USA: comprendre l’offensive anti-syndicale

L’épreuve de force aux États-Unis entre les syndicats du secteur public et les gouverneurs républicains est un peu plus compliquée qu’il n’y paraît. J’en parle à Planète Terre avec l’américaniste Pierre Martin et le spécialiste en syndicalisme Claude Rioux. Puis, « Liberté pour la recherche », une analyse des contraintes imposées aux chercheurs présentée par la juriste Andrée Lajoie.

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Voilà un avant-goût de ce que réserve l’avenir si le Parti conservateur devient majoritaire…

« Les gouverneur démocrates ont aussi les mêmes plan pour les syndicats. »

Le problème est qu’à partir des années 80 (années Reagan et Tatcher), tous les partis, de « gauche » comme de « droite », ont pris le virage néo-libéral, aussi bien en pensée, que par action et par inaction.
Certains partis de « gauche », grâce à leur base, sont partiellement revenus de cette tendance, mais gardent encore des réflexes néo-libéraux (regardez le PQ ici). Et lorsque la pression de la base se relâche, le « naturel » revient au galop chez les dirigeants de ces partis.
Et les partis de pouvoir sont plus ou moins tombés dans les griffes des bailleurs de fond qui, ô surprise, sont les plus riches et puissants (et donc les plus chauds partisans du néo-libéralisme).

L’entrevue avec Andrée Lajoie est aussi intéressante (et horrifiante). Elle parle justement de la manière dont le politique se mèle de la recherche et tue la recherche indépendante.

Si on prête attention, on peut aussi y voir, en filigrane, d’autres problèmes non abordées directement.
Par exemple, on nous inquiètent beaucoup depuis peu avec des discours alarmistes sur le vieillissement de la population. Mais ceux qui ont aussi connu le virage néo-libérale de 1982, se rappellent peut-être qu’à cette époque on nous tenait le même discours sur le vieillissement de la population qui allait faire « crouler le système » dans « 5 ou 10 ans » (donc vers 1987 à 1992, ce qui ne s’est pas produit). Or, Andrée Lajoie nous signale au passage que la recherche sur le vieillessement de la population a été poussée entre 1979 et 1992 pour ensuite être totalement interrompue et reprendre récemment (toujours pour des raisons politiques non expliquées aux chercheurs). Ce qui correspond « curieusement » avec les pointes du discours alarmistes sur ce sujet (a-t-on besoin d’un projet de recherche pour y voir une corrélation assez forte ?).

On voit aussi comment la pensée manégériale cause du gaspillage. Sous prétexte de faire des recherches plus « économiques », on impose des projets multi-disciplinaires et multi-universités. Résultat, pour obtenir leur financement, de nombreux chercheurs doivent s’affilier à des chercheurs d’une autre université pour créer de « fausses » équipes de recherche (chacun faisant sa recherche de son bord sur son sujet avec son équipe). Résultat: perte de temps pour des réunions entre les équipes et aussi perte d’argent (prix des déplacements pour ces réunions). Et on ne parle pas de la paperasse exigée pour « justifier » les fonds alloués.
Partout les gestionnaires ont trop de pouvoir, que ce soit dans les institutions financières, les grosses boîtes d’informatiques, le réseau scolaire ou de santé et même la recherche.

Soupir. On n’est pas sorti de l’auberge.

Deux sujets du tout premier intérêt. La droite qui refuse de participer aux difficultés financières du pays; égotisme, quand tu nous tiens. Et les républicains qui imposent un nivellement vers le bas comme horizon du développement économique. De grands enfants égoïstes qui dictent l’ordre du travail exploité au profit d’un capital de plus en plus sauvage.

La recherche universitaire qui se voit instrumentalisée par les attentes du capital qui fait avorter la création productive. Le Maire Labeaume et bien plus dramatique que son colisée, avec un Clotaire Rapaille bidon qui nous donne à penser que le Bonhomme Carnaval pourrait devenir Directeur de la recherche et du développement des régions…

Misère intellectuelle, quand tu nous tiens en laisse.

Deux sujets de réflexion qui permettent de penser que la modernité du développement à tout prix conduit à un appauvrissement collectif.

Si apprendre prend du temps, chercher et trouver requiert un espace de liberté pour agir.

À la foire des cancres : Labeaume et les Républicains ignares.