Un pays changé par la mission afghane

La mission de combat en Afghanistan a pris fin cette semaine, cédant le pas à une nouvelle mission de formation de trois ans. Les hommages se sont multipliés. Les témoignages aussi. Jeudi matin, lors d’une conférence de presse téléphonique donnée depuis Kandahar, le brigadier-général Dean Milner insistait sur les réalisations des forces armées et sur le fait que les militaires canadiens «quittaient sur une note particulièrement positive».

Cette campagne militaire, qui est la plus longue de l’histoire canadienne, a-t-elle vraiment atteint ses buts changeants? Les forces armées afghanes retiendront-elles les leçons reçues? Et les quelques progrès réalisés – écoles, systèmes d’irrigation, digue et le reste – résisteront-ils au départ des troupes canadiennes? Il faudra attendre pour avoir réponse à ces questions. Une chose est sûre cependant, cette mission a déjà changé des choses au Canada.

En fait, ce n’est pas tant la mission de combat elle-même qui a eu un impact au pays, mais l’utilisation qu’en a fait le gouvernement pour justifier une politique de défense musclée et nourrir un patriotisme à saveur militaire.

Les militaires canadiens sont arrivés en Afghanistan en 2002. La mission de combat, elle, a démarré en 2005, peu de temps avant l’arrivée au pouvoir des conservateurs. Une fois élus, ces derniers se sont lancés dans un vaste programme d’achats d’équipement militaire. Dans bien des cas, le temps était venu de procéder, et dans d’autres, il fallait s’ajuster aux besoins nouveaux créés par la mission afghane. Mais six ans plus tard, ce n’est plus la mission, mais le simple respect dû aux militaires qui sert à justifier l’acquisition d’armes de pointe, comme les chasseurs F35. Le même argument sert à écarter toutes critiques, non seulement à l’endroit de la mission, mais des dépenses militaires ou de l’achat d’équipement.

Le discours du gouvernement est plus militariste que par le passé et cela se reflète dans sa vision de la politique étrangère et de son approche dans l’Arctique. Dans ce dernier cas, on brandit, de façon souvent irresponsable et parfois mensongère, la soi-disant menace russe pour justifier l’achat d’avions F35 ou des exercices militaires estivaux toujours plus imposants, exercices où le premier ministre est mis en vedette. Les manœuvres de l’été dernier devaient être les plus importantes jamais vues, mais on sait maintenant que celles qui auront lieu en août le seront davantage. Et dire que selon un câble diplomatique américain divulgué par Wikileaks, Stephen Harper lui-même ne verrait pas de véritable menace sur notre flanc nord.

Le gouvernement tient aussi à mettre en valeur les symboles et le patrimoine militaire. Les cérémonies commémoratives se succèdent pour souligner des batailles autrefois ignorées. La dernière version du guide d’étude sur la citoyenneté, qui sert aux immigrants à se préparer à leur examen, insiste beaucoup sur l’histoire militaire. Plus tôt cette année, un bulletin émis par Citoyenneté et Immigration Canada recommandait que des militaires soient présents aux cérémonies d’assermentation des nouveaux citoyens.

L’image du Canada n’est plus inextricablement associée au maintien de la paix. Ce pays est plutôt, aux dires de Stephen Harper, «un guerrier courageux, un voisin compatissant, un partenaire de confiance». Et il prend les moyens pour s’assurer que cela s’inscrive dans les esprits.

 

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On pouvait lire dans « Le journal de Québec » du 21 avril 2011 :

» L’intérêt renouvelé du PQ pour la création d’une armée nationale dans un éventuel Québec souverain est un nouveau signe de la « radicalisation » de l’opposition officielle.

C’est du moins l’analyse livrée jeudi par les ministres Nathalie Normandeau et Raymond Bachand, lors de la période des questions. »

Amir, souverainiste et pacifiste, avait d’ailleurs réagi : » « Je vois un Québec qui, comme le Costa Rica ou comme la Suisse, n’a pas besoin d’armée puis a une stabilité incroyable sur le plan politique (…) Je ne me rappelle pas de la dernière fois que le territoire québécois a été attaqué par des Mirage soviétiques », a-t-il raillé. »

Est-ce encore une fois l’expression du virage à droite du PQ ? Heureusement, Amir ne semble pas renier ses convictions.

La propagande fédérale affirme que l’Afghanistan, c’est 11G$ de dépenses et 157 soldats canadiens morts.

Il y a un manque flagrant dans ces chiffres : combien d’Afghans – et d’alliés – les soldats canadiens ont-ils tués, blessés, estropiés là-bas?

Ils étaient envoyés là pour ça et on ne nous donne même pas le «rendement» obtenu.

Cinq fois plus de Québécois sont morts sur les bombes des Talibans que sur les bombes du FLQ.
Bizarre, ni le Bloc ni le PQ en ont parlé.

Il existe différentes façons de faire taire les citoyens.

On peut essayer de les faire taire avec des lois, un peu comme la loi 204, et on peut aussi utiliser l’armée.

Vers quoi nous mènent Mme Marois et sa petite élite qui planent au-dessus des gens ?

Notre premier pays c’est la démocratie, et c’est d’abord ce pays que l’on doit défendre avant le Canada et avant le Québec.

Peut-on faire confiance à des gens qui considèrent le droit de parole du citoyen comme une « niaiserie » ? Que se passera-t-il lorsqu’ils auront le pouvoir ou qu’ils feront la souveraineté ?

Aura-t-on un jour un tandem Marois-Harper pour la défense du conservatisme ? Assisterons-nous à une radicalisation de plus en plus à droite du PQ ? Constamment, la gauche est attaquée aussi bien à l’intérieur du PQ, qu’en dehors. La gauche est ridiculisée par ceux qui devraient la défendre.

Serait-ce le courage de l’honnêteté qui manque ? Comment un fédéraliste ou souverainiste peut avoir confiance, lorsqu’on lui dit « blanc et noir » en même temps ? Déjà, il peut deviner que la tromperie n’est pas loin.

Si veux la paix, prépare la guerre ! / « Si vis pacem, para bellum » pour ceux et celles qui se rappellent leur « cours classique » des années ’50,’60. Personnelement j’ai toujours pensé Harper en dictateur potentiel… Ça semble se confirmer avec sa « majorité » acquise avec des règles élctorales et parlementaires désuètes et anti-démocratiques ? Qu’attendons-nous pour RÉAGIR collectivement et pacifiquement, je l’espère de tout coeur?

Coudonc, Rod, pensez-vous que c’est pas grave que des Québécois se tuent entre eux ? Les terroristes ont causé beaucoup de morts que les armées mais celà ne les rend pas moins dangeureux.

Comment reprocher aux conservateurs de bien s’occuper de l’armée canadienne, si même au PQ, on croit qu’une armée est importante pour un pays ?

Combien coûterait une armée québécoise ? Déjà, le Canada a de la difficulté à s’organiser dans ce domaine à cause des coûts.

Les péquistes affirment qu’ils défendent les valeurs des Québécois, est-ce encore vrai ?

Même les « Canadians » savent qu’au Québec, on déteste tout ce qui ressemble à la guerre. Pourtant, ce que je vois, c’est que ce sont surtout Québec Solidaire et le NPD qui défendent les valeurs pacifiques des Québécois. C’est un simple constat.

Tout un PQ ! Ils se font damer le pion par Amir, un homme seul mais solidaire, et un parti fédéraliste d’origine anglophone, le NPD.

Pour la beauté de ce pays, il m’a toujours semblé important de garder un équilibre entre les pacifiques et ceux plus belliqueux. La vérité est dans l’équilibre entre les deux tendances. C’est ce qui a fait le Canada, et a rendu meilleur le monde.

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