Une victoire du Oui… vue du Canada

L’exercice est intéressant pour tout le monde, ne serait-ce que pour entendre la réplique du ROC aux arguments qu’on entend de ce côté-ci de la frontière.

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Photo: Steve Liss/Time Life Pictures/Getty Images

Politique

Contre toute attente, la campagne électorale s’est transformée en référendum sur le référendum.

On ne l’avait pas vu venir. Mais il semble que ce soit, au final, le seul résultat possible de l’arrivée déterminante, et envahissante, de Pierre Karl Péladeau au PQ.

Dans ce contexte, j’ai récemment repensé à une chronique d’Andrew Coyne de juillet 2012, portant sur les lendemains d’une victoire du Oui dans un hypothétique référendum à venir. Coyne est chroniqueur politique pour le National Post et la CBC, et il se livre dans ce texte à un exercice de politique-fiction destiné à un auditoire du Canada anglais.

Les souverainistes les plus militants crieront certainement à l’épouvantail, mais l’exercice de Coyne devrait être intéressant pour tout le monde, ne serait-ce que pour entendre la réplique du ROC aux arguments qu’on entend parfois de ce côté-ci de la frontière. (Celle qui resterait apparemment ouverte, et que les futurs Québécois indépendants pourraient facilement traverser grâce à leur passeport canadien.)

La version originale anglaise de la chronique est ici. Je propose ci-dessous une traduction des extraits pertinents :

«(…) Contrairement à ce que plusieurs semblent croire, la séparation du Québec du reste du Canada ne se ferait pas comme l’enlèvement chirurgical, propre et contrôlé, d’un organe problématique. Il ne s’agirait pas non plus, simplement, de céder le contrôle sur une grande partie du territoire canadien.

Ce serait la fin du Canada.

Une violation aussi fondamentale du contrat de la confédération déclencherait inévitablement un processus de renégociation des termes de l’association parmi les morceaux restants, sans aucune assurance de succès.

Hey, Alberta — qu’est-ce que tu penses du fait que l’Ontario ait la moitié des sièges au parlement ?

Peu importe ce qui émergerait de ces discussions, ce ne serait pas le pays que nous avons actuellement.

Heureusement, un tel scénario est impossible. Pas improbable : impossible.

Même si le PQ gagnait la prochaine élection, et même s’il parvenait à convaincre les Québécois de surmonter leur aversion viscérale pour un autre référendum, et même s’il posait une question claire et obtenait une majorité claire, il frapperait un cul-de-sac. Peu importe les conditions que la loi sur la Clarté posent à la participation du gouvernement fédéral à des négociations sur la sécession, le véritable obstacle est plus profond. Le gouvernement fédéral n’a aucune autorité légale pour négocier une telle chose. Ni personne d’autre non plus: il n’y a pas de représentant dûment mandaté pour « le reste du Canada », ni aucun moyen officiel d’en désigner un.

Mais imaginons que ce soit le cas. Ne serait-ce que pour amorcer des négociations sur un sujet aussi extraordinaire que la dissolution de la fédération, il serait nécessaire — possiblement au plan juridique; certainement au plan politique — de tenir un référendum dans le reste du Canada, pour faire écho à celui du Québec.

Les négociations, si elles commençaient, devraient mener à des accords sur un nombre proprement effarant de questions, toutes à somme nulle, avec des demandes de consultation émanant de nombreuses entités à chaque étape. Même si on arrivait à tout régler, le résultat devrait être ratifié par chaque province, très probablement par référendum. Tout ceci, ne l’oublions pas, alors que se tiendraient des négociations simultanées sur la forme que prendrait ce qui reste du pays.

Évidemment, pour que les négociations sur les termes de la sécession soient valables, il va de soi que chaque partie puisse quitter la table de négociation si ses demandes ne sont pas rencontrées. Mais si le Québec peut se séparer sans négocier, pourquoi négocierait-il ? Et si le “Canada” n’a pas d’obligation de consentir à sa propre déconstruction, pourquoi le ferait-il ? Dans ce cas, le scénario le plus probable est une impasse rapide des négociations, suivie d’une déclaration unilatérale d’indépendance (DUI), comme Jacques Parizeau nous a dit qu’il le prévoyait en 1995.

Mais une DUI n’aurait aucune chance de réussir — pas avec la majorité de 50 % +1 qui hante les rêves séparatistes les plus déconnectés.

Vous croyez que la Grèce serait plongée dans le chaos à la suite d’un événement aussi simple, relativement, que l’abandon de l’euro ? Essayez d’imaginer la folie qui suivrait une DUI, c’est-à-dire une violation délibérée de l’état de droit: la fuite de capitaux, la faillite des banques, les tribunaux envahis par des poursuites de fédéralistes faisant valoir leurs droits, les Cris s’attaquant aux pilônes d’Hydro, et le crime organisé tirant parti de la situation autant que possible. Aucun pays ne reconnaîtrait un tel régime — pas si le Canada n’en reconnaissait pas la légitimité, de même que la moitié du Québec. Rien n’indique que les Québécois soient prêts à s’embarquer dans de telles aventures eux non plus. Le Québec est une société moderne, confortable, respectueuse des lois, et peuplée de gens avec des hypothèques. Ce n’est pas le berceau des révolutions. (…)»

* * *

À propos de Jérôme Lussier

Jérôme Lussier est juriste et journaliste. Au cours des dernières années, il a notamment travaillé à Radio-Canada et tenu un blogue au journal Voir, en plus d’avoir été conseiller politique à la Coalition Avenir Québec. Il blogue sur les enjeux sociaux et politiques contemporains à L’actualité depuis 2013. On peut le suivre sur Twitter : @jeromelussier.

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Moi ce que je comprends c’est que ce monsieur milite en fait pour que tout le monde fasse en sorte que tout se passe le mieux possible. Il décrit une situation où le Canada souffrirait autant que le Québec advenant une attitude ridicule. Au lendemain d’un oui le Canada serait ébranlé et le régime pseudo impérial canadien tomberait de son socle. Il serait inévitable qu’un nouvel ordre politique s’installe. Le canada actuel se ferme les yeux et fait comme si le régime était parfait, c’est un géant au pied d’argile. Le canada ne pourrait pas se permettre de jouer les matamore car il s’autodétruirait autant qu’il nuirait au Québec en adoptant une attitude stupide de violence économique, politique et physique.

Voilà un très bel exemple de tentative d’intimidation. La peur est le principale obstacle à l’accession au statut de pays par le Québec.

La peur est le début de la sagesse.

Sérieusement, croyez-vous vraiment que les Québécois ont peur de la séparation? Pas du tout. Ils sont plutôt assez intelligents pour ne pas se jeter dans le vide comme toute personne normale aurait peur de se jeter du trentième étage d’un édifice.

Ça fait 50 ans que le PQ tente de faire dire « oui » à un peuple qui ne vaut pas se séparer.

Y-a-t’il quelque chose que vous ne comprenez pas là dedans?

« La peur est le début [commencement] de la sagesse. » (François Mauriac, Thérèse Desqueyroux).
Citation pour citation :
« La sagesse, c’est d’avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu’on les poursuit. » Oscar Wilde

Oui mais,,,en attendant le Ô COMBIEN sublime « grand soir », on fait quoi? On continue à pelleter des nuages comme vous le faites si bien?

Allez…revenez nous rejoindre sur la Terre, avec le vrai monde que l’on s’occupe des « VRAIES AFFAIRES »!!!

« Oui mais,,,en attendant le Ô COMBIEN sublime « grand soir », on fait quoi? »

Si tu ne sais pas quoi faire, va faire dodo avec ta doudou pour calmer ta peur et laisse ça aux grandes personnes responsables qui n’ont pas peur de se prendre en main.

« Sérieusement, croyez-vous vraiment que les Québécois ont peur de la séparation? » (Francois 1)

Alors pourquoi les fédéralistes sortent des épouvantails tous les jours, particulièrement toi.

En addenda à mon premier commentaire.

J’ai déjà écrit que vos commentaires étaient pleins de contradictions, vous récidivez une autre fois. Vous mentionnez que les Québécois n’auraient pas peur de la « séparation », mais quelques lignes plus loin, vous assimilez la « séparation » au vide duquel « toute personne normale » devrait avoir peur !

P.S. En réplique à votre deuxième commentaire. Il vaut mieux rêver à des grandes ambitions que de se contenter de son sort.

Le plaisir avec la politique-fiction, c’est qu’on peut y projeter toutes les peurs possibles ou tous les rêves aussi. La réalité n’y à plus aucun poids. Il est alors encore plus facile d’édifier de FORMIDABLES épouvantails.

Bel exercice de fabulation encore très digne pour un journaliste (?) se transformant pour la cause en romancier ( format poche )….

Merci pour le texte, mais il y a un mais moi comme contribuable je crois a l’evolution d’un pays des provinces qui veulent devenir des Etats de l’evolution des negociations d’un systeme flexibe qui donne l’ autonomie et le respect des specificites de chacun et la reconnaissance d’une nation fondatrice si le systeme actuel n’ est pas possible alors il faut le changer car il empeche evolution d’un pays et d’un peuple ,la negociation est l’esprit meme d’une democratie M.Coyne peut se poser la question vaut-il mieux faire la separation pour revenir comme Etat membre par association de la constitution canadienne,et j’irais plus loin si chaque province et trois-territoires font independance est-ce que le chemin de la negociation serait plus court.Bonne reflexion.

Andrew Coyne ? Bien choisi (?/!) comme représentant de ce fameux ROC. La lecture de cet extrait, tout comme n’importe lequel de ceux qu’il a écrit au National Post ou l’écoute de ses innombrables commentaires à Cross-Country check-up m’amène toujours à lui poser cette même question : What’s your point, again?

Et qui est donc ce Andrew Coyne?
Ah oui: Coyne est chroniqueur politique pour le National Post et la CBC.
Sincèrement je le connais pas.
Le seul autre canadien que je connais un tant soit peu, travaille aussi à la CBC, mais au sport. Quel est son nom déjà? Il n’a jamais travaillé au cirque du soleil, mais malgré cela, il s’habille en clown. Ah oui, ça me revient: Don Cherry.
Et donc, à l’image de Don qui après quelques paroles m’avait tout dit, après avoir lu vos extraits, je ne désire pas en connaître d’avantage d’Andrew.

« Contre toute attente, la campagne électorale s’est transformée en référendum sur le référendum. »
C’était le jeu politique des premières paroles de son premier discours de campagne de Couillard de nous le faire croire.
Et les journalistes et les autres des communications tout comme vous, n’ont pas cessé de cogner sur ce clou. C’est vendeur. Ça touche les émotions au maximum. Il n’y a pas mieux.
Ainsi vous faites déraper la campagne des « vrais affaires » mais pas celles des libéraux.
Les firmes de communications en choeur comptabiliseront-ils leurs dépenses pour couvrir la campagne au débit du parti Libéral?

Ce n’est pas contre toute attente, mais à cause de l’orientation que vous nous imposez!

Vous n’aviez rien d’autres de plus intelligent à nous proposer?
Cet extrait pour moi est l’équivalent de la dame qui c’est présentée aux audiences sur la charte, qui nous racontait son voyage au Maroc je crois, et qui étalait ses grandes connaissances sur ceux qui priaient à quatre pattes. En tant qu’être humain, j’en étais gêné d’avoir des concitoyens de ce genre…mais je sais qu’il en existe…comme il existe des canadiens, beaucoup de canadiens comme Don et Andrew. On est pas obligé de les montrer! On ouvre la porte du sous-sol sans alumer la lumière et on referme la porte violement sur eux dans l’expoir qu’il ne remontront jamais!

p.s.: mes deux dernières phrases font parties d’un exercice de fiction!

Vous comparez des pommes avec des oranges. Don Cherry est un clown qui s’habille en clown st dit des âneries. Andrew Coyne est un commentateur politique sérieux. Vous avez beau être en désaccord avec lui, son opinion mérite au moins d’être écoutée car elle représente une partie de la population avec qui, si le Québec veut son indépendance, il va falloir composer.

C’est une des plus grandes faiblesses de l’argumentaire souverainiste. On rejette toute réaction du revers de la main émanant du Canada anglais comme si la séparation et les négos passeraient comme un couteau dans le beurre à 100 % en faveur des arguments québécois . Dans la vraie vie il faut composer avec celui de l’autre côté de la table. Prétendre qu’il n’y aurait aucune réaction viscérale au Canada c’est démontrer son incapacité de gérer le projet. On ne pense qu’à obtenir un OUI, coûte que coûte sans parler du lendemain de façons sérieuse. Ceux qui prônent la sécession du Québec ont le fardeau d’au moins préparer un plan B. Nous dire continuellement que la Canada va se plier à nos exigences est un peu rêveur. Vous voulez qu’on vous prenne au sérieux, agissez comme des adultes .

C’est vraiment trop facile de mettre tous les critiques au Canada anglais dans le même bateau que Don Cherry, ça clos la discussion mais ça démontre que vous en avez pas de plan B. C’est une des raisons pourquoi depuis 40 ans vous ne dépassez presque jamais le 40 % d’appuis. Vous prenez les Québécois pour des valises un peu trop souvent. Réductio ad Cherryum.

Dans le texte ci-haut mentionné: « …un exercice de politique-fiction destiné à un auditoire du Canada anglais. »
Politique-fiction: de la part d’un commentateur politique sérieux. En fin de compte, pas aussi sérieux que ça. Et c’est pourquoi ma comparaison.
Heureusement ça ne se règlerait pas avec un plan B, mais avec des lois et des règles déjà établies et pas toutes aussi claires que ça. Pas aussi claires que ça pour vous ou pour moi ou encore pour le peuple canadiens de l’extérieure du Québec ou pour les québécois, mais pour des juristes et des contitutionalistes qui mettrons certainement des années à tout peaufiner. Il se peut aussi que ça se règle au niveau politique pour les grandes lignes, ce serait préférable.
Mais avant même de se rendre là, il y aurait beaucoup qui continueront à couler sous les ponts.

Et comme la présente élection n’en n’est pas une référendaire, ne perdez pas votre temps.
Il y a pour l’instant beaucoup d’autres sujets à débattre et à régler.

Vous avez bu un petit peu trop de Kool Aid de Mme Marois. Moi qui pensait que l’article un du programme du PQ a toujours été la souveraineté et que l’arrivée en politique de M. Péladeau était pour donner un pays à ses enfants, du moins c’est ce qu’il a annoncé à cors et à cris .

Je sais je sais, les péquistes vont se contenter d’un beau livre blanc et le 61 % de la population du Québec qui veut maintenir le lien canadien n’a boire du Kool Aid . Merci de nous rassurez.

Les souverainistes appellent intimidation ce qui n’est qui n’est que sens commun. Mais quand on peut inventer une menace islamiste, un complot anglo-saxon et occulter en même temps la présence des autochtones sur le territoire, on est déjà loin du sens commun.

Je crois sérieusement que vous mélangez un peu les dossiers Monsieur Saint-Cyr.
Un des pires à ignorer effrontément les autochtones au Québec était un libéral. Son nom? Robert Bourassa lors des premières négociations à la Baie James..
Au Canada, ça c’est passé dernièrement et c’est un conservateur tout comme Jeran Charest. Son nom? Stephen Harper.
Le PQ a été le premier à s’ouvrir aux autochtones et à signer des ententes d’égal à égal avec eux.
Sans aucun doute que même là ça ne devait pas être parfait, mais tout de même.

Il ne faut pas dire n’importe quoi!

Dans le genre comique troupier involontaire, cet Andrew Coyne est vraiment impayable. Lisez-le, et vous verrez que c’est un nationaliste ! Le malheureux est incapable de saisir qu’une fédération n’est pas une nation ; incapable de saisir que le nationalisme québécois n’est que la moitié du problème nationaliste que nous avons ici ; incapable de saisir qu’un des facteurs fondamentaux de la hausse spectaculaire du vote séparatiste entre 1980 et 1995 est précisément la dégradation de notre fédéralisme en nationalisme et de notre fédération en nation ; incapable donc de saisir qu’il fait lui-même partie des causes du danger qu’il dénonce, tout rengorgé de vertu virginale outragée.

«La guerre de 1939 aura montré même aux plus aveugles que rien n’est plus insensé et dangereux que de substituer exclusivement l’idée abstraite de Nation à la réalité de la vie sociale.»

Cette essentielle leçon tirée en 1944 par le comte Sforza, antifasciste historique de la première heure, est une arme contondante à double tranchant. dont j’entends bien me servir sans merci contre les Deux Turpitudes.

La cause fondamentale – cause souterraine parce qu’innommée – du malaise (quand ce n’est pas du délire de la persécution) de nombreux Québécois francophones vis-à-vis de l’État fédéral est la même que celle du malaise (quand ce n’est pas du délire de la persécution) de nombreux Québécois anglophones vis-à-vis de l’État québécois: l’étreinte sociopathique, unanimiste de Nation.

À l’échelle du Canada comme du Québec, du Québec comme du Canada, on est aux prises avec des idéologues nationalistes qui veulent substituer l’idée abstraite de Nation à la réalité de la vie sociale, incapables qu’ils sont d’admettre qu’ils vivent dans un bloc géopolitique où il y a deux lingua franca, et pas une ni trente-six, et où par conséquent il tend à y avoir deux sociétés, quels que soient les liens nombreux et dynamiques qui les relient, et où les frontières réelles de l’identité culturelle, outre qu’elles sont mouvantes et ne coupent pas carré, n’épousent aucunement les contours de l’État, en sorte que le concept d’identité « nationale », s’il a pu fonctionner dans des pays dont l’unité démocratique fut le résultat d’une révolution – Angleterre 1648-1688, États-Unis 1776, France 1789 – est un danger mortel dans des pays comme l’Italie (1860) ou le Canada (1867) dont l’unité s’est faite de pièces et de morceaux par des moyens diplomatiques et politiques et nullement révolutionnaires.

Dans un de ses rares moments de lucidité – ah j’adore ce début de phrase, qui permet de concéder un point à un ennemi sans lui concéder un pouce de plus – dans un de ses rares moments de lucidité, dis-je, le séparatiste Bernard Landry a déjà suggéré que s’il y avait un troisième référendum, il devrait se passer sous l’égide de puissances étrangères mandatées par l’ONU pour arbitrer le conflit. J’ajoute que pour des raisons de biais culturel et historique évident, ces puissances ne doivent avoir ni l’anglais, ni le français comme lingua franca.

Il y a eu des tripotages de part et d’autre pendant le référendum de 1995, sans parler de l’abject état d’hystérie rhétorique dans lequel se trouvaient les militants de part et d’autres et leurs fidèles « politologues » dans l’après-1995. «Puis les séparatisses, ils sont pas hystériques, eux autres !?» «Puis les fédéralisses, ils sont pas hystériques, eux autres!?», c’est tout ce qu’il y avait à tirer, en 1995-1999, des braves petits soldats du Oui et du Non. Avec d’une part la séparation uninominale à un tour (élection référendaire) et d’autre part le délire mortfière grand-serbe de la partition du Québec en cas de victoire séparatiste, la principale caractéristique des deux camps dans l’après-1995 était la prédominance d’une stratégie antidémocratique.

Aujourd’hui comme alors, seul un idiot peut faire confiance à l’un ou l’autre des deux camps. La solution proposée par mon ennemi séparatiste Landry est la seule viable: ce sont des étrangers qui doivent avoir la haute main sur le processus, car c’est la seule façon de garantir qu’il soit honnête.

L’étranger par sa qualité d’étranger, nous garantie son honnêté.
L’étranger nous garantie qu’une seule chose, c’est qu’émotivement il ne sera pas impliqué et encore…c’est loin d’être certain. Car l’étranger en question sera à la tête d’un organisme quelconque, sera d’une élite quelconque, etc…
Qu’est-ce qui nous garantie sa neutralité?
Qu’est-ce qui nous garantie que son histoire ne l’influencera pas plus que la nôtre?
Connaîtra-t-il seulement notre histoire?
L’histoire d’un individu ou d’un peuple n’est connue que de ceux qui l’ont vécue.
Ce qu’on apprend de l’histoire n’est qu’un cliché raconté et qui a définitivement un parti pris.

L’idéal, serait de s’entendre sur une méthode et que tous les manquements seraient sanctionnés rigoureusement. Ce processus pourrait alors être supervisé par une tierce partie de l’extérieure. Les lois internationales en vigueur pourraient guider l’établissement de ce processus.

Il faudrait d’abord et avant tout gagner un référendum qui ne soit pas contaminé…
Souhaitons-nous bonne chance !
Par la suite on pourrait espérer négocier un processus avec sérieux.

De toute façon que de mots inutiles.
On est encore très loin d’un autre référendum. Même en cas d’une victoire péquiste majoritaire, on en restera encore loin. Madame Marois n’est pas très chaude à cette idée en dehors d’une tactique pour faire plaisirs à sa base, sans quoi le parti n’existerait plus ! Madame Marois a toujours été plus près de la droite, comme les Bouchard et cie.

M. Marc Provencher,

Quand j’ai divorcé, je n’ai pas demandé la permission à personne et aucun étranger n’est venu s’en mêler, c’est la loi qui a approuvé.

La différence pour un état c’est l’argent qui influence tout le processus. Vu que l’on ne peu pas interdire l’argent, (on n’en a eu la preuve deux fois) seule façon de régler également est de laisser les parties n’en mettre autant qu’elle veulent.

Peut-être, mais ce n’est pas vous-même qui avez redessiné à votre guise les lois qui s’appliquaient à votre divorce, comme l’ont fait le PLC (Loi sur la « Clarté » (sic), qui abolit le seuil de 50+1 sans lui en substituer un autre) et le PQ (Motion de l’Assemblée nationale sur l’autodétermination).

De quelque bord qu’on se tourne, on n’a affaire qu’à des gens qui sont à la fois juges et partis, qui se sont fabriqué des lois sur mesure pour mener à la victoire sur l’ennemi et non pour réguler la conflictualité. C’est beaucoup trop risqué de faire confiance à ces ahuris de la classe militante auto-intoxiqués par leurs propres slogans. Surtout qu’un des deux partis – le mien – a bruyamment légitimé le truc grand-serbe du chantage au chaos, à savoir le partitionnisme, qui consiste à lutter contre le séparatisme en en secrétant une contrefaçon.

J’ai beau être fédéraliste, je suis aussi Montréalais et je tiens d’abord et avant tout à ma peau. Donc: arbitrage international. J’ai souvent testé ma proposition sur des militants fédéralistes comme séparatistes: elle a le chic pour déclencher chez les intéressés les plus stridentes éruptions de débagoulage patriotard. Raison de plus pour m’enhardir dans cette voie.

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