Un remaniement nécessaire du gouvernement Couillard

La rumeur d’un remaniement ministériel imminent à Québec s’amplifie. «Il est grand temps de mettre un terme aux frasques de certains ministres indignes de leur limousine», dit Brian Myles.

Photo © Jacques Boissinot / La Presse Canadienne
Photo © Jacques Boissinot / La Presse Canadienne

La rumeur d’un remaniement ministériel imminent à Québec s’amplifie depuis quelques jours. Il est grand temps de mettre un terme aux frasques de certains ministres indignes de leur limousine.
Politique

La Presse rapportait, mercredi, que le gaffeur en série Yves Bolduc serait sur le point de perdre le ministère de l’Éducation. Il conserverait seulement le portefeuille de l’Enseignement supérieur, pour sauver les apparences.

La tiédeur du premier ministre à l’égard d’Yves Bolduc suffit à dissiper les derniers doutes. Les journalistes ont demandé à Philippe Couillard s’il faisait toujours confiance à son ministre de l’Éducation. Sa réponse, vague et hésitante, annonce des lendemains qui déchantent pour Bolduc, le ministre qui s’est rendu célèbre dans le monde, la semaine dernière, en défendant la légitimité des fouilles à nues dites «respectueuses» dans les écoles secondaires.

M. Bolduc n’est pas le seul ministre à qui un changement d’air ferait du bien. Pierre Moreau et Robert Poëti sont également mûrs pour un temps d’arrêt.

Ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau s’est mis à dos ses partenaires locaux. Il a fait preuve d’une arrogance inutile à l’égard des fonctionnaires municipaux, même si la réforme des régimes de retraite, imposant un partage des coûts à parts égales, est pleinement justifiée.

Il s’est également mis à dos le monde municipal avec sa cavale insensée pour rembourser les contribuables de Laval et Longueuil à la suite des hausses de taxes dans ces deux municipalités. Il a fini par faire marche arrière, non sans y laisser sa crédibilité et son autorité morale auprès des élus locaux.

Pour un premier ministre qui voulait se rapprocher du monde municipal, Philippe Couillard a envoyé un curieux message en laissant Pierre Moreau s’aliéner les élus locaux.

Robert Poëti en fume encore du bon. Après s’être fait l’ardent promoteur d’un projet fantaisiste de métro aérien dans l’est de Montréal, il a évoqué l’idée de taxer les résidants vivant à proximité des lignes de métro, afin de financer les futurs projets en transport collectif.

Cette proposition ridicule a été battue en brèche avant même la fin de la journée, lundi. Les personnes qui vivent à proximité d’un métro paient déjà plus cher de toute façon : la proximité de ce service essentiel se reflète dans la valeur foncière de leurs propriétés et leurs comptes de taxes.

En plus, cette taxation régressive aurait pénalisé les résidants de l’île (qui ont choisi de vivre dans un environnement à haute densité urbaine), tout en récompensant les banlieusards qui vont élire domicile toujours un peu plus loin dans les deuxième et troisième couronnes. Tant qu’à faire dans les pitreries, on aurait pu utiliser l’argent de cette taxe, qui aurait été prélevée dans les poches des Montréalais, pour financer l’expansion du train de banlieue jusqu’à Maskinongé.

Ex-policier de la Sûreté du Québec (SQ), Poëti ne connaît rien au transport collectif, et il avance et recule à tâtons depuis sa nomination. Il ne faut pas laisser entre les mains de cet homme une responsabilité aussi importante que la planification des projets d’investissement dans le transport collectif. S’il reste en poste, l’organisation du transport collectif va en souffrir pour les décennies à venir.

Depuis son élection triomphale en avril dernier, Philippe Couillard a bien du mal à contrôler ses troupes. Trop de ministres lancent des ballons d’essai en public avant d’être rabroués par leur chef et dans l’opinion publique.

Philippe Couillard a choisi d’imposer le silence à ses ministres, qui ne peuvent plus parler aux journalistes avant la tenue du conseil des ministres. L’initiative a été perçue et interprétée comme une tentative de contrôler le message. Le président du Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), Richard Perron, dénonce même la «harperisation» des communications gouvernementales sous Philippe Couillard.

Philippe Couillard veut que le gouvernement parle d’une même voix. «Il n’y a pas 25 gouvernements au Québec, il y en a un. Et il y a UN message gouvernemental», a-t-il déclaré mercredi.

Le premier ministre met ses énergies à la mauvaise place. Au lieu de chercher à centraliser les communications et à contrôler le message gouvernemental, il devrait mieux choisir les membres de son cabinet.

* * *

À propos de Brian Myles

Brian Myles est journaliste au quotidien Le Devoir, où il traite des affaires policières, municipales et judiciaires. Il a aussi été affecté à la couverture de la commission Charbonneau. Blogueur à L’actualité depuis 2012, il est également chargé de cours à l’École des médias de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). On peut le suivre sur Twitter : @brianmyles.

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La question que tout le monde doit ou devrait se poser, est, où ce Premier ministre trouvera-t-il assez de jugement, lui, qui en a tant manqué pour nommer autant d’incompétents au poste de ministre ?

Afin de comprendre ce qui arrive dans le monde politique, nous devons toujours porter attention aux personnalités des politiciens et des politiciennes.Tout le Québec doit se rendre à l’évidence que le discours, les attitudes et le non-verbal de MONSIEUR Couillard démontrent une personnalité hautement narcissique. Il est autolâtre. Cela affecte ses décisions. C’est ce qui le perdra en politique. Et c’est le Québec perdra aussi malheureusement…

Autolâtre et Viscéralement haineux pour près de la moitié des Québecois qui penche pour l’autonomie ou la souveraineté du Québec…

M. Couillard a laissé parler ses viscères encore une fois, en tentant de se moquer de l’indépendance d’un petit pays comme l’Islande.

Quel manque de jugement, rendu aveugle par une Foi inébranlable dans ses convictions sclérosées… Heureusement que le Président islandais ne s’est pas senti intimidé par ce personnage suffisant et obtu…

C’est ce qui arrive quand un premier ministre et chef de parti nomme ministres ses amis qui l’ont soutenus.
« Tu appuyais ma candidature à la chefferie ! Tiens, voilà un ministère. »
« Tu espérais le ministère de la santé que j’ai promis au petit nouveau. Pas de problème, tiens prends l’éducation. » Une nomination du type : becquer bobo ( Boucar Diouf ).

Il est temps que M Couillard remplace cet incompétent de Bolduc, il nuit a un gouvernement qui veut bien diriger la Province.C’est à se demander si M Bolduc a obtenu son diplôme de médecine avec une enveloppe brune
Pierre Lacroix.

Durs, durs, les journalistes à l’égard des politiciens. Gérer le bon peuple n’est pas facile. Surtout qu’on s’attend à des résultats dans la minute qui suivra. Comme un courriel. Quelle société de fous ! S’exposer sur la place publique pour servir des gens qui ne pensent qu’à vous couler ! C’est facile de dire que les ministres sont incompétents. Le Québec est mené par des journalistes. Tout est su dans la minute. Aucun recul. La bêtise humaine à son meilleur.

On peut aussi compter sur l’ignorance crasse de certains journalistes pour ne pas deviner que M. Poëti ne parlait pas de taxation mais de captation, que M. Bolduc évoquant la fouille à nu, visait la fouille telle que réglementairement définie pour les écoles et non pas celle du douanier ou du gardien de prison, que Nathalie Normandeau, quand elle parlait des GES produits par l’éructation des troupeaux bovins, ne parlait pas de pets de vaches.
Nos ministres, comme tous les québécois, s’expriment approximativement. J’attendrais des journalistes qu’ils traduisent leurs propos en s’interrogeant un peu plus sur leur signification. Quelques vérifications d’usage suffiraient dans bien des cas à éviter l’emballement (ou l’emballage ?) médiatique.
Mais voilà, le temps presse, pour les ministres autant que pour les journalistes.

. « J’attendrais des journalistes qu’ils traduisent leurs propos en s’interrogeant un peu plus sur leur signification. »
Souhaitez-vous vraiment que les journalistes interprêtent les déclarations de ministres ?
Vous souhaitez que les journalistes modifient les déclarations desoliticiens !
N’est-ce pas ce que les politiciens utilisent comme prétexte pour discrétiter les journalistes
quand ils se rendent compte de leur erreur.

Les journalistes s’empressent souvent, trop souvent, de partir avec l’interprétation littérale de ce qu’ils ont entendu. Tout presse pour pisser de la copie. De plus, ils ne réagiront pas devant des inanités: Madame Weil a dû reculer pour avoir affirmé qu’elle travaillerait avec un intégriste, ce qui était parfaitement en accord avec la Charte des droits. J’ai travaillé avec des intégristes musulmans, hassidiques, catholiques et athées. Je ne m’en porte pas plus mal.
Or les journalistes ont sauté sur le mot « intégriste » à pied joint, sans penser plus avant. Grâce à eux, intégriste veut dire dorénavant djihadiste. Il ne s’agit pas de modifier les affirmations des politiciens, mais de les comprendre. Cela veut dire les mettre en rapport avec la réalité sociale, politique et juridique du pays.

M. Jacques

Il faudrait que les journalistes re-mâchent les propos des élus pour les rendre plus comestible pour le petit peuple dénué de jugement critique…

En les adoucissant ou les exacerbant selon leurs idéologies personnelles !!!! Voyons donc, ce serait DÉNATURER la belle et honnête profession de journaliste. Ces GARDIENS de la Démocratie ne s’abaisseront JAMAIS à ce vil ouvrage de propagande… ( 😉

» La propagande est à la démocratie ce que la violence est à un État totalitaire » (Noam Chomski)

Est-ce quelqu’un va s’interroger sur les économies colossales que nous devrions faire maintenant que la collusion dans le domaine des routes et infrastructures a été identifiée et préférablement endiguée? D’ailleurs, si les contribuables payaient 40% plus cher que dans le reste du Canada et que la TPS (taxe à Surprenant) était de 3%, il faudrait s’interroger à savoir qui empochait les 37% et en arriver à un règlement avec ces personnes. On aurait alors les moyens d’avoir un fonds de dotation assorti d’une plan stratégique sur l’ensemble du réseau routier et des services de transport en commun autour de la métropole. Mais n’est-ce pas là trop demander au « gouvernement » actuel.

« Depuis son élection triomphale en avril dernier, Philippe Couillard a bien du mal à contrôler ses troupes. Trop de ministres lancent des ballons d’essai en public avant d’être rabroués par leur chef et dans l’opinion publique. »

Le Parti libéral n’est plus l’ombre de lui-même. C’est pire que la première année du Gouvernement Marois. Mais est-ce vraiment surprenant ? Couillard n’avait pas l’expérience politique nécessaire pour devenir Chef de parti et encore moins Premier ministre. Il a beau n’être qu’une marionnette au service de l’establishment, il faut le minimum nécessaire et il ne l’a pas. Si au moins les Québécois avaient été assez lucides pour élire un Gouvernement minorataire ! C’était tellement prévisible. Collectivement, on manque nettement de clairvoyance. Ou, comme on dirait en bon québécois, « on fait vraiment durs » !!!

On voit bien pourquoi Brian Myles travaille pour le Devoir, journal séparatiste, et pourquoi il s’attaque autant aux ministres libéraux.

Pierre Moreau est l’un des meilleurs ministres du gouvernement libéral, et les autres petites bourdes de certains ministres sont bien moins pires que celles des péquistes qui n’arrêtaient pas leur avance/recul, juste que Pauline Marois qui s’en allait jouer de la casserole avec les carrés rouges pour avoir leur vote.

Beaucoup de soi-disant journalistes ne sont devenus que des journaleux/charognardsl. Et vlan|