1 % du revenu des médecins pour régler les frais accessoires du 99 %

Après avoir présenté les risques de la solution aux frais accessoires que propose le ministre Gaétan Barrette, le Dr Alain Vadeboncœur y va de sa propre suggestion.

medecin
Photo : Alex Proimos/Flickr

Au-delà du jeu politique et de la lutte de pouvoir entre le ministère de la Santé et les fédérations, et au-delà des pressions gouvernementales pour réduire les coûts, une question centrale demeure : peut-on régler le problème des frais accessoires autrement que sur le dos des patients ?
Sante_et_science

La réponse est d’autant plus simple que nous avons déjà utilisé la solution plusieurs fois, à tel point que je ne comprends même pas pourquoi elle n’a pas encore été évoquée par le ministre.

Définissons d’abord correctement le problème : les frais accessoires contribuent à la dérive de notre système de santé vers un régime à deux vitesses, qui donne rapidement l’accès à ceux qui ont des moyens et retarde l’accès de ceux qui ne les ont pas.

C’est aussi simple que ça… mais c’est un sacré problème de société, qui s’aggrave avec la multiplication des frais constatée ces dernières années.

Bien entendu, tout dépend du genre de société qu’on souhaite léguer à nos enfants. Je connais par exemple des gens qui pensent que l’argent devrait permettre tout, notamment de se faire soigner avant les autres.

C’est un point de vue, mais il est opposé à l’orientation que nous avons donnée à notre société depuis plus de 50 ans, soit la gratuité et l’universalité de l’accès.

Même le chroniqueur Alain Dubuc en convient, lorsqu’il écrit à propos de la clarification du rôle du public et du privé en santé :

«Ce serait encore plus clair si on faisait le ménage dans les zones grises, dont la plus agaçante, selon moi, est le recours abusif aux frais accessoires dans certaines cliniques privées, qui trahit les principes de gratuité et d’universalité.» (Alain Dubuc, La Presse)

Les médecins soutiennent aussi qu’un second problème n’est pas à négliger : le financement des cliniques, notamment en première ligne. On comprend effectivement que d’opérer un cabinet, cela implique des frais — des frais que n’assument pas les médecins œuvrant par exemple à l’hôpital, comme moi. Ils ajoutent que s’ils ne peuvent plus facturer de frais accessoires, la survie de leur clinique sera compromise.

Couvrir les frais en cabinet

Comme je l’écrivais jeudi, le ministre Gaétan Barrette semble vouloir régler le second problème sans même aborder le premier. Après tout, celui-ci ne concerne que la justice sociale et l’équité d’accès. Il n’y a donc pas de quoi en faire un plat !

Vous comprenez qu’il faut trouver une vraie solution, qui règle les deux facettes de la question. Or, la solution existe, et elle est en application depuis des décennies : intégrer dans le paiement des médecins les montants requis pour assumer ces frais de cabinet. Parce que, contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, la situation actuelle n’a rien de neuf : les médecins négocient depuis toujours des honoraires pour tenir compte des frais de cabinet.

Les radiologistes ont ainsi une «composante technique» pour couvrir le coup de l’achat et de l’utilisation des appareils radiologiques.

Les omnipraticiens reçoivent davantage pour une visite en cabinet qu’à l’hôpital :

Capture d’écran 2015-06-26 à 00.17.43

 

Ils touchent un montant supplémentaire lorsqu’ils effectuent des vasectomies en cabinet :

vascetomie

 

Les médecins reçoivent aussi un supplément pour une évaluation audiologique réalisée en cabinet :

audiologie

 

Même pour certaines interventions liées au cancer, les frais sont majorés en cabinet :

cancer

 

De manière générale, les spécialistes reçoivent un supplément pour certains soins effectués en cabinet :

spécailstes

 

Tout cela est logique et n’a jamais posé problème ni aux fédérations, ni au gouvernement, ni aux médecins. Ni au public, d’ailleurs, puisque ces sommes sont incluses dans des enveloppes monétaires préalablement négociées.

Autrement dit, une fois les augmentations décidées, on répartit les sommes allouées pour le bon fonctionnement des cabinets — une composante vitale de tous les systèmes de santé dans le monde — à partir des montants déjà distribués.

Pourquoi ne l’avoir pas fait avant ?

Un point me chicote donc depuis un bon bout de temps : je n’arrive pas à comprendre pourquoi, en ajoutant autant d’argent à la rémunération des médecins, on n’a pas choisi d’inclure aussi les frais requis pour les soins dispensés dans les cabinets, par exemple afin de tenir compte des transformations de la pratique médicale. Cela a conduit tout droit à la dérive actuelle des frais accessoires.

Les fédérations reprochent au gouvernement de n’avoir pas voulu financer ces frais. Le gouvernement dit qu’il n’a pas les moyens. Il faudra bien qu’on m’explique un jour ce qui s’est réellement passé aux tables de négociation. Le ministre Gaétan Barrette est probablement au courant.

Les deux seules explications que je peux formuler rapidement n’ont rien de réjouissant. Soit le gouvernement n’a pas voulu garder les sommes à l’intérieur des enveloppes pour affaiblir sciemment la couverture publique. Soit les médecins ont décidé de ne pas demander d’inclure ces sommes dans les ententes. Mais on ne peut tout de même pas avoir oublié en cours de route ce principe si souvent appliqué.

Je n’ose pas croire que les médecins ont volontairement refusé une majoration des tarifs en cabinet parce qu’ils pouvaient compter sur la générosité des patients pour combler le manque à gagner.

Les médecins doivent prendre un peu de recul

Il y a des évidences qui me mettent mal à l’aise. La première est le contraste frappant entre la situation favorable des médecins et l’expansion des frais accessoires injustifiés, que doivent assumer de plus en plus de gens. L’équation ne fonctionne pas, du moins moralement.

Les médecins ont reçu des hausses de revenu très importantes ces dernières années, moi comme les autres. Bien sûr, il y a eu la question du rattrapage canadien, qui n’est pas illégitime. Mais dans l’absolu, il reste que les sommes ont été substantielles, et supérieures à celles de tous les autres groupes sociaux.

C’est sans compter les répercussions sur les finances publiques, surtout à la suite de la crise de 2008-2009 — non prévue à l’époque de la conclusion de l’entente de principe portant sur le rattrapage canadien, signée par… l’ex-ministre François Legault !

Tout de même : on a ajouté des milliards de dollars pour les médecins depuis. Et on n’aurait pas trouvé l’argent requis pour régler l’épineuse question des frais ? Brigitte Breton, du Soleil, le dénonce vertement :

«Québec a trouvé 297 millions $ pour hausser la rémunération des médecins, mais n’a pas d’argent pour assurer à tous les patients un accès aux soins. Un choix qui en dit long sur les priorités et les contradictions du gouvernement Couillard.» (Brigitte Breton, Le Soleil)

Les effets délétères des frais accessoires sont largement dénoncés et font même l’objet d’un vaste recours collectif, qui pourrait coûter des dizaines de millions de dollars aux médecins, aux cliniques et au gouvernement. Mais on ne semble pas avoir compris la leçon…

Or, nous avançons rapidement vers un système à deux vitesses — un phénomène qui pourrait s’accélérer avec les récentes propositions du ministre. À tel point que les distorsions dans l’accès rendront bientôt l’écart immoral, si ce n’est pas déjà fait.

Est-ce vraiment ce que nous souhaitons ?

Je pose la question à mes confrères : est-ce vraiment, comme médecin, ce que nous souhaitons pour nos concitoyens et nos enfants ? Soigner de plus en plus rapidement ceux qui en ont les moyens, et laisser tomber chaque fois davantage les autres ?

Je ne le pense pas. Je ne le souhaite pas. Pourquoi vouloir régler cette question sur le dos des patients, qui sont loin d’être égaux devant la maladie et dans les moyens financiers nécessaires pour y faire face?

Alors je proposerai quelque chose de simple, mais qui n’a rien de neuf : qu’on inclue dans les ententes les tarifs requis pour couvrir les frais en cabinet, à partir des masses monétaires déjà négociées.

On me reprochera, comme médecin hospitalier, de n’avoir moi-même aucuns frais à assumer. Je ne le nie pas. Mais je suis prêt à participer. Tous les médecins doivent contribuer à l’effort requis pour régler la question des frais accessoires — autant ceux qui assument les dépenses pour leurs cliniques que les autres, qui travaillent exclusivement en établissement.

Après l’effort gouvernemental visant à rattraper la rémunération moyenne canadienne, je souhaite un effort de chacun de nous, médecins du Québec. Peu importe la spécialité, le lieu de pratique, les frais chargés ou non, les techniques réalisées ou non.

Parce qu’il est temps d’y voir. Il est même un peu tard : il aurait fallu y penser au début de la période de rattrapage salarial. Mais il n’est pas trop tard.

J’imagine déjà les réactions de certains de mes confrères: «Comment ? Pourquoi, moi, j’assumerais cela ? C’est au gouvernement d’investir ou de permettre aux patients de payer ! Je prendrais à ma charge leur fardeau ? Jamais !» Etc.

Pourtant, les médecins ont toujours accepté d’inclure ces frais dans les ententes, afin que la rémunération soit plus élevée en cabinet, pour compenser les dépenses requises. Et il faudrait rejeter ce principe aujourd’hui ? Au nom de quoi ? De l’individualisme ?

Un effort modeste

Évaluons l’ordre de grandeur des coûts, que le gouvernement dit n’avoir «pas les moyens» de payer. Le ministre les juge à hauteur de 50 millions de dollars annuellement, peut-être 60 millions. Ça peut sembler une grosse somme.

Attention : c’est moins de 1 % de la masse salariale annuelle de l’ensemble des médecins du Québec. Une petite fraction.

Ma proposition peut se chiffrer ainsi : redistribuons 1 % de nos revenus pour régler la question des frais accessoires. Et si mes confères jugent malgré tout que cet effort est démesuré, engageons-nous au moins à consacrer le prochain 1 % de hausse à cette fin — et seulement à cette fin.

Pour nous consoler, imaginons un instant l’amélioration consécutive dans l’équité d’accès et dans le fonctionnement du système de santé. Tout ça pour un petit 1 %, qui bénéficiera à votre mère, votre cousin, votre voisin, vos enfants… et qui sait, peut-être un jour, à vous-même ?

Un petit 1 %, pour régler tous les frais accessoires du 99 % , ça vaut le coup, non ?

Pensons-y !

* * *

Voilà, je vous laisse méditer sur cette modeste proposition, pendant que je serai tellement en vacances que mon blogue sera lui-même en congé, et ce, pour la toute première fois depuis février 2013… et 178 textes plus tard !

Je vous remercie de me lire et vous souhaite un excellent été, à toutes et à tous. On reprend en chœur nos discussions dans quelques semaines ! Pluie ou pas pluie, frette ou pas frette, soleil ou pas soleil, bon été !

Dans la même catégorie
Boutique Voir & L'actualité

Obtenez jusqu’à 40% de plus pour votre prochaine sortie

25 commentaires
Les commentaires sont fermés.

Merci! Pour moi, pour mes enfants, pour toutes les personnes qui n’ont pas les moyens qu’exigent désormais l’accès aux soins.

J’ai été frappé par l’absurdité de la rhétorique déployées par les 2 parties négociantes (parce que les usagers sont impliqués dans les conséquences, mais pas dans le processus des négociations) au regard des montants dont il est question ici.

C’est le même ministre Barette qui avait négocié les généreuses augmentations salariales des médecins et qui nous dit maintenant, une fois qu’il se retrouve dans l’autre camp, que le gouvernement n’a plus la capacité de payer? Peut-être qu’il a raison, et si c’est vrai, c’est en bonne partie de sa propre faute.

M Alain Vadeboncoeur .
Je vous remercie pour votre opinion sur les frais accessoires.
Je suis d’accord avec vous . Cette position s’inscrit dans les valeurs d’égalité et d’équité sociales qui caractérise le Québec depuis la révolution tranquille . Ma fille vient d’être acceptée en médecine et elle débute ces études universitaires en septembre 2015 . Je lui envoie votre texte à l’instant et suis confiant qu’elle appréciera celui ci . Elle a choisi la médecine pour venir en aide aux gens . L’argent n’a eu aucune influence dans ce choix de carrière… Vos opinions lui permettront de réaliser qu’il y a d’autres médecins qui partagent ses valeurs d’entraide et de solidarité .
Je vous souhaite de belles vacances

C’est dommage de consumer tant d’efforts avec des prémisses fausses. 50-60 millions, faites moi rire. C’est certainement au moins 5 fois cette estimation.

Le problème est que tout le monde se comporte comme si c’était l’argent des autres. En escamotant ou organisant la réalité pour avoir de beaux arguments qui paraissent bien, qui font philanthropes mais avec l’argent des autres.

On mélange prix coûtant et coût de production. On omet la valeur vs le coût. On fait de la génération spontanée.
On évite de parler de rentabilité et on utilise profitabilité. Ce n’est pas rien.

On utilise des situations d’exception et on généralise. On fait de généralités des exceptions!

Tout ça est d’une malhonnêteté crasse. Ce système profite à tous ou presque, il est un bar ouvert.

SVP. les démunis doivent avoir un accès. Les moins nantis ne doivent pas s’appauvrir par cause de maladie.

Il est faux de prétendre que le système universel et gratuit ne coûte rien. Ceux qui paient de l’impôt, j’en suis, à la hauteur, par exemple de 20 000$ par an, paient environ 10 000$ pour un service qui n’est pas disponible et dont l’administration est lourde et non efficiente.

40% de la population ne paie pas d’impôt (ne gagnant pas assez mais ayant les moyens d’avoir 3 cellulaires pour la famille, le câble et l’internet 280$/mois…)

Vous avez des avocats qui défendent via recours collectifs (avec honoraires de 30-50%) et qui reprochent frais accessoires mais qui ne se gênent pas pour facturer 7% de frais technologiques (forfait pour télécommunications, courriel, fax etc…) sur les honoraires bruts… Créatif!

Revenons aux frais accessoires, ils financent quoi au juste? Servent-ils réellement à enrichir de gloutons entrepreneurs avides et cupides? Nous sommes d’accord, en partie, pour les gouttes ophtalmiques. Quelqu’un s’est questionné sur le coût des appareils en ophtalmologie dans un bureau? Comment doivent-ils être financé et par qui?

Un instrument ou un appareil qui est disponible 100% du temps mais qui ne sert que 0,05% du temps se finance comment? Son entretien, sa stérilisation, son entreposage (oui, oui l’espace physique qu’il occupe aménagé à 200$ par pied carré au lieu du 1000$ en milieu hospitalier), le coût du loyer de la salle de procédure qui sert 2% du temps dans une clinique de médecine générale?

L’exemple de l’endoscope donné par un autre lecteur… qui a omit de dire qu’il doit être au moins en triple car il faut un instrument prêt pour le prochain patient… Quels sont les délais en endoscopie, au fait??? Sérieux 50-60 millions!!!

À tous les partisans des soins offerts par des non médecins, exemples des points de sutures par des infirmières qui coûtent vraiment beaucoup moins cher qu’un docteur… Les instruments, les stérilisateurs, l’usage épisodique et la disponibilité continue ça ne coûte rien…?

Pourquoi les repas au restaurant coûtent si cher? Pour payer la Ferrari du chef? Non, parce qu’il y a des pertes immenses. Le resto est un luxe. Un bar ouvert, une invitation à l’excès.

Entre capitalisme sauvage et socialisme utopique, un équilibre peut exister mais il exige courage et intégrité intellectuelle. Le poids des mots et la force des idées ne doit pas servir à promouvoir idéologie et rhétorique complaisantes.

Cessons de nous gargariser de concepts simplistes et faussement généreux. Notre société n’a simplement pas les moyens d’un certain idéal. Mais de l’argent, il y en a en masse…

Bonjour M. Leclerc, j’ai lu votre opinion avec beaucoup d’intérêt, mais que suggérez-vous alors? Je comprends votre indignation, mais je suis plus en mode solutions que indignation. (Je n’en peux plus de m’indigner…)

Madame Lachance. Il n’y a pas d’indignation dans mon propos mais un appel au réalisme. Ce n’est pas normal qu’un système qui coûte si cher ne fonctionne pas.

Chose certaine, au garage, le tarif horaire, parfois de plus de 100$, pour la maind’oeuvre ne sert pas à payer les simples mécaniciens mais toute l’infrastructure. Il en va de même dans le milieu médical, vétérinaire ou dentaire.

Qui conteste les frais vétérinaires, dentaires, optométriques, comptables, d’architectes, notariaux ou légaux… Les services de ces professionnels sont gratuits et se financent seul?

Pouvez-vous nous énumérer les critères qui vous mènent à la conclusion que le système ne fonctionne pas? Si vous vous en tenez seulement aux délais d’attente (qui, j’en conviens, sont souvent inacceptables), alors je vous invite à faire preuve du même réalisme auquel vous appelez.

Par exemple, si on utilise d’autres indices tels que l’espérence de vie de la population, le coût pour les employeurs, le coût pour chaque acte médical, le nombre de personnes qui n’ont pas accès à des soins dans un délai acceptable (et j’en passe) : vous allez conclure que le système canadien est beaucoup plus performant que le système américain.

Je ne dis pas qu’il parfait, ou même que c’est le meilleur, mais que la privatisation n’a pas fait ses preuves (à l’exception des plus riches) au sud de la frontière.

Délais d’attente dites-vous?

Annecdotiques dites-vous?

3 exemples qui j’espère, vous ne considérerez pas comme anecdotique:
1- Plus d’un an pour finalement trouver et voir un dermatologue dans 3 semaines. Il voudra me charger, alors que je ne veux pas et ne peux pas payer. Combien de temps devrais-je attendre encore pour me faire soigner, « sans frais » à débourser en plus? Et où? À l’hôpital Sacré-Coeur qui est dans mon secteur, on refuse les nouveaux patients dans plusieurs spécialités dont en dermatologie.
2- Pour une coloscopie à l’hôpital Sacré-Coeur il faut commencer de tenter de prendre un rendez-vous un an avant d’en avoir besoin. Hors la dernière fois, après de nombreux essais durant 3 mois, j’ai dû « passer » par l’administration pour en avoir un.
3- Cataracte: il y a 3 ans, alors que j’attendais assis dans le corridor pour voir mon ophtalmologiste (pendant près de 3 heures) qui refusait d’envisager cette opération pour moi, alors que j’en étais à longer les murs et à être inapte à conduire, qu’elle multipliait les visites chez d’autres spécialistes (à lire les commentaires sur des sites, il semble que ce soit une tactique qu’elle utilise beaucoup….; incompétence ou pour retarder les opérations par manque de disponobilité?) qui tous m’y ont retourné en recommandant l’opération, j’entendais une secrétaire d’un autre ophtalmologiste téléphoner à des dizaines de patients sur la liste d’attente, pour leurs dire que leur opération était retardée à une date ultérieure inconnue. Par déductions, j’ai conclu que plusieurs attendaient déjà depuis plus d’un an. J’ai fini par voir un autre ophtalmologiste et accepter « en passant par son bureau » à être opéré en moins de 4 mois à Saint-Mary’s…après avoir déboursé + de 3,500$ de frais d’examens…à son bureau. Si j’avais encore attendu et si je n’avais pas payé en passant au fond en partie par le privé est-ce que je serais en mesure de voir le bout de mon doigt? Est-ce que je serais encore « opérable »? Pire, ma situation financière a depuis changé et je ne pourrais pas payer 3,500$ pour quoi que ce soit!

J’en aurais d’autres qui me sont personnelles aussi, mais également qui sont arrivées à des gens qui me l’ont raconté.

Anecdotiques dites-vous?
Anecdotiques tant que ça ne nous arrive pas.
Si ce n’est qu’anecdotiques dans mon cas: je dois-être bien malchanceux!

La santé ne doit pas être imaginée et traitée comme, n’importe quels autres plans d’affaires. La santé ne doit pas être un plan d’affaires.
Acheter une tablette et se payer la plus cher en se procurant tout les extras et les services, en sachant et assumant que l’obsolescence programmée existe et que les compagnies comme APPLE changeront les systèmes d’exploitation régulièrement et très souvent, qui éventuellement conduiront à acheter que pour ces mises à niveaux de nouveaux appareils, alors que celui possédé est encore en bon état de marche, mais dont des services et des possibilités ne seront plus accessibles si l’on refuse l’achat des nouveaux appareils.
C’est sans parler que ses compagnies ne payent aucun ou très peu d’impôts peu importe où ils se trouvent, mais, et donc aussi au Québec et au Canada.
Dans des cas comme celui-là, comme j’ai décidé de le faire, on peut toujours décidé de cesser d’être comme une vache à lait pour ses propriétaires gloutons et insatiables de profits toujours plus grands et dans les plus riches, mais jamais assez de notre société.

Mais en santé?

Mais en santé que tout le monde paye de différentes façons déjà?

On ne peut pas dans une société « démocratique » (on pourrait en discuter longuement), moderne et en 2015, faire la file et traiter l’achat des soins de santé comme on fait la file pour s’acheter une tablette et décider de s’en passer un jour comme on peut en faire ou non l’achat…surtout que collectivement, un jour, parce que des gens ne pouvaient pas se faire soigner faute d’argent, on a décidé de changer la situation en créant un système de santé publique et universelle au Québec et au Canada.

Le ministre et ce gouvernement ne peuvent pas du jour au lendemain changer toute la philosophie Québécoise sur la santé et sur tout sous prétexte qu’ils ont été élus un jour par moins de 25% de la population…!!!

« On utilise des situations d’exception et on généralise. On fait de généralités des exceptions! »

Oui! En voici un très bon exemple :

« 40% de la population ne paie pas d’impôt ***(ne gagnant pas assez mais ayant les moyens d’avoir 3 cellulaires pour la famille, le câble et l’internet 280$/mois…)*** »

« Entre capitalisme sauvage et socialisme utopique, un équilibre peut exister mais il exige courage et intégrité intellectuelle. »

Le système canadien couvre moins de 70% des dépenses des Canadiens en matière de santé, on est loin du socialisme utopique.

D’ailleurs, il n’y a aucun exemple que vous apportez qui fait l’objet du débat actuel sur les frais accessoires. En fait c’est le contraire, l’article du Dr. Vadeboncoeur mentionne (et l’auteur appuie même l’idée) que les actes médicaux effectués dans la pratique privée soient compensés dans une mesure supérieure au même acte fait dans un hôpital, justement en raison des coûts d’équipements, etc.

C’est à se demander si vous avez lu l’article auquel vous répondez.

Ouvrir la porte aux frais accessoires c’est ouvrir une autre gouffre sans fond, la preuve simpliste des gouttes ophtalmologiques facturées 20$ alors qu’il en coûte à peine 0,05 cents. Si le dossier était negocié sur la place publique, il n’y a pas douté que les entrepreneurs criaient au loup, comment se fait-il que les médecins qui réclament leur statut de travailleur autonome, qui souhaitent travailler dans un cabinet privé font payer leurs dépenses d’administration par le secteur public? C’est facile, les médecins, pas tous, se comportent comme des voisins gonflables, des bébés gâtés qui veulent tout sans en payer le prix, les tanguys de l’état.

Doc, on manque de personnes comme vous dans notre société,
Bravo pour votre gros bon sens,

Merci beaucoup pour cette opinion courageuse et ces informations. Il me semble assez curieux que personne dans ce débat ne m entionne la décision de la Cour supérieure du Québec en 2006 concernant le recours collectif au sujet des frais accessoires facturés aux femmes dans le cas des avortements pratiqués en cliniques privées et dans les centres de santé des femmes, alors que les avortements étaient gratuits en centre hospitalier et
en CLSC. Les arguments avancés dans le jugement sont lumineux et s’appliquent dans les cas discutés ici. Les femmes ont vécu une médecine à deux vitesse pendant plus de 30 ans ! Mais étant donné que l’avortement est encore un tabou et sujet de honte, personne n’ose se référer à cette victoire qui ouvre la voix à d’autres victoires dans d’autres recours collectifs du même type.

Merci de nous le rappeler.
Notre système depuis sa création a toujours eu plus qu’une vitesse et voilà à mon avis ce qui mène et son accentuation continuera de mener à toujours le dégrader et l’éloigner de ses raisons qui ont emmenées à sa création!

Merci docteur Vadeboncoeur.
Surtout bonnes vacances!

Vos suggestions sont certainement bien éclairées.

Pour ma part cependant, si on s’attarde qu’à ses frais accessoires, comme vous l’avez déjà souligné, il est indéniable qu’ils vont à l’encontre des règles canadiennes sur les systèmes de santé, mais aussi à l’encontre des principes qui ont emmené la création du système de santé Québécois.

L’un de ses principes était de pouvoir permettre aux citoyens de pouvoir se faire soigner, peu importe son compte en banque et de ne pas avoir à choisir entre des soins de santé, ou son toit, son pain, sa chaleur, ses vêtements minimums, etc., ou de s’endetter pour de nombreuses années.

Or en le mettant sur pieds tel que fait, on a évidemment fait un virage important en comparaison avec ce qui prévalait, mais qui n’a jamais été complété véritablement.
Les gens à faibles revenus ont toujours continué à devoir faire des choix, y compris ceux sur l’aide sociale contrairement aux croyances populaires simplistes, entre manger, se nourrir, se loger adéquatement et au chaud ou se faire soigner.
Mais ça n’a cessé d’empirer!
On a qu’à penser pour eux: personnes à faibles revenus, ce que c’est en 2015 de devoir débourser pour:
-les médicaments: 100$ mensuellement c’est près de 10% des revenus et même plus pour certains,
-le dentiste de façons régulières pour des soins de bases: c’est près de 20%,
-les lunettes: c’est souvent l’équivalent des revenus mensuels,
alors que pour un grand nombre entre 50 et 65% des revenus est déjà parti pour le loyer. Il faut rajouter le reste, même au minimum: l’électricité, le téléphone, la nourriture, et on s’arrête ici car on est déjà à 100% des revenus ou dépassé!
Comment penser alors payer pour des soins dentaires, pour s’acheter des lunettes adéquates à changer périodiquement, des médicaments, des pansements, des appareils, et maintenant et de façon qui se généralisera et gonflera avec le temps avec les avantages de le faire ainsi pour le gouvernement et les médecins, et donc en plus des frais à chaque fois qu’il faudra se rendre chez le médecin?
Le système créé, l’a été que partiellement, n’a jamais été véritablement été bonifié adéquatement, n’a jamais été complété.
Le système n’a jamais offert les services requis et dans des temps raisonnables, comme ça se fait ailleurs comme en France par exemple.
On a toujours tenté de l’améliorer sans y réfléchir dans son ensemble, le compléter et vraiment l’améliorer, mais en ajoutant des frais et aux revenus des médecins et donc au système lui-même dans son entier.
Les patches multiples sur des bosbos en particulier n’ont jamais rien amélioré et encore moins bonifié ou compléter au système, mais ont toujours gonflées la facture payée en bout ligne, peu importe le mode: taxes et impôts, frais supplémentaires légaux ou illégaux, par tous les Québécois, il ne faudrait ne pas l’oublier.
Les seuls qui s’en sont toujours sortis avec des avantages supplémentaires bien réels sont les médecins.

Les seuls qui s’en sont toujours sortis avec des avantages supplémentaires bien réels sont les médecins!
Cela n’a-t-il jamais amélioré le système?

suite…

Molière nous a apprit à se méfier des médecins …« Gardez vous bien d’aller mourir sans l’ordonnance du médecin » (Sganarelle dans le médecin volant) De temps immémoriaux, les médecins ont constitué une
caste privilégiée dans la société. Il s’en trouve peu de nos jours qui ont acquis et développé comme le docteur Vadeboncoeur une morale sociale conforme aux fondements du serment d’Hippocrate… » J’utiliserai le régime pour l’utilité des malades, suivant mon pouvoir et mon jugement; mais si c’est pour leur perte ou pour une injustice à leur égard, je jure d’y faire obstacle… » Parmi ceux qui se lèvent dans l’assemblée, je ne vois pas beaucoup de médecins qui se souviennent d’avoir prononcé ces mots !

…suite
Si l’on veut imaginer notre système de santé comme une entreprise privée, et si c’était une entreprise privée, il y a longtemps que ses concurrents l’auraient conduit à la faillite. Combien de temps attendriez-vous à la caisse pour vous acheter des denrées essentielles comme de la nourriture, avant d’allez chez un concurrent et ne jamais plus retourner chez celui que vous avez quitté? Trois heures?
Trois heures, comme à chaque fois, à son bureau, c’est ce que j’ai dû attendre chez mon ophtalmologiste vendredi dernier, en plus de payer 30$ pour 2 gouttes qui n’étaient pas utiles à dilater la pupille, puisse qu’il n’a pas fait cet examen!

Or traiter notre système de santé au Québec, comme ailleurs aussi, de la même manière qu’un magasin de tablettes électroniques et de téléphones ne doit pas se faire!

Il n’y a pas de solutions miracles et surtout des solutions qui pourraient faire de notre système, un bon système à court terme.

Aussi et c’est pourquoi il faudrait créer un moratoire sur toutes les augmentations de revenus aux médecins, même celles déjà accordées et créer une équipe de penseurs provenant de tous les intervenants dans le système, y compris et surtout des usagers, en créant des règles claires et des obligations. Ça prendrait plusieurs intervenants des usagers, représentant différents groupes comme: ceux à faibles revenus, les personnes âgées, et au total, leur nombre devrait égaler celui de tous les autres réunis.

Ça pourrait ressembler à:
7 règles primordiales devant mener le gouvernement à une refonte complète de notre système de santé:
1- obligation de traiter de l’ensemble des services qui peuvent être offert pour combler tous les besoins à la santé des usagers, et donc, médicaments, appareils, lunettes, dentiste, et le reste;
2- bannir complètement la notion de privé à tous les niveaux et à toutes les étapes : la santé ne doit pas être une business, comme les autres;
3- il devra y avoir qu’un système de santé pour tous les Québécois et il devra être public dans son entièreté, aucune exception ne pourra être tolérée: ce qui veut dire qu’il n’y aura personne au Québec, légalement, qui pourra obtenir des services de santé en déboursant de l’argent directement;
4- le nouveau système unique devant être mis en place devra devenir un système d’état, régi par l’état, mais complètement indépendant du système général de revenus et de dépenses de l’état et administré par des taxes et des impôts, mais par un système de contributions obligatoires déduites directement à la source et proportionnelles aux revenus bruts, en incluant par exemple et entre autres des revenus d’actions pour les hauts dirigeants et le tout admissible aux déductions lors de la déclaration de revenus adaptée en conséquence;
5- les médecins et les autres travailleurs dans ce système devront être tous des salariés, ceux refusant de travailler pour l’état devant allez pratiquer ailleurs qu’au Québec et devront rembourser dans sa totalité leurs frais d’études avant de partir; les nouveaux étudiants devront s’engager à pratiquer pour le système d’état ou allez étudier ailleurs qu’au Québec, mais en plus de rembourser leurs frais d’études, ils devraient aussi payer une pénalité établie pour leurs pertes s’ils devaient changer d’idée;
6- à l’avenir, les salaires des professionnels de la santé du Québec, ne pourront plus utiliser des comparaisons territoriales pour chercher l’égalité des bonifications de leurs avantages et revenus;
7- le gouvernement en place qui recevra les recommandations de l’équipe de la réforme, devra obligatoirement y donner suite dans un projet de loi, dans un temps limité, et qui avant d’être présenté à la chambre, devra avoir obtenu l’accord de 80% des membres de l’équipe. En cas que les députés ne s’entendent pas pour son adoption, ou que des modifications réduisent les recommandations qui nuiraient à l’esprit de la réforme selon l’avis de 80% des membres qui auraient alors à l’affirmer, le gouvernement devrait (obligatoirement) déclencher une élection référendaire sur ce projet.
Autrement dit, terminé: les tergiversations, les fausses promesses et les rapports tablettés!

De façon plus générale, en santé comme ailleurs, on devrait refuser les discussions pour rejoindre, égaliser ou dépasser les conditions de travail qui prévaut en dehors du Québec. Les avantages d’habiter un territoire précis ne se résument pas aux avantages que procure un emploi, mais par un ensemble d’avantages et d’inconvénients beaucoup plus vastes. En bout du compte, il est permis à quiconque préférant à distance les avantages d’un autre territoire d’allez l’habiter et d’y constater sur place, 24 heures par jour, les avantages, mais aussi les inconvénients, le tout ne se mesurant pas et surtout pas qu’en dollars!
Les employeurs devraient en faire autant pour reviser à la baisse les mêmes avantages!

J’ai oublié un point important.
8- Aucun gouvernement ne pourra à lui seul, faire en sorte d’adopter des lois et des règles qui changent l’esprit des principes du nouveau système de santé, sans créer au préalable un comité de réforme conforme à celui déjà crée pour la première réforme et sans respecter les mêmes règles…

Bravo, et merci. Mon père était médecin, lui aussi, et je reconnais dans vos propos certaines de ses préoccupations intimes… même si nous n’étions pas toujours d’accord sur les moyens concrets à prendre, sur les politiciens les plus « convenables » à élire, pour agir en notre nom et défendre nos véritables intérêts…. Vous, sans hésiter, je voterais ( et je vote ) pour vous. Merci.

Quel bon sentiment… de voir ou de lire qu’il y a encore de bons médecins qui honorent envers et contre tous, leur serment d’Hippocrate. Il y va de bon cœur, notre bon docteur…!!! Je suis 100% d’accord avec lui. Dans mon commentaire de son article précédent sur le même sujet, je traitais de la pratique des médecins vétérinaires (MV) en milieu rural (animaux de ferme) qui s’apparente à celle des médecins en médecine humaine (MD) en ce qu’elle est, elle aussi, subventionnée. Je me demandais pourquoi les MD devraient, eux, charger des frais accessoires pour faire fonctionner leurs cabinets, alors que les MV les font fonctionner à même leurs honoraires.
Je me rend compte, avec les exemples donnés par le Dr Vadeboncoeur, que les MD sont dans la même situation que les MV. En effet, le gouvernement tient déjà compte, dans les honoraires payés aux médecins en cabinet privé, des coûts engendrés par la tenue d’un tel cabinet, tout comme pour les MV. Les honoraires des MD sont en effet majorés en conséquence comparativement à ceux de leurs confrères qui pratiquent à l’hôpital.
En conclusion, c’est que les MD en cabinet privé sont déjà payés en supplément pour les mêmes actes posés par leurs confrères à l’hôpital. La triste évidence, c’est que les MD en veulent plus… toujours plus…!!! En plus de «vampiriser» le système de santé (ils ont déjà la grande partie du gâteau) les MD veulent saigner le patient.
Je comprend maintenant pourquoi mon gastro-entérologue ne m’a jamais chargé de «frais accessoires» lors de mes 3-4 coloscopies en cabinet privé… C’est que lui, ne fait pas partie de la troupe des sanguinaires…
Je m’oppose donc, comme le Dr Vadeboncoeur, à la légalisation de l’illégal. Je m’oppose à l’instauration d’une médecine à deux vitesses avec la bénédiction du Ministre de la santé. S’il n’y a plus d’argent pour ajuster les tarifs et nourrir l’appétit des MD, les payeurs de taxes n’en n’ont pas plus.
Mais le Dr Barrette s’apprête encore à céder à ses amis médecins, après avoir ré-instauré les primes Bolduc.
Comme M. Claude Castonguay (père de l’assurance-maladie) l’a déjà mentionné : un docteur, ministre de la santé, c’est un ministre en conflit d’intérêts…!!! Ça devient de plus en plus évident…!!!
Finalement…
Réveillons-nous…!!!
La même situation s’applique aux MD qui prennent de nouveaux patients. Leurs honoraires, pour ce faire, sont déjà ajustés en conséquence, mais ils en voulent plus. Dr Barrette a cédé et a ré-instauré la prime «Bolduc».
Pour les frais accessoires, c’est la même chose : leurs honoraires en tiennent déjà compte, mais les MD en veulent plus… Barrette va céder…!!!
Il est un excellent comédien ce Ministre…!!! Il nous faisait croire qu’il allait mâter les docteurs, mais c’est le contraire… Il «s’adapte»… Les docteurs (MD) vont l’aimer leur Ministre…!!!
Et quand il reviendra en pratique, après s’être fait mettre un bon pied au cul, il pourra rire à satiété… car il bénéficiera des avantages qu’il aura accordés à ses amis et confrères médecins…
Comment doit-on s’opposer?
Je pense envoyer ce texte à tous les députés… Qu’en pensez-vous?

Je vous ai lu avec très grand intérêt monsieur Doré.
Bonne idée d’envoyer votre texte à tous les députés. Ceux dans l’opposition y auront une oreille attentive aussi longtemps qu’ils ne prendront pas le pouvoir. Une fois élu et à la tête de la province, tout à coup, ce qui était tellement pertinent et important la veille des élections prend une autre dimension.
Que j’aimerais n’être qu’un vieux bougonneux!
J’aimerais bien voir ça le docteur et ministre de la santé se faire mettre un bon coup de pied au cul! Mais dans la nouvelle philosophie de la gouvernance, je crains qu’il y ait trop de Québécois favorables.

Est-ce qu’un garagiste a une subvention pour payer les frais accessoires de son garage? Qui paye pour la location de l’endroit, des outils nécessaires à son travail? Comme il est un travailleur indépendant, il prend ses revenus et paye ses dépenses. Ensuite il peut en déduire une partie sur sa déclaration de revenu.
Quelle est donc cette espèce de jalousie qui prévaut chez les médecins et qui fait que ceux qui décident de travailler en cabinet veulent que leurs dépenses de cabinet soient payés par le système parce que les médecin à l’hôpital eux ne paye pas de frais? On dirait des enfants qui se chicanent à qui va en avoir le plus?! Les médecins qui font du cabinet en milieu hospitalier devraient aussi, quand à moi, payer des frais de location de bureau au dit hôpital.
Bien sur la santé n’est pas un »business » mais on est un travailleur indépendant ou on ne l’est pas!

« Quelle est donc cette espèce de jalousie qui prévaut chez les médecins et qui fait que ceux qui décident de travailler en cabinet veulent que leurs dépenses de cabinet soient payés par le système parce que les médecin à l’hôpital eux ne paye pas de frais? »

Les médecins en cabinet ne demandent pas que les frais accessoires soient payées par le système public. Ils les chargent déjà comme un garagiste va charger pour l’huile, graisse, écrous, etc. qu’il utilise dans le cadre des services qu’il rend. Le problème c’est que les garages ne sont pas visés par une loi qui dit que le service doit être universel et gratuit pour l’usager. Alors, du moment que les médecins en cabinet agissent comme un garagiste (au sens figuré), il y a matière à se questionner à savoir si la loi est respectée.

Il en revient au final aux autorités de faire respecter la loi, donc au gouvernement de trancher si ces frais sont contraires à la loi (évidemment les médecins peuvent contester devant les tribunaux). Encore une fois, ce n’est pas les médecins privés qui demandent quelque chose, ils ont adopté un comportement depuis longue date en croyant respecter la loi. Ce sera une demande de leur part de continuer de le faire si le gouvernement dit non, mais pour l’instant le gouvernement dit « peut-être » (encadrer les frais s’approche davantage d’un oui que d’un non).

Évidemment ils vont avancer toutes sortes d’arguments pour justifier que ces frais sont nécessaires, mais ils ne demandent pas de se faire compenser par le payeur unique.

Du moins, pas concernant les frais accessoires, ils ont demandé dans le passé de se faire compenser pour la pratique en privé plutôt qu’en hôpital concernant les actes médicaux encadrés par la loi. Toutefois, ceci leur a été accordé depuis longtemps et ne fait pas l’objet du débat actuel.

Je trouve aberrant que les frais *cacher* pour remplir des formulaire ne soit pas uniformisée car cela devient extrêmement dispendieux ! 80 $ pour remplir une petit formulaire médicale… ça deviens assez lucratif pour les médecins et surement pas déclarée coté impots . Pourtant il avait été dit il me semble que cela serait une pratique a éradiquer.. mais encore la… rien de ce coté