11 millions pour les soins palliatifs à domicile

Malgré la bonne volonté de l’État, peu de Québécois pourront exaucer leur vœu de mourir à la maison, dénonce la Dre Geneviève Dechêne.

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Photo : iStockphoto

Le 5 mai dernier, Pauline Marois s’est faite porteuse de bonnes nouvelles au congrès du Réseau de soins palliatifs du Québec. Son gouvernement s’est engagé à verser 15 millions de dollars par année pour améliorer l’accès aux soins palliatifs.

De cette somme, 4 millions serviront à financer des lits dans les établissements de santé ; 11 millions seront réservés aux soins à domicile, essentiellement pour aider les CLSC à envoyer davantage d’infirmières ou d’auxiliaires familiales chez les mourants. « C’est une bonne nouvelle, mais ça ne règle pas le problème », déplore la Dre Geneviève Dechêne, qui dirige une équipe spécialisée en soins palliatifs à domicile au CLSC de Verdun. « Il n’y a rien pour les médecins dans cette annonce. »

L’omnipraticienne dénonce le fait que ses confrères qui pratiquent en cabinet, et qui sont payés à l’acte, ne reçoivent que 85 dollars pour se rendre au domicile d’un grand malade. En tenant compte du temps investi pour le déplacement, l’examen, le suivi, ainsi que des frais administratifs, elle calcule que ce boulot exigeant paie environ 32 dollars l’heure. Un médecin qui reste dans son cabinet peut espérer gagner 130 dollars l’heure, voire 160 dollars s’il voit des patients sans rendez-vous.

Si l’on veut encourager les médecins à faire des visites à domicile, il faudra rendre la carotte de la rémunération plus alléchante, croit la Dre Dechêne. Sans la participation de ceux-ci, les patients devront continuer à faire des allers-retours à l’hôpital chaque fois qu’ils auront besoin de renouveler une ordonnance ou qu’ils seront en proie à la douleur. « Le ministère de la Santé doit travailler en partenariat avec les médecins s’il veut réellement permettre à plus de Québécois de mourir à la maison », insiste-t-elle.

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