Chantal Hébert : Veillée d’armes électorale et entente sur la main-d’œuvre

Le gouvernement Harper renonce finalement à mettre en vigueur son programme controversé de Subvention à l’emploi au Québec. On est ici devant un copier-coller conservateur du cadre de l’entente négociée il y 10 ans par Paul Martin sur le financement de la santé.

Annoncé à la toute veille d’une campagne électorale, le projet d’une entente asymétrique entre Québec et Ottawa sur la formation de la main-d’oeuvre n’est néanmoins pas un pur produit de l’échéancier électoral québécois. Des sources fédérales suggéraient depuis déjà quelques lunes que si une entente globale intervenait avec les autres provinces, le cas du Québec ne poserait pas problème.

Pour l’essentiel, le gouvernement de Stephen Harper renonce à mettre en vigueur son programme controversé de Subvention à l’emploi sur le territoire du Québec. On est ici devant un copier-coller conservateur du cadre de l’entente négociée il y 10 ans par Paul Martin sur le financement de la santé. Comme il y a 10 ans, les autres provinces ont, à l’évidence, accepté de voir le Québec soustrait d’un régime qui leur est imposé.

1 – Au total, cette annonce à la toute veille de la campagne électorale a pour résultat de retrancher quelques lignes du réquisitoire contre le fédéralisme canadien du Parti québécois plutôt que de l’étoffer.  Ceci expliquant cela, c’est Ottawa qui a pris les devants pour confirmer l’intervention d’une entente de principe.

2 – Les partis à Québec étant tous sur la même longueur d’ondes sur le sujet, l’issue des élections d’avril ne changera rien à l’affaire. Et comme le ministre des finances, Jim Flaherty, affirmait dans son dernier budget qu’Ottawa agirait unilatéralement si les négociations avec les provinces n’aboutissaient pas d’ici le 1er avril, il aurait été difficile de  mettre le dossier sur la glace jusqu’à ce que les élections soient passées.

3 – Au total, la surprise ne consiste pas en ce que le gouvernement Harper soit aussi ouvert à l’asymétrie que celui de Paul Martin mais plutôt en ce qu’il se montre, sur le front de la main-d’œuvre, tout aussi partant pour s’activer dans des domaines dont les provinces ont la maîtrise d’œuvre que les gouvernements libéraux du passé.

4 – Avec l’intervention d’une entente Canada-Québec et celle d’un règlement plus global avec les autres provinces le mois dernier, le ministre Jason Kenney ajoute une fleur à son chapeau. Il est en bonne voie de dépêtrer son gouvernement d’un beau guêpier fédéral-provincial.

 

 

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Bien d`accord avec vous Mme Hébert, quel parti oserait s`affronter avec les péquistes avant les élections!!

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