Une culture de caste?

La prochaine fois que vous ferez le pied de grue à une clinique sans rendez-vous parce que vous n’avez pas de médecin de famille ou que vous vous taperez un 21 heures d’attente à l’urgence – le temps moyen d’attente à Montréal -, vous aurez sûrement une pensée pour ceci.

Le Journal de Québec et le Journal de Montréal rapportent que dans plusieurs sociétés d’État, l’argent des contribuables couvrirait les frais de bilans annuels de santé pour un certain nombre de cadres. Ces bilans de santé se font à la clinique privée du choix du gestionnaire. Et ce, pour un coût moyen annuel de 1 000$ par cadre qui s’en prévaut.

(Notez que l’article en lien ici est réservé aux abonnés.)

Avouons que l’information coupe un peu le souffle.

À titre d’exemples seulement, l’article mentionne 140 cadres chez Hydro-Québec, 240 chez Loto-Québec, 800 à la SAQ et 7 vice-présidents à la SAAQ. Chez Hydro-Québec, cette pratique remonterait jusqu’à l’an 2000 – ce remboursement y étant ajouté au revenu imposable des cadres.

De telles politiques édictées par des sociétés d’État n’est pourtant pas sans effets délétères :

– Des cadres se font payer leurs bilans de santé annuels – ou un à tous les deux ans, selon les politiques de chaque société d’État -, à même les fonds publics en plus de leurs rémunérations déjà généreuses.

– Ce faisant, ces sociétés d’État contribuent aussi à nourrir le marché fort lucratif et en expansion des cliniques médicales et des tests diagnostics privés, nommons-les, «VIP» – dite «médecine personnalisée et prédictive» -, une pratique en croissance qui cannibalise, par définition, le système de santé public.

– En offrant ce remboursement, elles permettent aussi à ces cadres d’avoir un accès privilégié et rapide à des bilans de santé auxquels de nombreux citoyens n’osent même plus rêver.

On ne s’en sort pas, la culture de gestion qui sous-tend ces politiques s’apparente à celle d’une caste.

En ces temps sensibles où le mot «intégrité» est sur toutes les lèvres, la chose ne passe pas inaperçue.

Non pas parce qu’elle serait illégale ou frauduleuse. Elle ne l’est pas. Le problème ici est que cette politique puise à même l’argent des contribuables pour payer un service à des cadres déjà privilégiés par leurs niveaux de revenus et les avantages dont ils jouissent également aux frais des citoyens.

Le sens de l’intégrité, c’est aussi de ne pas traiter les fonds publics comme une jarre à biscuits. Que le biscuit soit petit ou gros.

Car l’important ici, ce ne sont pas les montants en jeu – une minuscule goutte dans l’océan du budget de l’État -, mais le principe lui-même et la «culture» de gestion que ce genre de politique trahit. Une culture de privilèges troublante et ce, que l’air du temps soit ou non à l’«austérité».

Si des cadres ne peuvent pas voir eux-mêmes et elles-mêmes à leur propre santé ou «habitudes de vie», est-ce aux contribuables à casquer en plus pour des bilans de santé de «prévention»? Poser la question…

En entrevue sur le sujet à l’émission de Benoît Dutrizac au 98.5, le président du Conseil du trésor, Stéphane Bédard, répondait ceci:

Honnêtement, je me pose de sérieuses questions et on va revoir ça, effectivement, mais ça ne touche pas seulement eux, ça touche l’ensemble des sociétés d’État.

Ah bon?

Bien hâte de voir quand, précisément, on mettra fin à ce genre de pratiques aussi injustifiées qu’injustifiables.

Nourrir l’iniquité

En nourrissant de surcroît l’expansion de la privatisation des soins de santé au Québec – déjà la plus élevée de toutes les provinces canadiennes – ces sociétés d’État posent en effet un geste lourd de sens.

Ce geste dit que le système public et ses propres délais d’attente ne sont pas assez performants pour leurs cadres.

Le sens du geste est par ailleurs rigoureusement le même que pour certains élus qui, d’une main, défendent le système public d’éducation, et de l’autre, inscrivent leurs enfants à l’école privée – une école dite «privée», mais subventionnée dans les faits à hauteur de 60%. Un cas unique au Canada.

Dans les faits, en se faisant rembourser un bilan de santé à même les fonds publics, le cadre d’une société d’État fait la même chose. Il va au «privé» pour recevoir un service «VIP», alors que dans la réalité des choses, c’est l’argent des contribuables qui lui permet de le faire.

Vous avez dit «iniquité sociale»? Vous avez bien raison. En santé comme en éducation primaire et secondaire, le «deux poids, deux mesures» s’installe à demeure au Québec.

Comme début timide de réponse à l’iniquité croissante d’un système d’éducation où le «privé» est en fait subventionné à 60%, le PQ s’était pourtant engagé à ceci dans sa plateforme électorale:

Modifier le financement des écoles privées afin qu’elles soient tenues, comme les écoles publiques, d’intégrer et de soutenir les élèves qui ont des difficultés d’apprentissage.

Cesser de subventionner les écoles privées axées essentiellement sur l’enseignement de la religion qui ne respectent pas le régime pédagogique ainsi que les écoles dont les admissions sont fondées sur l’appartenance confessionnelle.

Or, comme sur plusieurs autres engagements, le gouvernement Marois semble avoir également enterré celui-là. Qui parle encore ne serait-ce que d’une intention de revoir, même minimalement, le financement public des écoles «privées»?

En fait, dès que la ministre de l’Éducation, Marie Malavoy, a cru bon de rappeler cet engagement, la première ministre s’en est, quant à elle, éloignée. On était pourtant très loin d’une promesse de revoir avec sérieux le principe même du financement public des écoles dites privées.

Pour ce qui est du système de santé, au début du mois, le nouveau ministre de la Santé, Réjean Hébert, brisait quant à lui un tabou en reconnaissant qu’un système inéquitable à «deux vitesses» existe bel et bien au Québec. Ce qui, précisait-il, «est inacceptable».

Et le ministre d’ajouter que l’accès au système de santé «doit être déterminé par la carte d’assurance-maladie et la priorité clinique», non pas par ce qu’on a «dans ses poches ou dans son compte de banque». Voilà.

Mais au-delà des déclarations, il restera à voir si le gouvernement agira concrètement ou non pour assurer le début d’un retour au principe fondamental d’un système de santé public universel de qualité et accessible à tous sans égard aux revenus des particuliers. Par contre, question de santé… personne ne retiendra son souffle ici, non plus.

Si le principe est, selon le ministre, que l’accès aux soins de santé ne soit pas «déterminé» par l’argent qu’on a «dans ses poches ou dans son compte de banque», il doit sûrement inclure aussi l’argent des contribuables qui ne devrait pas servir à faciliter l’accès pour des cadres de sociétés d’État à des bilans de santé faits au privé…

***

Nourrir le cynisme et le désengagement

À la fin de l’article du Journal de Montréal, on annonce la suite : «La RAMQ enquête».

Bien hâte aussi d’entendre les ministres responsables des sociétés d’État annoncer que cette pratique cessera. Point.

Gérer les fonds publics de manière «responsable», comme les membres du gouvernement le répètent en choeur sur tous les sujets et toutes les tribunes, ça comprend sûrement aussi de ne pas payer ce genre de «cadeau» à des cadres de sociétés d’État sous le prétexte absurde d’encourager de «saines habitudes de vie»…

Il faut voir également à quel point ce genre de situations contribue au bris de confiance pourtant déjà amplement marqué entre les citoyens, leurs élus et leurs institutions publiques.

Ce qui, inévitablement, nourrit le cynisme et le syndrome généralisé du «tout est pourri».

Ce syndrome, à son tour, nourrit le désengagement.

Ce faisant, il lui arrive aussi de nourrir une certaine droite qui, plutôt que d’en appeler à une gestion nettement plus responsable des fonds publics pour mieux protéger le bien commun, préfère se servir de ce genre d’exemples pour dévaluer le rôle de l’État et encenser le secteur privé.

D’où, aussi et autant pour ces autres raisons, l’importance pour les élus de mettre fin à des situations, petites ou grandes, d’abus évident de fonds publics. Et de le faire clairement.

Et qu’on ne nous dise pas que si l’État n’offre pas ce genre de «cadeaux» à ses cadres, qu’il ne pourra pas «concurrencer» le privé et recruter des personnes de «qualité».

La «qualité», ça se mesure aussi à la capacité de distinguer la mission et les  moyens financiers du public de ceux du privé.

Bref, la «qualité» se mesure aussi à la capacité de faire la différence entre «servir» et «se servir»… même lorsque c’est parfaitement légal de «se servir»…

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240 chez Loto-Québec

J’imagine que ca comprend l’ancien conjoint de Lyne Beauchamp, le monsieur qui a été mentionné à la Commission Charbonneau et qui est justement en congé de maladie présentement?

Le système public que les péquistes sous prétexte d’être minoritaires ne toucheront guère l’est sur papier avant toute chose.

Nous ne sommes que des numéros en attente de soins lorsque non cadres publics ou politiciens. Un exemple banal mais oublié parce que les grandes maladies retiennent l’essentiel des observations.
Pour recevoir de la physiothérapie publique, il faut attendre deux ans fermes parce que l’arthrose générale ou cervicale, vertébrale, des hanches ou des genoux est considéré comme mineure par le ministère de la santé en somme. Pour le ministère de la santé sous les péquistes d’hier puis des libéraux de Charest jusqu’en septembre, les cliniques de physiothérapie privée au coût de 80 à 85 dollars la séance c’est l’idéal pour enlever la douleur après 50 ans.

Évidemment cela sans oublier que si les problèmes cardiaques, cancers et diabète sont couverts entièrement par le public, les délais d’attente n’en sont pas moins révoltants! Sans parler de ces maladies rares mal couvertes dans les médicaments.

Cette nouvelle de cadres de sociétés d’états qui se font payer leurs soins privés par les citoyens relève d’une nomenklentura digne de l’ex URSS!

Cela doit être transformé par ce nouveau gouvernement qui crie au loup sur l’état des finances publiques. On suppose que ces cadres souvent liés aux partis politiques pour 1,000 dollars ne supporteront pas les risques d’ACV, de morts subites ou autrement de douleurs arthritiques fortes.

C’est révoltant et cette information devrait être connue totalement sans oublis.

Josée Legault, bravo pour ce texte.

Après avoir lu quelques paragraphes du début de ce texte qui révolte, je n’ai pu m’empêcher de faire le lien avec les aparachiks du régime soviétique.

Le pouvoir corrompt. Peu importe le régime, les individus Alphas adoptent le même comportement. Nous sommes au haut de la pyramide, eux en bas… Le mépris des moins fortunés vient facilement à certains heureux que la vie a choyés par un ADN sympathique.

Cette dérive est répugnante. Votre conclusion, Mme Legault s’impose. Il faut y mettre fin. Etre fonctionnaire entraîne certaines obligations, certains sacrifices pour la nation. On ne peut confondre l’entreprise privée et la fonction publique. Prière de méditer.

Bonjour,

Bien sûr, si nous osons dire cette vérité crue que le Québec est la dernière de toutes les provinces Canadiennes qui bénéficia de la gratuité des soins d’assurance maladie et d’hospitalisation et ce, tardivement après toutes les autres provinces du Canada, bien des nationalistes québécois pousseront de cris de vierges offensées. Et si en plus d’être la dernière des provinces à l’avoir cet accès social, le Québec est la première de toutes les provinces Canadiennes qui privatisa à outrance son système de santé tellement que l’Alberta est une province de GAUCHE à ce niveau si nous la comparons au Québec.

En outre, serais ce que la population québécoise soit si peu politisée ou bien carrément dans les limbes que sondages après sondages, les québécois sont en très grande majorité pour la privatisation des soins de santé et ce, depuis longtemps. Tandis que dans le reste du Canada beaucoup plus à gauche concernant les acquis sociaux, la Santé est une vache sacrée à laquelle il ne faut surtout pas toucher….. But, in the Québec, you knows….

Finalement, dans ce qui ressemble vraiment à une culture de caste depuis le début des années 2000, serait ce une conséquence du massacre à la scie mécanique fait par le Parti Québécois avec Monsieur Lucien 49.4 % d’effet Bouchard ? Cela coïncide drôlement avec cette triste période où les malades québécois emplissaient de pleins autobus pour aller se faire soigner chez les amis des péquistes, soit les américains. Tellement qu’en deux ans, Plattsburg s’est payé un hôpital flambant neuf sur le bras des payeurs de taxes québécois……

En conclusion, face à ces dramatiques coupures du Parti Québécois en 1998 pour son flamboyant déficit zéro, serait ce que cette culture de caste s’est établie par la force des choses pour assurer la productivité et le rendement de la Fonction Publique devenue exsangue ? Où encore pour récompenser cette même Fonction Publique du massacre à grands coups de tronçonneuse dans la liste de paie ? Au plaisir, John Bull.

Tout à fait normal que dans un système étatiste qu’il y ait des apparatchiks.

(en passant il y a aussi de la corruption)

Il n’y a pas de pire système à deux vitesses que celui de Cuba.

Et vous savez quoi, plus le système deviendra rationné et déficient pire ce sera.

Les mauvaises habitudes s’incrustent et nourrissent le cynisme; les citoyens dégoûtés se désengagent et se replient dans le cocooning… ce qui laisse le champ libre à des propagandistes *très* bien payés pour répandre leur « idée » d’un État au service du privé — i.e. le service des grandes fortunes, celles qui constituent ce qu’on appelle couramment et sans réfléchir « l’économie ».

Dans le but d’avoir une fonction publique très performante, surtout chez les cadres supérieurs, on hésite pas à affirmer, avec raison d’ailleurs, que les conditions de travail qu’offre le gouvernement doit se comparer favorablement avec ce qu’offre l’entreprise privée pour le même genre de poste. On évoque souvent les salaires mais il y aussi les autres avantages liés au poste occupé.

Donc est-ce que pour le même niveau d’emploi on retrouve ces mêmes avantages que dénonce Mme Legault ? Si la réponse est affirmative, devons-nous toujours conclure que de tels avantages sont outranciers ? Je pense que NON.

En fait, la première conclusion à laquelle j’arrive, c’est que notre système de santé n’est pas optimal. Mais aurions-nous des fusibles trop sensibles ? Par exemple personne ne chialerait à propos d’un pilote de Formule Un si, à cause d’un grave accident sur la piste Gilles-Villeneuve, il était transporter en hélicoptère vers une salle d’opération réservée pour toute la fin de semaine de la course, juste au cas où… Idem pour un joueur du Canadien de Montréal victime d’une sauvage mise en échec.

Qui irait réclamer le même niveau de soin pour toute la population ? Spontanément, on accepte certaines différences car on se dit que les organisations paient un surplus pour de tels services. C’est du moins ce que nous espérons.

Pouvons nous faire un tel parallèle avec le sujet évoqué par Mme Legault ? Oui d’une certaine façon ou jusqu’à un certain point. En effet ces gestionnaires de haut vol ne sont pas moins, à mes yeux, que ces vedettes millionnaires du sport.

Entièrement d’accord avec le fait de veiller à ce que tous les hauts fonctionnaires maintiennent leur esprit sain dans un corps sain comme chez tous leurs subalternes et aussi entièrement en désaccord avec le fait d’accorder à quiconque de la main droite des privilèges de castes que la main gauche refuserait d’accorder. Est-ce que dans ce cas précis le gouvernement actuel péquiste fera la démonstration, une fois de plus, de sa vraie nature à deux faces ?

Ca tombe sous le sens que cette histoire de bilan de santé pour les cadres des sociétés d’état doit cesser immédiatement. Franchement, je me demande si le ministre sait ce qui se passe dans les sociétés d’état dont il a la responsabilité.

Et aussi tous ces bonus au rendement pour les cadres de ministères ou de nos sociétés publiques qui ne devrait pas exister. Comment peut-on parler de performance lorsqu’il n’y a pas concurrence? Veut-on nous faire accepter le principe qu’une société d’état se concurrence elle-même ou que de la gérer implique une problématique de concurrence entre employés?

Je pense qu’il faut aussi parler d’éthique lorsqu’on énumère les façons de faire ou d’agir pour nos élus.Comme si cela n’existe plus ou que la manière d’agir ou de se comporter comme élus est un dogme passé date.

Quand on a un salaire de cadre doré sur tranche 🙂 on peut se permettre les frais de cette médecine à deux vitesses.

Offrir au nom et aux frais du contribuable des conditions d’emploi qui franchissent l’indécence me pu au nez.

Ma femme a attendu 19 heures, pour rien, à l’urgence de Hull parce que nous n’avons plus de médecin de famille. Au bout de 19 heures, le médecin, une doctoresse, lui a dit d’aller se faire cuire un oeuf et de ne fréquenter l’urgence qu’à l’article de la mort ou coupée en petits morceaux. On veut du sang, faut croire.

Depuis, mon épouse et moi avons dû nous inscrire à une clinique. En échange de 115 $, nous avons le privilège insigne d’être vu par un médecin et avoir le droit d’attendre dans la salle d’attente, contrairement aux non initiés qui doivent attendre dehors qu’on leur fasse signe d’entrer si jamais cet instant vient. C’est ce que ma femme a vu de ses yeux vu il y a deux ans environ. Et nous étions en hiver… Bonjour la charité chrétienne.

Il nous faut espérer que cette cruauté n’a plus cour et que cette insensée a été éduquée dans l’art de l’hospitalité.

J’appuie les propos de monsieur Gingras, il est impossible de se faire voir a l’hopital de Hull, sans etre a l’article cle cle de la mort..ni dans une clinique, pour des suivis. Il nous faut traverser le pond pour y etre vu par des medecins ontariens. L’hopital de Hull c’est beaucoup pour les personnes du troisieme age transferes via des residences etc. Et les cliniques, helas, ne font pas de suivis avec les sans rendez-vous..

Sans porter de jugement sur le côté inégalitaire de l’affaire (médecine plus accessible pour ceux qui peuvent se la payer, accaparement des ressources au profit de privilégiés, …etc), ne pourrait-on pas dire que le discours qui s’adresse auxdits cadres est le suivant: « Vous DEVEZ passer des examens périodiques; que le coût vous en soit remboursé signifie qu’il est partie intégrante de votre rémunération »
À ce point de vue, l’argument voulant que ce remboursement est effectué à même des fonds publics, s’apparente à un sophisme: c’est l’ensemble de la rémunération desdits cadres qui grève les fonds publics. Savoir si cette rémunération est excessive est une autre question, mais le +/- 1000$ de frais médicaux n’en représente probablement qu’une portion très congrue.

Drôle de lire certains grands défenseurs de l’étatisme rejoindre le camp des lucides et défendre le privé…

Je n’aurais jamais pensé que certains orthodoxes pouvaient faire preuve d’autant de « flexibilité morale »…

Personnellement, je constate que même dans le gouvernement, on fait ENFIN preuve d’un minimum de réalisme et on constate ce qui crève les yeux du reste du monde québécois mais que peu de fonfons admettent: le privé est, et de loin, beaucoup plus efficace et à l’écoute des besoins des gens que le domaine public.

Qui peut les blâmer? Ils veulent être évalués et soignés AVANT de mourir…

De plus, toute personne qui bénéficie des soins du privé n’utilise PAS le système public et contribue ainsi à son désengorgement. Même principe pour l’école privée.

Si un hôpital privé laissait mourir des gens en refusant de les traiter (après qu’ils aient payé pour leurs soins de santé), le scandale serait énorme, des gens seraient dans la rue pour manifester et d’autres seraient en prison pour avoir laissé mourir des gens.

Mais quand un hôpital public laisse mourir des gens en refusant de les traiter (après qu’ils aient payé pour leurs soins de santé), pas de scandale, pas de manifestation, pas de prison…

Comme quoi la plus grande réalisation de l’étatisme est de nous avoir habitué à la médiocrité et de nous avoir insensibilisé à la misère humaine…

C’est aussi un rappel criant que dans le secteur privé, la recherche du profit incite les hôpitaux à traiter le plus de gens possible. Dans le secteur public, la recherche du profit incite les hôpitaux à traiter le moins de gens possible…

Tout ca est un problème de transparence, pourquoi les cadres, les politiciens, les vedettes et les familles des employés du système de santé passent avant les autres? Il y a déjà un système à deux vitesse mais il se base sur les contacts ou les « castes » comme vous le dites.

Au contraire de vous, je trouve super notre modèle d’école privée subventionné à 60%, s’ils étaient dans le public on paierait 100% de leurs études. Ca laisse aussi un choix aux parents. Je proposerais exactement le même concept au système de santé. Des cliniques privée subventionnées à 60%. Présentement, elles le sont à 0% et seulement la « caste » supérieure économique peut se les permettre, les autres sont aussi bien d’avoir des contacts dans le « Réseau » ou d’attendre 19heures. Ce ne serait pas parfait comme système, mais ca aurait au moins le mérite d’être transparent. Au final, l’accessibilité peut pas vraiment être pire…

J’ai travaillé un peu dans le Réseau, je peux vous assurer que l’employé et sa famille vont passer plus vite que les autres. C’est un secret de polichinelle comme on en voit à la Commission. Belle équité, belle transparence…

Lorsque l’on joui d’un gros salaire on a pas besoin de cerise sur le gâteau.

Si je gagnais plus de 100 00 $ par année, je ne chicanerais pas parce que je peux me permettre de débourser 1 000 $ pour un examen médical complet. De toute façon, c’est à son avantage de se faire examiner régulièrement.

C’est une question de principe et d’équité. Pas à mes frais. Surtout quand moi je suis incapable de me payer ça malgré mes taxes et mes impôts. 🙁

«faire preuve d’autant de “flexibilité morale”…» Que voilà une expression répugnante.

Évidemment si nous considérons que la haute fonction publique québécoise ne mérite pas d’être constituée des meilleurs gestionnaires disponibles sur le marché même s’ils gèrent des milliards de dollars et toute notre avenir, il est complètement absurde de leur offrir des conditions équivalentes à ce qui se fait ailleurs dans le privé. Voilà objectivement ce qui est en cause. Le marché privé existe, il est là et tout un chacun a le droit fondamental de choisir d’y appartenir ou non. Qui veut l’abolir ?

La question à laquelle nous devons répondre est essentiellement celle-ci : comme société sommes-nous disposés à faire en sorte de pouvoir compter sur des éléments de la plus haute qualité pour constituer la haute fonction publique ? Est-ce logique de penser qu’une haute fonction publique pouvant compter sur des conditions de travail médiocres aura de fortes chances d’être de compétence médiocre ? Il me semble que poser la question c’est y répondre.

Tant que nous évoluerons dans une société de marché, nous devrons en accepter ses règles. Offrez moins et vous obtiendrez moins. Si la société québécoise accepte cette règle, elle doit vivre, logiquement, avec les implications. Il n’est donc pas question, comme l’écrit fort adroitement un adroit mais minable populiste, de devenir un laudateur d’une «moralité flexible» qui explique l’existence même de la commission Charbonneau.

«On ne saurait stigmatiser par trop d’expressions le vice de ces hommes souples et trompeurs toujours prêts à parler comme vous le voulez, non comme la vérité l’exige.»
[Cicéron]

@ Denis Drouin (# 17):

Donc…bref, le privé (du moins en santé) est supérieur au public. Merci de l’admettre!

Pour ce qui est des fonfons de la haute sphère de l’administration publique que nous devons traiter comme des divas parce qu’ils supportent sur leurs frêles épaules de lourdes responsabilités, je vous souligne que, jusqu’à maintenant du moins, les ripoux identifiés par la Commission Charbonneau appartiennent tous à cette caste de privilégiés. Le fait de les traiter pharaoniquement ne les a pas empêché de devenir corrompus. D’ailleurs, leurs excuses en disent long sur leurs « responsabilités »…

Fin de votre théorie.

@ François 1

Connaissant votre idéologie, je redoute l’emploie du terme » efficace » dans votre commentaire. Qu’ils soient au privé ou au public les soignants sont soumis aux mêmes règles déontologiques de leurs ordres professionnelles.

Le tout au privé que vous prônez, vous obligerait à vous assurer. Il en résulterait que ce serait votre assureur qui vous dicterait les soins à recevoir. Il s’agirait donc, que vous ayez une maladie dont les soins ne sont pas assurés pour que votre vie soit en danger. C’est ce qui se passait aux USA avant l’Obama Care. Pensez-y bien, avant de trop vanter le privé.

@ Marc Sauvageau (# 19):

J’ai tenté de vous répondre à deux reprises en vous envoyant un lien vers « Antaginiste » dont les pensées sur ce sujet me rejoignent mais les deux réponses ont été bloquées sans que je sache pourquoi.

En gros, les temps d’attente aux USA – VS – le Québec sont honteux pour votre Québec et SURTOUT, on y lit les choses suivantes:

« Pour les gens qui n’ont pas les moyens d’aller à l’hôpital, je vous rappelle que les pauvres sont couverts par le programme medicaid, les vieux ont le programme medicare et pour ceux qui n’ont pas d’assurance, la loi interdit aux urgences de refuser des patients qui n’auraient pas les moyens de payer pour leurs soins. » Voilà!

Il y a également un graphique explicite que tous peuvent facilement compendre.

Le titre de l’article est le suivant: « Réduire les attentes ».

Bonne lecture.

ADMIN : Problème de filtre à spam. Voici le lien : http://www.antagoniste.net/2012/10/24/reduire-les-attentes-2/

@ François 1 #20

On ne juge pas un système de santé seulement par l’attente aux urgences qui est un élément d’un tout. Seulement 16% des américains adultes (moins de 65 ans) profitent d’une couverture publique (medicare, medicaid).En 2012 il y avait encore 16,5% de la population adulte qui n’était pas assurée depuis au moins 2 ans. L’espérance de vie des américains est de 78,2 ans (25e rang sur 32 pays de l’OCDE). « En 2010, 26 100 personnes de 25 à 64 ans sont mortes parce qu’elles n’avaient pas d’assurance maladie, selon une étude récente de Families USA. C’est trois personnes par heure. » (1) Avec comme résultat, que c’est le système le plus coûteux aux monde !

1- http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2012/06/29/002-usa-decision-cour-supreme-md.shtml

@ Marc Sauvageau (# 21):

Donc, si je vous comprend bien, plus longtemps on attend sur une liste dans un système de santé, comme au Québec par exemple, et plus notre espérance de vie augmente… SVP élaborez parce que moi, je m’y perds.

De plus, le système de santé d’un pays n’est qu’UN facteur parmi beaucoup d’autres qui ont un impact sur l’espérance de vie. On ne peut y attribuer toute la place.

Moi, je comparais les systèmes de santé Canada – VS – États-unis et je constate que l’on poiraute mois là-bas qu’ici mais comme c’est maintenant une bonne chose pour notre santé de séjourner dans une salle d’attente et dans les corridors des hôpitaux…

@ François 1 #22

« Donc, si je vous comprend bien, plus longtemps on attend sur une liste dans un système de santé, comme au Québec par exemple, et plus notre espérance de vie augmente… ». Avec un raisonnement aussi réducteur, caractéristique de la pensée libertarienne, il n’est pas étonnant que vous soyez perdu. Vous avez fait une corrélation douteuse qui fausse ma pensée.

Il est vrai que les habitudes de vie ont une influence importante sur l’espérance de vie. Mais de mauvaises habitudes de vie (tabagisme, mauvaise alimentation…) ont des conséquences directes sur le système de santé (tabagisme menant au cancer, obésité menant au diabète ect.). Or, les personnes atteintes de ces maladies qui bénéficient de soins adéquats peuvent voir leur espérance de vie augmenter.

Les 16,5 % d’américains non-assurés, évidemment poirotent pas longtemps à l’hôpital et même les assurés, parce qu’au prix d’une journée d’hospitalisation, ils n’ont pas un grand intérêt à rester longtemps.

@ Marc Sauvageau (# 23):

« Les 16,5 % d’américains non-assurés, évidemment poirotent pas longtemps à l’hôpital et même les assurés, parce qu’au prix d’une journée d’hospitalisation, ils n’ont pas un grand intérêt à rester longtemps. » (sic)

Retournez lire le lien que je vous ai fait parvenir à ce sujet (ils sont pris en charge par l’état).

De plus, il y a environ 40% des américains qui ne sont pas assurés le font PAR CHOIX!

François 1 #24

Faut-il vous rappelez qu’une couverture d’un système de santé qu’il soit public ou privé dépasse les « visites » à l’urgence d’un hôpital.

Les 16,5% d’américains non-assurés que j’ai mentionnés sont exclus des programmes de couvertures publiques et ne sont donc pas pris en charge par l’état.

Les programmes d’assurance-santé privés étant fournis en majorité par les employeurs, il y a de forte chance que les américains sans protection, le sont, parce que l’employeur n’offre tout simplement pas ces programmes, et non par choix des citoyens américains.

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