Santé et Science

Les changements climatiques responsables de 250 000 décès de plus par année dès 2030

La projection de l’OMS anticipe une augmentation d’exposition à la chaleur chez les personnes âgées, des diarrhées infectieuses chez les enfants, du paludisme et des problèmes alimentaires. Voyons pourquoi.

Photo:  jaymantri.com/Pexel
Photo: jaymantri.com/Pexel

Sante_et_scienceS’il fallait une autre raison pour s’intéresser aux changements climatiques, la voici: ils auront une incidence sur notre santé, parce qu’ils affecteront l’air, l’eau potable, la production de nourriture et même l’accès au logement. C’est ce que nous rappelait récemment l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

L’OMS projette 250 000 décès supplémentaires par année entre 2030 et 2050, en raison principalement d’une augmentation d’exposition à la chaleur chez les personnes âgées, des diarrhées infectieuses chez les enfants, du paludisme et des problèmes alimentaires. Voyons pourquoi.

L’accès à l’eau douce devient plus difficile

L’OMS prévoit que l’accès à l’eau douce sera perturbé par un accroissement des périodes de sécheresse. Ce manque d’eau salubre pourrait compromettre l’hygiène et accroître les risques de diverses maladies, notamment ces grandes diarrhées qui tuent déjà près de 600 000 enfants de moins de cinq ans chaque année.

Et si la sécheresse devient extrême, la famine frappe, car l’agriculture n’est plus possible.

À l’inverse, les inondations seront aussi plus fréquentes. Elles peuvent contaminer les sources d’eau potable, ce qui augmente le risque de contracter une maladie transmise par l’eau insalubre.

Les inondations détruisent également les habitations les plus fragiles. L’accès au logement constitue un déterminant majeur de la santé et de la longévité. Et tout comme la sécheresse, les inondations détruisent aussi les cultures locales. Selon l’OMS, certains pays africains pourraient perdre jusqu’à 50 % de leur production vivrière (celle qui assure la subsistance au quotidien) d’ici 2020.

Les inondations favorisent par ailleurs la reproduction des moustiques, vecteurs de plusieurs maladies graves. Deux exemples viennent à l’esprit: le paludisme et la fièvre dengue. Alors que ces maladies infectieuses tuent déjà, essentiellement en Afrique, des centaines de milliers de personnes par année, surtout des enfants de moins de cinq ans, on craint une augmentation régulière de l’incidence.

L’air aussi en cause

Pékin étouffait récemment sous l’emprise d’un smog intense ayant duré plusieurs jours. Or, on sait que les composants toxiques de l’air vont augmenter avec les changements climatiques. L’ozone et divers polluants affectent bien entendu la santé respiratoire… mais aussi celle du cœur, puisqu’en période de smog, on observe une hausse immédiate des infarctus.

L’augmentation des pollens et des allergènes pourrait aussi menacer les 300 millions d’asthmatiques de la Terre. La conséquence: plus de crises d’asthme et de complications, notamment les hospitalisations et les pneumonies.

De même, les changements climatiques risquent d’augmenter l’intensité des canicules, qui contribuent directement à la mortalité des personnes âgées fragiles. On se rappelle la grande canicule européenne de l’été 2003, qui avait entraîné environ 70 000 décès, dans une des régions du monde où le système de santé est pourtant le plus développé.

Pas tous égaux face aux conséquences

Certains sont plus vulnérables face à toutes ces conséquences. Si nous étions de parfaits égoïstes, nous pourrions nous réjouir de savoir que nous serons moins affectés à court et à moyen terme que bien des habitants de régions plus pauvres.

L’OMS précise que les habitants des petits États insulaires, des régions côtières ou des mégapoles (comme Pékin ou Mexico), des montagnes et des régions polaires seront les plus affectés. Les enfants y sont les plus vulnérables à tous ces risques, tout comme les personnes âgées, les grands malades et ceux présentant des infirmités.

Beaucoup de ces pays n’ont pas les infrastructures requises pour affronter une hausse de la demande en santé, peinant à offrir les soins de base.

La santé et la vie de bien des gens seront affectées par les changements climatiques. C’est une autre bonne raison de s’y intéresser.