Un vote qui compte

Pendant que les politiciens fédéraux conjecturent sur une possible élection automnale, un scrutin crucial pour la communauté internationale, y compris pour le Canada, se déroule aujourd’hui en Afghanistan. Le président sortant Hamid Karzaï a de fortes chances de l’emporter, mais un second tour est possible, étant donné la solide opposition offerte par certains candidats, dont l’ancien ministre des Affaires étrangères, Abdullah Abdullah.

Une victoire de Karzaï ne ferait pas que des heureux, à cause du triste bilan de son premier mandat de cinq ans. Le produit intérieur brut a crû, mais la corruption, l’insécurité, la violence, les attaques des talibans se sont répandues. Les pays membres de l’OTAN qui mettent la vie de leurs soldats en danger – le Canada en a perdu 127 à ce jour – et qui ont investi des milliards dans le développement de ce pays ne souhaitent pas la défaite de Karzaï, mais ils ne tolèreront plus bien longtemps son inaction. On se méfie aussi des alliances qu’il a forgées pour tenter de l’emporter aujourd’hui.

 Mais qu’importe l’issue de l’élection afghane, les élus canadiens, eux, devront bien finir par dire comment ils entrevoient la mission du Canada en Afghanistan. Lors des élections fédérales de 2008, ce dossier n’a même pas été un enjeu et rien ne garantit qu’il en serait autrement si des élections avaient lieu cet automne. Pourtant, la mission de combat doit prendre fin en 2011, selon le vœu du Parlement, et 2011, ça arrive vite.

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Si ici au Canada, le taux de participation est de moins de 60% alors que l’on a pas la menace de se faire assassiner lorsque l’on vote, je me demande bien ce qu’il va être en Afghanistan? Je me pose sincèrement la question: « Moi, est-ce que j’irais voter en Afghanistan?». Honnêtement, je ne sais pas! Et vous?

Ce que je trouve étonnant, c’est que l’on continue de parler de ce pays et de ce conflit, comme si ça nous concernait…

Évidemment le gouvernement canadien dispose de suffisamment de bétail pour se donner l’impression qu’il a quelque chose à dire. Mais en réalité, ce conflit ce n’est qu’un relent de l’ère bush que lon pourrait qualifier de bullshit sans se tromper.

La résurgence de la force Talibane ces derniers jours devrait allumer les lumières de ceusses qui s’imaginent qu’ils vont influer sur le cours des choses aux antipodes. Malheureusement pour eux, tant Harper que l’ineffable Iggy ne vont pas à la cheville d’Alexandre le Grand.

quand je pense aux pauvres jeunes qui font les frais de cette horrifiante erreur, j’ai envie de brailler.

@ Joseph : Juste pour vous rappeler qu’en 2008 plusieurs dizaines de citoyens de ma région qui avaient une pancarte du Parti libéral du Canada sur leur pelouse ont été victimes de vandalisme, incluant le sabotage des freins de leur automobile.

http://www.thestar.com/article/512033

On ignore toujours les résultats des enquêtes policières. On pourrait avoir une autre élection dans les mêmes conditions. Ça se passe au Canada, donc cela n’intéresse pas les journalistes.

Comment ne pas sourire quand on lit que la légitimité du résultat serait mise en doute en raison du faible taux de participation quand on sait que seulement 40 % des électeurs albertains aptes à voter se sont présentés aux urnes lors de la dernière élection.

Du haut de son perchoir, le pm Harpeur se réjouissait de cette élection Afghane….de cette démocratie naissante.
…ouais…..toute une démocratie: Force internationale, qui accompagne l’électeur, ville Kaboul assiégée, attentats quotidiens, menaces éternelles, produit national brut basé sur la culture du pavot, et ici au Canada, la conséquence est l’autoroute des héros qui ne savent plus qu’ils furent des héros, et des médailles posthumes.

« Y nous prennent pour des caves ».

Dans la même veine…Les révélations de Tom Ridge, que Rumsfeld et Ashcroft l’auraient pressé de monter le niveau d’alerte au terrorisme juste avant le vote de 2004.

http://features.csmonitor.com/politics/2009/08/20/tom-ridge-kisses-and-tells-on-bushs-terror-levels/

On en arrive à se demander si c’est l’Afghanistan qui se dirige vers la démocratie – ou si ce sont les démocraties américaines et canadiennes qui se dirigent vers le tribalisme.

Pour une fois, je suis d’accord avec M Lemay. On se souvient de la déclaration du premier ministre Harper à la CBC le 18 septembre 2006 au sujet du rôle et de la mort de nos soldats :

« I can tell you it’s certainly engaged our military. It’s, I think, made them a better military, notwithstanding–and maybe in some way because of–the casualties. »

Et, lors de la même entrevue, au sujet du rôle que joue le Canada en Afghanistan « certainly raising Canada’s leadership role, once again, in the United Nations and in the world community. »

Clair comme de l’eau de roche – Harper juge de la qualité de notre armée en fonction du nombre de morts au combat – plus il y a de mort, mieux c’est pour l’armée – et il juge que c’est par des gestes de combats militaires que le Canada devrait se distinguer sur la scène internationale.

http://www.policyalternatives.ca/MonitorIssues/2006/11/MonitorIssue1513/

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