Une journée dans Gouin avec «les autres»

Mathieu Charlebois a passé la journée avec les candidats du PLQ et de la CAQ dans Gouin. Et pendant qu’il écrivait sa chronique dans son bar de quartier, QS est venu célébrer à côté de lui.

(La Presse canadienne/Ryan Remiorz)

Donald Trump ne devait pas gagner. Maxime Bernier devait devenir chef du Parti Conservateur. Et vous rappelez-vous quand Thomas Mulcair devait l’emporter sur le risible Justin Trudeau?

Alors quand on me disait que Gabriel Nadeau-Dubois allait l’emporter dans Gouin, ce que j’avais à faire me semblait évident : documenter la journée des autres candidats. Si cette élection tournait comme les autres, j’allais être CELUI qui était à la bonne place pendant que tout le monde photographiait la binette déçue de GND, éberlué d’avoir perdu.

***

9h30 – Je commence ma journée avec Jonathan Marleau, 25 ans, candidat du Parti libéral du Québec. Point de rencontre : le gymnase d’école où il va voter. Pour lui-même, on présume, mais sait-on jamais? Le vote, c’est secret.

Le candidat arrive entouré d’une petite équipe de cinq personnes dans la même tranche d’âge «jeune» que lui. Habillés propre-mais-relax, ils portent des souliers de gens sérieux qui font «clac clac» ou des running shoes orange fluo. Aucune cravate en vue et le candidat lui-même porte un chandail sous son veston. Ne venez pas me dire que les jeunes ne font pas de la politique (habillé) autrement!

C’est la première fois que je serre une main qui s’apprête à voter pour la personne à l’autre bout du bras. C’est spécial. J’éprouve une fascination pour ces gens qui ont l’audace (ou le besoin d’attention? ou le dévouement? l’inconscience? courage?) de mettre leur visage sur des poteaux pour qu’on leur dessine des moustaches d’Hitler sous le nez et des pénis dans le front. «Veux-tu servir de punching bag alors que tu n’as encore rien fait?», leur demande-t-on. «Où est-ce que je signe?», répondent-ils.

Mais qu’on soit un candidat ou un simple citoyen, aller voter commence de la même façon : attendre que la caméra de TVA arrive. Hé qu’on haït ça quand ça arrive, hein?

Interdit de filmer passé le pas de la porte.

Qu’est-ce qui est le plus étrange, Jonathan : faire un X à côté de son propre nom, ou le faire alors que trois caméramans se tassent dans l’entrée pour capter l’événement? «Les deux sont un peu bizarres, je te dirais. Mais le plus weird c’est de se lever un matin et que la photo de ta face soit partout, puis te placer sur un coin de rue pour donner des papiers avec ta face dessus.»

«Ici, les gens votent pour un candidat, plutôt que pour un parti», m’explique la face. Voilà qui tombe bien, puisque le logo du PLQ est minuscule sur les pancartes de Jonathan, quand il n’est pas complètement absent. Le graphiste tenait vraiment à son design épuré, j’imagine…

Deux courtes entrevues télé, et c’est direction local électoral. Vous avez dit «glamour»? Vous ne lisez pas le bon texte.

Si tu n’es pas heureux de la décoration de ton appartement, remonte-toi le moral et visite un local électoral. C’est toujours un endroit un peu crade, purement fonctionnel, où l’on trouve une cafetière, un mini-frigo, un micro-ondes et la trace des meubles des anciens locataires dans la couleur des murs. Les pancartes à l’effigie du candidat font ici office de seule décoration, et je doute qu’on voit un jour quelque chose du genre à Décore ta vie.

Devinez où je suis!

Dans deux petites pièces, sept bénévoles contactent des électeurs au téléphone pour leur rappeler d’aller voter. Du coin de l’oreille, je peux entendre la plus jeune expliquer en détails qu’il y a eu la démission de Françoise David, que ça fait maintenant un mois qu’on est en élection, que «non, ça c’était la semaine dernière», qu’on vit dans un système démocratique, que la démocratie est un concept inventé par les Grecs, que la Grèce est un pays d’Europe… On revient à la base, bref.

Les appels sont-ils tous aussi ardus? «C’est sûr que dans les partielles, c’est plus compliqué», qu’elle m’explique. «On a beau mettre des pancartes, on dirait que les gens arrivent à ne pas les voir.» Évidemment, c’est difficile de les convaincre d’aller voter. Ils n’ont pas le temps : ignorer les omniprésentes pancartes est un travail à temps plein.

Le candidat libéral a-t-il préparé un discours pour ce soir? Ou même, dans un excès d’optimisme causé par une overdose de millepertuis, a-t-il préparé deux discours, dont un de victoire? «Non, je n’ai pas préparé de discours. J’aime mieux mettre mon temps dans le terrain.»

Après une tournée des différents points de vote, l’après-midi de Jonathan Marleau sera donc consacré à tenter de convaincre les Gouinais et les Gouinaises (y a-t-il un gentilé pour les circonscriptions?) d’aller voter. Pour lui ou pour un autre.

«L’important, c’est d’aller voter», insiste-t-il. Ou bien il est d’un bel idéalisme, ou bien il n’a pas encore compris le concept d’une élection. Ça expliquerait pourquoi il est finalement arrivé 60 % derrière le meneur.

***

14h – Pour la deuxième fois aujourd’hui, je serre une main qui a pu voter pour elle-même quelques heures plus tôt, celle du candidat caquiste Benjamin Bélair. Cette fois-ci, je suis encore plus fasciné, parce que ces phalanges et leur propriétaire n’ont pas le choix de savoir qu’ils ne gagneront pas.

Dans le palmarès des choses faciles à faire, «Rien» arrive bien au-dessus de «Participer à une élection partielle que je ne gagnerai pas, et mener ma campagne tout en corrigeant des travaux de fin de session parce que je suis aussi prof de philo». Pourquoi choisir la deuxième option?

«J’en avais assez d’entendre mes amis avoir des préjugés sur la CAQ. Et leurs amis d’en avoir d’encore pire», explique Benjamin Bélair. Il voulait donc «faire découvrir la richesse du programme de la CAQ en santé, et surtout en éducation. C’est une cause personnelle pour moi, l’éducation». Belle intention.

Pas sûr que ses pancartes ont eu le message, cependant, elles qui larguent la «richesse du programme» pour annoncer simplement que la CAQ veut «remettre 1000$ dans vos poches». (Chère CAQ, tu peux placer l’argent dans mes mains. Je n’aime pas trop l’idée que François Legault va mettre ses doigts dans ma poche. C’est dans ma bulle pas mal.)

Bélair aussi est allé voter pour lui-même en début de journée, devant les caméras. («C’est spécial», confirme-t-il. Il abandonne cependant l’idée de faire du terrain cet après-midi, vu la température à vider les rues.

Benjamin Bélair, dans sa forme pancarte, et une rue où il n’y a aucun électeur à convaincre.

C’est donc au téléphone qu’on fera «sortir le vote», mais je ne pourrai pas visiter le quartier général de la CAQ «pour des raisons stratégiques», comme si j’étais un agent du MI6.

Vous vous souvenez du téléphone? Ce truc dans lequel on parle en utilisant la voix et auquel aucun électeur de moins de 30 ans n’a répondu depuis 2003? J’ai l’impression que le vote que les partis politique font sortir avec cet appareil du moyen âge se tient plus dans les concerts d’Alain Morisod que dans ceux des Dead Obies. Mais en attendant que les partis puissent envoyer un emoji de vote dans un message de groupe sur Facebook, ça devra faire l’affaire.

À ce qu’il paraît, François Legault est «le meilleur téléphoniste» que Benjamin Bélair ait jamais vu. «Il peut faire des appels pendant quatre heures sans se lever. Il inspire tout le monde!» François Legault, inspirant? Ok, on dirait que moi aussi, j’avais des préjugés contre la CAQ.

Benjamin Bélair est finalement arrivé quatrième, derrière Option nationale.

***

21h45 – Ce n’est pas que je voulais finir la soirée avec les gens de Québec solidaire, ce sont plutôt eux qui ont décidé de faire leur événement dans mon bar préféré de Gouin, où j’étais déjà en train d’écrire.

Ici, la foule est contente, mais peut-être s’attendait-on trop à une victoire pour vraiment célébrer à fond. On applaudit presque plus fort le fait d’avoir distribué 25 000 tracts que la victoire de Nadeau-Dubois elle-même.

Après tant de folles élections, en voici une qui a été folle… mais à l’inverse. La prédiction s’est tellement avérée que les chiffres qui en sortent n’ont aucun sens. En plus de sa référence au politburo, Jean-François Lisée pourra ajouter l’expression «score soviétique» à son répertoire pour parler de Québec Solidaire.

La prochaine fois, j’irai passer la journée avec Louis Chandonnet, de l’Équipe Autonomiste, qui pourra peut-être me présenter les 11 personnes qui ont voté pour lui. ÇA, c’est être dans la marge.

 

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26 commentaires
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Si je comprends bien ca va être sa première job à 27 ans!
Une job à 90k par année!
C’est beau la gogogauche. Elle n’a aucune idée ce que c’est qu’être un petit travailleur exploité par des multinationales au salaire minimum

C’est sur que tous les candidats des partis de droidroite ont travaillés dans des Subway à la sortie de l’université (pour se rapprocher du capitalisme?) et pas dans la compagnie de leur père à un poste envieux et à des lieux du salaire minimum. Voyons, bout de viarge, c’est quoi cette façon de réfléchir qu’on appelle opinion?

Je suis toujours étonné de constater que les Partis politiques trouvent quelqu’un qui va passer 5 semaines à faire du porte à porte tout en sachant qu’il n’a aucune chance de gagner. Il me semble que j’ai tellement autres choses à faire dans ma vie qu’il ne me viendra pas à l’idée d’aller perdre mon temps comme cela. J’aimerais tant connaître ce qui peut motiver quelqu’un à agir ainsi. Est-ce si agréable de voir sa face en gros sur des poteaux ?

Les électeurs de Gouin ont élu un jeunot député qui va gagné au bas mot 90,000$ / année et qui va se rendre à l’ assemblée nationale ; expliquer aux autres députés qu’ ils ont trahis et laisser tomber les québecois depuis 30 ans !!! Il va aussi expliquer aux députés qu’ il est pour la violence lorsqu’ il s’ agit de défendre la démocratie de la rue !!!! Il va leur expliquer aussi que pour faire de l’ argent au Québec , il suffit d’ imposer les banques ! …… Ouf j’ espère juste que nos incompétants et ignorants députés sont munis d’ un anti-virus contre l’ insignifiance !!!

Preuve que le Québec est une province démocratique. L’Assemblée nationale est désormais prête à accueillir en son sein un troisième député stalinien.

Ce que je me demande, c’est combien d’électeurs de ce petit bolchevik connaissent VRAIMENT le programme de QS… Idem pour les autres députés solidaires.

Je crois que, tout comme Trudeau, il a été élu grâce à sa belle gueule et à son indéniable charisme mais pas du tout grâce à son programme qui emmenerait le Québec, s’il était appliqué, dans un état de délabrement similaire au Venezuela.

Pas pour rien que les pays qui ont appliqué cette recette ont dû rétropédaler en catastrophe après avoir bousillé le vie de millions de leurs concitoyens.

Le rampant PQ a également aidé GND en ne présentant pas de candidat. De toute façon, le PQ n’a plus d’argent et il aurait piteusement perdu rendant ainsi la tâche de Lisée encore plus insurmontable qu’elle ne l’est actuellement.

Étant donné qu’ on est une province civilisée et démocratique; le parlement va l’ acceuillir dans ses entrailles et le considérer comme un élu du peuple de Gouin !! Mais moi la question qui me turlupine beaucoup; c’ est qu’ il y a eu seulement 32 % des électeurs de ce comté qui se sont prévalu de leur droit de vote ! Donc en résumé il a obtenu 69.2 % des votes sur 32 % des électeurs de ce comté !!! On peux présumer assez facilement que dans une élection générale il y a en moyenne presque le double d’ électeurs. La question a se poser est- ce des libéraux, des caquistes ou des péquistes qui ne sont pas allé voter?

@ Beauly02,

L’historique des taux de participation pour les élections partielles de 1998 à 2016 tel que présenté par le Directeur Général des Élection du Québec, nous indique que le taux de participation moyen pour ce type de consultations a été de 41,31%. La palme des plus bas taux revient à la circonscription de Viau en 2013 avec seulement 16,93%.

Ainsi dans Gouin, le taux de participation est un peu plus bas que la moyenne. Évidemment, le favori a fait le plein de ses électeurs partisans. Les électeurs des autres partis sont naturellement moins motivés.

L’élection partielle dans Marie-Victorin du 16 décembre 2016 qui a permis à Catherine Fournier d’être la plus jeune élue de l’Assemblée nationale (24 ans). le taux de participation était de seulement 25,7%. Tout comme GND elle a fait le plein de ses partisans Péquistes.

Des taux faibles sont l’inconvénient de toutes les élections partielles. Une problématique qui se vérifie à peu près partout dans le monde. C’est pour cette raison d’ailleurs que certaines personnes militent en faveur d’un suppléant(e), comme cela se pratique dans d’autres pays. En cas de défection ou d’absence temporaire dans une circonscription, c’est le suppléant(e) qui remplace le (la) titulaire du poste. Cela permet de sauver du même coup les frais de l’organisation d’une élection partielle qui coûte beaucoup plus chère en proportion qu’une élection générale (coût moyen d’une partielle : 550 000 $).

À noter que cela coûte aussi plus cher aux partis politiques. Ce qui explique aussi peut-être d’une moindre mobilisation des partis qui ont peu de chance de gagner. C’est d’ailleurs ce qu’illustre plutôt bien ici le reportage de Mathieu Charlebois.

PS : On pourrait aussi envisager un Parlement avec moins de circonscriptions dans les zones urbaines et péri-urbaines. Évidemment, on peut conjecturer que cela ne plairait pas vraiment beaucoup à Manon Massé !

@ Serge Drouginsky:

D’accord pour une réduction du nombre de circonscriptions MAIS la proportion de representation citadine devrait être augmentée au Québec.

Les citoyens des villes vivent un déficit démocratique important par rapport aux comtés ruraux, allant presque du simple su double dans le cas des Îles-de-la Madeleine.

Il est temps de corriger cette injustice.

@ beauly02:

Je crois que la majorité des électeurs des autres partis politiques que QS sont restés chez eux (particulièrement les péquistes déçus de ne pas avoir de candidat pour qui voter) par manque de motivation et d’inspiration.

Par contre, les Solidaires, eux, sont probablement tous allés voter pour notre nouveau Staline en puissance.

@ Cher François 1,

Merci pour votre rétroaction…. Mais je ne suis pas d’accord avec vous.

Quand on est député d’une circonscription comme Gouin, on a juste à se poster à la sortie du métro Beaubien pour rencontrer un max d’électeurs. Quand on est député d’Ungava, on doit parcourir des milliers de kilomètres en auto ou en avion pour ne rencontrer qu’une dizaine de citoyens à chaque fois. Alors, la job député de campagne est plus difficile que celle d’un député urbain.

Comme tous les députés ont un bureau de comté, il suffit seulement – au besoin – d’avoir plus d’employés pour administrer en ville un nombre un peu plus grand de citoyennes et de citoyens.

D’autre part comme les municipalités deviennent de plus en plus des paliers de gouvernement de proximité, le rôle des députés urbains est de facto allégé.

@ Serge Drouginsky:

Parce qu’on est en 2017, il est aujourd’hui beaucoup plus facile d’atteindre ses électeurs (ou pour eux de communiquer avec leur député) qu’au dernier millénaire…

Je sais que tous n’ont pas accès au portable, à Skype et à Internet mais quand même… Il y a aujourd’hui des moyens de communiquer plus efficaces que l’auto et l’avion.

Beaucoup de gens défendent de nos jours la proportionnelle justement parce qu’ils sentent qu’il existe un déficit démocratique et une façon de mettre fin à l’injustice actuelle où un vote rural vaut quelquefois 2 fois plus qu’un vote citadin serait de mieux proportionner les comtés.

Si les gens désertent les villages pour venir vivre en ville, il faut logiquement représenter ces choix par des votes au prorata. Simple question de justice sociale.

@ François 1,

Désolé de devoir encore une fois vous contredire. Mais un député doit voir ce qui se passe sur le terrain. Il est important qu’il rencontre ses concitoyens en chair et en os, qu’il soit-là s’il y a une catastrophe naturelle ou une crise ou quelque chose comme cela.

Les Îles de la Madeleine dont vous nous parliez notamment, c’est un archipel éloigné du continent. Ils ont besoin d’un député qui soit près d’eux.

On ne mesure pas le déficit de démocratie au nombre d’électeur formaté que devrait contenir chaque circonscription. Si c’était du reste le cas, les circonscriptions provinciales devraient être exactement les mêmes que les fédérales.

Étonnant d’ailleurs que venant d’un ultra-libéral comme vous, vous ayez une vision électoraliste digne des républiques soviétiques….

Et pour conclure, c’est Beauly02 qui a raison lorsqu’il vous écrit : » c’est une problématique qui existe partout dans le monde! » – vraiment pas de quoi en faire un fromage….

@ Serge Drouginsky:

Si vous les écoutez tous, ils vont tous vous dire « qu’ils ont besoin d’un député près d’eux… ». C’est pas nouveau…

La grandeur d’un territoire n’a rien à voir avec le poids d’un vote. Ce n’est pas parce qu’un territoire est plus grand qu’un autre que le représentant du dit territoire devrait avoir plus d’influence qu’un autre et qui plus est, lorsque ce vaste territoire est habité par une poignée d’individus. C’est bafouer la démocratie que de penser ainsi. Ça fait en sorte qu’un minimum de gens dictent la conduite d’une majorité. Ça engendre des frustrations et même des révolutions violentes ont débuté de cette façon.

Le comté des Îles-de-la-Madeleine est jumelé à celui de leur voisin immédiat, soit la Gaspésie au fédéral. On pourrait très facilement faire de même au fédéral et ainsi débuter la réduction du nombre de comtés au provincial dont vous êtes le défenseur.

Ma vision est pourtant simple et je suis étonné qu’elle vous ait échappée: les votes en démocratie devraient peser le même poids sans aucune exception et l’argument que « le même problème existe ailleurs dans le monde » est frivole et je suis surpris que vous y souscriviez. À ce compte, aucun des problèmes auxquels a fait face l’humanité au cours de son histoire n’aurait trouvé une quelconque solution. Nous habiterions toujours dans des cavernes et n’aurions pas l’extrême privilège d’échanger nos idées avec verve et courtoisie.

@ François 1,

Je pense avoir bien compris la simplicité de votre argumentation, seulement prenez garde qu’une argumentation si simple ne révèle finalement une vision : « simpliste ». Alors votre vision me semble manquer quelque peu d’acuité…. Une paire de grosses lunettes est vivement recommandée !

Vos arguments reposent sur la différence du « poids d’un vote », puisque toutes les circonscriptions ne pèsent pas exactement le même poids en nombre d’électeurs. L’Assemblée nationale est composée de 125 députés. Je suggérais qu’on réduise sensiblement le nombre des députés. Par exemple 100 (chiffre à parfaire). Aux dernières élections il y avait un peu plus de 6 millions d’électeurs inscrits. Ainsi, en application de votre « vision », il faudrait découper au scalpel le Québec en 100 circonscriptions de 60 000 électeurs chacunes.

Rien n’indique que chaque vote ait vraiment le même poids. Ce pour deux raisons :
1— À moins de rendre le vote obligatoire, il n’y a aucune certitude que chaque circonscription bénéficiera d’un taux identique de participation.
2— Le système électoral uninominal à un tour, ne permet pas de choisir un élu majoritairement. D’autant que la représentativité dépend du poids des partis politiques tout dépendant de chaque circonscription et du nombre de candidats qui peut varier selon les circonscriptions.

— Conclusions :
Il n’y a aucune preuve de parité de poids de vote en procédant conformément à votre « vision ». Ainsi la parité de poids de vote ne dépend pas d’un nombre égal d’électeurs inscrits par circonscription. Mais bien en fin de compte du nombre de suffrages exprimés.

Pour obtenir cette parité dont vous « rêvez », il faut réduire le nombre des circonscriptions du Québec à une seule. Ainsi ce sont 6 millions d’électeurs qui choisissent leurs députés. Les députés sont élus au prorata du nombre de voix en fonction de leur position sur la chaque liste. Il s’agit du scrutin proportionnel intégral pratiquement abandonné par tous les pays de la planète. Même Israël a renoncé à la proportionnelle intégrale.

Dans ce cas pourtant, tous les votes sont strictement égaux et tous comptent. Le seul inconvénient du système, c’est qu’il est pratiquement impossible d’obtenir une majorité pour avoir le contrôle du gouvernement.

Une autre solution très intéressante, consiste à avoir un parti unique. Ainsi, les électeurs sont-ils égaux puisqu’aucun n’a le choix et c’est toujours le même parti qui gouverne sans partage. Du reste avec ce système, il n’y a tout simplement plus besoin d’élection….

**** PS : Veuillez prendre note que ceci met un terme à mes commentaires sur ce sujet passionnant.

Si vous essayez de réduire le nombre de comtés en régions ; vous vous attaquez à quelque chose de gros et ça ,tous les partis confondus le savent très bien! Une grande région avec une densité moindre qu’ en ville n’ a pas du tout les mêmes prérogatives qu’ en ville et surtout les électeurs sont plus personnalisés et aiment leur régions!

Je sais que le « contrat » est gros mais à partir de quand doit-on réévaluer ou non la pertinence de l’existence d’un comté rural?

On sait tous que les comtés ruraux se meurent. Les gens quittent les villages pour venir vivre en ville ce qui fait en sorte que certains comtés ruraux ont deux (2) fois plus d’influence par électeur qu’un comté citadin ce qui est une injustice flagrante et un déficit démocratique intolérable, d’autant plus que ce sont très souvent, sinon tout le temps, les citoyens citadins qui supportent financièrement les ruraux qui n’ont souvent que des jobs temporaires et saisonniers et croyez-moi, j’en sais quelque chose.

@ beauly02:

Que voici une excellente occasion de faire différent et de prouver à la planète que nous sommes imaginatifs et innovants…

Pour donner écho au dernier commentaire de M. François 1 qui dit ceci : » d’autant plus que ce sont très souvent, sinon tout le temps, les citoyens citadins qui supportent financièrement les ruraux qui n’ont souvent que des jobs temporaires et saisonniers et croyez-moi, j’en sais quelque chose. » J’en sais également quelque chose ayant vécu et travaillé dans les régions (Abitibi, Côte Nord, nord de l’Ontario, etc) toute ma vie. Il est vrai que les jobs y sont précaires et souvent saisonniers, mais il est une chose que les citadins oublient, c’est qu’ils dépendent bien plus des régions que l’inverse. Sur l' »Île de Montréal », il n’y a plus beaucoup de bois ni de métal pour construire; il n’y a plus beaucoup de rivières pour produire l’électricité essentiel à la survie urbaine; il n’y a plus beaucoup de terres arables pour nourrir ses citadins; il n’y a même plus suffisamment d’eau potable pour abreuver ses urbains.
Tout ce qui maintient les grandes villes provient des régions, vous savez, là où il y a du petit monde qui tire le diable par la queue plus souvent qu’autrement. Alors, avant de dire que les régions vivent au crochet des grands centres, posez vous la question si ce n’est pas plutôt l’inverse, et si vous en concluez que les deux oppositions ne sont pas plutôt dépendantes l’une de l’autre. Et si votre réponse est que tout le monde dépend de tout le monde, rendez justice à ceux qui habitent ailleurs que dans les grands centres en arrêtant de toujours tout centraliser sous prétexte économique. Ainsi, les régions seraient plus épanouies, et pourraient éventuellement se développer en attirant plus de gens qui aspirent à la paix et sérénité des grands espaces où l’air est encore respirable.

@ C. d’Anjou,

Vous avez raison.

Plusieurs pays comme la Suisse, la Finlande, la Norvège notamment, travaillent beaucoup à développer leurs campagnes et leurs régions. Tout est question d’équilibre naturellement.

M. Drouginsky, doit-on prononcer Drouguinski (comme dans Guy )ou Droujinski (comme dans d’An’j’ou)? Bon, pour en revenir à une question que je me pose: Comment se fait-il que l’on fasse toujours référence à la suisse et aux pays scandinaves qui semblent toujours un siècle, un siècle et demi à l’avance sur nous ? Ne sommes nous pas capables d’être novateurs dans plusieurs domaines ? Devons-nous toujours être à la remorque des vieux pays (plus modernes que nous) ? et nous trouver fiers de les copier ? Quoiqu’il en soit, quand la copie est pour le bien, il vaut mieux en profiter, n’est-ce pas ?
Bonne semaine à tous.

@ C. d’Anjou,

Réponses courtes :
1_Idéalement, il faudrait prononcer le G comme un J et séparément le I comme un I et le N comme un N. Je ne m’offusque plus du tout pour les erreurs de prononciation….

2_Je n’ai pas nécessairement une réponse certaine à votre question. Je pense que plusieurs pays ont tendance à se poser les bonnes questions plus que d’autres pour rechercher les bonnes réponses à de bonnes questions. Ainsi plus les questions sont claires et plus vous avez de chance de trouver la bonne réponse.

Ce qui compte, dans toute question : c’est l’énoncé.

Il est possible qu’il y ait en partie des aspects climatiques et géographiques ou encore culturels liés entre autre au réalisme recherché par les calvinistes et des luthériens. On a tendance à oublier qu’au 19ième siècle, ces pays plutôt riches maintenant avaient beaucoup de pauvres initialement. Il a donc fallu apprendre à faire mieux avec peu et répartir les bénéfices retirés plus équitablement.

Dans la vie de tous les jours, beaucoup de questions ne sont posées que pour mettre l’autre ou les gens en difficulté et non pour progresser.

Soyons sérieux. Il est clair que GND n’a ni l’expérience, ni les compétences pour diriger le Québec en 2018. C’est pourtant ce qu’il prétend. Pourquoi? Parce qu’il craint le vote stratégique en faveur du Parti québécois. Pourtant, et je le dis en tout respect, le meilleur service que les progressistes pourront rendre à QS et au Québec, c’est de chasser les Libéraux en votant pour Jean-François Lisée en 2018. QS a besoin de soumettre son chef et son programme (loufoque à bien des égards) à l’épreuve du réel et de l’examen critique.