Un vote clair pour le changement

Le PLC doit sa victoire à un déclin marqué du NPD au Québec et en Ontario et à une érosion du vote conservateur en Ontario. 

Photo: Paul Chiasson/La Presse Canadienne
Photo: Paul Chiasson/La Presse Canadienne

PolitiqueL’élection fédérale 2015 portait sur le changement. Et personne n’a réussi à incarner le changement d’une manière aussi frappante et singulière que le chef libéral Justin Trudeau.

Le nouveau premier ministre, majoritaire avec une récolte de 185 sièges, doit sa victoire à la volonté ferme des Canadiens de passer à autre chose, après neuf ans de règne conservateur.

Les conservateurs, bons deuxièmes, formeront l’Opposition officielle, avec une centaine de sièges, suivis du NPD (39 sièges), du Bloc québécois (10 sièges) et du Parti vert (1 siège), selon les données disponibles à minuit.

Le PLC doit sa victoire à un déclin marqué du NPD au Québec et en Ontario et à une érosion du vote conservateur en Ontario. La vague orange de 2011 a cédé le pas au ressac orange. Thomas Mulcair est passé du statut de chef de l’Opposition officielle à celui de chef d’une formation régionaliste.

Encore une fois, les électeurs québécois ont causé la surprise. La carte de Montréal et ses banlieues est presque aussi rouge que celle de Toronto. Le Parti libéral tire profit du recul marqué du NPD dans la province. Le caucus libéral québécois passera de 7 élus en 2011 à environ 42 cette année. À l’inverse, le Bloc passera de quatre à 10 députés. Le NDP chutera de 59 à 14 députés.

En Ontario, les libéraux passeront probablement de 11 à 79 députés. Des gains réalisés au détriment du NPD (de 59 à 9 députés) et des conservateurs (de 73 à 33 députés). Les conservateurs sauvent les meubles dans la région de Québec, et dans les provinces de l’ouest. 

Le changement

Justin Trudeau est loin d’avoir mené une campagne parfaite, mais il a mené la moins imparfaite de toutes les campagnes. Il a su éviter les gaffes, les propos irréfléchis et immatures qui avaient semé un doute dans l’esprit des électeurs lors de ses premiers pas en politique.

Les conservateurs ont misé à fond sur son inexpérience dans leurs publicités électorales. Pour leur plus grand malheur, un Justin Trudeau «sans les gaffes» s’est transformé durant cette longue campagne en un politicien rafraichissant. Les inquiétudes sur son leadership et sa maturité se dissipaient au fur et à mesure que la campagne s’éternisait.

Les doutes sur son jugement et son inexpérience ne disparaîtront pas par enchantement, mais il sera en mesure de transposer en gestes politiques le désir de changement des Canadiens.

Stephen Harper proposait finalement «more of the same», ou encore l’équivalent politique d’un vieux café filtre réchauffé. Le premier ministre déchu n’a jamais paru aussi fatigué et ringard que lorsqu’il s’amusait à faire sonner une caisse enregistreuse, entouré de partisans serviles, pour sonner l’alarme sur le risque que ferait peser l’élection de Justin Trudeau sur les finances publiques et l’économie du pays.

Il a eu le culot de se présenter en protecteur de l’économie, alors que le Canada a fait du surplace dans son dernier mandat, de même qu’une courte récession qu’il a voulu passer sous silence. C’est la marque de commerce de M. Harper. Il est capable de transformer la guerre en paix, les déficits en surplus, et l’ex-maire de Toronto, Rob Ford, en personnage fréquentable. J’ai compris que l’homme de la loi et l’ordre était dans les câbles lorsqu’il a rendu visite au «crackhead» de Toronto, le week-end dernier, pour consolider ses appuis dans la «Ford Nation» (la banlieue conservatrice de Toronto).

Vrai, Justin Trudeau a promis de faire des déficits pour investir dans les infrastructures et relancer l’économie. M. Harper n’avait pas tout à fait tort d’attiser les craintes du contribuable qui ne pense pas plus loin que le fond de son portefeuille. Les électeurs ont voté en toute connaissance de cause.

Le NPD dépassé par la gauche

La promesse inattendue a permis au PLC de dépasser le NPD par la gauche. À bien des égards, Thomas Mulcair a mené une campagne semblable à celle du premier ministre sortant. Bon premier dans les intentions de vote au début de la campagne, il a joué de prudence en s’imaginant sans doute, comme les stratèges conservateurs, que le jeune-chef-libéral-immature-et-irréfléchi allait se planter. Mauvaise stratégie.

Il était plutôt savoureux d’entendre Yvon Godin, ancien député du NPD dans Acadie-Bathurst qui a annoncé sa retraite de la politique en juillet dernier, blâmer les électeurs pour avoir ramené au pouvoir «un vieux parti». Lors de cette campagne, le NDP s’est comporté exactement comme un vieux parti. En se repositionnant au centre, le NPD a perdu ses repères et ses valeurs de gauche: compassion, respect des travailleurs, parti-pris pour la classe moyenne. Des valeurs incarnées avec passion par feu Jack Layton lors de la campagne de 2011.

La déconfiture du NPD tient en bonne partie au fait que la barbe de Tom ne sera jamais aussi envoutante que le sourire de Jack. Le NPD est le Sisyphe des partis politiques. Il devra refaire son examen de conscience, se repositionner, et renouer avec ses racines de gauche. Si la formation n’arrive pas à se démarquer plus clairement des libéraux, elle connaîtra encore d’amères déceptions.

Le NPD ne détient même plus la «balance du pouvoir» que convoitait le Bloc québécois au Québec. Contre toute attente, les libéraux ont retrouvé la faveur des électeurs québécois.

Durant la campagne, le chef bloquiste Gilles Duceppe, a propagé le mythe que la relance de l’option souverainiste passait par une forte délégation de députés bloquistes aux Communes. Gilles Duceppe a assuré la résurrection du Bloc grâce à sa performance remarquable lors des débats des chefs. Même s’il perd dans Laurier-Sainte-Marie, il pourra se consoler d’avoir retardé d’un cycle électoral la mort du parti.

Privé d’une reconnaissance officielle aux Communes, le Bloc aura de la difficulté à faire valoir ses idées, ce qui aura pour effet de ramener le débat sur la souveraineté dans l’enceinte où il doit se tenir: à l’Assemblée nationale. L’expérience bloquiste nous a appris une chose: il n’y a pas de lien de causalité entre la présence de députés souverainistes à Ottawa et la résurgence de l’option souverainiste. Le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, est animé d’une fiévreuse volonté de faire l’indépendance. C’est maintenant sur ses épaules que repose le projet souverainiste.

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Qui prend parti prend pays (slogan du Bloc)!

Z’ont fini avec + ou – 20% des votes au Québec. Donc, 80% des Québécois et des Québécoises ont voté pour un parti FÉDÉRALISTE!!! Ça n’a pas de prix…

En plus, le SEUL des quatre chefs de parti a s’être fait BATTRE DANS SON PROPRE COMTÉ (pour la DEUXIÈME FOIS!!!) est Gilles Duceppe!!!

Et ils n’ont que 10 sièges, ce qui fera en sorte qu’ils ne seront PAS reconnus comme un parti officiel; donc pas de budget, pas de temps pour les questions, etc… Bref, le Bloc disparaîtra complètement aux prochaines élections fédérales.

P.S.: PKP s’est associé très étroitement au PERDANT dans Laurier-Ste.-Marie tout au long de la campagne… Prélude à sa déculottée à vénir?

Notre djihadiste ultra-conservateur est sans doute amèrement déçu que son idole Stephen Harper se soit fait planter par son jeune rival libéral. Alors il ressort sa vieille cassette usée anti-souveraineté comme consolation. Ça devient ennuyant.

Déçu? En parti seulement car je suis tout d’abord un ardent fédéraliste et un Canadien et les résultats de cette élection, particulièrement au Québec, ont de quoi me remplir d’une béatitude euphorique.

Imaginez…le vote séparatiste a RECULÉ de 5%, (comme s’il pouvait régresser encore plus!) et leur chef a (encore!) été battu dans sa propre circonscription en faisant le seul leader des 4 principaux partis à être mis à la porte par ses propres électeurs.

Et comble de ravissement:

1- Le chef Gilles Duceppe démissionne.
2- Le major Stéphane Bédard démissionne du PQ (en n’oubliant toutefois pas d’empocher sa « prime »).

Le même journée, tout juste après la récente débâcle.

Les rats plus réalistes que certaines gens, quittent le navire séparatiste en perdition et vous voudriez que je sois « amèrement déçu »??? Come on.

La cerise? L’explication invraisemblable de votre « leader » du PQ au sujet de cette déculottée, qui accuse ses électeurs séparatistes alors que les votes séparatistes ont battu en retraite de 5%, d’avoir appuyé les Libéraux pour battre Harper alors que les votes Conservateurs Québécois sont demeurés les mêmes au Québec.

Mais dans le fond, tout ça se tient lorsque l’on regarde ce phénomène à la lumière du net déclin des forces séparatistes au Québec. Mais ne demandez pas à un séparatiste de faire preuve d’autant de clairvoyance, de lucidité et de perspicacité.

Quel changement? Retomber en déficit?? Triste de constater que trop de gens ne sont pas plus responsables

Exactement ma pensée ! Il est égoïste pour les générations futures de voter pour un partie qui promet des déficits…

À tous ceux qui seraient tenter de critiquer sêvèrement les résultats des élections 2015.
Permettez que je cite Stephen Harper hier soir.
« Même si le résultat de ce soir [hier] n’est pas celui que nous espérions, le peuple n’a jamais tort »,.
Amen

Vous avez raison! Le peuple est souverain et met fin aux aspirations de Mulcair et Duceppe! Pour ce qui est du premier ministre, c’ est une défaite honorable et il est digne de l’ accepter!

PKP en a pris note?

Comme Gilles Duceppe et Stéphane Bédard?

En TK, ça ne paraît pas dans ses commentaires complètement farfelus…

Bien voila les jeunes qui braient sans cesse qu’ils n’ont pas droit au chapitre. Avec un jeune comme premier ministre ils vont avoir leur chance si celui ci nomme des jeunes aux postes clés. ha! ha! ha!

Changement, bien sûr!

Bienvenue dans le cauchemar que les Ontariens vivent depuis près de 15 ans…

Ce que je trouve déplorable dans ces résultats c’est que ça démontre que les Canadiens n’ont pas de mémoire !!!

Croyez-vous vraiment que les « Valeurs Libérales » ont changé depuis le scandale des commandites ? Surtout avec la présence de « Messieurs » Chrétien et Martin lors de cette (interminable) campagne ? La vieille garde de Parti !!!

Personnellement je suis inquiet… Pas vous ?

Tout va dépendre de la formation du nouveau conseil des ministres! Est-ce que Trudeau fils saura maintenir l’ équilibre ???

Pas plus inquiet que par les scandales des Réformistes Conservateurs de Harper.
Perdez-vous la mémoire : sénateurs nommés par Harper et verreux, gaspillage pour les F35, négation de la science, manque flagrant d’humanité envers un enfant soldat torturé pendant des années à Guatanamo Bay, désastre écologique, un soutien inconditionnel envers les politiques de Israël, fanfaronnade face à Poutine, mépris de l’ONU.
Rien dans cela ne vous inquiète ?

Correction : Yvon Godin n’a pas été battu dans Acadie-Bathurst. Il avait plutôt annoncé sa retraite et n’était pas candidat à cette élection.

L’élection de 2015 passera à l’histoire comme l’élection du Nikab

Les Conservateurs pensaient avoir trouvé l’invention du siècle avec le nikab. Effectivement ils auront réussi à doubler le nombre de leurs députés au Québec
Mais en tuant le NPD au Québec il y a eu l’effet domino en Ontario. Les progressistes ontariens se sont rabattus sur Trudeau afin de battre Harper. Trudeau a monté, monté, monté au point d’être majoritaire. La stratégie du nikab s’est retourné contre ses utilisateurs. L’arroseur arrosé.

Je ne crois pas du tout que le niqab a changé la donne! Les sondages parlaient de changement et c’ est ce qui est arrivé! 4 mandats de suite pour un parti , c’ est une grosse commande!

Pour ce qui est du niqab les citoyens canadiens n’ ont pas changé d’ idée la-dessus et le nouveau premier ministre devra en tenir sérieusement compte dans la législation car ça va être sa fête à lui aussi en 2019 !!

Le « changement » était partagé entre les rouges et les oranges en début de campagne.
Les Bleus ont tué les oranges dans les comtés francophones du Québec, jetant les tenants du changement dans le ROC dans les bras de Justin. Toute l’élection se resume à ce nikab, à deux cas au Canada!!!!!!!
Élection qu’on n’obliera pas de sitôt

Moi je connais un super stratège Australien qui s’en est retourné nourrir ses kangourous.

N’avez-vous pas entendu parlé de Lynton Crosby le stratège Australien et spécialiste des « Wegde Issue » , (ici le nikab) et que les Conservateurs ont engagé pour erienter leur campagne?

Encore une fois, le speudos-experts en sondages et prédictions de tous genres (communication télévisuelle, radiophonique, papier, etc), que beaucoup de citoyens suivent, devront faire une « EXPERTISE » de leurs connaissances en la matière.

En effet, si c’ est dur pour Duceppe et Mulcair de passer par-dessus leur EGO, c’ est d’autant plus difficile pour les sondeurs de faire leur mea coulpa car c’ est devenu une habitude pour eux de se TROMPER et royalement à part cela!

— « Il était plutôt savoureux d’entendre Yvon Godin, député sortant du NPD battu dans Acadie-Bathurst (…) »

Pour mémoire Yvon Godin ne se représentait pas en 2015, c’est plutôt Jason Godin qui était candidat pour le NPD cette année.

— « Le NPD est le Sisyphe des partis politiques »

Rappelons pour le bénéfice des internautes que dans le nom Sisyphe, on trouve en grec ancien le surnom : « d’homme sage ». Aussi, il faudrait conclure, que le NPD serait le « parti sage » du Canada. Peut-être bien, après tout !

Même si on fait référence au mythe et non au personnage. Sisyphe est puni par le dieu des dieux en l’occurrence par Zeus. En démocratie, en principe, les élections sont le résultat d’un choix populaire. Je ne vois pas en quoi, Dieu aurait choisi Trudeau aujourd’hui et puni Mulcair et son parti à devoir pour l’éternité monter très haut pour ensuite retomber indéfiniment.

La chose est arrivée pratiquement au Parti Progressiste Conservateur en 1993. Les résultats des élections cette année n’ont rien à voir avec cette configuration. D’ailleurs le NPD n’a jamais gouverné, lorsque Sisyphe avec la force de monter au sommet…. Et de s’y maintenir pour un temps.

La réalité est que le Canada est absolument incapable de vivre avec le multipartisme tout comme les États-Unis d’ailleurs, depuis le début de la Confédération cela fonctionne comme cela. Pierre Elliot Trudeau voulait vraiment changer le Canada et… il n’y est que très partiellement arrivé.

Justin Trudeau, ne veut pas changer le Canada. Il est très content avec le Sénat notamment. Le génie du Parti Libéral aura été d’incarner l’image du changement sans finalement n’avoir vraiment à offrir le moindre changement au Canada dans lequel nous vivons à présent.

Aussi, comme ce sont les électeurs qui choisissent. Il faut conclure que pour une grande partie des canadienne et des canadiens, le changement, c’est de changer la face des gens. Que pour eux, le changement est purement cosmétique. On change de « look ». Lorsque pour ce qui est de leur vie quotidienne, ils veulent surtout et avant toutes choses que les chosent restent toujours comme avant.

Nous n’observons pas un changement en profondeur dans la manière de voir ou de penser le Canada.

Comme nul n’est censé prophète en son pays. On peut dire dans ce cas : In Shaa Allah. Quant à la victoire de la démocratie. Eh bien, pour cette fois encore : j’pense bin qu’on repassera !

Je suis d’ accord avec vous pour le changement purement cosmétique! Par contre les libéraux ont un plan qui n’ a pas été assez élaboré durant la campagne! Justin Trudeau devra sans doute se fier à son équipe économique et surtout se méfier des gouverneux!

@ Beauly 02,

Je suis d’accord avec vous, quant au fait qu’il faudra voir le gouvernement. Si Justin Trudeau forme une bonne équipe — ce que je souhaite -, on peut espérer de bons résultats. Pour ce qui est d’un « vrai » plan, ce qui me désole, c’est qu’aucun parti n’avait de plan très enlevant, toutes formations confondues.

Plusieurs enjeux, comme l’éducation, la culture et même la santé sont en grande partie passés sous le radar. Les plans des uns et des autres relevaient plutôt de « bonnes intentions ». Ce n’est pas pourtant parce que la campagne électorale était trop courte… Pour donner le temps aux partis de produire une bonne, plus ample et plus complète communication.

Merci pour l’explication sur « Sisyphe », ça m’a évité de le googlé. Le changement pour Trudeau équivaut à « changer quatre trente sous pour une piasse ».

Un vote clair pour le changement dites-vous? Êtes-vous sérieux?? Le NPD, ça aurait été du changement. Du nouveau. Une nouvelle voie. Une bouffée d’air. Mais le même vieux parti Libéral, avec les clans de Jean Chrétien et Paul Martin en coulisse, et le fils de l’autre en avant-scène sous télé-souffleur, y’a rien de plus convenu, y’a rien de moins changement, à part le parti Conservateur lui-même.
Avez-vous vu ou entendu une once d’authenticité dans ce jeune vendeur de char usagé? Vous souvenez-vous … du love-in de 95? De la loi sur la clarté? Des commandites? De la primauté des droits individuels sur les droits collectifs?? De Dan Gagnier, c’était hier?? …
Voyons, un pommier donne des pommes!
Je dis que c’est clairement un non-changement!!!
Par ailleurs, votre analyse de l’asphyxie du Bloc à Ottawa est juste. C’est au Québec que ça doit se passer.

Le parti libéral a été le seul à s’engager, prudemment sans doute, sur la voie progressiste, en défendant le respect des droits fondamentaux (le niqab), en voulant investir dans les infrastructures, non seulement dans le béton et l’acier, mais aussi dans le social, et en appelant à la solidarité et à la fierté plutôt qu’à la division et au mépris. Le NPD est demeuré le représentant des grands syndicats en s’engageant à protéger d’abord les acquis: pas de déficit, donc pas de taxes, pas de nouvelle entente de libre-échange, et le statu quo sur la gestion de l’offre et la protection du secteur de l’auto.
Le Bloc n’a fait que répéter les vieux mythes des années soixante: le ROC travaille contre nous, l’indépendance résoudra tout.
Quant aux droits collectifs contre les droits individuels, c’est un débat simpliste puisque les deux catégories sont à la base même de l’exercice démocratique. Les droits collectifs concernent d’abord les droits des minorités, musulmanes ou pas, mais il faut se rappeler que ce droit a assuré au Québec le loisir d’exister et de se développer en tant que société distincte, avec l’accord des juges de la Cour Suprême. Mais la démocratie, c’est aussi le droit inaliénable de penser par soi-même et de s’exprimer librement, incluant celui de se mettre un sac de papier sur la tête au bureau de scrutin. En effet, si deux femmes peuvent se voiler la face après s’être identifiées correctement, on peut aussi permettre à des bloquistes de se « couvrir » de ridicule.
La pauvreté intellectuelle du Bloc me désole, et sa disparition progressive me réjouit.

« … le respect des droits fondamentaux (le niqab) »

Alors monsieur Saint Cyr, si se couvrir de la tête au pied est un droit fondamental, faut-il conclure à l’inverse que se promener nue sur la rue serait aussi un droit fondamental ?

« Les droits collectifs concernent d’abord les droits des minorités, musulmanes ou pas, mais il faut se rappeler que ce droit a assuré au Québec le loisir d’exister et de se développer en tant que société distincte, avec l’accord des juges de la Cour Suprême. »

Essayez de me trouver dans la Charte, l’article qui dit que les minorités sont protégées par des droits collectifs, je vous le dit tout de suite, vous allez chercher longtemps. Les seuls articles de la Charte qui protègent des droits collectifs sont ceux qui protègent le droit d’association et de réunions pacifiques.

Ce qui permet au Québec d’être une société distincte, ce n’est pas à cause des droits collectifs, mais parce que le Québec est une province dont ses écoles, sa langue, sa culture et son droit civil sont protégés par l’AANB.

@ Marc Sauvageau,

Très bonne analyse. Que j’aimerais compléter. S’il est indubitable que c’est l’Actes de l’Amérique du Nord britannique confère des droits aux québécois. C’est le Traité du 10 février 1763 (Traité de Paris) qui met fin à la Guerre de Sept ans et instaure une paix perpétuelle qui confère aux sujets du « Roy Très Chretien en Canada » certains droits. Qui seront par la suite confirmés au fil du temps. Incluant pour les clergés et les parlements (Loi Constitutionnelle de 1791).

@ Saint-Cyr,

Il n’y a pas que les bloquistes qui estiment qu’on devrait se présenter à visage découvert lors de cérémonies comme celles de l’assermentation. Ce genre de concessions idiotes, relèvent des siècles passés et sont le fruit d’un paternalisme outrancier qui précisément ne confère aucune égalité à toute la population.

C’est un avis partagé par près de 80% des canadiennes et des canadiens. Donc, si ce que vous dites devait être vrai, il faut bien conclure que 80% des canadiens seraient à l’instar du Bloc : pauvres intellectuellement. Lorsque la province du Québec serait de loin la plus pauvre au monde avec 90% (minimum) de crétins.

Ô oui ! Je vous admire, vous faites vraiment partie de cette élite progressiste toute désignée par la Reine pour gouverner, diriger et veiller à toutes les instances du Canada ! — Ô Canada… etcetera, etcetera, etcetera.

L’atlantique s’est débarrassé des marionnettes à Harper, mais le Québec les a gardées ! Pourquoi?

Parce que mon père m’ a toujours dit de ne pas mettre mes oeufs dans le mëme panier !! N’ oubliez jamais que le peuple est toujours souverain !

Ce moment doit être célébré. Après avoir boudé le pouvoir à Ottawa durant des décennies, les québécois francophones ont choisi de voter pour des partis fermement engagés dans la politique de la fédération: le NPD, le PCC et le PLC. Et ils ont eu raison, car c’est en participant à l’exercice du pouvoir que l’on construit l’avenir. J’espère que le Parti Québécois saura tirer les leçons de cet exercice démocratique, en révisant les tenants et les aboutissants de son programme politique, qui vieillit beaucoup trop rapidement.

On tend à avoir la mémoire courte et le « changement » ici, c’est un retour à ce que le pays a connu à partir des années 60 sous les libéraux et les progressistes-conservateurs. C’est quand Harper a pris le pouvoir « majoritaire » qu’il y a eu du vrai changement! Pas dans le bon sens selon moi mais du changement quand même. Les électeurs avaient probablement une « overdose » de changement avec ce virage à droite et voulaient revenir un peu au centre et les libéraux c’est le diable qu’on connaît alors que le NPD est le diable qu’on ne connaît pas trop (selon les provinces).

Mais encore ici, on est témoin du système bancal qui nous tient lieu de système électoral. Les libéraux gouvernent « majoritaires » avec environ 40% du vote!!! Est-ce que selon eux le Québec pourrait devenir souverain avec 40% du vote? ou même avec 50% +1? NON. Mais ça ne s’applique pas à eux… Là où le bat blesse encore plus c’est que le Bloc, un parti strictement régional qui ne formera jamais le gouvernement obtient 10 sièges avec environ 800 000 votes alors que le parti Vert, un vrai parti national avec environ 600 000 électeurs dans toutes les parties du pays n’aura qu’un siège! 80 000 bloquistes ont 1 député alors que ça prend 600 000 verts pour avoir 1 député…

Faudra s’assurer que les libéraux livrent la marchandise et qu’on ait un système mixte proportionnel pour les prochaines élections pour éviter ce genre de distortion – c’est le minimum pour avoir une vraie démocratie.

C’ est simpliste votre calcul électoral!!!! En partant votre affirmation est fausse car le bloc et le parti vert ne sont pas des partis politiques aux communes!

@ Pierre,

Même si le taux de participation est meilleur de plus de 7% qu’en 2011 avec 68,5%, il n’en reste pas moins que presque un électeur sur trois inscrits, ne se reconnait pas ni dans l’un ou l’autre des partis, ni dans le système électoral tel qu’il est établi.

La question est de savoir si les partis sont capables de gouverner ensembles en ouvrant le gouvernement à plusieurs partis. Dans un scrutin proportionnel, il est toujours plus difficile de former un gouvernement majoritaire. De plus dans un système comme le nôtre avec des provinces et des territoires. Quel type de scrutin proportionnel faut-il adopter ? Les provinces les plus populeuses avec un grand nombre de députés seront toujours les plus avantagées.

Voudriez-vous que le gouvernement du Canada soit « trusté » par l’Ontario ?

Ça prend un gagnant et ce sont les libéraux! Bravo pour eux. Leur expérience passée de la gouvernance , et la jeunesse fougueuse de leur chef ont suffi pour prendre le pouvoir majoritaire !!

Pour les conservateurs , ça été une bonne lutte et une défaite honorable! En effet après presque 10 ans au pouvoir; le changement devient pour bien des électeurs un incontournable! D’ autant plus que les syndicats nationaux et provinciaux assortis des journaleux de Radio Canada ont sans doute contribués à la démonisation systématique de Stephen Harpeur! L, opposition sera féroce lorsqu’ il s’ agira d’ augmenter les emplois fédéraux et qu’ il faudra mettre au feuilleton la loi sur la clarté syndicale !!! Harper mérite un repos bien mérité!

Pour le NPD , ouf!! Ça va être dur dans les prochaines semaines! Redevenu 3 ième parti ( donc chassé le naturel et il revient au galop) Battu dans la plupart des circonscriptions auquelles les syndicats ont voulu les aider de toutes les façons (bénévolat HI! HI! et fonds publicitaires HI!HI! ) ces pauvres progressistes ont vu les poteaux oranges être abattu l’ un après l’ autre pendant la soirée d’ hier! La plus grosse erreur de Mulcair ce fût ses relations trop incestueuses avec les syndicats! C’ est un peu comme si les syndicats avaient posé leurs pancartes sur les poteaux!!

Pour le parti vert , il est aussi vert qu’ avant les élections; même qu’ il y a plus d’ arbres qui ont poussés!

Finalement les bloquistes! Wow baisse du pourcentage du vote au niveau provincial! Défaite pour une deuxième fois de suite de leur chef ! Et les députés centralisé dans la couronne nord de MOURIAL! Le mystère Montréal; a n’ y rien comprendre! Les Montréalais parle souvent du mystère Québec !! MAIS QU’ ILS SE REGARDENT DANS LE MIROIR !!! Un peu plus de 800,000 votes au Québec dont plus de la moitié provient de la région de Montréal! Coudonc, êtes-vous en possession de la science infuse? Coudonc tous les autres québecois ne comprennent rien à la politique?

Moi je pense qu’un gouvernement majoritaire est un accident de parcours (comme au Québec). Les gens voulaient sortir les conservateurs et les votes ont été très stratégiques.

À quoi sert-il de marquer sa déception des résultats d’une élection en rappelant
le passé d’un parti ou d’un autre.
Ainsi, parlant des Conservateurs, faut-il se rappeler de Mulroney, Stanfield, Campbel ou Diefenbaker ?
Parlant du passé des libéraux, parlons-nous de Martin, Chrétien, Trudeau (père) ou Pearson ?
La même question se pose au niveau provincial.
Que sont les libéraux; les disciples de Charest, Bourassa, ou Lesage
Pour les péquistes : Marois, Landry, Bouchard ou Lévesques.
Tous des partis qui auront connu des hauts et des bas à la chefferie.

Bref à quoi sert-il de toujours regarder en arrière pour oublier la valeur intrisèque
de nos politiciens actuels.
Et ne me dites pas que le passé est garant de l’avenir

« Plus vous saurez regarder loin dans le passé, plus vous verrez loin dans le futur. » Winston Churchill

Félicitation M. Justin Trudeau, vous nous avez montré que vous avez assez de `GUTS` pour tenir tête à tous ces journalistes et opposants politiciens qui ont tenté de vous démolir, même si je n’ai pas voté pour vous, je vous souhaite bonne chance et beaucoup de sagesse pour votre premier mandat comme premier ministre du Canada. Vous formez une belle famille avec votre épouse et vos trois enfants, surveillez bien vos collaborateurs car vous allez être responsable de tous leurs gestes, soyez très près de vos enfants car ils vont avoir besoin de votre protection.

Cette élection fut plutôt un référendum contre l’abrutissement, l’ignorance et la noirceur… J’ai beau être séparatiste et avoir appuyé le BLOC, je n’ai pas perdu mes élections car l’ennemie à abattre était ce dictateur pervers qui poussait l’environnement social vers la paranoïa et la grande noirceur. Après la Corée du nord de Kim Jong-un, La Russie de Poutine il y avait désormais le canada de Harper! Sérieux, c’était une vraie honte!

bon débarras!

L’excuse de PKP? Les Québécois en avaient assez de Harper et ils ont voté stratégique en élisant les Libéraux…

Hum…

1- Les Québécois ont envoyé deux fois plus de députés Conservateurs à Ottawa qu’aux dernières élections…
2- Pourtant, Duceppe et PKP ont martelé à des centaines de reprises durant la campagne que le Bloc ÉTAIT la VRAIE alternative aux Conservateurs…
3- Le Bloc était sensé détenir la balance du pouvoir…

Les Québécois et les Québécoises sont depuis longtemps passé à autre chose et les séparatistes, les pieds solidement ancrés dans les Plaines d’Abraham, sont voués à disparaître aux prochaines élections provinciales.

Seuls quelques comtés de blue-nacks du Québec profond votent encore pour eux, signe du déclin évident.

Passons avec le Bloc. Ce qui est malheureux c’est de continuer à envoyer qqe députés à Ottawa pour user le fond de culotte et bien entendu se payer une belle pension à venir comme celle que nous devons payer à tous ceux et celles qui étaient là avant. Comme on peut le voir M. PKP poursuit son rêve en cherchant toute sorte de raison pour justifier son raisonnement et bien entendu nous endormir avec son voyage d’indépendance qui finira nul part.

@ François 1,

Ça-vous fatigue pas un peu de nous raconter toujours à peu près les mêmes balourdises…. Gilles Duceppe est très sympathique et Pierre Karl Péladeau aussi. Qu’est-ce que vous avez don’ de tant à leur reprocher aux « souverainisses » qui sont pas à proprement parler des « séparatisses » ?

Tout le monde au Canada a le droit de vivre selon ses croyances et ses convictions. Un bon canadien se devrait de respecter les gens qui ne pensent pas comme eux. Un peu de respect pour vos concitoyens. Que diantre !

La bataille du 13 septembre 1759 (bataille des Plaines d’Abraham) est corolaire de la Guerre de Sept ans. La Nouvelle-France était une colonie de l’ancien régime français… pas un État souverain. Vous devriez redescendre dans le passé et bien regarder les forces en présence sur le champ de bataille, avant de parler.