Un syndicaliste défiant

C’est un Michel Arsenault défiant qui s’est présenté au micro de Michel C. Auger, jeudi après-midi, pour lancer tout un défi à la commission Charbonneau et aux journalistes d’enquête.

S’il s’avère qu’il a bénéficié de contreparties d’entrepreneurs, il démissionnera de son poste. Remarquez qu’il faudra s’entendre au préalable sur la définition à donner à une contrepartie. M. Arsenault considère que son séjour sur le Touch, le luxueux bateau de son Tony Accurso, jadis le chouchou du Fonds de solidarité de la FTQ (FSTQ), n’entre pas dans la catégorie des faveurs.

Le président de la FTQ réagissait à la plus récente vague de reportages négatifs à son sujet.

«Je vous mets au défi, tous les journalistes du Québec. Trouvez moi un partenaire du Fonds de solidarité qui va vous dire que j’ai demandé une compensation ou des avantages personnels pour être partenaire au Fonds de solidarité, et je vais démissionner immédiatement. Ça c’est complètement faux», a-t-il lancé.

Depuis le début de la semaine, TVA et le Journal de Montréal rapportent que M. Arsenault était «la cible principale» de l’opération Diligence, portant sur l’infiltration des Hells Angels dans le secteur de la construction. Ces reportages ajoutent des détails inédits — et des photos — à un travail amorcé quelques années par les collègues d’Enquête, à la SRC, et aussi du défunt site Rue Frontenac.

Michel Arsenault a bel et bien été mis sous écoute électronique pendant un an, il y a cinq ans, au même titre que l’ex président de la FTQ-Construction, Jocelyn Dupuis, aujourd’hui accusé de fraude. Aucune accusation n’a cependant été portée contre lui. La fin abrupte de Diligence a suscité des querelles importantes entre les policiers de la Sûreté du Québec et les procureurs de la Couronne. Normand Marvin Ouimet et ses présumés complices ont été accusés de gangstérisme, extorsion et blanchiment d’argent pour avoir tenté de prendre le contrôle de la maçonnerie à Montréal, mais le dossier en est resté là… et 600 000 conversations d’écoute électronique dorment dans une voute.

M. Arsenault n’a pas manqué de rappeler qu’aucune accusation n’a été portée contre lui, et il a interpellé le ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron, à ce sujet.

Le ministre juge-t-il acceptable que des policiers frustrés fassent couler illégalement du  matériel d’écoute électronique aux journalistes?, demande-t-il. C’est le même Michel Arsenault qui accusait les sources d’Enquête qui témoignaient derrière des paravents, par craintes de représailles, de manquer de couilles.

Le numéro un de la FTQ donne le ton pour les audiences de la commission Charbonneau. Les syndicalistes de la construction ne feront pas de quartier aux procureurs. S’il y a l’ombre d’une preuve contre Michel Arsenault, dans Diligence, il est grand temps de le révéler.

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Ce que je comprend, c’est la définition de «contreparties» selon l’apôtre Arsenault qui diffère de celle du commun des mortels. Acurso n’invite pas qui veut sur son bateau et un «dirigeant» syndical qui trempe avec un entrepreneur suspecté de multitudes fraudes, abus de confiance et de corruption n’inspire guère la population à croire Arsenault. Vaillancourt aussi plaidait sa «blancheur divine» avant que les accusations tombent.

C’est dommage, M. Arsenault, mais personne ne vous crois et surtout pas les syndiqués que vous représentez.

Avec tout ce que nous apprenons, on est en droit de se demander quelle emprise avait les Hells Angels sur les grosses centrales syndicales et combien d’argent sale a atterri dans les coffres du Parti québécois et du Bloc québécois, leurs alliés naturels.