Zambito, le Jean Brault de Charbonneau

Lino Zambito, en plein témoignage devant la commission Charbonneau

Pour qu’une commission d’enquête puisse aller au coeur du problème, ça prend un ancien méchant repenti qui vide son sac. Un personnage qui a navigué dans le système ou en a été victime (souvent les deux, puisqu’il déballe finalement son sac).

Dans le script d’une commission d’enquête, il y a toujours cet espace blanc en attente de ce témoin choc qui va permettre à tous de comprendre à quel point la pomme est pourri. Les procureurs et les commissaires espèrent que ce vide sera rempli, mais ils n’en sont jamais certain.

L’ancien entrepreneur Lino Zambito est en train de jouer ce rôle à la commission Charbonneau.

Et il a fait énormément progresser les travaux.

Je ne suis pas le seul journaliste ayant couvert la commission Gomery à avoir fait le parallèle. Mon collègue du Globe and Mail, Daniel Leblanc, a lancé cette phrase sur twitter:

En effet, au milieu des trous de mémoire grotesques de la commission Gomery sur les commandites, le publicitaire Jean Brault avait tout raconté: du système de surfacturation jusqu’aux liens avec la politique et le financement du PLC. Une bombe à fragmentation qui a explosé pendant une semaine à la commission Gomery (d’abord à huis clos).

J’étais en poste sur la colline parlementaire à Ottawa à l’époque, en mars 2005. J’ai suivi les travaux de la commission Gomery. Je me souviens de l’ampleur du coup de tonnerre de ce témoignage, qui fut au coeur du rapport final du juge Gomery.

Tout comme dans le cas de Jean Brault, avec Lino Zambito, on s’approche de la sphère politique. Des relations avec les élus, mais aussi de la gestion des fonds publics. Il a fait affaire avec des municipalités de la Rive-Nord (Boisbriand) et à Montréal, mais aussi avec le gouvernement du Québec (rappelez-vous les billets de Céline Dion offerts à Nathalie Normandeau).

Lino Zambito arrive toutefois au début du processus d’enquête de France Charbonneau, alors que Jean Brault était venu témoigner dans la deuxième moitié de la commission.

La différence pourrait être de taille.

Les procureurs vont avoir en main du matériel juteux pour interroger les prochains témoins. Les questions seront pointues.

De plus, sa présence dans les premières semaines pourrait inciter d’autres témoins à parler, à vider leur sac. On ne sait jamais, il pourrait demeurer le seul qui a le courage de décrire le système, mais il peut aussi ouvrir la voie. Espérons-le. (On peut souligner le courage et la franchise des Brault et Zambito sans défendre leurs agissements passés répréhensibles.)

La commission Charbonneau a fait un détour théorique sur la mafia que certains ont trouvé long et irritant, mais la présidente et son équipe montrent cette semaine, avec Zambito, qu’ils n’ont pas perdu l’objectif des yeux.

En terminant, petite note du vendredi.

Dans une commission d’enquête, il y a inévitablement un côté spectacle. John Gomery n’avait pas tort de dire qu’il avait le meilleur siège en ville, même s’il a dû regretter ses propos par la suite. Infoman se régale de chaque commission d’enquête!

(Ça n’empêche pas le travail sérieux de se poursuivre.)

Les partys de Noël de la mafia et les cadeaux un peu étranges aux yeux du commun des mortels (un humidificateur de cigare à 4000 $), en font partie.

D’ailleurs, est-ce que les bas remplis de fric de la mafia deviendront l’objet marquant de la commission Charbonneau, comme les balles de golf de Jean Chrétien l’ont été à la commission Gomery?

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M. Zambito nous a semblé être un homme qui tentait de gagner sa vie avec nos égouts, en se sentant obligé de participer à une entente avec ses compétiteurs pour tenir les prix élevés, en tous temps, afin de faire de l’argent, comme les compagnie de pétrole. Un avec la pègre et l’autre avec le capitalisme pour régler leurs conflits.

Je pense que si on perçoit ces commissions comme des spectacles, comme ce fut le cas de la commission Gomery, on a pour ainsi dire tout faux ou à tout le moins on se prive de l’essentiel. D’après moi, la comparaison de Lino Zambito avec Jean Brault envoie un message biaisé à l’effet que tout et tout le monde serait plus ou moins du pareil au même.

D’autre part, la commission Charbonneau ne s’est tournée jusqu’à maintenant que sur un des aspects spécifiques du problème. On entrevoit, que la problématique n’est pas seulement liée à certaines mafias et qu’elle touche plus spécifiquement la manière de faire.

Si une personne souhaite travailler, elle doit adopter la culture de l’entreprise et l’ensemble passe encore par un certain consensus social. Une acceptation de ce qui est. On comprend intrinsèquement, que ce sont beaucoup de manières de travailler qui devraient être révisées; pas uniquement celles qui relèvent du domaine des infrastructures et de la commande publique.

J’espère que ce que nous attendons, ce sont des réponses claires, des pistes de solutions très concrètes, pas seulement du spectacle et du croustillant. Il semble également que la rigidité de certains règlements favorise d’une part la répression, d’autre part le contournement. Hors pour faire des affaires raisonnables, il faut aussi engager un processus de dialogue. Ce qui signifie qu’on ne fait pas une offre de services, mais une proposition. En ce sens, ces commissions doivent aussi servir à rebâtir des ponts puis forger des lignes durables qui plaisent à l’établissement de la conciliation et de la réconciliation.

J’espère que M. Zambito a une bonne cachette, habituellement la mafia n’aime pas les « stools »…

C’est peut-être un peu en dehors du sujet, mais j’ai vraiment hâte d’avoir une explication valable concernant la saga judiciaire entre la GRC et la commission Charbonneau pour que cette dernière puisse utiliser du matériel issu des enquêtes de la GRC. J’ai l’impression que la GRC protège certaines personnes. Est-ce que la GRC et la mafia montréalaise seraient de mèche ? Comme citoyen payeur de taxes et d’impôts au fédéral, je n’aime pas ce que je vois. J’ai besoin d’explications. Autrement je continuerai à faire ma propre opinion à partir de ce que je sais.

«Une fois qu’on a passé les bornes, il n’y a plus de limites.»
[Alphonse Allais]

Oui il faut quand même du courage, j’ai gouté et j’ai eu peur pour mes enfants, alors j’ai fermé ma bouche. j’en sais quelquechose,
qui n’ous dit pas que les politicailleux eux aussi ont peur de représailles, ca arrive vite et bizarre un accident,

»Dans le script d’une commission d’enquête » -M. Castonguay

Vous avez employé le terme exact : script

Toute cette commission est »stagé » M. Zambito n’a absolument rien à craindre tant qu’il s’en tient au script ( à se qu’on lui permet) de dévoiler.

Comme Pistone à expliqué : »La Mafia ne corrompt pas les gens. Elle profite de leur faiblesses. Pour corrompre des gens, il faut qu’il y aient des gens à corrompre. »

Ceci dit, lorsque des politiciens viendront se mettre à table….j’y croirais à cette commission. Pour l’instant, on fait porter l’odieux à des gens déjà »criminalisés » C’est relativement simple…pour ne pas dire simpliste !

Lorsque quelqu’un viendra s’asseoir à cette commission et dira : »OUI, j’ai ACCEPTÉ une enveloppe contenant X montant »

À cet instant précis, je commencerais à y croire à cette commission….pas avant !

Mon humble opinion sur la question !

A Larocque et Lapierre aujourd’hui, Jean Lapierre a questionné Raymond Bachand sur l’infiltration de la mafia dans la construction suite aux révélations de la Commission d’enquête Charbonneau. Raymond Bachand a sorti son baratin habituel comme quoi le parti libéral était allé de l’avant avec l’enquête marteau bla bla bla. M.Bachand savait qu’il n’avait rien à craindre probablement averti de la question auparavant, Jean Lapierre écoutait sans l’intérrompre tout souriant.
Fin de l’histoire.

@ Mario Goyette (# 8):

Jusqu’à maintenant, au niveau de l’Assemblée Nationale, seul le Parti québécois est mouillé par la Commission Charbonneau: André Villeneuve qui, bien sûr, nie tout!!!

http://www.ledevoir.com/politique/quebec/360304/commission-charbonneau-le-pq-defend-son-depute-andre-villeneuve

t c’est sans compter la Commission Moisan qui a éclairé toute la province sur la corruption chez les péquistes.

J’ai bien hâte d’entendre les affirmations sur les relations entre la mafia et les grosses centrales syndicales, alliées naturelles du Parti québécois.

J’ai l’impression que partout ou il y a des trous de poules il y a eu collusion,comment faire confiance à des entrepreneurs qui n’avaient pour but que de se remplir les poches au lieu de nous construire des routes de qualités comme chez nos voisins.

@ Michel (# 10):

Entrepreneurs corrompus???

Et les politiciens?

Et les fon-fons déjà grassement payés par les contribualbes?

Pour que la corruption fonctionne longtemps, ça prend 2 choses: un monopole avec un grand pouvoir protégé (étatique dans le dossier qui nous concerne) et des gens corruptibles (souvent des personnes avec beaucoup de pouvoir).

La corruption dans le privé ne peut fonctionner très longtemps car elle nuit à l’entreprise qui en fait usage. Par contre, dans un monde socialisto-étatique, ça peut proliférer pendant des dizaines d’années vu que l’État qui détient un monopole est omniprésent et que les gens qui en font partie sont déresponsabilisés et imputables de rien.

Plus on se dirigera vers un système socialiste et plus la corruption gangrènera les contribuables.

Pour réégler le problème, il faut réduire la taille et le pouvoir de l’État et redonner aux gens la LIBERTÉ de choisir qui emmènera dans son sillage la comptition.

Voilà!