Une victoire pour la laïcité

L’argument le plus intéressant et le plus original de la Cour s’appuie sur le principe d’égalité. 

PolitiqueMercredi dernier, la Cour suprême du Canada a jugé que la récitation d’une prière avant le début des séances d’un Conseil municipal est incompatible avec la neutralité religieuse de l’État et que, ce faisant, elle porte atteinte à la liberté de conscience des non-croyants.

Ce jugement a été accueilli par un soupir de soulagement par tous ceux qui, comme moi, ont soutenu que la Cour d’appel du Québec avait erré en maintenant que la prière n’entamait pas la neutralité religieuse de l’État et qu’elle n’enfreignait pas véritablement les droits des athées et des agnostiques.

Lorsque qu’une administration municipale incorpore une pratique religieuse à son mode de fonctionnement, elle s’identifie à la religion et prend partie en faveur d’une vision du monde. La laïcité implique que les citoyens jouissent de la liberté de religion et que les institutions publiques demeurent neutres.

Contrairement à ce que soutient l’éditorialiste Antoine Robitaille dans Le Devoir, la Cour suprême a été cohérente avec elle-même. Elle avait affirmé l’importance de la neutralité religieuse de l’État dès 1985, dans une décision invalidant la loi — d’origine chrétienne — interdisant l’ouverture des commerces le dimanche. Dans un État laïque, le fondement des lois ne doit pas être religieux.

Le jugement ne va pas pour autant sans poser problème. En outre, la justification principale de l’interdiction de la prière est fragile. L’argument qui a été plaidé par le Mouvement laïque québécois est que la récitation d’une prière viole la liberté de conscience des non-religieux. Or, la Cour peine beaucoup à expliquer pourquoi une prière édulcorée fait violence à la conscience des athées et des agnostiques.

La liberté de conscience est généralement comprise comme la liberté de croire ce que l’on veut, d’être souverain par rapport à nos convictions ultimes et d’agir en conformité avec nos croyances. Par extension, elle implique également que l’État ou toute autre organisation ne puissent nous imposer un système de croyances particulier.

Or, il est difficile de voir comment la récitation d’une prière qui se réfère à Dieu sans être confessionnelle contraigne de façon significative la conscience d’une personne. Elle peut irriter, indisposer, mais il serait un peu exagéré de dire qu’elle impose des croyances ou qu’elle empêche l’exercice de la liberté de conscience.

Fait révélateur, la Cour suprême qualifie d’ailleurs l’athéisme de religion, ce qui lui facilite la tâche. S’il est vrai que certains défendent l’athéisme avec une ferveur religieuse, la plupart le voient plutôt comme l’impossibilité, faute de preuves, de croire en l’existence d’une entité supranaturelle capable d’ordonner le monde ou d’intervenir dans les affaires humaines.

La Cour suprême a sans doute raison d’affirmer que de forcer les citoyens non religieux à afficher leurs convictions en sortant de la salle s’ils ne veulent pas subir la prière n’est pas souhaitable. Un citoyen ne devrait pas être contraint d’afficher ses croyances s’il ne le souhaite pas.

Cela dit, le problème principal avec les pratiques et symboles religieux dans les institutions publiques, c’est qu’elles mettent à mal le principe de l’égalité fondamentale entre tous les citoyens, peu importe leur conception du monde.

Nous vivons dans des sociétés plurielles, marquées par la diversité des systèmes de croyances et de valeurs. Pour traiter tout le monde également, l’État ne doit pas prendre partie en faveur d’une conception du monde. Lorsqu’un conseil municipal débute ses travaux par la récitation d’une prière, il ne traite pas avec le même égard les citoyens non religieux.

D’ailleurs, l’argument le plus intéressant et le plus original de la Cour s’appuie sur le principe d’égalité. L’État, écrit le plus haut tribunal, «ne peut utiliser ses pouvoirs d’une manière qui favoriserait la participation de certains croyants ou incroyants à la vie publique au détriment des autres».

Autrement dit, la prière — et la croisade menée par le maire Tremblay pour la défendre — rendaient la participation des citoyens non religieux à la démocratie municipale très peu invitante. Cela n’était pas acceptable.

Des citoyens s’inquièteront sans doute de l’oubli éventuel de l’importance du catholicisme dans l’histoire québécoise et de l’érosion du patrimoine religieux. Suivant la recommandation du rapport Bouchard-Taylor, la Cour rappelle qu’on doit distinguer ce qui appartient au patrimoine historique de ce qui équivaut à un parti pris de l’État envers la religion. Notre toponymie continuera à témoigner de notre passé catholique, l’État peut toujours subventionner l’entretien de bâtiments religieux patrimoniaux et la croix sur le mont Royal est là pour rester.

* * *

Ce jugement constitue un pas de plus dans le processus de laïcisation de l’État québécois. Il rappelle d’ailleurs, contrairement à ce que Bernard Drainville affirmait dans le débat sur la Charte des valeurs, que les États québécois et canadien sont, dans les faits et dans le droit, déjà laïques — et que des balises existent bel et bien pour déterminer quelle est la place de la religion dans l’espace public.

Une loi sur la laïcité ou la neutralité religieuse de l’État serait utile socialement, ne serait-ce que pour empêcher que des élus et des chroniqueurs instrumentalisent encore une fois la question pour donner l’impression qu’il y a péril en la demeure, mais le modèle québécois de laïcité est déjà enviable à plus d’un titre.

Rien, par ailleurs, ne laisse entendre dans le jugement que l’interdiction des signes religieux visibles pour les employés des organisations publiques passerait le test des tribunaux. Une infirmière portant un hijab au travail exprime une conviction personnelle. Elle ne parle pas au nom de l’institution.

Logiquement, le jugement de la Cour suprême devrait aussi sonner le glas du crucifix à l’Assemblée nationale, bien que le principe du «privilège parlementaire» puisse inciter les tribunaux à faire preuve de déférence à l’égard du législateur si le cas leur était soumis (paragraphe 142 du jugement). Quoi qu’il en soit, on peut souhaiter que des élus fassent preuve de courage politique et suggèrent de déplacer le crucifix.

Enfin, la Cour suprême a affirmé de façon non équivoque que la référence à la «suprématie de Dieu» dans le préambule de la Loi constitutionnelle, 1982 ne permettait pas aux législateurs de favoriser la religion et ne modifiait pas l’interprétation du droit à la liberté de conscience.

Ce qui est amusant, toutefois, c’est que le raisonnement de la Cour sur la prière pourrait tout aussi bien s’appliquer à cette référence à Dieu dans la Constitution canadienne. Bien que strictement symbolique, cette référence peut parfaitement être vue comme incongrue et indésirable par les non-croyants.

Il est indéniable qu’il y a là un accroc à la neutralité religieuse de l’État. La loi fondamentale du pays ne devrait pas prendre partie dans le débat sur l’existence de Dieu, et encore moins en faire un des soubassements de notre ordre constitutionnel. Heureusement, cette inégalité n’est que symbolique et ne permet pas aux élus de faire marche arrière en matière de laïcité.

* * *

À propos de Jocelyn Maclure

Jocelyn Maclure est professeur à la Faculté de philosophie de l’Université Laval. Il a publié, avec Charles Taylor, Laïcité et liberté de conscience (Boréal), qui a été traduit en plusieurs langues.

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21 commentaires
Les commentaires sont fermés.

Bonjour,

Je suis en désaccord avec vous sur plusieurs points.

Tout d’abord, je pense qu’il est raisonnable d’affirmer que l’athéisme n’est pas différent d’une religion.
Raisonnement: L’athéisme est la croyance qu’il n’y a pas de Dieu(x). Le mot croyance est important; l’athéisme considère que l’absence de preuves de l’existence de Dieu est une preuve de son inexistence. Or, ce raisonnement est faux puisque la prémisse et la conclusion ne sont pas reliées. Donc, c’est une croyance qui n’émane pas de la raison: une croyance irrationnelle. L’athéisme est une conception du monde, au même titre que toute autre religion. Seul l’agnosticisme est une position rationnelle.

Deuxièmement, tout comme le fait de porter un signe religieux est une expression de ses croyances, le fait de ne pas en porter l’est aussi, dans une certaine mesure. Ce raisonnement est plus faible que le premier, je l’admet.
Toutefois, d’un certain point de vue, on peut considérer la charge de la mouvance «laïque» comme la volonté d’imposer la non-religion dans l’espace publique. Or, imposer la non-religion revient au même que d’imposer une religion quelconque. On force des citoyens à évoluer dans une certaine conception du monde. De ce fait, on peut dire qu’on viole la liberté de conscience de ceux qui ont une religion.

J’en tire la conclusion que la meilleure approche possible est de laisser s’exprimer toutes les croyances dans l’espace publique, dans les limites du bon sens, avec l’État comme gardien de cette liberté.

Vous dites: « … D’ailleurs, l’argument le plus intéressant et le plus original de la Cour s’appuie sur le principe d’égalité. L’État, écrit le plus haut tribunal, «ne peut utiliser ses pouvoirs d’une manière qui favoriserait la participation de certains croyants ou incroyants à la vie publique au détriment des autres». »
Et bien c’est précisemment ce qu’il ferait s’il imposait la non-religion.

Je terminerai sur le cas précis du maire de Saguenay. Il faut bien comprendre que l’administration municipale reste neutre malgré tout. Rien dans son fonctionnement ou dans ses règlements n’impose une conception du monde. Le maire s’exprime en son nom propre, et n’engage pas l’administration municipale; ce sont des entités différentes. Je conviens par contre que pour éviter une apparence d’inégalité, le maire ne devrait pas réciter la prière avec son statut de maire; qu’il ne le fasse pas en étant assis à sa chaise de maire.

Bref, sur ce, bonne journée.

La prochaine grosse chicane tournera autour du crucifix à l’Assemblée nationale. Les catho-laÏcs évoquent sa valeur patrimoniale pour justifier le maintien de ce symbole éminemment religieux. Parlons-en, du patrimoine: Duplessis l’y a mis en 1936 en témoignage de notre « alliance » avec l’Église catholique. Cette alliance suivait de peu la signature des accords du Latran entre le Saint-Siège et Mussolini (1929), qui réduisaient la souveraineté du pape au seul État de la Cité du Vatican, mais faisaient du catholicisme la religion d’État en Italie, et ils annonçaient la complicité prochaine (1937) de l’Église espagnole avec la junte du général Franco, débarqué du Maroc pour renverser le gouvernement républicain élu démocratiquement. Voilà le contexte. Quelle magnifique inspiration que cette alliance entre le sabre et le goupillon, la religion et la nation ! Ce beau symbole, le fruit d’une pensée crypto-fasciste, ne fait pas honneur à l’Institution démocratique qu’est l’Assemblée nationale.

@ Saint-Cyr: «…[des] accords du Latran entre le Saint-Siège et Mussolini (1929), qui réduisaient la souveraineté du pape au seul État de la Cité du Vatican.»

La réduction de la souveraineté du pape au seul État du Vatican fut une réalisation de l’Italie libérale en 1860, et non du fascisme en 1929. En fait, c’est que le pape (cf le « non expedit » et tout ce qui l’entoure) refusait de reconnaître l’autorité de la démocratie parlementaire issue du Risorgimento, qui abolit les territoires pontificaux (ainsi que les lois antisémites qui allaient avec), instaura la séparation des Églises et de l’État, rendit caducs les privilèges du clergé, etc. Plutôt qu’avec l’Italie libérale, la Curie romaine préféra s’entendre avec le fascisme. (Mais pour ne pas simplifier les choses, précisons que don Luigi Sturzo, prêtre et politicien démocrate-chrétien évincé en 1923 de la tête de son parti (le PPI) par une manœuvre vaticane au profit d’un leader plus favorable au fascisme, ne se gêna pas pour fustiger les accords du Latran de 1929. Il se disait sans doute que le pape n’était pas infaillible…)

L’athéisme n’est pas une conception du monde. Un athée peut s’en donner une, mais elle ne lui est pas donnée par une Église ou une Parole. Il se construit en pensant par lui-même. Que des athées intégristes veuillent imposer leur non-croyance, à un point tel qu’on puisse parler d’ esprit religieux, soit, mais ce ne sont plus des athées mais des fanatique de conviction. On retrouve ces fanatiques de conviction dans toutes les religions, dans toutes les sociétés.
Je suis athée, mais je ne prêche pas la laïcité mur-à-mur, à la française, je demeure tout simplement neutre par rapport à ces questions. La tolérance devrait être la plus grande vertu. Bernard Drainville, entre autres, ne l’a pas encore trouvée.

« Tout d’abord, je pense qu’il est raisonnable d’affirmer que l’athéisme n’est pas différent d’une religion.
Raisonnement: L’athéisme est la croyance qu’il n’y a pas de Dieu(x). Le mot croyance est important; l’athéisme considère que l’absence de preuves de l’existence de Dieu est une preuve de son inexistence. Or, ce raisonnement est faux puisque la prémisse et la conclusion ne sont pas reliées. Donc, c’est une croyance qui n’émane pas de la raison: une croyance irrationnelle. L’athéisme est une conception du monde, au même titre que toute autre religion. Seul l’agnosticisme est une position rationnelle. »

Non, il n’est pas fondé dans la raison d’affirmer que l’athéisme n’est pas différent d’une religion.

Votre raisonnement qui montre que l’athéisme est une croyance est bien fondé. Par contre, ce n’est pas parce qu’il y a croyance que cette croyance est forcément associée ou similaire à une religion (établie ou pas).

Si c’était le cas, la croyance dans l’existence de n’importe quel concept abstrait (la liberté, la conscience humaine, l’amour) « ne serait pas différent d’une religion ». Or, c’est très différent. Et ce, même si croire que l’amour existe réfère à une certaine conception du monde.

Non, il ne suffit pas de croire en quelque chose pour que cette croyance soit une religion. Il vous faudra, tout comme la Cour suprême, davantage de critères pour avancer que l’athéisme n’est pas différent d’une religion. Malheureusement, seul le législatif peut argumenter avec la Cour suprême.

@ Simon-Pierre Lussier

J’ai beau porter le chapeau à trois pointes – athée, laïciste et anticlérical – je me fais l’avocat du diable en rappelant le plus bel argument qu’on m’ait jamais opposé en tant qu’athée. C’est une sorte de bref poème conçu par le cardinal Newman (1801-1890).

«And then all we have gained by our disbelief / Is a life of doubt diversified by faith / Instead of a life of faith diversified by doubt / Well the chessboard white / We call it black.»

(Traduction : «Tout ce que nous avons gagné par notre incroyance / Est une vie de doute traversée par la foi / Au lieu d’une vie de foi traversée par le doute. / Nous disons que l’échiquier est blanc / Nous disons qu’il est noir.» Je crois bien la reproduire mot pour mot, mais je ne l’ai pas sous la main. Elle était citée par le romancier Graham Greene dans un de ses livres).

Ceci n’est pas tant pour donner raison à Romain que pour soutenir Saint-Cyr: si en tant qu’athée je suis aussi bardé de certitude et inaccessible au doute que l’éventuel religieux fanatique dont je me gausse, en quoi diable ne suis-je pas moi-même un fanatique et même, qu’est-ce que ça me donne d’être athée ? Mais du coup, je dois bien m’avouer « traversé par le doute » au moins de temps en temps, et alors crac ! voilà le cardinal Newman qui rapplique. Ah le vieux snoro !

Ah zut, coquille. Je recommence:

«And then all we have gained by our disbelief / Is a life of doubt diversified by faith / Instead of a life of faith diversified by doubt / We call the chessboard white / We call it black.»

Un instant M. Romain. Un athée est un incroyant. Il « ne croit pas » à l’existence d’entités surnaturelles, par ailleurs jamais observées. Il n’a pas besoin de « preuves » de leur inexistence, il en prend acte simplement.
N’importe quel athée est prêt à changer son fusil d’épaule n’importe quand, s’il rencontre effectivement une entité surnaturelle, ne fusse qu’un extra-terrestre. Mais alors il restera encore un incroyant, car il ne croira pas, il aura constaté.
L’athéisme n’est pas une croyance (encore moins une « religion »), c’est une attitude.
L’athéisme n’est pas « une conception du monde », comme le sont les religions. C’est une manière de vivre avec la réalité qui nous entoure, sans en rajouter.

@Romain : Deuxièmement, tout comme le fait de porter un signe religieux est une expression de ses croyances, le fait de ne pas en porter l’est aussi, dans une certaine mesure. Ce raisonnement est plus faible que le premier, je l’admet. Toutefois, d’un certain point de vue, on peut considérer la charge de la mouvance «laïque» comme la volonté d’imposer la non-religion dans l’espace publique. Or, imposer la non-religion revient au même que d’imposer une religion quelconque.»

J’imagine que si l’on vit dans un univers où tout doit être départagé et défini en fonction de la religion comme critère suprême, votre raisonnement tiendrait peut-être. Mais là où il pèche le plus, ce n’est pas là où vous admettez vous-même sa faiblesse.

Votre principal problème – qui est aussi celui d’un large éventail d’intervenants de tous bords dans ce débat – c’est cette notion d’«espace public» dont vous vous servez à l’envi, alors qu’elle est foncièrement défectueuse. Car il n’est pas vrai que, dans une démocratie libérale, les choses peuvent être ainsi subdivisées binairement en « espace privé » / « espace public ». Et ce, quel que soit le nombre de « lologues » et apparentés qui s’y obstinent, semant ainsi la peur.

La notion d' »espace public » ABOLIT LA DISTINCTION ENTRE LA SOCIÉTÉ ET L’ÉTAT. Aux deux choses, elle en substitue une seule. Et vous de même, en prétendant que ce jugement interdit la prière « dans l’espace public », vous remplacez involontairement les deux choses par une seule, comme si la sphère de l’État s’étendait jusqu’au seuil de ma maison, ou jusqu’au seuil de votre temple. Et c’est pour cela que cette notion indistincte, «espace public», est au bas mot – rrrrroulement de tambour, ici – pré-totalitaire. Je dis « pré » afin de ne pas semer à mon tour la peur – chose contagieuse – tout en ne mâchant pas mes mots. Car s’il est une ressemblance criante entre les deux principaux cauchemars totalitaires – fascisme et communisme – c’est bien justement la totale annihilation de cette distinction ente la société et l’État. «Tout dans l’État, rien hors de l’État», martèle Mussolini. (Disponible également en version Staline).

Ainsi intoxiqués par la notion défectueuse d’«espace public», les antireligieux – qui ont décidé de s’emparer de la laïcité comme d’un cheval de Troie pour leur monomanie – peuvent alors ABUSIVEMENT réclamer que toute manifestation du sentiment religieux, et tant qu’à y être toute vie spirituelle, soit limitée au seul « espace privé ». Et à l’inverse, les ennemis de la laïcité peuvent prétendre, TOUT AUSSI ABUSIVEMENT, que la séparation des Églises et de l’État signifie en fait la séparation des Églises et de la Société. C’est ce que fait le maire de Saguenay avec son raisonnement paranoïaque où interdire la prière dans l’enceinte où siège officiellement une assemblée d’élus devient interdire la prière au Québec ; ou encore Jocelyn Maclure lui-même, lorsqu’il persiste à insinuer que la croix du Mont-Royal serait soi-disant concernée par la laïcité, alors qu’elle ne se trouve aucunement dans la sphère de l’État. De même, quand vous dites que ce jugement interdit la prière «dans l’espace public», vous en étendez abusivement la portée et, dans votre exaltation, vous vous contez des peurs. Et vous contribuez, comme d’autres, à semer la peur.

Extension abusive. Par le truchement de la notion-valise indistincte d’«espace public», un lieu et un moment extrêmement circonscrits – l’enceinte où siège très officiellement une assemblée d’élus – devient abusivement «partout». C’est payant, bien sûr, pour les uns comme pour les autres, afin de semer la peur et de galvaniser les troupes ; seulement voilà, c’est faux..

La laïcité concerne uniquement la sphère spécifique de l’État et ne s’étend nullement à la société civile. Retournez-y voir. Que ce soit en version de droite monarchiste-constitutionnelle dans l’Italie de 1860 ou en version de gauche républicaine dans la France de 1905, la laïcité concerne uniquement l’État et non la société. C’est uniquement dans la sphère restreinte de l’État qu’elle s’exerce, là où l’État est dans ses pompes et ses œuvres. C’est là, et uniquement là, qu’il est question de prière ou non, de signes religieux ou non. Ça ne s’étend pas du tout à la société. Au contraire : la neutralité laïque de l’État libéral – qui selon moi doit être manifeste dans quelques lieux et moments au demeurant pas si nombreux, aussi symboliques que sont les symboles religieux eux-mêmes – est justement le principe-source, le pivot qui permet d’assurer l’égalité de tous les cultes.

J’estime que seule, la neutralité laïque dans la sphère restreinte de l’État peut à terme assurer la concorde entre les différentes formes que prend la vie spirituelle des citoyens au sein de la vaste sphère de la vie sociale. Mon point de vue étant ainsi formulé, sans le partager bien sûr, vous comprendrez pourquoi je dois me battre contre cette notion défectueuse d’«espace public» qui fusionne abusivement «sphère restreinte de l’État» et «vaste sphère de la vie sociale», comme si l’État et la société formaient un tout indistinct.

La neutralité laïque de l’État

Avez-vous vu la prière de M. le maire Tremblay? Il ne s’agit pas d’une minute de recueillement silencieuse. Elle commence par le signe de la croix bien appuyé, qui est un signe ostentatoire catholique dans un espace public d’administration civile. Ce signe de la croix se faisait debout pendant que quelques membres du conseil (athées?) demeuraient assis et regardaient leurs documents. Cette prière obligeait les administrateurs à afficher publiquement leurs croyances ou leur manque de ferveur. Elle n’avait pas lieu d’être dans une administration civile. La laïcité de l’État ne peut exister avec la prière de Jean Tremblay, mais cette prière a toute sa place dans les lieux privés et au Club Optimiste ou aux Chevaliers de Colomb.

Victoire, en effet. Comme déclarait fort justement le premier ministre libéral Giovanni Giolitti au Parlement italien en 1906: «L’Église et l’État sont deux parallèles qui vont leur chemin et ne se rencontrent jamais.»

Je suis soulagé, car j’ai beau être un laïciste très convaincu – doublé d’un athée et triplé d’un anticlérical, tradition qui remonte à mon grand-père maternel qui, dans les années cinquante, se rendait aux défilés de Zouaves pour les chahuter – j’ai beau être un laïciste très convaincu, donc, je croyais la bataille bien mal engagée car je me suis toujours méfié du Mouvement laïque québécois, à plus forte raison lorsqu’il était dirigé par Daniel Baril, anthropologue biologique animé d’une mentalité antireligieuse simplette qui est bien dans la manière de sa génération. (À chaque fois que je lis M. Baril sur le sujet, ça me donne le goût de citer l’argument magnifique du cardinal Newman contre l’athéisme, c’est dire à quelles extrémités il me pousse !). Je craignais le pire, c’est-à-dire une interprétation « pied de la lettre » du très malencontreux passage sur la « suprématie de Dieu » que l’on trouve dans le préambule de notre Constitution.

Heureusement, il n’en fut rien, et le bon sens a prévalu.

C’est bien une victoire, et particulièrement une victoire contre l’oxymoron ubuesque « catho-laïque » promu par les Mathieu Bock-Côté de ce monde, une contrefaçon éhontée de la laïcité qui foulait aux pieds le principe régulateur FONDAMENTAL de toute laïcité, L’ÉGALITÉ DE TOUS LES CULTES, proclamé par Mazzini et repris en toutes lettres tant par les libéraux monarchistes-constitutionnels de la Droite historique, qui instaurèrent la laïcité et la séparation des Églises et de l’État dans l’Italie de 1860, que par les radicaux-socialistes républicains qui l’instaurèrent dans la France de 1905.

Cette contrefaçon initiale, entretenue à dessein par le séparatiste Drainville et d’autres comme lui qui jouaient sur les deux tableaux en laissant entendre qu’un État pouvait sérieusement se proclamer laïque tout en gardant en plein Parlement, sous prétexte « patrimonial », le gros crucifix accroché là par Duplessis en 1937 pour marquer sa victoire sur les méchants libéraux « sans Dieu » (autrement dit sur la séparation de l’Église et de l’État), cette rhétorique a énormément nui à l’instauration de la laïcité au Québec, en ouvrant toute grande la porte à l’artillerie des accusations d’intolérance, de xénophobie et même de racisme (dont j’ai également été éclaboussé une fois par une harpie lologue : racisme, sans blague, ce qui signifierait que je prendrais les religions, faits spirituels par excellence, pour des faits naturels-biologiques héréditaires transmis par le sang !! déjà que je n’y crois nullement pour les peuples, faits culturels et historiques que chaque individu devient de son vivant et n’était pas à la naissance, alors imaginez pour les religions!!).

Les ennemis de la laïcité (y compris ceux déguisés en « laïcité ouverte ») avaient beau jeu, dès lors que la Charte de la laïcité était dégradée en « Charte des valeurs », de déformer et falsifier le point de vue laïciste, en s’ingéniant à faire croire, particulièrement à l’extérieur du Québec, que l’enjeu véritable pour quiconque prônait la laïcité était les « AUTRES » religions – i.e. autres que le catholicisme – et non des religions, que quiconque prônant la démarcation entre les cultes et l’État avait en réalité un agenda (nationaliste?) caché contre les minorités spirituelles.

Seule, la neutralité laïque dans la sphère restreinte de l’État peut à terme assurer la concorde entre les différentes formes que prend la vie spirituelle des citoyens au sein de la vaste sphère de la vie sociale.

Pour certains individus le racisme ne réfère plus au concept de race (qu’ils vont souvent définir d’une façon telle à ce qu’il n’y ait pas de race chez l’humain), mais bien à toute forme de discrimination qui n’a pas déjà son propre terme populaire (comme le sexisme). Dans cette logique donc, les islamophobes sont également racistes.

Certains vont encore plus loin en affirmant que du moment où ils sont eux-même victime de discrimination, ils peuvent alors être raciste envers ceux qui les discrimine: « no reverse racism ».

Bref, tout cela est de la rhétorique, mais il y a suffisamment de gens qui y croient pour avoir un pouvoir d’influence.

La Cour suprême du Canada a accordé à la pauvre victime la somme incroyable de 40,000$ de dédommagements pour une prière de moins d’une minute. Ca fait 2,6 millions de l’heure!
Moi, qui suis athée comme une pierre, je suis prêt à me taper une grand-messe n’importe quand.

@ Jack2 : «Moi, qui suis athée comme une pierre, je suis prêt à me taper une grand-messe n’importe quand.»

Oui, mais où ?

Les accommodements doivent-il être traités cas par cas devant les tribunaux? Un minimum de règles claires dans une loi ou une charte ne seraient-elles pas plus souhaitables pour éviter quelques mélodrames à venir? Prétendre qu’une loi aurait réponse à tout serait sans doute présomptueux. Cependant elles pourraient servir de guide aux administrateurs pour savoir quoi faire pour éviter de se retrouver dans un autre mélodrame politico-religieux encouragé par la saveur du moment. Une espèce de charte laïque universelle. Ça doit bien se trouver à quelque part M. Couillard Le courage est la plus grande des vertus pour un pacifiste.

Votre article est intéressant et instructif. Il serait approprié d’ajouter l’impact important de l’application de la Charte québécoise des droits et libertés dans ce jugement. Il faudrait aussi souligner que la Cour Suprême ne s’est pas prononcé sur l’impact de l’usage des signes religieux dans la fonctionnalité de l’État. Cependant l’actualité sur ce sujet nous rejoint et la proposition avant-gardiste de M.Drainville doit être remis à l’ordre du jour au plus tôt, de sorte que ce soit les critères de notre contexte de société qui prévalent dans les litiges futurs.

J’ai bien l’impression que J. Maclure et moi n’avons pas lu le même jugement. Lorsque J.Maclure écrit : « Fait révélateur, la Cour suprême qualifie d’ailleurs l’athéisme de religion, ce qui lui facilite la tâche », ce n’est pas une affirmation de la Cour, mais la prétention des appelants que la Cour résume. Dans son jugement la Cour écrit : « Les appelants plaident … » et la phrase suivante du jugement : « Cette discrimination serait fondée sur ses positions religieuses, c’est-à-dire son athéisme. » Le conditionnel parle par lui-même, il réfère à la position des appelants, non pas celle de la Cour.

J.Maclure déclare, « Or, la Cour peine beaucoup à expliquer pourquoi une prière édulcorée fait violence à la conscience des athées et des agnostiques ». On peut comprendre qu’un philosophe puisse ignorer les techniques juridiques, cependant la Cour prend une bonne partie de son jugement à expliquer les notions de contrôle judiciaire et affirme que les décisions du Tribunal des droits de la personne méritaient la déférence sur les questions de fait. C’est donc en s’appuyant sur l’interprétation de la preuve du Tribunal des droits de la personne que la Cour motive son jugement. « Eu égard à la preuve au dossier, je considère que le Tribunal pouvait raisonnablement conclure que la prière de la Ville est en réalité une pratique dont le caractère est religieux. […] Sa décision sur ce point est étayée par des motifs étoffés et intelligibles. La déférence due par la Cour d’appel commandait qu’elle ne substitue pas son opinion sur les faits à celle du décideur spécialisé. »

C’est donc à partir des conclusions tirées de la preuve du Tribunal des droits de la personne que la Cour arrive à sa décision : « Compte tenu des attendus du préambule du Règlement, du texte de la prière et du contexte dans lequel elle est récitée, le Tribunal fait observer que la pratique du conseil est fortement associée au catholicisme (par. 239- 241). À moins de substituer notre propre conclusion à celle du Tribunal, ce que la Cour d’appel a fait en réévaluant la preuve et en adhérant à la thèse des experts des intimés, l’on ne peut qualifier cette conclusion de déraisonnable au regard des faits et du droit. » Ce qui l’amène à déduire : « Dans un cas comme celui-ci, la pratique qui consiste à réciter la prière et le Règlement qui l’encadre entraînent l’exclusion de M. Simoneau sur la base d’un motif énuméré, soit la religion. Cette exclusion compromet son droit à l’exercice, en pleine égalité, de sa liberté de conscience et de religion. La discrimination dont il se plaint est directement tributaire, d’une part, du caractère religieux de la prière, et d’autre part, du droit de la Ville de la réciter comme elle le fait. »

Monsieur Maclure déclare : « les États québécois et canadien sont, dans les faits et dans le droit, déjà laïques ». Si c’était le cas, le fait que la prière dans un conseil municipal se soit rendue en Cour suprême le contredit et c’est d’autant plus frappant qu’après ce jugement un grand nombre de municipalités se sont senties interpellées. Le crucifix à l’Assemblée nationale – dont J.Maclure fait la remarque – me convainc que la laïcité est loin d’être un fait accompli.

En ce qui concerne les « signes religieux visibles pour les employés des organisations publiques » monsieur Maclure semble feindre d’ignorer ce que la Cour a déclaré au sujet la « neutralité bienveillante ». «[J]e ne crois pas que l’obligation de l’État de demeurer neutre en matière religieuse soit conciliable avec une bienveillance qui lui permettrait d’adhérer à une croyance religieuse. » […] « Sous ce rapport, je préciserai que la neutralité bienveillante à laquelle se réfère la Cour d’appel cadre mal avec la notion de neutralité réelle. »

Je suis en désaccord avec la confusion entretenue depuis longtemps par mon collègue Jocelyn entre la liberté religieuse et la liberté de conscience. Je sais que Taylor et lui pensent pouvoir réduire la liberté religieuse de l’individu à la catégorie de liberté de conscience. Or ce sont deux droits distingués par toutes les Chartes des droits, et pour cause. Le domaine de la liberté religieuse renvoie, par définition, au partage d’une commune représentation du monde, de pratiques rituelles et de devoirs moraux. Tout individu religieux se rattache, d’une manière ou d’une autre, à un collectif. Ce n’est en aucun cas le caractère spécifique de la liberté de conscience. Cela vaut sans doute aussi, dans une certaine mesure, pour l’athéisme qui constitue un mouvement culturel minoritaire mais bien institutionnalisé, au moins en Occident. En ce qui concerne la « fragilité de la preuve » concernant le tort subit, l’exclusion sociale bien notée par le jugement et ce commentaire, semble objectivement démontré et démontrable. Sinon nous sommes bien d’accord sur les clarifications apportées par ce jugement.

Tous ces mots athéisme, laïques et croire devraient être bannis et au point de vue légal, être remplacés pour non croyant ou croyant.

Moi, je ne crois pas en dieu, le ti-jésus de plâtre créature de l’homme, je ne crois pas à l’homme, je ne crois pas le gouvernement, je ne crois pas mon voisin, je ne crois pas les vendeurs, je ne crois pas mon frère, je ne crois pas ma conjointe, je ne crois pas en mes enfants etc etc etc… bref je ne crois pas à personne.

Définition de croire:

Avoir la foi d’un point de vue religieux.

Tenir pour vrai, tenir pour certain.

Tenir pour acquis que c’est une certitude.

Synonymes:

Avaler

Gober

S’imaginer

Croire c’est une plaie qui provoque des guerres.

Daniel Baril a raison de démonter l’argumentaire quasi théologique des Georges Leroux, Michel Seymour et Jocelyn Maclcure.

Le premier a participé à la confection du si mal écrit cours «Éthique et culture religieuse» qui n’est, dans sa 2e partie, que de la propagande sympathique en faveur de la religion. Pire, en a été exclue la grande Éthique non religieuse de la modernité (Condorcet, Comte-Sponville, Onfray, ect.).

Michel Seymour ne fait dans ses billets que boucher les trous de la croyance religieuse qui prend eau de toutes parts comme un navire vermoulu.

Et Jocelyn Maclure est le co-auteur d’un ouvrage «Liberté de conscience et laïcité» avec le bigot Charles Taylor, boursier d’une organisation chrétienne intégriste Tempelton. Ouvrage dont le titre véritable aurait dû être «Comment sauver la religion malgré la laïcité, ou «Comment baptiser la laïcité» L’ouvrage cherche ostensiblement à éviter que la laïcité n’évince les «valeurs religieuses» qui, en fait, n’en sont pas. Ce sont plutôt des opinions métaphysiques, et surannées en plus, et défendues par les universitaires les moins intelligents selon le biologiste évolutionniste Richard Dawkins :

1. «Seulement 7% des scientifiques américains de la National Academy of Sciences croient en un Dieu personnel contre 90% dans la population américaine », p. 131.
2. «Les scientifiques américains sont moins croyants (40% d’entre eux) que les Américains en général (90%) ;
3. et les scientifiques les plus brillants sont les moins croyants de tous (7%) », p.131. De même les savants britanniques (3.3%), «Pour en finir avec Dieu», p.131.

Daniel Baril a eu raison de qualifier de «victoire pour la laïcité» ce jugement. Enfin, la Cour a bien confirmé que l’expression «suprématie de Dieu et de la loi» signifiait clairement «suprématie de la loi», donc suprématie des hommes sur Dieu. C’est justement ce que ne veulent pas les trois personnages ci-haut cités, et ils ont perdu la bataille au profit de la modernité.

Les juges ont enfin compris le danger de la religion. Il leur a fallu être à 100 mètres, et par deux fois, de djihadistes venus faire un carnage au Parlement. La bigoterie, même universitaire, s’en fiche car elle a un pied dans la religion qui est, –on le nie sur toute la planète– , thanatophile.

Un universitaire qui nourrit sa pensée et son enseignement aux préceptes de la pensée magique et de l’Âge du Bronze (-1700 à -1200) devrait subir la révolte de ses étudiants.

«La science n’est pas une illusion, mais l’est de chercher ailleurs ce qu’elle n’a pas trouvé» (Freud).

@ Jacques Légaré: «Ce sont plutôt des opinions métaphysiques, et surannées en plus, et défendues par les universitaires les moins intelligents selon le biologiste évolutionniste Richard Dawkins.»

Vous déplacez le débat du laïcisme à l’athéisme comme s’il s’agissait d’une seule et même chose.

Les personnages que vous prenez pour cible, Taylor, Seymour et le heideggerien Leroux (« Ah, quello Heidegger! » pestait Benedetto Croce en 1934), n’ont de cesse de confondre – et faire confondre – laïcité et athéisme. Et vous, non sans myopie, ne faites qu’apporter de l’eau à leur moulin confusionniste.

La laïcité n’est ni une conviction, ni une idéologie, mais un principe régulateur, qui fait partie (ou plutôt dont les laïcistes voudraient bien qu’il fasse partie) de notre « agreement on how to disagree ». «Une Église libre dans un État libre», comme disait Cavour. Affirmer ou instaurer la neutralité laïque dans la sphère restreinte de l’État sert à assurer la concorde entre les différentes formes que prend la vie spirituelle des citoyens au sein de la vaste sphère de la vie sociale. Ça ne sert pas du tout à les combattre.

Comme disait fort justement mon ennemi communiste Luigi Longo (mieux connu dans la Résistance sous le nom de Gallo) en 1967 :

«Tout comme nous nous opposons à une religion d’État, de même nous nous opposons à un athéisme d’État.»

La laïcité ne saurait devenir un cheval de Troie pour l’athéisme, ni même prêter le flanc à cette accusation. C’est en ce sens que les lubies antireligieuses d’un baby-boomer comme l’anthropologue biologique Daniel Baril sont une nuisance à l’instauration de la laïcité.