Une élection et ses secrets

Les Québécois devront se résigner à voter sans connaître l’étendue du marasme lundi. Il n’y avait aucune urgence à déclencher une élection. 

PolitiqueMes écrits au Devoir et à L’actualité ont été repris samedi par les ministres Jean-François Lisée et Pierre Duchesne. On m’a instrumenta-Lisée!

En désespoir de cause, tirant de l’arrière dans les sondages, les ténors péquistes ont agité l’épouvantail des années libérales, désormais sous la loupe de l’Unité permanente anticorruption (UPAC). L’édifice du PLQ est rempli de vices cachés, ont-ils dit en substance.

Ils ont repris une partie de cette chronique, dans laquelle j’affirmais:

«Si j’étais Philippe Couillard, je claquerais des dents. À quelques jours du déclenchement probable de la campagne électorale, l’UPAC se remet curieusement à brasser la ruche du financement illégal des partis provinciaux.»

C’était le 1er mars, après les perquisitions menées aux bureaux de la firme de génie conseil Roche et à la résidence de son ancien vice-président, Marc-Yvan Côté.

MM. Lisée et Duchesne ont également cité cet extrait d’une chronique publiée samedi dans Le Devoir, dans le cadre d’un dossier sur le bilan de la campagne. J’y écrivais:

«Combien? Combien d’ex-ministres, collecteurs de fonds, ingénieurs et entrepreneurs liés au PLQ (la seule formation qui a fait l’objet de perquisitions à ce jour) seront embarrassés par les travaux de la commission Charbonneau et la conclusion des enquêtes de l’UPAC? Et quel sera le prix politique à payer pour Philippe Couillard?»

Que s’est-il passé entre le début et la fin de la campagne? Un consortium de médias dont fait partie Le Devoir a obtenu partiellement les déclarations assermentées faites par les policiers, afin d’obtenir l’autorisation judiciaire pour mener des perquisitions chez Roche et chez M. Côté, un vieux routier de l’organisation politique.

Ces informations sont frappées d’une ordonnance de non-publication qui sera levée en partie vendredi prochain, à 17h. Au pif, je dirais que ces informations vont surtout conforter péquistes et libéraux dans leurs certitudes. Les uns vont crier au loup, les autres vont rappeler que le passé appartient au passé.

Dans leur conférence de presse, les ministre Lisée et Duchesne se sont beaucoup emballés. Ils ont confondu la perquisition réalisée en juillet dernier à la permanence du PLQ avec les perquisitions récentes chez Roche et Marc-Yvan Côté. Même si toutes les perquisitions menées jusqu’ici font partie d’une seule et même enquête, le projet Joug, les enquêteurs n’ont pas obtenu un mandat unique. À chaque fois qu’ils veulent faire une perquisition, ils doivent convaincre un juge du bienfondé de leur démarche. Et à chaque fois, les journalistes essaient d’obtenir une partie des informations, dans le cadre de requêtes dont ma collègue Isabelle Richer explique ici les fondements d’une manière claire et cohérente.

Les documents nous reviennent toujours avec un important caviardage. Des passages sont noircis par le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), principalement pour ne pas compromettre l’enquête en cours, préserver la réputation de tiers innocents, protéger des sources et des informateurs, et respecter le principe de la présomption d’innocence.

Les informations contenues dans les documents publics nous permettent d’affirmer que le PLQ est la cible d’une enquête pour du financement illégal en échange de contrats publics, le tout avec une touche de collusion. Les policiers enquêtent sur des allégations de complot, fraude, abus de confiance, corruption de fonctionnaire, fraude envers le gouvernement et contribution d’entrepreneurs à une caisse électorale.

L’UPAC a ciblé au moins 11 personnes, dont l’identité reste secrète. Les policiers s’intéressent notamment à une activité de financement tenue au restaurant Louis-Hébert, à Québec, où l’ex-ministre des Affaires municipales, Nathalie Normandeau, était l’invitée d’honneur. Ils s’intéressent aussi au rôle de Marc Bibeau, président de Schokbéton et grand argentier du PLQ sous Jean Charest.

Personne n’a encore été accusé, et les informations contenues dans les documents ne constituent pas de la preuve. Il s’agit tout au plus d’allégations et de soupçons de la police.

Jean-François Lisée et Pierre Duchesne ont lancé quelques faussetés durant leur conférence de presse, et il m’apparaît important de clarifier les faits.

D’une part, les journalistes ne sont pas empêchés de révéler l’identité des 11 cibles de l’UPAC. Ils ne connaissent même pas leurs noms, et ils ne les connaîtront pas plus le 11 avril après la levée des ordonnances de non-publication dans les dossiers de Roche et Schokbéton.

D’autre part, si l’ordonnance de non-publication court jusqu’au 11 avril, ce n’est pas en raison de manœuvres de l’avocat du PLQ. C’est parce que le procureur responsable du dossier au DPCP était en vacances.

Les péquistes et bien des citoyens allergiques à la corruption ne comprennent pas que les électeurs puissent s’apprêter à reconduire le PLQ au pouvoir, après un purgatoire de 18 mois, alors que l’UPAC et la commission Charbonneau s’intéressent au financement illégal de la formation.

Les journalistes ont écrit tout ce qu’ils pouvaient écrire sur le projet Joug. La Presse a même poussé le dossier un peu plus loin en affirmant que les enquêteurs s’intéressaient aussi au financement du PQ. Dans les années 90, les firmes de génie conseil se seraient réparti le marché des contrats publics lors de ventes aux enchères annuelles. Les bénéfices seraient retombés dans les coffres du PQ (une information niée par Pauline Marois).

Je l’ai dit et je le redis: les Québécois devront se résigner à voter sans connaître l’étendue du marasme lundi. Mme Marois et sa garde rapprochée devront faire un sérieux examen de conscience. Il n’y avait aucune urgence à déclencher une élection. Avec un peu de patience, un peu de temps, la commission Charbonneau et l’UPAC auraient pu arriver à des résultats concrets. Et les électeurs auraient pu voter en toute connaissance de cause.

* * *

À propos de Brian Myles

Brian Myles est journaliste au quotidien Le Devoir, où il traite des affaires policières, municipales et judiciaires. Il est présentement affecté à la couverture de la commission Charbonneau. Blogueur à L’actualité depuis 2012, il est également chargé de cours à l’École des médias de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). On peut le suivre sur Twitter : @brianmyles.

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Bonjour,demain vous voulez faire du BACON ($$$$$)ne votez pas pour les deux vieux partis car depuis 1976 ils ont a leur deux un bilan de $$$$$$de plus de 200 milliards et une devaluation de plus de 20 milliards alors demain vous voulez faire du BACON $$$$$aller voter pour vous,moi,et vous tous car le passer est la mais il y a un mais demain le vote que vous aurez entre vos mains en sra un pour vous et l’avenir de vos enfants et petit enfants et voter pour plus de BACON $$$$$dans vos poche.
Bonne reflexion.Ecris avec un pointeur lazer alors pas d’accent.

Vu de l’extérieur du Québec, le marasme dont il est fait mention ici semble encore plus important : des êtres intelligents, se disant capables de diriger leurs concitoyens, ont tout donné au peuple à ce jour. En effet, l’État providence québécois a cédé sous la pression de Julie Snyder pour aider les femmes à faire des bébés, il a offert aux gens des programmes sociaux blindés quand il n’avait même plus les moyens d’effectuer de telles dépenses. On dit que si la dette d’un gouvernement était effacée du jour au lendemain, le premier geste que ce dernier poserait en serait un d’endettement. Enfin, tout le monde sait que pour gagner des votes et accéder au pouvoir, il faut offrir aux enfants que nous sommes des bonbons à même notre tire-lire. Bonne chance, Québec !

Attention de ne pas comparer des pommes avec des oranges. À date, un seul parti a eu des perquisitions et risque des accusations au criminel.

Il n`y aura aucun parti qui sera accusé au criminel mais des personnes avec preuves qui auront magouillées au financement politique et autres!

Ce n`est pas le parti qui risque des accusations mais bien des personnes qui ont agis de façon illégale! Et mon petit doigt me dit que ce sera un mea culpa de ses personnes et que le parti restera un parti qui a mal jauger l`intégrité de ses membres et tous les partis à l`assemblée nationale vont en prendre bonne note car je ne pense pas que les autres seront blanc comme neige!

Le PQ nous a accordé l’occasion de mettre fin à dix-huit mois de démagogie. C’est faire un beau cadeau à la démocratie. Je préfère un vieux parti campé au centre, disposant d’une équipe aguerrie en matière économique, comme le PLQ, à des partis aux équipes clairsemées qui tentent de compenser leur faiblesse en se donnant des airs de sainte-nitouche.

Restez-y dans votre bon vieux parti disposant d’une équipe aguerrie (Sam Amad (le nono) Jean-Marc Fournier (le bullshiter en chef), Marguerite Blais (avec ces coclowns), le gros Barrette (comme ministre de la Santé) elle est trop drôle celle-là, pour ne nommer que ceux-là (les autres telles Line Beauchamp, Nathalie Normandeau et Michèle Courchêne qui sont « disparues » pour se faire oublier car trop couvertes de boue, et au-dessus de tout Philippe Couillard qui a remplacé Charest (le politicien le plus habile manipulateur que le Québec ait connu depuis Maurice Duplessis). Le mot « crosseur » est écrit sur le front des libéraux et ca se sent à plein nez. OK, le PQ a fait des erreurs mais comme on dit « entre tous les maux, on choisit le moins pire ».

Yuki2014, que d`amertumes! Vous dites( le moins pire) Si c`est LE MOINS PIRE ce soir nous devrions avoir un gouvernement péquiste majoritaire et une grande victoire contre la corruption! Mais si c`est le contraire qui se produit votre analyse va en prendre pour son rhume!!! Vous avez une mémoire très sélective, car la principale raison pour laquelle Mme Marois s`est précipitée elle-même disont -le dans cet élection c`est que les partis d`oppositions s`étaient entendus pour obliger la première ministre et son mari à venir en commission parlementaire pour se faire questionner sur le ( DEAL) entre le fond de solidarité et la (CLOSERIE) ! Je pense que la madame était fâchée! LA MOINS PIRE mon oeil!

Bien envoyé Yuki2014. Bravo !
Si je regarde ma boule de cristal, je ne voie pas le liberal party gagnant de l’élection.
Par contre est-elle influencée par Françççççois1 ?

Si j’extrapole tour de même un peu, je prédis la victoire du liberal party minoritaire.
Et puis la débâcle ne se fait pas attendre à cause des révélations presqu’exclusivement sur le dos du liberal party.
Puis elle s’accentue avec des descentes et des perquisitions au liberal party.
Et la, c’est le dernier coup de marteau qui démoli le liberal party au point de devoir déclencher des élections à son tour, à cause de ce qu’on entend du grand ami du docteur Couillard, du très charismatique et très grand manipulateur docteur Porter.
Le docteur Couillard démissionne.
Une course à la chefferie est déclenchée.
Une majorité de docteurs ne se représentent pas.
Les autres baragouinent le même dialecte que leur nouveau chef, le docteur, oh pardon, le très mirobolant Monsieur Sam Hamad.

Y avez-vous pensé, à cette possibilité, de se ramasser un jour avec Sam Hamad comme premier sinistre ?

La dessus mon cadran s’agite et me sort tout en sueur de se cauchemar qui semblait si vrai et duquel je ne pouvais m’échapper tel un trou noir me conduisant vers l’abîme assuré !

Et si ce cauchemar se réalisait ?
Ai-je eu une prémonition ?
En me réveillant, il me semble que j’ai vu une lumière s’éloignant de mon lit et passer par la fenêtre.
Était-ce un alien (extraterrestre) qui est venu me prévenir de tout faire pour quitter la planète terre au plus vite ?

On sera bien au parfum assez tôt !

En attendant voyons les résultats !

😉

M. Myles,
Vous oubliez de dire dans votre article que le gouvernement n’avait pas le choix de déclencher des élections. Les partis d’opposition n’ont même pas eu la décence de rester et écouter la présentation du budget Marceau . Ils ont affirmés qu’ils allaient voter contre et faire tomber le gouvernement. Marois n’a devancée les élections que de quelques jours.

Vos précisions sont convenables indubitablement. Pourtant, mon sentiment est que quelques soient ces précisions, cela n’aura pas pour effet d’inciter une part non négligeable de votre aimable lectorat à procéder le plus moindrement du monde à leur propre examen de conscience.

Quand je lis sur votre propre blogue que je suis encore plus coupable que tous les autres. J’aimerais bien savoir de quoi. J’ai bien hâte ! — Je m’interroge en cette occurrence, quelque peu sur la capacité d’entendement de quelques-uns de vos fidèles et dévoués lecteurs.