Un regroupement de porte-parole demande de recentrer la campagne sur les enjeux de fond

Steven Guilbeault, porte-parole d'Équiterre. (crédit: Fanny Lasselin)
Steven Guilbeault, porte-parole d’Équiterre. (crédit: Fanny Lasselin)

Il est plutôt rare qu’un regroupement de toutes les tendances exigent, en pleine campagne électorale, qu’on recentre celle-ci sur les enjeux de fond, comme l’emploi, l’économie, la santé, l’éducation, l’environnement, etc.

Une sortie motivée par le faible niveau des débats provoqué par les chefs, les formations politiques et les médias, disent-ils. Ces porte-parole craignent une hausse du désabusement de la population.Politique

 

Voici leur communiqué.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE – Quelque part au Québec, le vendredi 28 mars 2014

Un appel à toutes les formations politiques et leurs chefs… ainsi qu’aux médias

Le débat des chefs, diffusé à TVA jeudi soir, a abordé plusieurs sujets, et les échanges de vues, tout en étant vigoureux, se sont déroulés sur un ton respectueux. Cependant, nous avons vu croître au cours des deux dernières semaines certains dérapages qui sont inacceptables, de l’avis d’un groupe de porte-parole de divers secteurs de la société québécoise. Ils demandent donc à toutes les formations politiques, à leurs chefs, ainsi qu’aux médias, de favoriser davantage l’information et les questions sur les positions et les propositions de chaque parti au regard de l’ensemble des enjeux auxquels les Québécois et les Québécoises sont confrontés.

« Les enjeux en matière de santé et de services sociaux, d’éducation et de sciences, de solidarité sociale, de main-d’oeuvre et d’immigration, de finances publiques, de développement économique et d’environnement, de ressources naturelles et d’agriculture, de municipalités et d’aménagement du territoire, d’infrastructures et de transport, d’identité et d’intégrité, de culture et de société, et de justice et de sécurité sont tous importants aux yeux des Québécois et des Québécoises. Ils sont en droit d’en connaître davantage sur les positions et les propositions des différentes formations politiques avant d’aller voter, selon le groupe de porte-parole. Il faut éviter que les débats, dans le cadre de la campagne électorale, accroissent davantage le cynisme de la population à l’égard de la politique. »

Les porte-parole qui endossent le présent communiqué déclarent leur neutralité politique. Ce groupe, formé notamment de représentants des milieux patronal, syndical, économique, artistique, environnemental, professionnel, municipal, de l’éducation, de la santé et des services sociaux et de la construction, s’est constitué de façon spontanée et temporaire, dans la foulée de certains dérapages au cours de la campagne électorale, afin de lancer cet appel aux différentes parties prenantes.

En font partie :

Jean Beauchesne, Président-directeur général, Fédération des cégeps

Gisèle Bourque, Directrice générale, Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec

Louise Chabot, Présidente, Centrale des syndicats du Québec

Yves-Thomas Dorval, Président, Conseil du patronat du Québec

Éric Forest, Président, Union des municipalités du Québec

Florent Francoeur, Président-directeur général, Ordre des conseillers en ressources humaines agréés du Québec

Steven Guilbeault, Cofondateur et directeur principal, Choix collectifs, Équiterre

Diane Lavallée, Directrice générale, Association québécoise d’établissements de santé et de services sociaux

Sophie Prégent, Présidente, Union des artistes

André Tremblay, Président-directeur général, Conseil de l’industrie forestière du Québec

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Je trouve cette sortie intéressante (elle va dans le sens de mon billet «Argent, voyeurisme et exagération») et met la table à ma série de billets à venir, dès lundi, sur les plates-formes et les propositions des partis.

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À propos d’Alec Castonguay

Alec Castonguay est chef du bureau politique au magazine L’actualité, en plus de suivre le secteur de la défense. Il est chroniqueur politique tous les midis à l’émission Dutrizac l’après-midi (sur les ondes du 98,5 FM) et analyste politique à l’émission Les coulisses du pouvoir (à ICI Radio-Canada Télé). On peut le suivre sur Twitter : @Alec_Castonguay.

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Sans vouloir ici témoigner d’un cynisme outrancier, il me semble que les enjeux, nous en discutâmes plutôt copieusement en août 2012, c’est pour cette raison, il me semble, nous allâmes voter.

18 mois plus tard, est-ce que les enjeux ont vraiment changés ? À mon avis, pas le moins du monde. À chaque élection nous sommes censés discuter de divers enjeux, comme nous sommes censés accomplir notre choix en conscience.

Ça c’est la théorie. — En pratique à toutes élections, ce sont les intérêts partisans qui priment. Et ce sont ceux qui font le plus entendre leurs positions partisanes qui en toute fin remportent le morceau.

J’ai passé des années avant de voter à étudier les propositions politiques des uns et des autres. Passé des années à écouter et entendre attentivement les voix des uns et des autres. Passé des heures à comprendre les cadres financiers. Et alors ? Est-ce qu’au lendemain de l’élection je m’en suis trouvé avoir été récompensé. Est-ce que après toutes ces années j’ai été mieux servi ? Pas le moins du monde.

Cela devrait-il changer en 2014 ? Par quelle magie ? Sans doute pas. Est-ce que le paysage politique du Québec a tellement changé ? Est-ce qu’on a vraiment des idées nouvelles à soumettre à la population ? Est-ce pour choisir ces idées nouvelles que nous sommes partis en élection ? Ou bien est-ce pour ranimer toujours et toujours les bonnes vieilles chicanes, que nous sommes appelés aux urnes ?

Ce sont les gros canons qui font les élections. Pas les propositions de fond.

Qu’est-ce qui a changé pour moi en 2014 ? Eh bien c’est très simple : je vote désormais pour moi et moi seul. Pour me faire plaisir, pour des gens qui me plaisent et que j’ai envie de voir plus souvent que d’autres à la télévision. Bref j’ai décidé de voter télégénique et je me contre fiche des propositions respectives des uns et des autres. Pour moi, c’est toujours au pied du mur qu’on voit le maçon.

Donc c’est celui (ou celle) qui est capable de monter le mur qui aura ma voix. Quant aux idéologues de tous acabits, je ne veux plus les entendre parler. Ces gens-là nous font perdre notre temps et surtout le peu qui nous reste de vie. 24 heures dans une vie, cela passe très très vite. Multipliez cela par le nombre de cycles de 24 heures d’une vie, contrairement aux apparences, cela passe bien plus vite encore.

— Y’a-t-il un seul politicien à bord qui puisse nous faire le don de la vie éternelle ? Lorsqu’on est des dieux, tous exercent le pouvoir un jour ou l’autre et à tour de rôle.

Un appel dans le même sens, mais aux journalistes et chroniqueurs serait pertinent aussi, parce que peu importe ce que les chefs et autres candidats présentent si, comme on le voit tout le temps, les premiers font délibérément la nouvelle toujours avec le même point / la même question à sensation nous ne serons jamais mieux informés. C’est bien connu, quoi qu’on en dise les journalistes façonnent l’opinion publiques.

Demain matin au premier point de presse de M.Couillard si les journalistes décident de le cuisiner une énième fois sur sa relation avec Porter ou sur la position qu’il a prise jeudi à propos de la langue du travail, plutôt que de l’amener à préciser et expliquer le contenu du bout de programme qu’il présentera, ces journalistes auront encore une fois par leur attitude et leur choix fait perdre aux citoyens une opportunité de mieux comprendre ce que le politicien présente.