Un patron exemplaire

L’ex patron des travaux publics à la Ville de Montréal, Robert Marcil, a démontré avec éloquence et verbiage à la commission Charbonneau que les codes de déontologie et les guides de conduite ne valent guère plus que le papier sur lesquels ils sont imprimés lorsqu’ils sont placés entre les mains de gens déterminés à les contourner.

M. Marcil a concédé à la fin de son témoignage qu’il avait manqué à de nombreuses obligations du Code de déontologie des ingénieurs, sans jamais subir de conséquences. Il n’a pas été viré de la Ville après avoir accepté un voyage de luxe en Italie de l’entrepreneur Giuseppe Borsellino, à qui il transmettait des informations sensibles sur les contrats à venir. Il a démissionné pour «relever des nouveaux défis» dans le secteur privé, comme le veut l’expression consacrée.

Les contribuables floués par le gonflement du coût des travaux à Montréal rêveraient sans doute de le voir au chômage. Au contraire! Après son départ de la Ville, à l’été 2009, M. Marcil a été recruté par le Groupe SM, une des firmes faisant partie du cartel des ingénieurs, selon le témoignage rendu par le chef d’orchestre de la collusion, Michel Lalonde.

Durant son séjour à la Ville, M. Marcil a poussé à l’extrême la logique du «développement des affaires». Il a banalisé son étonnante proximité avec les entrepreneurs en affirmant que le copinage était pratique courante non seulement à Montréal, mais aussi dans les autres villes du Québec et même au ministère des Transports du Québec.

M. Marcil ne pouvait pas dire non à une bonne bouteille de vin, un tournoi de golf ou un lunch en compagnie des entrepreneurs passés maîtres dans la collusion. C’est à se demander s’il avait troqué son rôle officiel de haut fonctionnaire au service de l’administration municipale pour un rôle officieux de valet à la solde des entrepreneurs sans scrupules. Il était au cœur de l’écosystème de la collusion par ses fréquentations et ses responsabilités, mais il n’a rien vu, et il n’a surtout rien fait de mal.

Comme le faisait remarquer Lia Lévesque, de la Presse canadienne, pendant que M. Marcil avisait ses 250 employés de l’adoption d’un nouveau guide de conduite, en 2009, il se rendait mystérieusement aux bureaux d’un entrepreneur qui décrochera par la suite un contrat de 2,6 millions de dollars pour lui remettre certains documents. Un exemple parmi tant d’autres de son manque de discernement et de professionnalisme.

«L’exemplarité reposait sur vos épaules. Vous étiez un cadre supérieur», lui a dit le commissaire Renaud Lachance, visiblement excédé par autant de proximité.

Il est vrai que l’exemple venait d’en haut: Robert Marcil a démontré que les règles pouvaient être brisées sans peine à la Ville, à la condition de mettre toute son intelligence et sa connaissance de l’appareil technocratique pour jouer les imbéciles et les incompétents.

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C’est, de toute évidence, de la proximité marquée de beaux dollards. Ce qui est plutôt choquant c’est toute l’arrogance qu’il ose exhiber en tout impunité.

J’ose espérer que le ministère du revenu lui enverra un avis de cotisation pour les avantages imposables qu’il a reçu et qu’il n’a pas déclaré.

Dans tout ce dossier de la gestion des contrats à la Ville de Montréal et dans les autres villes et municipalités, j’ai hâte de voir si le gouvernement du Québec verra a mettre en place une façon de faire ou s’il laissera à chacunes des villes de mettre en place leurs petits manèges et perpétuer ce vol collectif.

Ceux qui ont écoutés le témoignage de M.Marcil, ne sont pas dupes . Le citoyen honnête ,celui qui va travailler tous les matins sans frauder son employeur sait très bien après avoir entendu tous les rapports (énumérés par l’avocat Galant) que M.Marcil avait avec les entrepreneurs démontrent, qu’il faisait parti de cette vaste conspiration. La commission voulait que M.Marcil admette qu’il était un membre de cette collusion, et on a pu observer la frustration de la commission an ce sujet. Les preuves n’étaient que circonstancielles , mais assez évidentes pour instaurer chez le public visionneur un doute de l’honnêteté des réponse de M.Marcil.En ce moment le seul organisme capable de sanctionner M.Marcil est l’ordre des ingénieurs. Ce que le puplic en retire c’est que la déférence que la société fait aux professionnelles n’est plus valable. Le professionnalisme dans notre société n’est pas une référence d’intégrité et dans l’avenir on devrait regarder les galas de l’excellence avec un oeil inquisiteur. La question a se poser, est comment se fait-il dans une société comme la notre, que l’élite de cette société, celle qui atteint le statut de professionnel puisse constamment frauder la dite société et qu’en fin de parcours ce sera au peuple qui travaille honnêtement tous les jours sans frauder, a défrayer les couts de ces corruptions dans des augmentations de taxes et de déficits . Comment un peuple supposément intelligent peu supporter indéfiniment un tel état de choses. La réponse est peu-être dans la mentalité de ce peuple de vouer a son élite un respect et une déférence qu’ils ne méritent pas. Veillez -vous levez s.v.p (quand l’inspecteur ou le curé rentre dans la classe, quand madame la juge s’en va en »break », quand M.Le Ministre rentre dans la salle).

« et il n’a surtout rien fait de mal » Dites-vous?

Non seulement il n’a rien fait de mal, mais il dit que c’était une culture d’entreprise. Et lorsqu’il ajoute du bout des lèvres qu’il aurait pu être plus diligent, il rejette quand même la faute sur ses patrons qui auraient du réagir

Quel culot et quel mépris! M Marcil, de part la nature de son poste se devait être plus blanc que blanc.

« Êtes-vous en train de nous dire que vous êtes innocent et incompétent? » Demanda la Juge Charbonneau? Elle aurait pu ajouter: Ou bien vous êtes innocent et incompétent ou bien vous êtes un bandit arrogant…

À côté du patron exemplaire, les Leclerc et Surprenant de ce monde semble être de simples victimes.