Une épine nommée EPIM

La création de l’Escouade de protection de l’intégrité municipale (EPIM) par l’administration Applebaum passe plutôt mal à Québec.

Dans une sortie étonnante, le ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron, s’est dit déçu de ne pas avoir été consulté par le maire de Montréal, Michael Applebaum, sur le lancement de cette escouade relevant du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Sous la direction de Mario Fournier, l’EPIM va enquêter sur l’octroi de tous les types de contrats à Montréal, sur les élus, les fonctionnaires et les fournisseurs de services, dans une approche «de prévention» des stratagèmes de corruption et de collusion.

L’EPIM a été lancée très rapidement par M. Applebaum. La commande politique a été passée le 7 janvier à l’état major du SPVM, et l’EPIM a été lancée officiellement le 11 janvier.

Outre sa déception de ne pas avoir été consulté, le ministre Bergeron éprouve un malaise. Il craint que le monde policier se retrouve à nouveau «avec des chasses gardées» dans le monde policier, avec des problèmes de circulation de l’information!

Quelqu’un devrait peut-être dire au ministre que ces chasses gardées existent depuis belle lurette dans le monde policier. Les rivalités entre les «bleus» (SPVM), les «verts» (Sûreté du Québec) et les «rouges» (Gendarmerie royale du Canada) ont ralenti plus d’une enquête. Qu’on se souvienne des hésitations toutes récentes de la GRC à partager les informations obtenues dans le cadre de l’opération Colisée, sur le clan Rizzuto. La GRC s’intéressait au trafic de drogue, au prêt usuraire et au jeu illégal, et elle a réussi un coup de maître en démantelant le clan Rizzuto. Elle n’a cependant pas été très généreuse pour partager avec d’autres corps policiers les informations sur les liens entre la mafia et les entrepreneurs en construction de la région de Montréal, filmés ensemble au café Cosenza (le quartier général des Rizzuto).

La SQ n’a pas la réputation de partager davantage ses informations. Jusqu’à présent, elle a tenu le haut du pavé dans la lutte à la corruption et à la collusion grâce au succès, un peu tardif, de l’escouade Marteau (le bras armé de l’Unité permanente anticorruption). Le SPVM fait partie de Marteau, mais il n’en retire qu’une faible visibilité. Le crédit des arrestations récentes est revenu aux verts. L’EPIM est un nouveau concurrent qui dérange.

L’esprit de collaboration n’est pas la principale qualité du nouveau directeur général de la SQ, Mario Laprise. En 1998, lorsqu’il était responsable de l’escouade Carcajou, une unité mixte faisant la lutte aux motards criminels, M. Laprise avait remis au ministère de la Sécurité publique un rapport qui plagiait en partie celui de la police de Montréal. Le document contenait par ailleurs des remarques désobligeantes envers les autres corps de police membres de l’escouade, et il moussait indûment la contribution de la SQ.

Faut-il le rappeler, le numéro deux du ministère de la Sécurité publique, le sous-ministre Martin Prud’homme, est un ancien haut gradé de la SQ, au même titre que le commissaire de l’UPAC, Robert Lafrenière.

Officiellement, la SQ et l’UPAC n’ont rien dit de mauvais sur la création de l’EPIM. La sortie du ministre Bergeron nous en apprend un peu plus sur ce qu’en pensent réellement les «partenaires» du SPVM.

Laisser un commentaire

Vous avez bien vite oublie la commision Bastara comment c est terminee , Une perte de temps remplie de recoomandation avec bcp de Blablabla . Les voleurs a Cravates sont exempt de justice, Charest savait ce qu il fesait .

Les plus populaires