Santé et Science

Les hauts et les bas de la science, version Québecor

Quelle place occupe l’information scientifique dans les quotidiens de Québecor? Cette question est tout sauf anodine, car les médias de masse sont sans aucun doute les mieux placés pour relever le niveau de culture scientifique de la population, que l’on sait catastrophiquement bas et pourtant crucial pour mieux affronter les aléas de la vie dans une monde de plus en plus technoscientifique et complexe.

Pour la première fois cette année, le Journal de Montréal a chargé une journaliste de couvrir le congrès annuel de l’Acfas, qui en était tout de même… à sa 81e édition.

Mine de rien, c’est un pas de géant alors que d’un coup, une vaste frange de la population, dont une part est peu éduquée et ne connait pas grand chose à la recherche universitaire, a vu que les quelques 6000 «pelleteux de nuage» qui ont participé à cette grande fête de la science pouvaient se pencher sur des sujets drôlement concrets et intéressants.

Et cela a fait sans aucun doute beaucoup de bien à quelques chercheurs de se forcer à se reconnecter sur la réalité pour justifier leur travail et l’expliquer en termes clairs.

Bravo, Québecor !

Malheureusement, mon enthousiasme est quelque peu retombé ce matin en lisant dans Le Journal de Québec la chronique de Jacques Brassard à propos de l’augmentation du taux de CO2 dans l’atmosphère à 400 ppm.

Non seulement Monsieur Brassard persiste à répandre des thèses climatosceptiques que l’on sait complètement farfelues, mais il prend ses lecteurs pour des imbéciles en leur expliquant qu’un taux de 0,04 % est tellement bas qu’il ne peut constituer aucun danger.

Je le cite : «0,04 %. Plutôt insignifiant, non ?».

Depuis quand est-ce qu’un chiffre parce qu’il est bas n’est pas dangereux?

Juste pour information, le cyanure d’hydrogène utilisé dans les chambres à gaz par les nazis est mortel à un taux dans l’air de … 0,04 %.

Certes, le CO2 ne va pas nous tuer demain matin, mais le franchissement du seuil des 400 ppm est une bonne occasion de rappeler que les changements climatiques vont nous faire vivre un sacré paquet d’ennuis planétaires.

Monsieur Brassard, je crains fort pour vous que vos lecteurs croient de moins en moins à vos sornettes…..

ERRATUM PUBLIÉ LE 4 JUIN