100 milliards pour les universités américaines… et des leçons pour Jean Charest

Les universités américaines actives en recherche ont besoin de 100 milliards de dollars au cours des 10 prochaines années pour maintenir leur leadership sur la scène internationale, selon un rapport publié par les National Academies américaines à la demande d’un comité bipartite du Congrès.

Selon le rapport Research Universities and the Future of America: Ten Breakthrough Actions Vital to Our Nation’s Prosperity and Security (téléchargement gratuit), la recherche universitaire américaine vit une période critique, qui l’empêche de jouer correctement son rôle de pilier de la prospérité du pays.

Le constat des experts, dont faisait partie la professeure Heather Munroe-Blum, principale et vice-chancelière de l’université McGill, est sans appel.

Les universités de recherche souffrent depuis plusieurs d’une instabilité, voire d’une baisse, du financement fédéral et d’un net déclin du support des États, alors que les grands groupes industriels ont démantelé plusieurs de leurs laboratoires sans pour autant réinvestir dans le partenariat avec des universités, explique le rapport.

Sur la scène internationale, elles subissent une concurrence croissante d’autres pays. Leurs jeunes profs en arrachent, les infrastructures sont en mauvais état, la bureaucratie fait des ravages, les femmes et les minorités sont toujours sous-représentés chez les étudiants et les formations sont mal adaptées au marché du travail.

Pour renverser la vapeur, les experts ont un plan en 10 points, qui inclut un réinvestissement massif du gouvernement fédéral et des États, une stratégie pour encourager les entreprises à dépenser plus pour financer la recherche universitaire, des améliorations à la productivité des universités, un programme national d’investissements stratégiques et une réforme des études graduées.

Les étudiants américains devront-ils contribuer à financer ce vaste chantier avec des frais de scolarité accrus?

Non. Au contraire, plusieurs des mesures visent à limiter la hausse galopante des frais de scolarité aux États-Unis, alors que la dette moyenne des étudiants universitaires dépasse déjà les 25 000 dollars.

Depuis 20 ans, explique le rapport, les universités ont dû combler le manque de financement de la recherche par d’autres sources de revenus, dont les frais de scolarité. Le réinvestissement en recherche devrait notamment servir à réallouer cet argent à ce à quoi il est sensé servir – financer l’éducation et non les programmes de recherche.

Selon Mme Munroe-Blum le Canada devrait s’inspirer de ce rapport :

En dépit des progrès considérables qu’il a réalisés, le Canada devrait tirer des leçons du rapport, notamment en ce qui a trait à l’importance d’augmenter l’aide à l’enseignement aux cycles supérieurs et aux étudiants étrangers, au financement complet de la recherche et aux investissements dans la recherche fondamentale – et les universités doivent aussi faire leur part. Alors que les universités de recherche à l’extérieur de l’Amérique du Nord se mesurent maintenant aux institutions mondiales les plus prestigieuses, le Canada doit se montrer aussi ambitieux que les États-Unis.

C’est ce constat que devrait clairement et correctement expliquer le gouvernement Charest aux Québécois, plutôt que de se contenter de les renvoyer aux prochaines élections pour régler la question des frais de scolarité.

100 milliards de dollars sur 10 ans, cela représente un effort de 32,20 dollars par Américain et par an, provenant presque entièrement des contribuables et des entreprises, puisque les États-Unis entendent limiter au maximum la hausse des frais de scolarité.

Le plan de refinancement des universités québécoises, lui, prévoit un budget additionnel de 850 millions de dollars sur six ans, qui sera financé par le gouvernement provincial, indirectement par les entreprises, et par la fameuse hausse des frais de scolarité.

C’est l’équivalent de 17,70 dollars par Québécois et par an.

Le résumé du rapport en vidéo (en anglais):

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je comprends les étudiants aux États payent déjà de 4 à 5 fois plus qu’un étudiant au Québec. Pas de leçon à tirer d’eux. Ça c’est de la belle désinformation que vous faites. Déformer les faits mais pourquoi? C’est votre propagande pour les étudiants.

C’est bien que le government (C’est-à-dire nous qui payons des taxes) investisse dans l’éducation mais à chacun sa part. Au USA les frais de scolarité sont beaucoup plus chères qu’ici et à cause de cela il y a beaucoup de décrocheur. Il faut responsabiliser les étudiants québécois et que les parents mettent leurs culottes pour une fois.

Avec le taux d’endettement des étudiants américains, cela risque d’être fort probablement la raison d’une prochaine crise financière sévère aux États-Unis.

Les gens qui croient que la hausse des frais de scolarité au Québec va arrêter en 2017 se trompe. C’est une spirale exponentielle. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé aux États-Unis et au Canada.

Observer ce qui se passe aux États-Unis est très important puisqu’il indique ce qui arrivera en délaissant le contrôle de l’État sur les universités. Nous parlons de marchandisation d’un diplôme, à vendre au plus offrant.

Le problème est à la base non en surface.

On m’a dit qu’il y a de plus en plus de gens aux États-Unis qui font faillite car leur emploi ne suffisent pas à payer leur dette d’étude.

Lorsque j’ai vu ça je me suis dit que le système américain était formidable. Principalement car ce n’est pas le public qui paiera pour les mauvais choix d’étudiants. Deuxièmement car ça permet de chiffrer les coûts réel des études et de les comparer avec les revenus d’emploi reliés.

Pour des études universitaires, il faut faire un plan d’affaire comme une entreprise. Évaluer l’investissement initial en frais de cours, le financement, les revenus anticipés et les risques. Bref ça ne vaut pas toujours la peine.

Surtout que maintenant nous entrons dans une nouvelle ère. Il est plus facile que jamais de trouver des plans de cours et des livres sur internet. Trouver des vidéo de formation. Les autodidactes ont cette chance d’améliorer leurs sort par eux mêmes pratiquement gratuitement. Au final le diplôme pourrait se réduire aux examens.

Déjà plusieurs certifications professionnelles fonctionne sur le principe d’étudier seul et réussir un examen. C’est beaucoup moins cher.

C’est exploité à fond dans certains pays en développement. L’occident se fait dépasser en ce moment sur ce point. Les chinois, indiens et autres décrochent des emplois de plus en plus technologiques.

Bill Gates estimais justement qu’on ne pouvait plus se permettre des études universitaire à 20k$ par an, il faut que ça baisse à 2k$ par an pour être compétitif.

Un beau modèle pour l’école primaire et secondaires http://www.khanacademy.org Les élèves de partout dans le monde y réussissent mieux qu’avec les cours magistraux traditionnels.

Le financement de la recherche devrait être de plus en plus indépendant de celui de la formation. Ce n’est pas aux étudiants du bac de financer les doctorats des autres.

Je suis d’accord avec M. Lamothe. Savez-vous combien les étudiants doivent débourser aux États-Unis pour accéder à l’université? Si vous l’aviez vérifié, vous auriez constaté, au contraire, qu’ici on ne paie rien à comparer. Ignorance ou désinformation, la question se pose.

Mme Borde vous faites dans la pure démagogie avec des situations peu comparables car même après les hausses prévues la participation des étudiants Québécois demeurera minime, ainsi que les frais.

Par ailleurs les frais plus élevé ne semblent pas être un frein à un taux de diplômation universitaire et de fréquentation scolaire passablement supérieur dans la grandes villes américaine:

http://affaires.lapresse.ca/economie/macro-economie/201206/19/01-4536256-leconomie-de-la-region-de-montreal-en-panne.php

En 2009, la part des diplômes universitaires dans la population active de 25 à 64 ans s’élève à 37,8% dans les 26 principales régions métropolitaines américaines, à 35,9% dans les grandes villes canadiennes, mais à 31,0% seulement à Montréal. Le taux de fréquentation scolaire des jeunes de 15 à 19 ans est aussi plus bas à Montréal de près de cinq points de pourcentage par rapport à la moyenne de 26 grandes villes américaines.

Madame Borde:

Je connais très bien le milieu universitaire et m’opposerais dur comme fer à ce qu’on y mette un sou de plus. Et ce tant et aussi longtemps qu’on n’aura pas revu de fond en comble ses buts comme son fonctionnement. On a beaucoup parlé d' »accès à l’Université » au Québec ces derniers mois. Tout ça sans qu’on parle vraiment de la mission/raison-d’être de cette Université à laquelle on veut que tous aient accès.

Les universités d’aujourd’hui sont en voie de devenir de simples centres de « recherche » qui traitent l’enseignement comme une obligation sans importance. Face à cette tendance lourde, quoi de plus naturel de la part des (futurs) élèves que de s’opposer à ce qu’augmente le coût de leurs études?

En plus, la recherche y est généralement sans valeur (en raison de fraude, d’incompétence ou des deux). La population a tout à fait raison de se méfier comme la peste des résultats desdites « recherches ».

Dans mon propre domaine des sciences humaines, je dirais que 90% de ce qui se publie (aux frais de la princesse, euh, pardon! du contribuable) n’a strictement aucune valeur scientifique. Je crains qu’on puisse en dire autant de la plupart des domaines de recherche.

Pour ceux qui croient que je noircis le tableau, je recommande la lecture de W. Cude, THE PHD TRAP REVISITED, un ouvrage qui trace un portrait noir, dévastateur, bien documenté, et, je vous assure, fort juste du milieu universitaire nord-américain.

En fait ce bouquin constituerait un excellent point de départ pour un débat public sur ce à quoi devrait servir l’Université au Québec.

Heather Munroe-Blum,,,, c’est pas elle qui faisait 700,000$?

Avez-vous le salaire moyen des profs d’universités au EU par rapport celui des profs québécois?

Donc selon votre logique on doit suivre l’exemple des états Unis et leur 1000 (mille) milliards de $ en dettes étudiantes aussi ?

Bien des faussetes sont erigees en verite
par des commentateurs sur cette tribune.

Le taux de diplomation des universites et colleges post-secondaires aux Etats-Unis est de
36,5%; autrement dit , un peu plus de 36 etudiants universitaires obtiennent leur diplome.

Les Etats-Unis se placent au 15e rang bien apres 14 autres pays dont l Islande qui vient en tete avec 64,1% .

Preuve que la cherte du diplome ne suffit pas a augmenter le taux de diplomation.

http://rankingamerica.wordpress.com/2010/04/13/the-u-s-ranks-15th-in-tertiary-graduation-rates/

Selon l OCDE

Il faudrait d’abord dire où se situe la moyenne des frais de scolarité des étudiants américains, soit beaucoup plus haut que ceux des québécois!
Ce reportage est facile et ne traite pas sérieusement des chiffres. Il ignore également le rôle central des fondations philanthropiques.

Preuves que il y a une multitudes de façons de présenter l’information. Il est si difficile de faire la part des choses et de communiquer la bonne information. On nous dit bien ce que l’on veut dire. Et il y a toujours au moins 2 côtés à une médailles.

Si vous prenez ce 100 milliards et vous le transposé ici au Canada cela représente toujours un ratio de 10 pour 1. Ce qui fais qu’ici au Canada nous devrions investir 10 milliards dans nos Université. Et quel serait le ratio du Québec par rapport au Canada et vous aurez ensuite ce qu’il nous faut pour comparaison.

Après de nombreuses tentatatives, je n’ai jamais pu obtenir le nombre d’échecs qu’une université avait décernés au cours d’une année et les couts s’y ratachant pour les étudiants et le Gouvernement. La première étape devrait être d’exiger un constat de situation sur la gouvernance des universités du Québec et de les comparer les unes aux autres…

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