ? Si l’appartenance à une religion ou une autre regarde essentiellement l’âme de la personne et que cette âme est intangible, les signes extérieurs et visibles d’appartenance ne devraient pas toucher à la réalité d’une telle religion. Il faut donc chercher les motifs de manifestations ostentatoires d’une appartenance religieuse ailleurs.

Veut-on, comme beaucoup de nous l’avons fait à l’adolescence montrer un désir de ne pas appartenir à la masse bien pensante de la société, voire de se rebeller contre elle ? L’histoire de nos sociétés modernes montre qu’une telle attitude se résorbe généralement d’elle-même. La vaste majorité des rebelles d’une époque se retrouvent plus tard dans la masse bien pensante. Évidemment en cours de route, certaines rébellions se transforment en activités intolérables pour la société. C’est une des voies d’accès à la criminalité dont la société se protège grâce à une panoplie de lois.

Le prosélytisme peut être un motif aux manifestations ostentatoires d’une appartenance religieuse. Ce motif, en lui-même, est détestable car il s’appuie sur le postulat que la personne qui n’adhère pas à sa croyance ne peut être que dans l’erreur et dans des cas extrêmes être punie et voir son âme damnée pour l’éternité. Les guerres de religions, les croisades sont des exemples patents des pires crimes qui ont été commis au nom des religions. Encore aujourd’hui certains groupes religieux n’hésitent pas à égorger ou lapider ceux et celles qui, à leurs yeux et selon leur préceptes et leurs prophètes, sont des déviants.

La plupart des grandes religions voient d’un bon œil le prosélytisme, le soutiennent et l’encouragent. Or notre société moderne se caractérise entre autre par une très importante mobilité des populations qui la constituent. Les flux migratoires sont toujours plus importants d’une année à l’autre. Les grandes cités sont toujours plus cosmopolites. La diversité des langues pose des problèmes sérieux de communication. Faire le pari que l’expression religieuse de tous ces groupes hétéroclites se réclamant de religions différentes se fera sur la place publique sans accrochages, c’est faire un pari des plus risqués à cause justement d’une des caractéristiques intrinsèques à toutes ces religions : leur prosélytisme qui alimente le puissant désire des adhérents à prouver leur adhésion à leur religion par des signes ostentatoires.

Si les autorités, les leaders des grandes religions reconnaissent que le prosélytisme religieux n’a pas lieu d’être dans notre société, il leur sera aisé d’amener leurs ouailles à éviter de faire naître des tensions au sein de la société où ils vivent. Ils ne pourront pas être en désaccord avec des règles proscrivant, pour tous, la présence de symboles religieux sur la place publique.

Il me semble donc logique de réclamer que la société civile soit simplement laïque. La vie religieuse, avec toutes ses manifestations devrait rester dans le domaine privé.

Amis,

M.Normand Lemay, votre chronologie me donne des arguments face à l’ignorance volontairement caché des signataires de ce manifeste.
On tente de nous faire croire que nous sommes intolérants alors que nous sommes le contraire. Je dirais même bonasses voire impuissants et sans réactions devant la sourde violence des décisions prises contre notre volonté.
Weinstock et son groupe d’initiateurs exploite à fond nos vieux réflexes judéo-chrétiens pour culpabiliser la nation.
Tous ces individus issus de la pensée haute et bourgeoise tente de nous coller l’étiquette de dangereux qui ne comprenne pas le bon sens du cours de l’histoire.
Que veulent-ils? Nous forcer à leur dire le fond de notre pensée avec des mots politiquement acceptables pour eux?
Pour moi, ce manifeste, c’est encore et encore l’exemple d’une personne anglaise dans un groupe de parlant français. D’après vous, quelle langue devrions-nous parler?

Fin de non recevoir à ce manifeste.

C’est assez, il est plus que temps de sortir dans la rue pour démontrer notre force et d’écrire l’histoire nous-mêmes. Où sont les leaders? Monsieur Lisée en êtes-vous?

Excellent texte M. Lisée. Je ne suis pas toujours d’accord avec vous mais je suis très content et très fier d’avoir un intellectuel de votre qualité du coté des nationalistes. J’attendais avec impatience votre réponse sur la question et il s’agit sans aucun doute de la meilleure réponse donnée à présent. J’ai une question pour vous, est-ce que l’idée de faire un manifeste de réponse à été lancé dans les milieux intellectuels nationalistes ? Si oui, je serais très content de le lire et de l’appuyé et il me semble que ce manifeste combiné à celui des lucide pourrait être une excellente base de pensée à la formation du nouveau parti de centre-droit nationaliste qui émergera inévitablement avant les prochaines élections. Bonne journée et encore une fois excellente texte !

Cher Jean-François,

moi qui suit issu de l’immigration (et ma langue maternelle n’est pas le français mais bien l’allemand) je ne peut qu’être d’accord avec toi. Mais enfin, sonmmes-nous tombés si bas dans nos analyses, faites par les plus éminents penseurs, pour occulter à ce point la question fondamentale? Et elle est pourtant simple et se pose (se posait et se posera) à toute nation: l’intégration des nouveaux arrivants passe obligatoirement par leur adhésion à l’Histoire de leur société d’accueil. Evidemment, come au Québec nous sommes nous-mêmes totalement déchirés entre la version canadienne et québécoise de notre histoire, cela donne ces incongruités que nous pouvons lire.

Notre destinée est entre nos mains. Il appartient au peuple québécois de définir les principes et fondements de notre État. Nous savons ce que nous voulons, c’est très simple. L’égalité hommes-femmes, notre État laïc et la primauté du français, essentiellement, et pour le reste, ça viendra.(Ex., les pleins pouvoirs).

Mais même si nous le voulions à 80%, Ali Baba, le conducteur de la limousine de mononc’Paul, ne peut pas se laisser distraire par la plèbe.

Donc, nous consacrons temps et énergies à parler dans le vide tandis que l’État Desmarais consolide ses assises. Diviser pour régner, c’est pas compliqué avec un servile au volant.

À notre stade de fragilité extrême, à raison de 50,000 nouveaux arrivants par année, la dissolution de l’État-Nation du Québec français, petit îlot sis au coeur d’une Amérique puissamment anglicisante, s’avère « presque » inéluctable.

À mon avis, plus que jamais, notre destinée nationale est entre nos mains. Vivre est un combat perpétuel, survivre, celui de chaque instant.

Ce qui se passe ici est tout-à-fait normal. Notre action est parfaitement légitime dans le contexte. L’indépendance est un objectif noble, le levier indispensable à l’épanouissement de la nation francophone d’Amérique. Je n’ignore pas le peuple haïtien, au contraire, crois que nous sommes unis plus que jamais, résistants.

Jean-François Lisée a parfaitement raison.

Il y a, chez plusieurs des signataires du manifeste, une vraie méfiance de la majorité, c’est-à-dire de la démocratie. Elle ne s’affiche pas toujours clairement mais elle s’entend dans les couloirs de l’université et lors des pauses de certains colloques.

C’est cette méfiance qui convainquit l’élite de Cité libre d’investir les institutions fédérales et d’adopter la Charte canadienne – un choix, comme le montre mon collègue F. Bastien qui n’allait pas de soi, qui visait clairement les Québécois qui avaient osé adopter la Loi 101. Il fallait encadrer le troupeau… Après tout, les majorités du passé avaient élu le fasciste Duplessis, auraient probablement répondu Trudeau et consorts – Trudeau l’ami de Castro, l’homme qui emprisonna des poètes…

Il y a dans ce manifeste des traces de l’idéologie « antiraciste » fort bien étudiée par Paul-André Taguïeff qui établit la logique manichéenne suivante : si vous êtes en désaccord avec moi, moi qui incarne la vertu de l’ouverture-et-du-pluralisme, c’est donc que vous êtes « intolérants ». Comment peut-on se présenter comme « pluraliste » et stigmatiser ainsi ceux qui ne sont pas d’accord avec « nous » – « nous », pardonnez d’avance l’usage de ce mot dangereux.

Plus je m’intéresse à la politique et plus je prends conscience de la nécessité d’être vigilant pour que nous puissions survivre comme peuple en Amérique. Nous devrons absolument intégrer les 50,000 immigrants que se joignent à nous chaque année.Sinon ,Trudeau, sa chartre et la bande à Weinstock seront victorieux de 400 ans d’histoire.Pour intégrer ces gens ça nous prend une constitution Québécoise qui representera les valeurs de la majorité.Le conraire de la patente à Trudeau et de Weinstock et Létourneau.

Merci pour ce texte d`une absolue limpidité.

J`y ajoute 3 grains de sel et une proposition :

1 ) Les 850 signataires sont très « diplômés ». Or si les diplômes attestent d`une érudition ceraine, ils ne prétendent en rien garantir la qualité de la « pensée » CRITIQUE de ceux à qui ils sont attribués . À preuve…

2 ) Il est de bonne guerre de rappeler aux 850 signataires que leur « Maître à penser » Charles Taylor a déclaré sur les ondes de Radio Canada , et cela , je m`en souviens fort bien, sur un ton « vibrant d`émotion » et de passion, : « Il FAUT garder les canadiens-français dans l`orbite de pa culture anglo-saxone POUR LEUR BIEN ! » Un enfermement dans une prison, comme ouverture on fait mieux !

3 )Vous démontrez parfaitement l`ILLÉGITIMITÉ des jugements à portée POLITIQUE de la Cors Suprême du Canada: ceci renvoie,littéralement » par définition « , au Droit Naturel et à l`Équité qui fondent essentiellement toute « légitimité ».

4 ) Tout jugement de Cours n`est rien s`il n`est pas appliqué DANS LA VIE PRATIQUE PAR LES CITOYENS : s`il peut avoir quelque « pouvoir » il ne fera jamais « Autorité », suf auprès des naifs.

DONC, dans cette perspective, qu`attendons nous pour y répondre par une DÉSOBÉISSANCE CIVILE ad hoc,( sereine… mais si possible seulement ) AU QUPTIDIEN ?
Quant à moi, congénitalement dépourvu de toute « crainte révéremcielle », j`ignore purement et simplement mais activement quand l`occasion s`en présente, ce bla bla judiciaire.
Et m`en porte fort bien !

Prêcher PAR L`EXEMPLE , VOILÀ CE Q1U`ON PEUT FAIRE ! Essayez tous: ça aide à vivre… et à faire vivre !

La meilleure analyse de ce manifeste nous vient de la plume de Carl Bergeron. Il ne faut pas oublier que ce sont les mêmes idéologues qui ont concoctés le fumiste cours ECR..

Carl Bergeron:
»Que ces intellectuels aient accepté de signer un manifeste pour communiquer leur «pensée» est déjà un signe de faillite intellectuelle. On ne signe pas un manifeste pour exprimer une pensée, laquelle est toujours de nature individuelle, mais pour manifester une appartenance à un pouvoir de groupe. C’est ce qu’ont fait les quelque 500 signataires de ce Manifeste pour un Québec pluraliste, parmi lesquels on retrouve surtout des universitaires, ou d’ex-universitaires vouant une fidélité de principe à leurs anciens mentors. Un rapide coup d’oeil suffit pourrepérer des auxiliaires de recherche en attente d’un renouvellement de contrat, des doctorants dans une position précaire, des disciples inaccomplis, des «citoyens concernés», des «activistes», et même une «citoyenne du monde et immigrante permanente» : toute la piétaille universitaire et la sous-piétaille militante y défile, sous le drapeau involontairement comique du «pluralisme». C’est sans compter, naturellement, les signatures «fondatrices», dont celles de Jean-Pierre Proulx, Louis Rousseau et Georges Leroux ; des idéologues pro-ECR qui, comme nous le savons, sont tout à fait désintéressés dans cette affaire. Il va de soi qu’on retrouve également, parmi les signataires,les «experts» qui furent associés de près à la Commission Bouchard-Taylor, comme Daniel Weinstock, Marie McAndrew, Jocelyn Maclure et Maryse Potvin.

Ce manifeste est le cri de ralliement d’une clique à ce point aveuglée par son idéologie qu’elle ose prendre pour un «acte citoyen courageux» ce qui n’est, au fond, que la manifestation la plus basse, la plus prévisible, de l’instinct grégaire.

C’est simple : ceux qui se rallient voient leur position renforcée dans le système ; ceux qui s’abstiennent voient leur position inchangée mais voilée d’un nuage de méfiance ; tandis que ceux qui s’opposent voient leur position affaiblie, sinon carrément compromise, selon le statut qu’ils occupent au seindu réseau universitaire. Le professeur titulaire opposant demeurera professeur titulaire, mais essuyera des calomnies, tout comme le doctorant en attente d’une ouverture de poste, qui demeurera pour très longtemps un doctorant en attente d’une ouverture de poste…

Avec de tels moyens de dissimulation et de subversion de la réalité, il n’est pas étonnant que nos idéologues universitaires se soient crus autorisés à décréter ainsi, du haut de leur chaire, l’inexistence d’une majorité québécoise historique »

De deux choses l’une; où les 830 brillants »universitaires » n’ont pas lu ce torchon indigeste avant de le signer; où ils ont obtenu leurs titres ronflants avec des diplômes de complaisance.

Une chose m’a frappé lorsque j’ai lu votre blog et les commentaires qui y sont liés et c’est l’incohérence manifestée par les tenants du multiculturalisme (pluralisme selon les auteurs du manifeste). Selon les défenseurs du multiculturalisme, sous prétexte « d’ouverture à l’autre », nous devrions accepter des habitudes culturelles qui viennent directement en conflit avec les valeurs généralement acceptées ici. Un exemple :

Imaginez, alors qu’on prétend que dans notre société la femme est égale à l’homme, une femme policière ne devrait jamais céder sa place à un confrère masculin lorsque qu’elle doit faire son travail envers les membres d’une certaine communauté de Montréal. Affirmer que l’on doive consentir des accommodements à ce sujet, c’est peut-être un geste défendable en termes politiques, mais c’est d’aller à l’encontre d’un principe de base de la philosophie qui s’appelle la cohérence. C’est ce manque de cohérence que je reproche aux relativistes et aux chartistes.

La second type incohérence, vous l’avez noté, se rattache au refus de prendre en considération le point de vue de la majorité, comme si, a priori, ce point de vue n’avait aucun fondement. Il faut réaliser que la majorité est formée d’individus qui sont tout aussi importants que ceux qui forment une minorité; mettre de côté les valeurs de la majorité pour accommoder la minorité, c’est de traiter des individus, de leur accorder une valeur variable, en fonction du caractère plus où moins extrême de leurs valeurs et de leurs croyances. Tout le monde peut voir les risques de problèmes éthiques liés à la « tyrannie de la majorité », mais les tenants du multiculturalisme et les signataires de « Pour un Québec pluraliste, nous entraînent, sans même le reconnaître, vers un monde où règne « tyrannie de la minorité », tout un progrès !

Les politiciens ont un travail à faire pour déterminer clairement quelles sont les valeurs de notre société et cela demande un courage dont ils ne font pas toujours preuve. Pour éventuellement pouvoir clore ce débat, il est essentiel d’examiner toutes les alternatives; le multiculturalisme canadien n’est pas forcément la seule option, d’autant plus que cette option est loin d’être sans faille. Peut-être est-il souhaitable de hiérarchiser les droits, car mettre sur le même pied le droit à la liberté de pensée et le droit d’un mari d’exiger que sa femme ne soit pas examinée par un homme médecin à l’hôpital pour des raisons religieuses, relève de l’aberration. Il faut aussi réaliser que la solution ne peut pas reposer uniquement dans les mains des des avocats car ils ont un avantage commercial à s’attribuer un rôle d’arbitre et de défenseurs des « opprimés ». De toute évidence, il reste encore beaucoup de travail à faire.

Quand Jean-François Lisée et Éric Bédard sont sur la même longueur d’onde, je fais un acte de foi et j’endosse.
Nihil obstat- Imprimatur.

Jean-François,
Bon texte, qui reprend et améliore l’objection soulevée par Michel Seymour. Je suis 100% d’accord. J’ajouterais que le débat proposé par l’équipe d’intellectuels derrière le Rapport Bouchard-Taylor est vicié à la base non seulement parce qu’il ne tient pas compte de la question nationale québécoise, mais aussi parce qu’il suggère que le débat sur la place de la religion dans notre société est le même que celui sur l’intégration des personnes immigrantes. Or, ce n’est pas le cas.
Cependant, il va falloir se positionner aussi sur le fond de l’affaire: si nous rejetons le statu quo alors quels sont les aménagements que nous proposons ? Quelle place pour les religions dans la société québécoise? J’attends ton billet sur ce sujet passionnant.
Pour ton info, un groupe de citoyens propose actuellement un projet de Charte de la laïcité. Sans être parfait, il est intéressant et accessible sur le site http://www.cciel.ca .

Depuis la diffusion du manifeste pour un Québec
pluraliste il y a 14 jours, j’ai lu et analysé à peu près tout ce qui s’est dit à ce sujet, y incluant tous les articles qui ont suivi ce manifeste exprimant soit l’approbation, soit la désapprobation.

Puis j’ai ajouté un mot à mon vocabulaire :

Xénophilie.

Bien que peu usité, ce terme désigne paradoxalement une forme d’ethnophobie non plus à l’encontre de l’étranger, mais à l’encontre de ses propres concitoyens.

Bien que le sens étymologique suppose que le terme désigne le fait d’« aimer les étrangers »
il s’emploie uniquement dans le sens de
« préférer les étrangers aux siens ».

On observe ce phénomène dans certains pays où, pour des raisons historiques ou culturelles complexes, l’étranger est favorisé au détriment des populations « de souche ».

Il semble évident que les signataires du manifeste ont développé au fils des ans une haine telle envers les xénophobes et la xénophobie, qu’ils en sont devenus … xénophiles … envers la majorité de la population du Québec.

Xénophobie et Xénophilie sont finalement deux facettes d’une même forme de haine.

Bonjour,

Votre billet a le mérite de ne pas faire d’attaque personnelle et de discuter raisonnablement. Mais je n’arrive pas à vous suivre dans ce qui revient à élever l’opinion majoritaire sur un piédestal.

Par ailleurs, quand vous dites que les Québécois ont rejeté la Charte, c’est faux je pense. D’une part, la question référendaire de Charlottetown, à laquelle vous vous faites référence, ne portait pas directement sur la Charte, mais sur l’accommodement de la nation québécoise à l’intérieur de l’acte constitutionnel du Canada. C’est très différent. D’autre part, je ne me rappelle plus quand exactement, mais autour de 2005 il me semble, un sondage (publié dans le Devoir, tiens tiens) révélait que plus de 75% des québécois s’identifiaient à la Charte canadienne des droits. Je pense même que c’était 80-85%. En tous cas, je me rappelle bien que j’étais très étonné à l’époque et j’en avais déduit que, dans leur complexe rapport à eux-mêmes, les Québécois se représentaient comme formant une nation distincte, mais s’identifiaient également à une Charte des droits ayant montré son utilité pour ce qui concerne la protection des droits individuels. Étudiant Habermas à l’époque, je m’étais dit que les québécois négociaient la fusion d’un nationalisme culturel/politique avec un patriotisme constitutionnel!

Bref, quand on dit « les Québécois ont rejeté la Charte », on devrait préciser que c’est l’État qui a exprimé ce refus en 1982 et que le référendum de Charlottetown reprenait les mêmes catégories que la situation de 1982. Les individus sont plus ambiguës. D’ailleurs, Michel Seymour opère cette distinction, bien discrètement c’est vrai, dans son argumentaire que vous reprenez (Seymour précise en effet que c’est l’assemblée nationale qui a rejeté le rapatriement).

Au final donc, ce n’est pas en sondant les opinions qu’on arrive à bâtir un argumentaire. Surtout avec des opinions aussi peu cohérentes (sur l’appartenance à une nation et à une charte des droits). Souvent, on fait l’inverse — on prend position et on invoque la majorité pour se donner de la crédibilité. C’est ce que votre texte me semble faire.

Bien à vous,
Martin

Complément d’information

Marie-France Bazzo est imcapable d’avoir les signataires d’origine du manifeste
à son émission télévisée pour débattre.

Écoutez plutôt sa chronique du 18 février
à Corus Radio avec Paul Arcand.

Mon commentaire No.30 vous parlait de
Xénophilie ?

Marie-France Bazzo analyse avec justesse les
signataires pluralistes :

« Les Pluralistes aimeraient changer de peuple ».
« Le peuple ne convient pas »
et
« Il ne pense pas comme il le faut »

Écoutez bien :

http://www.985fm.ca/chmp/audio/audioplayer.php?url=http://mediacorus.corusquebec.com/webcorus/audio/content_Audio/276801.mp3

Guy LeVasseur
Rimouski

Il n’y a pas au Québec un consensus sur ce que nous sommes ni sur ce que nous voulons être. Des référendums l »ont prouvé et s’il y en a un autre il le confirmera. Je ne parle pas de divergence sur les moyens,mais sur les objectifs fondamentaux, Comment aurions-nous un consensus sur l’opportunité ou la manière de défendre une identité que la moitié d’entre nous mette en doute ?

Pensez que gagner un référendum résoudrait le problème est une bêtise, peut-être un leurre. Le problème n’est par entre Québécois et « Canadiens »… mais entre deux factions de Québécois pour qui ce qui les sépare est plus important que ce qui unit. La nation québécoise n’existe donc pas. La désunion est sacrée.

Dans ce pays de factieux, tous les clivages prennent une importance démesurée. Tous les conflits sont irrémédiables, car Il n’y a pas de socle qu’on pourrait atteindre en creusant. Pas de drapeau ni de Marseillaise qui nous fera tous bondir debout Tous les symboles sont instrumentés. Sans valeur.

J’ai fait mon deuil du Québec. Il ne sera ni laïque, ni missionnaire, ni pluraliste, ni vraiment français. Il ne sera rien. Juste un espace tiède, entre chaud et froid, selon les vents dominants qui n’auront pas la force de gonfler nos voiles. Et s’il voulait briser ses amarres, il se trouvera toujours 820 lucides pour le retenir.

Notre révolution tranquille, qui a cru faire l’économie de trancher quelques têtes, nous a en fait laissé un pays décapité où il ne semble plus rester un seul chef qui pense. Nous sommes devenus un pays de sans projets, taillé sur mesure pour des gouvernants de sans desseins.

http://nouvellesociete.wordpress.com/2009/05/14/referendum-autrement/

Pierre JC Allard